26 janvier 2021

Les Bordes - Aurélie JEANNIN

 

Editions Harper Collins France

Parution : 13 janvier 2021

224 pages

 

 

Ce qu'en dit l'éditeur :

Les Bordes, c'est un lieu et c'est une famille. En l'occurrence, sa belle-famille qui ne l'aime pas. Elle, Brune, le bouclier. Mère responsable, tenant solidement sur ses deux jambes, un œil toujours fixé sur le rétroviseur ou l'entrebâillement de la porte, qui guette, anticipe, tente de maîtriser les risques. Ce week-end, comme chaque année en juin, elle prend la route avec ses deux enfants pour rejoindre Les Bordes et honorer un rituel familial.
Pour celle qui craint chaque seconde l'accident domestique, Les Bordes ressemblent à l'enfer. Trop de jeux extérieurs, trop de recoins, de folles libertés. Trop de silence et de méchancetés à peine contenues. Trop de souvenirs. Aux Bordes, Brune saura-t-elle esquiver le pire ? Est-il possible pour une mère de protéger ses enfants ?

Derrière la mécanique du drame hasardeux et l'absence de bourreaux, Les Bordes dresse un portrait de la famille, de la parentalité et de la maternité sans fard, grâce à une héroïne aussi troublante qu'humaine. 

 

Ce que j'en ai pensé :

Brune est juge d'instruction et voit tellement de misère et d'horreurs dans son métier que, depuis qu'elle est maman, elle fait tout pour que ses deux petits aient l'enfance la plus douce possible, dans l'amour et le respect, loin de tous les dangers..tellement que ça en devient obsessionnel et que le fragile équilibre qu'elle tente de maintenir menace de rompre à chaque instant.


Ce week-end tant redouté dans sa belle-famille va marquer le point de rupture.


Qu'est-ce qu'elle m'a agacée cette magistrate ! Mais comme je l'ai trouvée touchante pourtant. On sent monter la tension, on sent l'accident tout proche, inexorable..


La narration est fluide, les mots se bousculent, pourtant on a aussi l'impression de suffoquer, d'être submergé par l'ambiance angoissante des pensées de Brune et de ses souvenirs terribles.

Lecture plutôt en demi-teinte donc.

Merci à Babelio et Harper Collins France pour cette édition Masse Critique

19 janvier 2021

Une rose seule - Muriel BARBERY

 

Editions Actes Sud

Parution : 19 août 2020

157 pages



Ce qu'en dit l'éditeur :

Rose arrive au Japon pour la première fois. Son père, qu’elle n’a jamais connu, est mort en laissant une lettre à son intention, et l’idée lui semble assez improbable pour qu’elle entreprenne, à l’appel d’un notaire, un si lointain voyage.

Accueillie à Kyōto, elle est conduite dans la demeure de celui qui fut, lui dit-on, un marchand d’art contemporain. Et dans cette proximité soudaine avec un passé confisqué, la jeune femme ressent tout d’abord amertume et colère. Mais Kyōto l’apprivoise et, chaque jour, guidée par Paul, l’assistant de son père, elle est invitée à découvrir une étrange cartographie, un itinéraire imaginé par le défunt, semé de temples et de jardins, d’émotions et de rencontres qui vont l’amener aux confi ns d’elle-même.

Ce livre est celui de la métamorphose d’une femme placée au cœur du paysage des origines, dans un voyage qui l’emporte jusqu’à cet endroit unique où se produisent parfois les véritables histoires d’amour.

 

Ce que j'en ai pensé :

Ça faisait longtemps que je n'avais pas lu Muriel Barbery…


Là, j'ai eu beaucoup de plaisir à redécouvrir sa plume et à suivre Rose, l'héroïne, dans ce voyage de deuil au Japon.

Deuil d'un père qu'elle n'a pas connu, deuil d'elle-même aussi, de son être ancien.

Renaissance d'une femme au gré des jardins et des temples dans une prose poétique où chaque chapitre est précédé du court récit d'une légende nipponne ancienne.

