31 mars 2020

Orphelines - Franck BOUYSSE

Editions Moissons Noires
Parution : 10 mars 2020
282 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

Une ambiance sombre et pesante s'est installée dans la ville.

Un criminel tapi dans l'ombre observe et s'amuse avec deux flics qui le poursuivent. Crime après crime, Bélony et Dalençon voient ce meurtrier leur glisser entre les doigts.

La noirceur de son âme ne fait aucun doute depuis qu'un corps de femme massacré a été découvert... 

Ce que j'en ai pensé :

Ceux qui ont été ébloui(e)s par "Né d'aucune femme", les  "fans" qui lisent Franck Bouysse depuis  "Grossir le ciel" (comme moi !), ne vous attendez pas à retrouver le même style de narration, le même genre de roman noir.

J'ai (presque) tout lu de Franck Bouysse, auteur que j'ai ajouté à mon "Panthéon" de lectrice pour tout un tas de raisons dont un sens de la narration rarement égalé, dont un usage de la langue française (quand sa prose frôle la poésie) qui en démontrerait à certains "auteurs" de tête de gondole, etc...

Là. 
Comment dire ? 

C'est Franck Bouysse qui n'est pas à son summum, qui livre un polar classique (mais pas si prévisible que ça !), qui semble remplir un contrat avec sa maison d'édition. C'est un peu mieux qu'"Oxymort", mais ceux et celles qui attendent beaucoup après "Né d'aucune femme" vont être déçu(e)s...

L'intrigue tient la route et tient en haleine. Personnages crédibles et tutti quanti, mais on est loin du meilleur que peut produire cet écrivain...

23 mars 2020

L'île du diable - Nicolas BEUGLET


Edition XO
Parution : 19  septembre 2019
 320 pages


Ce  qu'en dit l'éditeur :

Le corps recouvert d’une étrange poudre blanche…
Des extrémités gangrenées…
Un visage figé dans un rictus de douleur…

En observant le cadavre de son père, Sarah Geringën est saisie d’épouvante. Et quand le médecin légiste lui tend la clé retrouvée au fond de son estomac, l’effroi la paralyse.

Et si son père n’était pas l’homme qu’il prétendait être ?

Des forêts obscures de Norvège aux plaines glaciales de Sibérie, l’ex-inspectrice des forces spéciales s’apprête à affronter un secret de famille terrifiant.
Que découvrira-t-elle dans ce vieux manoir perdu dans les bois ? Osera-t-elle se rendre jusqu’à l’île du Diable ?

Après Le cri et Complot, Nicolas Beuglet nous livre un thriller glaçant,  exhumant des profondeurs de l’histoire un événement aussi effrayant que méconnu. Il nous confronte à une question vertigineuse : quelle part de nos ancêtres vit en nous, pour le meilleur et pour le pire ?


 Ce que j'en ai pensé :

Non, non et non ! J'ai craqué, en cette période de confinement, pour un polar en tête de gondole ! Même sur une île déserte, on ne m'y reprendra plus !
Je me réjouis de ne pas avoir lu "Le cri' et "Complot", je me suis épargnée des aigreurs d’estomac et quelques énervements..

Parce qu'en terme de polar, on a édité vachement mieux, sans autant de logorrhées indigestes qui ne font pas avancer l'enquête..
Pour dire, à la page 107 (chapitre 18, quand même !), j'en avais déjà marre...

ça commence à prendre forme aux deux tiers du livre, je crois avoir déjà zappé pas mal d'indices, je n'y crois plus. J'attends seulement la fin, la résolution de l'intrigue, mais je sais déjà que rien ne va me secouer.

Ça a l'air un peu trash, ça aurait pu..mais ça ressemble à une imitation de polar scandinave et c'est un peu "pâle"...

Non, non et non ! 20 euros pour un polar qui ne vaut pas 3 cacahuètes, passez votre tour ! (sauf si vous n'avez que ça en stock en ces temps de confinement...)

20 mars 2020

Terre promise - Marc VILLARD


Editions La Manufacture de livres
Parution : 7 novembre 2019
144 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

Ils ont dix-sept ans et pas grand-chose de plus. Jeremy n’a jamais eu de papiers, il est né en France, sur le matelas d’un squat de migrants et a vécu en marge de tout. Esther a eu une famille dans l’Est, mais a fui loin de sa violence et de sa morosité. Ils sont ensemble parfois, parce qu’ils se ressemblent.

