17 janvier 2018

Une histoire des loups - Emily FRIDLUND

Editions Gallmeister
Parution :  17 août 2017
Titre original : History of wolves
Traduction : Juliane Nivelt
304 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

Madeline, adolescente un peu sauvage, observe à travers ses jumelles cette famille qui emménage sur la rive opposée du lac. Un couple et leur enfant dont la vie aisée semble si différente de la sienne. Bientôt, alors que le père travaille au loin, la jeune mère propose à Madeline de s’occuper du garçon, de passer avec lui ses après-midi, puis de partager leurs repas. L’adolescente entre petit à petit dans ce foyer qui la fascine, ne saisissant qu’à moitié ce qui se cache derrière la fragile gaieté de cette mère et la sourde autorité du père. Jusqu’à ce qu'il soit trop tard.


Ce que j'en ai pensé :

Une famille rescapée d'une communauté hippie.
Une gamine qui s'invente des histoires, qui tourne un peu en rond, qui n'a pas d'amies et qui se lie à ses voisins en devenant la baby-sitter de Paul, leur fils.

Des voisins aisés qui mettent d'emblée mal à l'aise : comme Madeline-Linda, la narratrice de 15 ans, on devine que quelque chose ne tourne pas rond et que cette histoire va mal finir.

Etrange roman qui fait la part belle à une ambiance poisseuse, dérangeante, à une gamine à la sensibilité exacerbée et à la personnalité peu ordinaire.

Etrange roman qui interroge sur les non-dits et sur les apparences, qui oscille entre poésie et simplicité (avec des beaux passages de nature writing, et finalement, pas tant de loups que ça, et surtout pas ceux qu'on imagine !), qui parle de la construction familiale (entre famille "bien comme il faut" et "Amérique d'en bas"), évoque la culpabilité et la responsabilité (non seulement dans le décès du petit garçon mais aussi dans l'affaire du prof pédophile), l'influence de la religion et des sectes...

C'est touffu, on pourrait se perdre dans les flashback, s'interroger sur cette fin qui n'en est pas une, mais Madeline, fragile et forte, et fait un beau personnage, attachant.

15 janvier 2018

Chanson de la ville silencieuse - Olivier ADAM

Editions Flammarion
Parution : 3 janvier 2018
219 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :

Je suis la fille du chanteur. 
La fille seule au fond des cafés, qui noircit des carnets, note ce qu'elle ressent pour savoir qu'elle ressent. 
La fille qui se perd dans les rues de Paris au petit matin. 
La fille qui baisse les yeux. 
Je suis la fille dont le père est parti dans la nuit. 
La fille dont le père a garé sa voiture le long du fleuve. 
La fille dont le père a été déclaré mort. 
Celle qui prend un avion sur la foi d'un cliché flou. Celle dans les rues de Lisbonne, sur les pentes de l'Alfama. Qui guette un musicien errant, une étoile dépouillée d'elle-même, un ermite qui aurait tout laissé derrière lui. La fille qui traverse les jardins, que les vivants bouleversent, que les mots des autres comblent, la fille qui ne veut pas disparaître. 
Qui peu à peu se délivre.


Ce que j'en ai pensé :

Saudade, saudade..il y a de la nostalgie dans le tout nouveau roman d'Olivier Adam, il y a même un accent modianesque dans cette quête du père (et l'auteur cite d'ailleurs Modiano), comme une errance à la recherche de souvenirs qui se juxtaposent, mêlant enfance et présent de cette narratrice dont on ne connaîtra pas le nom.

Tellement transparente à ses propres yeux, tellement effacée derrière celui qu'elle piste à Lisbonne, dans les ruelles escarpées de l'Alfama. L'enfant silencieuse, abandonnée, livrée à elle-même, oubliée là par une mère fantasque et "mal" aimée par un père aspiré par le show-bizz. 

Une enfant d'égoïstes, d'égotistes, qui fait la part belle aux autres, qui cherche des excuses et des raisons, qui se perd pour espérer se retrouver, se reconstruire, sans doute pour sortir de l'ombre. 

Il y a comme un air triste, un air de fado dans les mots d'Olivier Adam. On aime ou pas cette ambiance entre deux eaux. On peut avoir envie de dire "Encore ?", comme si l'auteur ne pouvait qu'écrire toujours le même livre, s'envelopper de brouillard, se complaire de déprime. 
Et pourtant, il y a entre ces lignes, une jolie lumière, une étincelle de bonheur fugace, une épiphanie.