Tout peut s'oublier - Olivier ADAM

 

Editions FLAMMARION

Parution : 6 janvier 2021

268 pages



Ce qu'en dit l'éditeur :

Un appartement vide : c'est ce que trouve Nathan quand il vient chercher son petit garçon chez son ex-femme. Très vite, il doit se rendre à l'évidence : Jun est rentrée au Japon, son pays natal, avec Léo. 

À l'incompréhension succède la panique : comment les y retrouver, quand tant d'autres là-bas courent en vain après leurs disparus ? Et que faire de ces avertissements que lui adresse son entourage : même s'il retrouve leur trace, rien ne sera réglé pour autant ? Entre la Bretagne où il tente d'épauler Lise, elle aussi privée de son fils, et un Japon qu'il croyait connaître mais qu'il redécouvre sous son jour le plus cruel, Nathan se lance dans une quête effrénée. 

En retraçant l'itinéraire d'un père confronté à l'impensable, Olivier Adam explore la fragilité des liens qui unissent les parents et leurs enfants. 

 

Ce que j'en ai pensé :

Alors que je suis fan inconditionnelle d'Olivier Adam, son nouvel opus m'a laissée sur ma faim..


Dans ce tout nouveau roman, le narrateur part à la recherche de sa compagne japonaise et de leur fils qu'elle a enlevé pour retourner vivre au Japon.
Combat perdu d'avance quand on sait que les lois sur le divorce et la garde d'enfants ne sont pas les mêmes qu'en France..


Si la détresse de ce père est palpable, réaliste, si la plume d'Olivier Adam garde toujours ce même charme et module tristesse et espoir, il m'a cependant manqué quelque chose et j'ai été vite lassée par les descriptions des lieux mais aussi agacée par 2 choses : un name-dropping continuel (noms de cinéastes, d'auteurs..) qui donne un sentiment de boboïtude exagéré, et une critique à peine voilée du milieu culturel français, du macronisme, de la société.. (un peu comme dire "je suis un as du potage mais je crache dedans " - image mal choisie, mais bon..)


Bref, si je veux connaitre les opinions politiques ou sociétales d'un auteur, j'aime bien que ses romans la rendent finement, et là c'était tellement gros sabots que ça m'a énervée !


Bref, "Tout peut s'oublier" porte bien son titre, je ne pense pas qu'il fasse date dans mes souvenirs de lectrice..

16 novembre 2020

Le jardin du bossu - Franz BARTELT

 

Editions FOLIO Policier

Parution : août 2006

240 pages

 

 

Ce qu'en dit l'éditeur :

"Il était là, le con ! Rond comme un bidon. Entouré d'une flopée d'ivrognes encore plus saouls que lui. Je ne l'avais jamais vu en ville. J'ai demandé au Gus qui c'était. Il n'en savait rien. J'ai recommandé une bière. Le type se vantait. Il ne parlait que de son pognon. Il en avait, puisqu'il payait les tournées en sortant de sa poche des poignées de billets. Il refusait la monnaie. Il s'y croyait. Le con. Ah, le con ! Le Gus m'a dit qu'il était déjà saoul en arrivant. Il avait touché la paie ou quoi ? Il buvait du blanc limé. De temps en temps, il se levait et chantait une connerie. Il y a connerie et connerie. Les siennes, c'était des conneries de l'ancien temps. On n'y comprenait rien. Des histoires de drap du dessous, que c'est celui qui prend tout. Qu'est-ce que ça voulait dire ? Il retombait sur sa chaise, comme un sac. Il se remettait à parler de son pognon. Il en avait des tas. Stocké dans le tiroir de la salle à manger. Tout en liquide.

T'as pas peur de te faire attaquer ? a demandé un des gars."

 

Ce que j'en ai pensé : 

On est toujours "le con" de quelqu'un d'autre ! 