On leur apprend qu’en passant la frontière avec des capsules de drogue dans le ventre, ils pourront gagner de quoi vivre un peu mieux. De l’argent facile. Rien ne peut leur arriver. Rien de bien grave. Rien de pire. Alors, est-ce qu’il faut tenter sa chance vers la terre promise ?

Ce que j'en ai pensé :

C'est court et noir, comme un café bien serré. 
Les phrases fusent au rythme des chansons de Fela Kuti.

C'est l'histoire d'un jeune paumé, de galère et d'amour, d'espoir et de solidarité, de Barbès à Brixton, de la malchance et de la débrouille..

Un roman noir mais poétique, sobre et puissant tout à la fois. 

(Je fais "court" en ce moment, merci d'être tolérants...J'ai vu plusieurs publications qui indiquent ne pas vouloir chroniquer alors que les librairies sont fermées. Je crois au contraire que maintenir le lien virtuel est essentiel, on ne peut presque plus acheter de livres - (pensez qu'il y a souvent un rayon librairie dans vos hypers quand vous faites vos courses et que c'est mieux que commander sur Amazon - il me semble..) mais les billets de nos blogs permettent au moins de faire des listes de livres pour quand nos librairies rouvriront leurs portes !


"Tout ceci n'a rien à voir avec l'émigration éperdue des africains, la tectonique des plaques, l'appauvrissement de la couche d'ozone, les guerres de religion, les soubresauts du CAC 40, les porcs qu'on balance et le drone métal. Nous sommes revenus ici à la préhistoire des hommes où, pour survivre, il faut tuer?"

18 mars 2020

Bandes dessinées

Quelques belles découvertes depuis début janvier !
Je prends goût à la BD et aux romans graphiques qui m'ont permis de passer une grosse panne de lecture !

La force des femmes - Joël ALESSANDRA

Rencontres africaines autour des femmes, de leurs conditions de vie, de leurs espoirs.
A la manière d'un carnet de voyage, un graphisme soigné et superbement mis en couleur.

Editions Des ronds dans l'O


Les Indes fourbes - Alain AYROLES et Juanjo GUARNIDO

Formidable BD, fresque picaresque pleine de rebondissements et d'humour. J'ai beaucoup aimé le graphisme, les planches sont superbes !


Editions Delcourt


La maison aux souvenirs - Nicolas DELESTRET



Une histoire et des dessins attrayants, un peu de mystère. Plutôt pas mal !



Editions Grand Angle



L'amant - Kan TAKAHAMA


Une très belle adaptation du roman éponyme de Marguerite Duras, toute en finesse graphique.

Editions Rue de Sèvres



Puisqu'il faut des hommes (Joseph) - Philippe PELAEZ et Victor PINEL


Premier volume d'une histoire qui raconte la guerre d'Algérie, premier personnage (Joseph) et évocation du stress post-traumatique. A suivre !

Editions Grand Angle

16 mars 2020

Le pays des autres - Leïla SLIMANI

Editions Gallimard - Collection La blanche
Parution : 5 mars 2020
368 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

En 1944, Mathilde, une jeune Alsacienne, s’éprend d’Amine Belhaj, un Marocain combattant dans l’armée française. Après la Libération, le couple s’installe au Maroc à Meknès, ville de garnison et de colons. Tandis qu’Amine tente de mettre en valeur un domaine constitué de terres rocailleuses et ingrates, Mathilde se sent vite étouffée par le climat rigoriste du Maroc. Seule et isolée à la ferme avec ses deux enfants, elle souffre de la méfiance qu’elle inspire en tant qu’étrangère et du manque d’argent. Le travail acharné du couple portera-t-il ses fruits? Les dix années que couvre le roman sont aussi celles d’une montée inéluctable des tensions et des violences qui aboutiront en 1956 à l’indépendance de l’ancien protectorat. 
 
Tous les personnages de ce roman vivent dans «le pays des autres» : les colons comme les indigènes, les soldats comme les paysans ou les exilés. Les femmes, surtout, vivent dans le pays des hommes et doivent sans cesse lutter pour leur émancipation. Après deux romans au style clinique et acéré, Leïla Slimani, dans cette grande fresque, fait revivre une époque et ses acteurs avec humanité, justesse, et un sens très subtil de la narration. 