13 janvier 2018

Les loyautés - Delphine de VIGAN

Editions Jean-Claude Lattès
Parution : 3 janvier 2018
208 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

"Chacun de nous abrite-t-il quelque chose d'innommable susceptible de se révéler un jour, comme une encre sale, antipathique, se révélerait sous la chaleur de la flamme ? Chacun de nous dissimule-t-il en lui-même ce démon silencieux capable de mener, pendant des années, une existence de dupe ?"

Ce que j'en ai pensé :

Je l'attendais avec impatience ce nouveau roman de Delphine de Vigan, parce que j'aime sa plume et parce que j'avais envie de voir si elle pouvait se détacher de l'autofiction.

Elle nous plonge cette fois dans les non-dits et les silences des familles, dans ces situations que les gens taisent ou cachent et que parfois, l'on devine dans les yeux d'un enfant : divorces douloureux, alcoolisme, déchéance sociale, adultère, enfants battus.

Tous ces foutus silences instaurés par la loyauté, par les promesses qu'on se fait ou qu'on destine à nos fantômes : ne pas trahir, ne pas dire pour éviter de blesser et se blesser soi-même.
Chacun des personnages dessinés par l'auteur va se trouver confronté à son propre conflit intime : faut-il quitter ce mari indigne, faut-il dénoncer un prof harceleur, faut-il révéler que son meilleur ami se perd dans l'alcool..?
Chacun se trouve confronté à sa conscience, à ses petits arrangements avec la vérité.

Delphine de Vigan brosse des portraits tous en nuances de vies déchirées dans ce 
roman choral, court mais efficace, dont il se dégage une noirceur troublante, mais où, je n'ai pas retrouvé la force de la narration de l'auteur, il m'a semblé que c'était un peu facile, un peu "cliché", peut-être un tout petit peu "bâclé"....

12 janvier 2018

Community - Estelle NOLLET

Editions Albin Michel
Parution : 3 janvier 2018
270 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :

Lorsque huit hommes et deux femmes s’installent sur la base scientifique de New Aberdeen, en plein océan austral, au milieu des otaries à fourrure, des albatros, des gorfous et des skuas, aucun d’entre eux ne s’attend à jouer les Robinson Crusoé du XXIè siècle. 
Mais dans cet écosystème coupé du monde, même les plus passionnés par l’observation des espèces rares dont l’îlot est le dernier repaire finiront par se concentrer sur leur propre survie. 
Qui résistera à l’aventure ? C’est tout l’enjeu de ce huis clos dramatique porté avec empathie par une écriture sans concession.


Ce que j'en ai pensé :

Êtes-vous prêts à passer un an au bout de nulle part avec une équipe de scientifiques ? A partager votre quotidien avec des otaries agressives, une colonie envahissante de rats, une collègue végétarienne, un mec lourdingue en manque de sexe et avec des liaisons externes bien plus qu'aléatoires ?

C'est le cas de Charles-Charlie Cookers, maori, cuistot, juste divorcé, qui remplace au pied levé un autre cuisinier et se joint à cette expédition peu ordinaire.

Si ce type n'était pas si philosophe, nul doute qu'il n'aurait pas résisté, comme tous les autres, quand il s'avère que le bateau de la "relève" ne viendra pas les chercher...

J'ai été captivée par ce roman, par cette aventure au milieu de nulle part, par les rapports de force ou d'amitié (mais aussi d'amour ?) s'instaurent comme un moyen de survivre. Pourtant, je n'ai pas toujours été emballée, ne pouvant m'empêcher de penser à "Soudain, seuls" d'Isabelle Autissier qui m'avait tant marquée. 

Mais j'ai aimé ce roman, j'ai aimé le ton du narrateur (le cuistot), sa manière d'appréhender cet exil forcé, ce qu'il parvient à distiller d'espoir et de renoncement, d'optimisme, et ce ton souvent teinté d'humour.

