18 août 2018

Khalil - Yasmina KHADRA

Editions Julliard
Parution : 16 août 2018
264 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

Vendredi 13 novembre 2015. L'air est encore doux pour un soir d'hiver. Tandis que les Bleus électrisent le Stade de France, aux terrasses des brasseries parisiennes on trinque aux retrouvailles et aux rencontres heureuses. Une ceinture d'explosifs autour de la taille, Khalil attend de passer à l'acte. Il fait partie du commando qui s'apprête à ensanglanter la capitale.

Qui est Khalil ? Comment en est-il arrivé là ?

Dans ce nouveau roman, Yasmina Khadra nous livre une approche inédite du terrorisme, d'un réalisme et d'une justesse époustouflants, une plongée vertigineuse dans l'esprit d'un kamikaze qu'il suit à la trace, jusque dans ses derniers retranchements, pour nous éveiller à notre époque suspendue entre la fragile lucidité de la conscience et l'insoutenable brutalité de la folie.


Ce que j'en ai pensé :

Difficile d'oublier ce qui s'est déroulé le 13 novembre 2015 à Paris, difficile d'effacer de la mémoire collective les odieux attentats revendiqués par Daech.

Yasmina Khadra, qui avait déjà exploité le thème dans L'attentat, plonge le lecteur au coeur de la sphère belge terroriste, dans les rues de Molenbeek où se sont préparés les actions.

Son "héros", Khalil, sert de vecteur pour tenter de comprendre ce qui peut se passer dans la tête des terroristes, ce qui les anime (désillusions et rancoeurs, difficultés d'intégration dans la société occidentale où ils sont pourtant nés pour la plupart, chômage, échec scolaire et misère intellectuelle...la liste est longue !). 

Alors qu'il n'a pas réussi à déclencher sa ceinture d'explosifs dans Paris ce soir-là, Khalil se trouve confronté à ses démons, et bien qu'il soit encore fortement imprégné du discours des imams qui prêchent le jihad, on le découvre en proie aux doutes et à l'introspection.

Yasmina Khadra livre un roman tout en profondeur et en finesse, sans manichéisme, il dévoile les pensées d'un homme qu'on adorerait détester mais qui, par ses failles, ses peurs, montre un (tout petit !) brin d'humanité, loin de la caricature du terroriste aveuglément cruel.

A lire pour démonter quelques unes des idées reçues propagées par les médias et qui alimentent les aigreurs de la fachosphère !

16 août 2018

Les terranautes - TC BOYLE

Editions Grasset - Collection En lettres d'encre
Parution : 28 mars 2018
Titre original : The terranauts
Traduction : Bernard Turle
592 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

Que se passe-t-il quand on enferme huit scientifiques – quatre hommes et quatre femmes – pendant deux ans dans une gigantesque biosphère sous verre, plantée quelque part dans l’immensité de l’Arizona pour tester la résistance de l’être humain et sa capacité à vivre en autarcie ?  T.C. Boyle pose son regard caustique sur cette expérimentation réellement mise en place aux Etats-Unis dans les années 90 pour recréer une comédie humaine sous une loupe grossissante. On apprend à se jauger, à s’appréhender  ou s’éviter. Les complicités se font et se défont, les amitiés naissent et les haines, parfois, explosent. Il faut tenir, car rien ne doit ni entrer ni sortir,  et faire parfois le spectacle pour les sponsors du projet. Mais que faire quand la faim, le désir et le sexe s’invitent dans la bulle  ?
 
T.C. Boyle nous plonge ici dans un huis clos infernal. Son humour est plus féroce et plus efficace que jamais
.


 Le "Biosphere 2 project" en Arizona (photo Times)


Ce que j'en ai pensé :

C'est un sacré pavé, ce roman ! 

Pourtant, les 592 pages défilent en un rien de temps tant l'histoire est fascinante. TC Boyle s'est inspiré d'une réelle expérience : 4 hommes et 4 femmes, "enfermés" pour 2 ans dans une bulle et qui doivent gérer l'auto-subsistance et surtout la cohabitation !

C'est une alternance de points de vue, ceux  de Dawn, Ramsay et Linda ; c'est 3 visions d'une même aventure qui dessinent 3 caractères, 3 manières d'anticiper ce qu'est cette expérience hors-normes.

Et si d'abord, Ramsay apparait comme manipulateur, les pages délivrent une autre vérité, celle de l'abnégation ou de l'absolue implication de Dawn, celle de Linda toute en jalousie, dépit et amertume...

C'est simplement fascinant (tant par les descriptions de la vie dans cette bulle, que dans l'analyse des psychologies, et surtout des egos) ça n'est jamais trop long, et le plus incroyable, c'est qu'on aimerait que TC Boyle nous en raconte un peu plus !