Ce que j'en ai pensé :

Changement de style pour Leïla Slimani, pour mon plus grand plaisir !

Voila une trilogie qui débute aux abords de Meknès, au Maroc, une grande fresque familiale aux personnages multiples qui accroche le lecteur dès les premières pages.

Les personnages justement ! 
J'ai aimé qu'ils soient si finement campés, chacun fait face à ses propres démons, à ses contradictions, aucun n'est noir ni blanc. Tous sont dessinés en finesse, révèlent des caractères intéressants, donnent la mesure de l'intrigue et sont les témoins des grands bouleversements qui vont secouer le pays à la veille de son indépendance.

C'est un roman qui parle de la place des femmes dans la société marocaine, leur volonté d'émancipation et leur soumission entremêlées, qui explore le thème de "l'autre" comme étranger, y compris dans son propre pays, et qui restitue un instantané saisissant du Maroc dans les années 1950 entre tradition et modernité.

Vivement la suite !

14 mars 2020

Quitter Paris - Stéphanie ARC


Editions Payot-Rivages
Parution : 8 janvier 2020
96 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

Vous rêvez d’avoir un chien (un setter roux, vif et soyeux), vous voulez même vivre avec. Mais vous habitez un studio.

Vous adorez courir dans les prés, nager en eau vive, c’est un besoin vital… Au lieu de quoi vous composez avec des piscines bondées, de tout petits parcs et des tas de particules fines.

Vous aimeriez cultiver vos carottes et buller dans les lilas sans participer pour autant au projet de végétalisation urbaine.

Vous vous sentez cerné par les périphériques intérieur et extérieur et, soudain, vous étouffez.

Je partage votre sentiment. Il faut quitter Paris.

Seulement, on ne plaque pas des années d’amours avec la capitale pour un bobtail hirsute…

Ensemble, nous allons trouver un plan. 

Ce que j'en ai pensé :

Quand j'ai trouvé ce roman en librairie, j'avais besoin d'une "récréation", et je ne pouvais pas mieux tomber !

Quitter Paris...ou pas ? 

La narratrice pèse le pour et le contre, tergiverse, énumère les arguments. 
Et déclenche presque à chaque page un sourire tant l'humour, parfois caustique, émaille le roman ! 
La forme du roman, elle-même, est attrayante : listes, articles, définitions. Le rythme est chamboulé, original et créatif.

C'est drôle, c'est frais, ça fait du bien !

12 mars 2020

Un jardin au désert - Carine FERNANDEZ

Editions Les escales
Parution : 11 avril 2019
336 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

Carine Fernandez nous offre une fresque familiale sur quatre générations, gravitant autour de Talal, le patriarche. 
Pour échapper à sa famille parfois trop envahissante, Talal aime à se réfugier dans sa palmeraie du désert.
Jusqu'au jour où il apprend à connaître Rezak, son jardinier venu d'Égypte... 


Ce que j'en ai pensé :

Départ pour l'Arabie Saoudite, pays de tous les extrêmes ! Pétrodollars et islamisme radical au programme !

Dans cette histoire où la romancière nous immerge au cœur d'une famille flotte un parfum de liberté : celle de ce magnat de l'immobilier tenté par l'érémitisme, celle qui a manqué -ou non- à ses épouses successives (il n'en tient plus le compte), celle de Rezak le jardinier d'abord fasciné par les révolutions arabes et l'espoir d'une vraie démocratie en Egypte, et enfin, celle de Dahlia, sa petite-fille anglo-saoudienne qui du haut de son adolescence aspire à une autre vie.


Le désert, la chaleur suffocante, les vents de sable. Le poids des traditions, la stricte non-mixité, les secrets et les petits arrangements avec la charia, la corruption, le fric pour seul but.
Et l'espoir, les petites rebellions, l'amour.


Il y a tout ça dans ce roman et une narration fluide, parfois teintée d'humour, souvent poétique. Une apparente légèreté qui n'empêche pas d'évoquer les sujets graves : place des femmes dans une société régie par un patriarcat autocrate et ultra-religieux, ambiguïté entre traditions et modernité..