11 janvier 2018

Les passeurs de livres de Daraya - Delphine MINOUI

Editions du Seuil
Parution :19 septembre 2017
160 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :

De 2012 à 2016, la banlieue rebelle de Daraya a subi un siège implacable imposé par Damas. Quatre années de descente aux enfers, rythmées par les bombardements au baril d’explosifs, les attaques au gaz chimique, la soumission par la faim. Face à la violence du régime de Bachar al-Assad, une quarantaine de jeunes révolutionnaires syriens a fait le pari insolite d’exhumer des milliers d’ouvrages ensevelis sous les ruines pour les rassembler dans une bibliothèque clandestine, calfeutrée dans un sous-sol de la ville.
Leur résistance par les livres est une allégorie : celle du refus absolu de toute forme de domination politique ou religieuse. Elle incarne cette troisième voix, entre Damas et Daech, née des manifestations pacifiques du début du soulèvement anti-Assad de 2011, que la guerre menace aujourd'hui d'étouffer. Ce récit, fruit d'une correspondance menée par Skype entre une journaliste française et ces activistes insoumis, est un hymne à la liberté individuelle, à la tolérance et au pouvoir de la littérature.
Delphine Minoui est grande reporter au Figaro, spécialiste du Moyen-Orient. Prix Albert Londres 2006 pour ses reportages en Iran et en Irak, elle sillonne le monde arabo-musulman depuis 20 ans. Après Téhéran, Beyrouth et Le Caire, elle vit aujourd'hui à Istanbul, où elle continue à suivre de près l’actualité syrienne. Elle est également l'auteur des Pintades à Téhéran (Jacob-Duvernet), de Moi, Nojoud, dix ans, divorcée (Michel Lafon), de Tripoliwood (Grasset) et de Je vous écris de Téhéran (Seuil).

Ce que j'en ai pensé :

On se souvient de ces visages derrière les vitres des bus qui évacuaient Daraya dans la banlieue de Damas en 2016 : des femmes, des enfants, épuisés, rongés par la faim provoquée par le blocus de l'armée de Bachar Al Assad. Et ces hommes, souvent jeunes que le régime voulait faire passer pour des terroristes.

Ce sont ces jeunes gens que l'auteur a rencontré, virtuellement, par l'entremise des réseaux sociaux, et qui ont révélé en quoi tenait leur résistance : survivre à la guerre, résister et s'opposer à un despote, rejeter Daesch qui gagne du terrain.

Au milieu des ruines d'une ville, ils avaient sauvé...des livres ! Reconstitué une bibliothèque, clandestine et souterraine, avec les ouvrages récupérés dans les logements détruits. Simplement parce qu'ils étaient persuadés que lutter contre les dictateurs et contre l'obscurantisme des  fanatiques religieux passe par la connaissance, la transmission du savoir et le débat d'idées.

Un récit porté par le regard fasciné d'une journaliste qui, de chacun de ses mots, nous offre un message d'espoir, une petite brise éphémère dans le souffle des bombes.

Un récit qui m'a touchée et qui m'a donné envie de croire que nous pouvons tous être des passeurs de livres, des vecteurs de transmission, des acteurs d'un monde où littérature et poésie seront une lumière. 


9 janvier 2018

La salle de bal - Anna HOPE

Editions Gallimard
Parution : 17 août 2017
Titre original : The ball room
Traduction : Elodie Leplat
400 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :

Lors de l’hiver 1911, l’asile d’aliénés de Sharston, dans le Yorkshire, accueille une nouvelle pensionnaire : Ella, qui a brisé une vitre de la filature dans laquelle elle travaillait depuis l’enfance. Si elle espère d’abord être rapidement libérée, elle finit par s’habituer à la routine de l'institution. Hommes et femmes travaillent et vivent chacun de leur côté : les hommes cultivent la terre tandis que les femmes accomplissent leurs tâches à l’intérieur. Ils sont néanmoins réunis chaque vendredi dans une somptueuse salle de bal. Ella y retrouvera John, un «mélancolique irlandais». Tous deux danseront, toujours plus fébriles et plus épris.

À la tête de l’orchestre, le docteur Fuller observe ses patients valser. Séduit par l’eugénisme et par le projet de loi sur le Contrôle des faibles d’esprit, Fuller a de grands projets pour guérir les malades. Projets qui pourraient avoir des conséquences désastreuses pour Ella et John.

Ce que j'en ai pensé :

Il ne fait pas bon, en ce début du XXème siècle, être pauvre, mélancolique, anorexique ou faire une crise de nerfs… C'est l'asile direct et, avec un peu de chance, dans ce soin d'Angleterre, on peut échapper au bâtiment des « chroniques », les fous irrécupérables.

