1 juin 2015

Dites aux loups que je suis chez moi - Carol RIFKA BRUNT

éd BUCHET CHASTEL - mai 2015 - 496 pages
traduction : Marie-Axelle La Rochefoucault
Ce qu'en dit l'éditeur :
Nous sommes au milieu des années 1980, aux États-Unis. June est une adolescente taciturne, écrasée par une sœur aînée histrionique et des parents aussi absents qu’ennuyeux. Depuis sa banlieue triste du New Jersey, elle rêve d’art et de son oncle Finn, un peintre new-yorkais reconnu. Mais Finn est très affaibli et meurt bientôt de cette maladie qu’on n’évoque qu’à demi-mot, le sida. Inconsolable, la jeune fille se lie d’amitié avec un homme étrange, Toby, qui se présente comme l’ami de Finn. Confrontée à l’incompréhension de son entourage, et à la réalité d’une maladie encore honteuse, June va brusquement basculer dans le monde des adultes et son hypocrisie.
Roman d’apprentissage bouleversant, chronique des années sida vues par les yeux d’une adolescente, Dites aux loups que je suis chez moi révèle une auteure à la plume sensible et puissante.
 Carol Rifka Brunt est née aux États-Unis et vit aujourd’hui en Grande-Bretagne.  
Dites aux loups que je suis chez moi est son premier roman. 
Ce que j'en ai pensé :
Quelle maîtrise de l'écriture pour un premier roman ! Et quel enchantement que cette lecture qui m'a émue, qui m'a fait revivre mon adolescence (Ah ! les références musicales : Simon&Garfunkel, Depeche Mode, U2...), l'angoisse que suscitait le SIDA tout juste découvert et qui condamnait les malades, les questionnements (sexe, sueur, salive ?), l'entrée dans l'âge adulte...
Sans pathos aucun mais avec subtilité, ce roman dessine le portrait d'une génération au tournant d'un monde, quand on découvrait avec effroi qu'on pouvait mourir d'aimer.
Mais c'est aussi l'histoire d'une gamine qui découvre une autre perspective, qui s'interroge sur la sincérité des adultes, qui s'inquiète de tout ce qui disparait de l'enfance et de ses repères rassurants, qui ne comprend pas tous les codes, qui alterne chagrin et colère, jalousie et compassion, qui se construit.
J'ai découvert une héroïne attachante, bouleversante, confrontée à un deuil difficile, et qui, face à la solitude et à la violence perverse du monde qui l'entoure, est à la fois forte et fragile, et va donner à sa famille une belle preuve d'amour, renforcer les liens avec sa mère et sa sœur, pardonner...
Bref, un roman lumineux, vivant qui se lit d'une traite ! Je vais attendre le prochain livre de Carol Rifka Brunt dont la plume, juste et sensible, m'a charmée !

Un grand merci aux éditions BUCHET-CHASTEL et à BABELIO-Masse Critique pour ce magnifique roman !

1 commentaire:

  1. Un livre qui figure à l'excellent magazine PAGE de ce mois-ci... Il m'intriguait, je craignais un ton trop "teenager" mais ta critique me rassure et me donne envie de le lire ! ;-)

    RépondreSupprimer