Une réussite !

9 mars 2020

Un jour d'été que rien ne distinguait - Stéphanie CHAILLOU




Editions Noir sur Blanc – Collection Noctabilia
Parution : 5 mars 2020
144 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

Guidée par un attachement farouche à sa liberté, rebelle à toute forme de domination, Louise est à la recherche de ce qu’elle va devenir. Elle se cogne, elle bute, elle expérimente, mais elle ne lâche pas. Elle poursuit sa quête jusqu’à ce jour d’été que rien ne distinguait… où un événement survient dans sa vie, une rencontre qu’elle attendait depuis longtemps.

Ce j'en ai pensé :

Une enfance au bord de la pauvreté, bercée de silences, où la vie des adultes ne fait pas rêver, où la place des femmes n’est guère enviable. C’est le lot de Louise dont les parents sont criblés de dettes et qui se jure de ne jamais leur ressembler.

Plus encore, elle en vient à ne pas souhaiter être une fille, pour ne pas être cantonnée dans un rôle qui ne la satisfait pas. Une vie qu’elle voudrait « sans genre » et qui pourtant ne lui apporte que solitude et tristesse.

Si l’écriture de Stéphanie Chaillou est ciselée, je n’ai ressenti aucune empathie pour Louise, personnage qui, selon moi, se désincarne progressivement au fil de l’histoire en accomplissant son serment de ne vouloir pas ressembler aux siens ni répondre au destin qui pourrait l’attendre. 
 
Je n’ai sans doute pas apprécié à sa juste valeur la métaphore de la jeune fille au bord de la Garonne, je n’ai pas eu la certitude qu’elle incarnait un espoir ou un « soutien » à la solitude de Louise.

J’ai beaucoup aimé le style de ce roman mais j’ai l’impression confuse d’être passée à côté de son sens profond.

Merci à Babelio Masse Critique et aux Editions Noir sur Blanc pour leur confiance.


17 février 2020

La tête sous l'eau -Olivier ADAM

Editions Pocket
Parution : 2 janvier 2020
224 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

Quand Léa a disparu, ils ont tous arrêté de respirer. La tête sous l'eau. D'un coup.

Elle s'ennuyait à Saint-Lunaire, Léa, c'est sûr. Quitter Paris pour ce bled breton, sur le coup de sang d'un père dépressif, ça n'a fait plaisir à personne. Mais de là à fuguer ? A-t-elle vraiment fugué d'ailleurs ? Son frère, Antoine, n'y croit pas. Ses parents non plus. Ils ont tout envisagé, même le pire.

Et puis comme la marée, Léa est revenue. En ramenant de loin des horreurs et des silences. On a sorti la tête de l'eau. Et la tempête est arrivée. Déferlante sur déferlante. La vie comme un esquif.


Ce que j'en ai pensé : 

Quand ce roman "jeunesse" est sorti en 2018, je l'ai rangé dans ma liste des "à lire", sans plus y faire attention (et pourtant, j'avais déjà lu les romans écrits par l'auteur sous cette catégorie).

L'occasion de sa parution en poche l'a rappelé à ma mémoire, et j'ai souri pour deux raisons : on retrouve Paul, le double littéraire d'Olivier ADAM et presque le même scénario de départ que "Une partie debadminton" paru en 2019.
L'auteur à succès quitte Paris avec sa famille pour se ressourcer en Bretagne en bossant pour le journal local. Là s'arrête pour moi la comparaison.

Ici, Olivier ADAM s'intéresse au point de vue des enfants de l'écrivain, parachutés à contre-cœur en province, loin de leurs amis et de leurs amours...
Il explore le thème du déracinement, de l'amour, certes, mais homosexuel, des relations parents-enfants, et il le fait "à sa sauce" c'est-à-dire qu'on retrouve avec plus ou moins de plaisir (selon que l'on soit fan ou pas), les ingrédients qui participent d'une recette réussie.
Un peu de gros temps, de spleen et de remise en question, l'amour avec ses creux et ses bosses et une intrigue qui tient la barre  (hissez haut !), qui maintient captif le lecteur.