Si ce n'était cette si ravissante bluette entre John le taciturne et Ella l'hystérique épisodique, ce roman offrirait une plongée intéressante dans l'univers des aliénés, avant que la psychanalyse n'offre d'autres perspectives que l'enfermement et la camisole
 
Mais il y a cette histoire d'amour entre deux êtres exclus du système social (un pauvre et une illettrée) qui viendrait presque saboter l'intérêt de ce roman qui aborde le thème de l'eugénisme (on isole les fous de la société ou, en plus, on les empêche de se reproduire, la tare étant supposément génétique et inguérissable), des thérapies secondaires (la musique adoucit les mœurs et les humeurs?) et celui des clivages sociaux d'avant la 1ère guerre mondiale.

Les personnages, bien qu'attachants (sauf l'héroïne à qui l'auteur ne donne pas autant d'épaisseur qu'aux autres personnages – à ce titre, Clem l'anorexique est bien plus « vivante ») ne sont pas convaincants : l'homosexualité latente, et surtout refoulée, du Dr Charles aurait pu apporter bien plus à ce roman qui, dans une narration un peu trop littéraire (j'ai eu l'impression d'être noyée sous les adverbes!), s'essouffle, s'étouffe au fil des pages.

Dommage.

6 janvier 2018

Chacune de ses peurs - Peter SWANSON

Editions Calmann-Levy - collection Noir
Parution : 20 septembre 2017
Titre original : Her every fear
Traduction : Marie-France de Paloméra
384 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :
Échange appartement
contre tranquillité d’esprit…
ou pas !

Lorsque Corbin propose à Kate d’échanger leurs appartements respectifs de Boston et de Londres, Kate, récemment victime d’un ex à la jalousie pathologique, pense que cela l’aidera à remonter la pente et accepte avec joie la proposition de son cousin américain.Malheureusement, à peine arrivée, elle apprend qu’une Voisine, Audrey Marshall, a été assassinée. Troublée, elle se pose aussitôt des questions sur Corbin, d’autant qu’elle s’aperçoit rapidement que ce cousin, locataire fort sympathique au demeurant, se montre très énigmatique sur sa relation avec Audrey… Alors quand l’ex-petit ami de la victime l’accuse clairement à son tour, et que le mystérieux Corbin disparaît brusquement…


Ce que j'en ai pensé :

Ça aurait pu être un bon polar. D'autant que la quatrième de couverture laissait supposer un thriller à la Hitchcock façon "Fenêtre sur cour"... 
Si la lecture n'est pas déplaisante, elle est pourtant loin de tenir ses promesses puisqu'on devine, pour peu qu'on lise fréquemment des polars, quels sont les enjeux et qu'on identifie rapidement le coupable...

Les personnages, bien qu'ils soient caractérisées par une psyché complexe (l'héroïne traumatisée par un drame récent, le cousin mystérieux, le voisin voyeur et l'inconnu pervers) ne sont pas attachants, ils sont même présentés d'une manière assez convenue, sans surprise. L'alternance de leurs points de vue ôte tout relief à ce qui aurait pu leur conférer un peu plus de "matière", chacun dévoilant tour à tour ses névroses et ses obsessions.

Je n'ai pas été transportée, et ce d'autant moins que j'ai vite découvert le criminel ! C'est un polar qui ne m'a pas tenu suffisamment en haleine et je pense l'oublier aussi vite que je l'ai lu.

4 janvier 2018

La mille et deuxième nuit - Carole GENEIX

Editions Rivages Noir
Parution : 3 janvier 2018
350 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

Un polar enlevé et décadent, au tournant de la première guerre mondiale, dans le Paris cosmopolite et endiablé de la mode. Nous sommes à la Belle Epoque. Le couturier Paul Poiret donne une fête somptueuse au cours de laquelle la comtesse russe Slavskaïa est retouvée morte. Le précieux collier qu'elle arborait a disparu. Son secrétaire, jeune immigré juif qui a fui les Bolcheviks, est soupçonné...

Paul Poiret lors de la "Mille et deuxième nuit" en juin 1911

Ce que j'en ai pensé :

Voila un polar qui swingue pour entamer l'année dans la bonne humeur ! 
Tous les ingrédients des années folles sont là, les excentricités, les fêtes magiques, le Titanic prêt à appareiller, mais aussi les remous politiques en Russie, et l'annonce d'une guerre européenne.