J'ai aimé tous les personnages "enfermés de leur plein gré", pour leurs faiblesses, leurs espoirs infinis, leur idéologie, j'ai évidemment détesté les initiateurs du projet, les manipulateurs façon gourou.

J'ai aimé le contexte de ce roman de l'enfermement, toutes les dérives qu'il exploite (manque de nourriture, de distraction, de sexe, d'ouverture sur autrui - à huit seulement dans une bulle pendant 2 ans, on doit effectivement avoir besoin de meilleure compagnie et les tensions s'exacerbent !!).

J'ai aimé Eve, le "grain de sable" qui, dans toute son innocence, fait tout basculer et remet les pendules à l'heure, révélant les vrais enjeux de cette expérience !

Un roman pas ordinaire mais que j'ai vraiment beaucoup aimé !!

13 août 2018

Bien connu des services de police - Dominique MANOTTI


Editions Folio policier
Parution : 7 juin 2018
240 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :

Le commissariat de Panteuil, banlieue nord de Paris, future incarnation de la "nouvelle politique de sécurité" du ministre de l’Intérieur ? C’est en tout cas ce que souhaite sa commissaire en cette année 2005. Ce haut fonctionnaire policier ne manque pas d’ambitions: sa politique de maintien de l’ordre dans les quartiers, radicale, théorisée, doit servir les objectifs du ministre et, en passant, sa propre carrière.

Ses hommes, sur le terrain s’y emploient à leur manière. Ils font comme ils peuvent, survivent comme ils peuvent, donnent des gages à la hiérarchie, s’arrangent avec les faits, avec les statistiques, avec les règles - ils font le métier, quoi ! - dans un climat de tension, de violence et de mensonge, avec la population, avec les « jeunes », avec les autres.

Noria Ghozali, commandant aux Renseignements Généraux, observe avec intérêt la vie et les soubresauts de ce commissariat, et notamment les contacts qui sont noués – sans doute pour la bonne marche des enquêtes - entre certains policiers et certains grands voyous. Et puis, soudainement, des squats, peuplés de travailleurs immigrés, brûlent.

Ce que j'en ai pensé :

Déception ! Ça arrive, même avec un polar !

Si j'ai d'abord aimé l'intrigue (des flics ripoux de la BAC qui sont aussi macs et racketteurs, deux jeunes recrues encore un peu naïves et qui ont la vocation pour le métier de poulet, une commissaire parvenue aux dents longues qui magouille dans son coin, une flic-beurette qui rêve de faire tomber tous ces pourris), si j'ai aussi aimé les tenants sociaux de ce polar (montée du FN, manipulations en tout genre, plutôt politiques, système perverti par les statistiques, et encore que, bien qu'on le devine, ça n'empêche pas de trouver les procédures trèèèèès douteuses ! ), je n'ai finalement pas trop aimé !

Non que ça soit mauvais, mais le style ne m'a pas accrochée (sans doute trop sec et trop froid) , j'ai même parfois trouvé l'ensemble un peu brouillon.

Ça n'est pas un mauvais polar, loin de là ! mais il aurait sans doute mérité une centaine de pages supplémentaires pour entrer dans la psyché des personnages qui m'a paru bien superficielle parfois (alors qu'il y avait matière à exploiter !) et j'ai trouvé la fin un peu rapide.

Des flics corrompus, des nouvelles recrues pleines d'espoir, des petites frappes de banlieue, ou des caïds, il y en a dans tous les polars (ou presque), mais là, même si le sujet de ce rompol explore les arcanes (pourries) d'un commissariat, j'aurais aimé qu'il donne plus de consistance à l'ensemble ! Tous ces bons personnages manquent d'âme...

D'autant que l'auteur fait assez vite l'erreur de tomber dans le manichéisme et la caricature !

Dommage !

11 août 2018

Méfaits d'hiver - Philippe GEORGET


Editions Pocket
Parution : 12 juillet 2018
512 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :

L'hiver est rude pour Gilles Sebag, lieutenant de police à Perpignan. Après de longs mois de doute, il découvre la terrible vérité : Claire le trompe et son monde s'écroule. 

Alors qu'entre déprime, whiskies et insomnies il tente de surmonter cette douloureuse épreuve, ses enquêtes le mènent vers d'autres tragédies : une femme abattue dans un hôtel, un dépressif qui se jette du haut de son immeuble, un homme qui menace de faire exploser le quartier. Hasard ou loi des séries, une véritable épidémie d'adultères tournant chaque fois au drame semble en effet s'être abattue sur la ville... 

Ce que j'en ai pensé :

" Il faut soigner le mâle par le malt."

Pour Gilles Sebag qui apprend par hasard que sa femme le trompe, le whisky paraît être le seul moyen de noyer ses doutes et son chagrin...
Et on croirait que tout Perpignan s'est donné le mot, il y a comme une "épidémie d'adultère" et tout le polar va tourner autour de l'infidélité.