Après tout, je n'en demandais pas plus, j'ai aimé (je suis fan de l'auteur donc absolument objective), et ce qui m'a le plus amusée c'est le parallèle constant que je pouvais établir entre ce roman ado et "Une partie de badminton".


13 février 2020

Préférer l'hiver - Aurélie JEANNIN

Editions Harper Collins  Collection Traversée
Parution : 8 janvier 2020
240 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

« Maman et moi vivions ici depuis un peu plus de trois ans quand nous avons reçu le coup de fil. Au milieu des pins, des chênes et des bouleaux, au bout de ce chemin sans issue que deux autres propriétés jalonnent. C’est elle qui m’avait proposé de nous installer ici. Et je n’étais pas contre. J’avais grandi dans cette forêt. Le lieu m’était familier, et je savais que nous nous y sentirions en sécurité. Qu’il serait le bon endroit pour vivre à notre mesure. »
 
À distance du monde, une fille et sa mère, recluses dans une cabane en forêt, tentent de se relever des drames qui les ont frappées. Aux yeux de ceux qui peuplent la ville voisine, elles sont les perdues du coin. Pourtant, ces deux silencieuses se tiennent debout, explorent leur douleur et luttent, au coeur d’une Nature à la fois nourricière et cruelle et d’un hiver qui est bien plus qu’une saison : un écrin rugueux où vivre reste, au mépris du superflu, la seule chose qui compte.


Ce que j'en ai pensé :

Quelle belle plume ! 
Tour à tour, brute ou douce, sauvage et poétique. 
Des mots qui tombent juste.
Pour raconter l'isolement, la peur, le deuil, la maternité, la solitude et l'amour.

Une plume sûre, posée sur des émotions, des sentiments. Une plume qui dissèque la moindre parcelle d'air, le plus petit frisson de peau, l'éclat du ciel ou le chuintement de la neige.

Deux femmes dans une cabane au milieu de nulle part, un échange qui se passe de paroles mais qui vibre au milieu du silence, qui raconte la survie, la résilience après les drames.

Un air de "Dans la forêt" de Jean Hegland, un huis-clos majestueux où la Nature impose sa loi, dicte le quotidien, entre désespoir et abandon, entre deuil et renaissance.

Et c'est un premier roman....

21 janvier 2020

Celle qui pleure sous l'eau - Niko TACKIAN

Editions Calmann-Levy
Parution : 2 janvier 2020
250 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

Aujourd’hui, Clara n’est plus qu’un dossier sur le bureau de Tomar Khan. On vient de la retrouver morte, flottant dans le magnifique bassin Art Déco d’une piscine parisienne. Le suicide paraît évident.

Tomar est prêt à fermer le dossier, d’autant qu’il est très préoccupé par une enquête qui le concerne et se resserre autour de lui. Mais Rhonda,son adjointe, peut comprendre pourquoi une jeune femme aussi lumineuse et passionnée en est venue à mettre fin à ses jours. Elle sent une présence derrière ce geste.

Pas après pas, Rhonda va remonter jusqu’à la source de la souffrance de Clara. Il lui faudra beaucoup de ténacité – et l’appui de Tomar – pour venir à bout de cette enquête bouleversante.

 Ce que j'en ai pensé :

J'avais beaucoup aimé l'ambiance de "Avalanche hôtel", et je n'ai donc pas hésité à replonger dans la nouvelle enquête de Tomar Khan, héros récurrent, flic borderline, parricide, en proie à une épilepsie neuronale (je ne connaissais pas, mais pour simplifier, le stress génère une amnésie) et de son équipe.

C'est peut-être moins bien ficelé que l'épisode précédent (deux ou trois agacements par rapport à certains "clichés" comme la Proc "aux yeux de biche"... ) mais ça se lit avec plaisir, le polar ménageant un (trop léger) suspens..

Ce qui m'embarrasse le plus, finalement, c'est que ce polar suive une sorte de mode, et surfe sur le phénomène social de la lutte contre les violences faites aux femmes. Le sujet est tellement "dans l'air du temps" que je me suis sentie prise au piège, pas convaincue qu'il n'ait été écrit pour d'autres raisons...

Alors, même si j'aime ce personnage complexe, même si l'intrigue est suffisamment fournie, j'ai ressenti un manque d'enthousiasme et j'espère que sur un prochain tome, l'auteur aura simplement envie de nous offrir une enquête pas trop "formatée"...