Une intrigue pleine de rebondissements, où chacun tour à tour pourrait être le coupable et entretient le mystère, des situations souvent cocasses, des personnages hauts en couleur et une trame historique fidèle : un joyeux polar, pas commun, dont les pages défilent presque trop vite tant on est embarqués dans cette folle aventure !


Merci aux Editions Rivages de m'avoir envoyé cette perle, je me suis régalée !

2 janvier 2018

Je lis donc je suis - TAG

Comme l'an dernier, j'ai pioché dans mes lectures de l'année écoulée pour dresser une sorte de portrait chinois ! 
 
Clic sur les titres pour lire les billets :o) 

Décris toi…

Comment te sens tu ?

Décris où tu vis actuellement…

Si tu pouvais aller où tu veux, où irais tu ?

Ton moyen de transport préféré ?

Ton/ta meilleur(e) ami(e) est…

Toi et tes amis vous êtes…

Comment est le temps ?


Quel est ton moment préféré de la journée ?

Qu’est la vie pour toi ?

Ta peur ?

Quel est le conseil que tu as à donner ?

La pensée du jour…

Comment aimerais tu mourir ?

Les conditions actuelles de ton âme ?


Ton rêve ?

A qui le tour ?

31 décembre 2017

Le meilleur de 2017 - Bilan annuel

En 2017, j'ai beaucoup (beaucoup !!) lu ! En tout cas, un peu plus qu'en 2016...

 170 livres !

Des polars (54 soit presque un tiers de mes lectures), un peu de BD (seulement 3), de la littérature francophone ou étrangère contemporaine (dont 26 premiers romans).

J'ai voyagé autour du monde grâce aux livres, des USA à l'Afrique, du Pôle Nord à l'Argentine.

J'ai aimé, ou je n'ai pas aimé du  tout, j'ai rêvé de la suite possible de certains romans ou j'ai abandonné ma lecture, déçue, dépitée.

Voila mon BEST OFF 2017, les livres qui m'ont emmenée loin, qui m'ont donné envie de lire et lire encore !


Sans aucun ordre de préférence, mes chouchous de 2017 qui, finalement, ne sont pas forcément les coups de cœur au moment où je publiais mes chroniques, mais ce sont ceux dont il me reste le plus fort souvenir :

Les étoiles s'éteignent à l'aube, Richard WAGANESE, éditions 10/18

Desert home, James ANDERSON, éditions Belfond

Le jour d'avant, et Le quatrième mur, Sorj CHALANDON, éditions Grasset

Les buveurs de lumière, Jenni FAGAN, éditions Métailié

Le cœur sauvage, Robin McARTHUR, éditions Albin Michel

L'empereur à pied, Chérif MAJDALANI, éditions Seuil

Entre deux mondes, Olivier NOREK, éditions Michel Lafon

Les garçons de l'été, Rebecca LIGHIERI, éditions P.O.L

Glaise, Franck BOUYSSE, éditions La Manufacture de Livres

Les larmes noires sur la terre, Sandrine COLLETTE, éditions Denoël

Les animaux, Christian KIEFER, éditions Albin Michel

Trois jours chez ma tante, Yves RAVEY, éditions de Minuit

L'art de perdre, Alice ZENITER, éditions Flammarion

Sweetgirl, Travis MULHAUSER, éditions Autrement


(clic sur les titres pour accéder aux chroniques)

Vivement 2018, pour de nouvelles lectures et de nouvelles aventures !

29 décembre 2017

Un certain M. Pikielny - François-Henri DÉSÉRABLE

Editions Gallimard - Collection La Blanche
Parution : 17 août 2017
272 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

«"Quand tu rencontreras de grands personnages, des hommes importants, promets-moi de leur dire : au n° 16 de la rue Grande-Pohulanka, à Wilno, habitait M. Piekielny…"
Quand il fit la promesse à ce M. Piekielny, son voisin, qui ressemblait à "une souris triste", Roman Kacew était enfant. Devenu adulte, résistant, diplomate, écrivain sous le nom de Romain Gary, il s’en est toujours acquitté : "Des estrades de l’ONU à l’Ambassade de Londres, du Palais Fédéral de Berne à l’Élysée, devant Charles de Gaulle et Vichinsky, devant les hauts dignitaires et les bâtisseurs pour mille ans, je n’ai jamais manqué de mentionner l’existence du petit homme", raconte-t-il dans La promesse de l’aube, son autobiographie romancée.
Un jour de mai, des hasards m’ont jeté devant le n° 16 de la rue Grande-Pohulanka. J’ai décidé, ce jour-là, de partir à la recherche d’un certain M. Piekielny.» 