Pourtant, si l'intrigue pourrait paraître un peu faible parce que basée sur ce fait sociétal, elle s'enrichit d'une étude de caractères approfondie, intelligente et sensible.
Toute la palette des sentiments est explorée, tous les doutes d'un couple, et ça reste fin et délicatement posé, donnant aux personnages (du flic qui accepte au cocu qui pète un câble et menace de faire sauter le quartier) une dimension intéressante. L'intrigue permet la réflexion sur la pérennité des couples, sur la fidélité, sur l'amour ou encore sur le pardon, et dessine en creux des portraits d'hommes et de femmes qui surmontent l'épreuve de l'infidélité (ou pas).

Et puis, le roman ne manque pas de rebondissements (il y a bien une enquête policière en toile de fond !), le rythme est soutenu et ça donne assez de peps pour ne pas croire qu'on n'y parle que d'adultère !

J'ai vraiment été happée par ce  polar, j'en ai aimé le style narratif flirtant entre moments forts et introspection, ne négligeant pas l'humour, et je vais m'intéresser de près aux autres opus de l'auteur ;o)

8 août 2018

Le sillage de l'oubli - Bruce MACHART


Editions Gallmeister
Parution : 5 janvier 2012
Titre original : The wake of forgiveness
Traduction : Marc Amfreville
344 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

Texas, 1895. Un propriétaire terrien voit la seule femme qu'il a jamais aimée mourir en mettant au monde leur quatrième fils, Karel. Vaincu par la douleur, l'homme entraîne ses enfants dans une vie austère et brutale. Pour lui, seuls comptent désormais ses chevaux de course montés par Karel, et les paris qu'il lance contre ses voisins pour gagner toujours plus de terres. Mais l'enjeu est tout autre lorsqu'un propriétaire espagnol lui propose un pari insolite qui engage l'avenir des quatre frères. Karel s'élance dans une course décisive, avec pour adversaire une jeune fille qui déjà l'obsède.

Premier roman éblouissant, Le Sillage de l'oubli a valu à son auteur d'être comparé par une presse américaine enthousiaste à William Faulkner. À travers une écriture vertigineuse, Bruce Machart  dresse le portrait sans concession d'une famille déchirée en quête de rédemption.

Ce que j'en ai pensé :

Ça sent la sueur et le sang, le crottin de cheval et la terre tout juste labourée par ces quatre frères que le destin n'a pas épargné. A force d'être attelés à la charrue par leur père, à la place des chevaux de trait, ils ont tous le cou tordu, l'oreille qui touche l'épaule. La mère est morte en donnant naissance au quatrième garçon de la fratrie, il en porte le lourd fardeau, les reproches muets d'un père peu aimant, même si, cavalier émérite,  il va lui permettre d'agrandir ses terres en gagnant des courses de chevaux.

C'est un Texas dur et impitoyable que raconte l'auteur, mêlant des bagarres dantesques à des moments de grâce, alors que dans presque tout le roman, l'amour parait absent : on touche des chairs (pour donner un fils ou dézinguer un abruti avec le plomb de sa .22), on ne parle pas de sentiments même si la sensualité est prégnante, on ravale sa morgue en même temps que sa morve, on flatte la croupe des chevaux et on descend de la bière de contrebande.

C'est parfois brut d'écorce, c'est parfois tout le contraire. C'est le roman des immigrants tchèques en Amérique, c'est aussi le roman d'un monde d'hommes à peine adouci par les femmes. 
Mais c'est aussi le roman du pardon et de la faculté d'oublier les rancunes, la haine, les blessures de l'enfance !

Dire que c'est, en plus, un premier roman !

6 août 2018

Est-ce ainsi que les hommes jugent ? - Mathieu MENEGAUX

Editions Grasset
Parution : 2 mai 2018
234 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :

Une journée particulière. Gustavo, père de famille, directeur financier, doit effectuer une présentation importante devant l’état-major de sa multinationale. Des mois de préparation, un tournant pour sa carrière.
 
Au lieu de l’heure de gloire espérée, la police faire irruption à son domicile, à l’aube. Perquisition, accusation d’homicide volontaire, indices concordants, Gustavo va être placé en garde à vue et traité sans ménagement. Heures sombres, qui vont déstabiliser un cadre supérieur sans histoires et le conduire à redouter le pire pour son avenir.
 
Son épouse Sophie va mobiliser son réseau et son énergie pour démontrer l’innocence de son mari et préserver leurs deux garçons des conséquences dévastatrices de cette mise en cause.
 
Mais comment rétablir la balance de la justice dans un univers gouverné par l’émotion et la recherche immédiate d’un coupable  ?
 