Un bon moment de lecture malgré tout !

18 janvier 2020

Disparaître - Mathieu MENEGAUX

Editions Grasset
Parution : 8 janvier 2020
216 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

Une jeune femme met fin à ses jours à Paris, dans le XVIII° arrondissement.

Un homme est retrouvé noyé sur une plage, à Saint-Jean Cap Ferrat, sans que personne soit en mesure de l’identifier  : le séjour en mer l’a défiguré, et l’extrémité de chacun de ses doigts a été brûlée.

Quel lien unit ces deux affaires  ? Qui a pris tant de soin à préserver l’anonymat du noyé, et pour quelles raisons  ? Qu’est-ce qui peut pousser un homme ou une femme à vouloir disparaître  ?

Avec ce roman impossible à lâcher, Mathieu Menegaux rejoint ceux qui pensent que les histoires d’amour finissent mal, en général.

Ce que j'en ai pensé :

Pourvu que toutes les histoires d'amour ne finissent pas aussi mal !! 

J'ai plongé dans celle-ci sans trop me poser de questions : outre que j'apprécie beaucoup la plume de Mathieu Menegaux et ce roman, aux airs de polar (deux morts sans lien, mais..) avait tout pour me plaire ..

Et m'a beaucoup plu !!

Parce que même si j'ai deviné assez vite les tenants et aboutissants de ce roman-polar, j'en ai aimé la construction, et surtout, la fine psychologie des personnages dont aucun n'est caricatural, surjoué.

Comme toujours avec Mathieu Menegaux, tout est dans la suggestion, et cet opus interroge nos rapports à l'autre, à notre place dans le monde, aux réseaux sociaux, au "Big Brother".

Comment disparaître aujourd'hui ? (et comment ne pas être fiché et tracé dans nos moindres faits et gestes ?)

10 janvier 2020

Miroir de nos peines - Pierre LEMAITRE

Editions Albin Michel
Parution : 2 janvier 2020
544 pages


Ce qu'en dit l'éditeur : 
  
Avril 1940. Louise, trente ans, court, nue, sur le boulevard du Montparnasse. Pour comprendre la scène tragique qu’elle vient de vivre, elle devra plonger dans la folie d’une période sans équivalent dans l’histoire où la France toute entière, saisie par la panique, sombre dans le chaos, faisant émerger les héros et les salauds, les menteurs et les lâches... Et quelques hommes de bonne volonté.

Il fallait toute la verve et la générosité d’un chroniqueur hors pair des passions françaises pour saisir la grandeur et la décadence d’un peuple broyé par les circonstances.

Ce que j'en ai pensé :

Je l'attendais avec impatience ce tome 3 de la trilogie de Pierre Lemaître, j'avais tant aimé Au-revoir là-haut et Couleurs de l'incendie.  Et il ne m'a pas fallu plus que quelques heures pour le dévorer !!

Des années 1930, on passe à une nouvelle décennie où un fou furieux va faire régner la terreur. La France, certaine de ses forces militaires, ne voit pas le danger et s'auto-sugère une victoire rapide sur les "casques à pointes", l'information diffusée, trafiquée, dynamise le soldat, confiné derrière la ligne Maginot, dans une "drôle de guerre". 

Jusqu'aux premiers affrontements, jusqu'à l'exode qui jette des milliers de français au-delà d'Orléans, chargés de brouettes et charrettes, embarqués dans des voitures qui n'auront bientôt plus d'essence; 
L'ennemi avance, la France recule.

Dans ce paysage se dessinent des personnages singuliers, savoureux, des portraits d'une époque pas si lointaine, entre fulgurances patriotiques et trafics ordinaires, auxquels s'ajoutent les misères quotidiennes.

Ce qui réjouit le lecteur dans ce dernier tome de la trilogie, ce sont, comme auparavant, les personnages : de Louise l'institutrice à Désiré Mignon aux multiples personnalités ! 
Pierre Lemaître réussit à conjuguer la petite et la grande Histoire, à nouer légèreté et drame, cocasserie et réflexions sur l'humanité.

Un opus qui clôt brillamment la trilogie ! 
(et on se prend à espérer qu'il pourrait y avoir une suite...)