Ce que j'en ai pensé :

Sans doute ma dernière lecture de 2017, la 170ème et une de celles qui m'ont laissée circonspecte. 

J'ai aimé cette recherche par l'auteur d'un obscur presqu'inconnu dans les rues de Vilnius, un barbier juif, violoniste, à la barbe roussie, dont on ne trouve nulle trace dans l'histoire sauf dans La promesse de l'aube de Romain Gary.

J'ai aimé que l'auteur se serve du prétexte de l'existence hypothétique de ce personnage quasi insignifiant pour relater les horreurs faites à la communauté israélite pendant la seconde guerre mondiale. 

J'ai souri des anecdotes vraies ou fausses au sujet de Romain Gary et de l'humour distillé au fil des pages.

J'ai aimé, tout en trouvant que le sujet manquait de profondeur, les parallèles établis entre fiction et vérité dans la littérature, les ellipses.

Mais j'ai beaucoup moins apprécié l'omniprésence de l'auteur, ses digressions, sa façon de tout ramener à lui, voire de se "superposer" à Gary et j'ai trouvé quelques longueurs à ce qui aurait dû rester une fantaisie et qui, parce que trop "patchwork" (récit, roman, biographie ?) se perd un peu... 

28 décembre 2017

Bilan de décembre 2017


En décembre, il y a eu 14 livres lus, 4 102 pages, une panne de lecture, des avant-premières de la rentrée littéraire de janvier, de la BD, seulement 3 polars.

Il y a eu un livre fascinant, Les passeurs de livres de Daraya, de Delphine MINOUI, chez Seuil (billet à venir), et une très agréable surprise : La mille et deuxième nuit de Carole GENEIX chez Rivages, enquête dans le milieu de la haute-couture à la façon d'Hercule Poirot (billet prévu pour janvier).

Il y a eu aussi des déceptions, Claudie GALLAY et Patrick MODIANO ne m'ont pas transportée...le tout nouveau roman d'Anna HOPE ne m'a pas emballée.

Un mois mitigé donc, en espérant que janvier sera plus riche en plaisir !

Et vous ?

23 décembre 2017

Souvenirs dormants - Patrick MODIANO

Editions Gallimard - Collection La blanche
Parution : 26 octobre 2017
112 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :

«"Vous en avez de la mémoire…"
Oui, beaucoup... Mais j'ai aussi la mémoire de détails de ma vie, de personnes que je me suis efforcé d'oublier. Je croyais y être parvenu et sans que je m'y attende, après des dizaines d'années, ils remontent à la surface, comme des noyés, au détour d'une rue, à certaines heures de la journée.»

Ce que j'en ai pensé :

Modiano et sa "petite musique", on aime...ou pas ! Ma première rencontre avec cet auteur doit dater de la fin des années 1980, alors que le Prix Nobel de littérature n'avait pas encore retenu son nom et je n'ai, depuis ce temps, raté aucune parution, passant des éditions Folio quand j'étais étudiante à la Blanche de Gallimard. Une sacrée collection, 27 romans du même auteur !

Pourtant cette fois, j'ai moins aimé. Est ce que ça correspond moins à mes goûts, est-ce que je me lasse de la "petite musique" ? Ou peut-être tout simplement parce que ce très maigre opus m'a laissée sur ma faim, m'a parfois un peu agacée (des répétitions de formules presque à la virgule près...), l'impression que ça tourne en rond alors que je n'ai pas l'impression d'avoir eu cette sensation dans les précédents romans...

Ou alors parce que ça ne ressemble pas tout à fait à un roman et que l'auteur exploite moins ses personnages (j'aurais aimé en savoir plus sur Geneviève ou sur les névroses de la femme en manteau de fourrure) et joue de la passion pour l'occultisme de son narrateur (qu'on devine confronté à un groupe sectaire).

Je tenterai le prochain (ou pas).