Avec un style direct et tendu, Mathieu Menegaux nous livre un roman haletant, une plongée en apnée dans le monde de l’injustice.


Ce que j'en ai pensé :

 Tout concorde pour faire de Gustavo le coupable, les indices matériels sont là, l'intime conviction du commandant de police Michel Defils aussi. On tient enfin ce type blond, vêtu d'une veste en jean et conduisant une Renault Mégane, qui après avoir raté l'enlèvement de Claire Dalmas, tue son père en le renversant sur un parking de supermarché.
La machine policière est en route, et à mesure que les heures de garde-à-vue s'enchaînent et que Gustavo, abasourdi par la violence de la situation, s'apprête à avouer un crime qu'il n'a pas commis, un détail permet d'assurer son innocence et son alibi...

Sauf que...ce sont les réseaux sociaux qui prennent le relais, alimentés par les accusations de Claire Dalmas. Des réseaux qui accusent, hurlent, appellent  à la vengeance, au jugement, condamnent !

Quand le quidam lambda se substitue à la justice, quand les hommes réinventent le pouvoir du lynchage populaire, se font justice eux-même sans connaître le moindre détail de l'instruction...
Une plongée abyssale dans l'absolue horreur des vengeurs cachés derrière leurs écrans, une descente aux enfers qui n'épargne personne, un engrenage fatal, la parodie de jeux de cirque où la populace va décider de la vie du condamné, sans se préoccuper d'empathie ni de présomption d'innocence !

Lu en une toute petite matinée, et sous le charme, une fois encore de l'écriture directe et incisive, maniant la tension narrative de cet auteur que je vais suivre d'encore plus près !

4 août 2018

Revenir à Palerme - Sébastien BERLENDIS

Editions Stock
Parution : 25 avril 2018
144 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :
« La nuit, chaque ruelle parcourue réveille un crépitement d’images. Le claquement des talons imprime dans ma tête le pouls de la ville. »

Huit ans plus tard, le temps d’un été, un homme retrouve la ville de Palerme. Il habite un ancien palais sur les hauteurs, une bâtisse appelée à disparaître. Une dernière fois, il va arpenter les rues, celles de la vieille ville surtout. Des marches le plus souvent nocturnes, de cafés en cafés, de corps en corps. Le souvenir de Délia remonte alors.



 Ce que j'en ai pensé :

Texte lancinant et poétique qui joue sur les souvenirs du narrateur, qui le fait se promener dans les ruelles de cette Sicile étouffée de chaleur...
Des souvenirs d'un autre temps, pas si éloigné, où il aimait Délia, disparue on ne sait comment. 
Des souvenirs de chairs enlacées, de sexe et de chaleur, de photographies et de lettres, de plage et de passegiata langoureuse.

Le roman est minuscule, bercé par la lumière de l'Italie, par la sensualité qu'il dégage...
Une parenthèse délicate à la prose ciselée, qui m'a toutefois paru un peu trop elliptique parfois.

2 août 2018

Mon chien Stupide - John FANTE


Editions 10/18
Parution : 3 janvier 2002
Titre original : My dog Stupid
Traduction : Brice Matthieussent
188 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :

Un énorme chien à tête d'ours, obsédé et très mal élevé, débarque un soir dans la famille en crise d'Henry J. Molise, auteur quinquagénaire raté et désabusé. Dans leur coquette banlieue californienne de Point Dume, ce monstre attachant s'apprête à semer un innommable chaos. 

Un joyau d'humour loufoque et de provocation tapageuse. 

Ce que j'en ai pensé :

Prenez un écrivain raté qui pointe plus souvent au chômage qu'il n'écrit de livres et qui se verrait bien abandonner sa famille pour aller draguer à Rome, ajoutez une femme bien WASP, 4 enfants dont une fille qui souhaite embarquer avec un clochard-surfeur ou un fils qui n'aime que les femmes noires (là, la mère WASP s'étrangle avec son café !), et un chien, sorti de nulle part qui va mettre un sacré bazar dans leurs vies !
Saupoudrez le tout d'un peu de cynisme, de causticité, de clichés pas piqués des vers et surtout...n'oubliez pas la tendresse, bordel !

Parce que ce bouquin est tout à la fois, délicieusement décalé, plein de joie (avec un petit soupçon de tragédie), l'humour y est parfois juste limite mais c'est jubilatoire !
Et ce chien, Stupide, rejeté-adopté-rejeté-etc, sert d'exutoire aux maux d'une famille US, met en exergue tous leurs défauts, mais fédère, rassemble, recolle les morceaux !

Pas si Stupide que ça, en fin de compte !

Quant à l'épisode de la truie qui clôt avec humour (et désespoir) ce roman...

(ci-dessous toutes les couvertures de ce roman 
que j'ai pu trouver sur internet ! )