Et le narrateur qui se croyait plus malin que ce type trop vantard rencontré dans un bar va en faire les frais...Subir tout en imaginant pouvoir reprendre le dessus, être une victime en croyant faire son profit.

On hésite entre le croire très malin et malheureux objet d'un syndrome de Stockholm. 

Le dénouement est à la hauteur de la cocasserie de ce polar un peu déjanté ; j'ai souri, j'ai ri, j'ai adoré !! Ça confirme que le sieur Bartelt est un as du décalage dans le noir !




Cognac blues David PATSOURIS

 

Rouergue Noir Editions

Parution : 9 mars 2013

208 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

À Cognac, les viticulteurs en colère font flamber des bûchers aux portes de la ville. Charly est payé pour éliminer un syndicaliste opiniâtre et insoumis qui n'a pas compris ce qu'il en coûte de vouloir résister aux maîtres du vignoble. Seulement ce mort-là ne va pas le laisser tranquille. Charly le pressent, à peine reparti vers les spots de surf et la côte Atlantique, là où va le surprendre une fille belle à vous remplir le cœur, cul sec. 

 

Ce que j'en ai pensé :

Froid. Comme la mort. Pas d'état d'âme. Juste un contrat à exécuter.

Qu'importe le commanditaire, ne compte que le cash versé à sa banque.

Sauf que.

L'humain prend le dessus. Une fille en robe à fleurs et sandales, avec un voile en cheveux noirs qui accompagne la musique, une fille qui se donne entière à Charly et qui ne soupçonne pas une seconde de quoi il s'est forgé.

Et Charly, à la peine, amoureux, prêt à tout quitter pour Gail aux cheveux noirs, prêt (se croit-il) à affronter ce qui a construit sa vie, obéir et exécuter (les ordres, les gens gênants). 

Forcément, ça finit mal.

Un bon polar à la prose envoûtante !

8 octobre 2020

Fin d'exploitation - Denis FLAGEUL

 

Editions In8

Parution : 15 septembre 2020

248 pages

 

Ce qu'en dit l'éditeur :

Goulven traverse une mauvaise passe. Divorce brutal, garde de son fils réduite à un week-end sur deux, il est grand temps de se faire oublier. Retiré dans sa campagne bretonne, il aménage une nouvelle chambre pour son gamin, et rend visite aux copains. 

Il y a Fabien, agriculteur perclus de dettes, qui peine à tirer son épingle du jeu. Sa femme, Laura, dont Goulven est devenu bien proche. Et les petits jeunes un peu paumés dans leurs rêves autonomes, Mouss et Soaze, sous l'emprise d'un troisième, Gusto, nerfs à vif et violence éruptive. 

Autour de ce petit monde, les banquiers agricoles rôdent comme des charognards. 

Quand le village voisin est secoué de faits divers, flics et gendarmes se pointent aux portes de l'exploitation. Ce sera l'étincelle de trop.

 

Ce que j'en ai pensé :

Du vrai "rural noir", âpre, parfois douloureux, mais qui s'arrange d'une narration qui frôle souvent la poésie, une narration maîtrisée qui fait monter crescendo la tension, qui fait la part belle aux personnages.

C'est l'histoire de la fin d'un monde, des derniers sursauts d'une agriculture française qui peine à se projeter dans l'avenir, des jeunes envies de mieux faire et des désillusions des autres, du capitalisme et des banques.

Mais l'auteur raconte aussi l'homme, ses échecs, ses rêves inaboutis, les sentiments exacerbés et la violence qu'ils peuvent générer (ou l'abattement, le renoncement).

Ça pourrait être un roman désabusé, un polar de la colère, ça n'est heureusement pas que ça. 

Parce que tout sonne sincère et vrai, parce que les personnages avec leurs failles et leur lumière nous semblent proches, parce que les mots sont forts.

 

"Tu sais, comme ils s'imaginent les paysans, les mecs de la ville, les bobos. Des ploucs, des taiseux qui passent leurs journées avec leurs bêtes, qui parlent qu'à elles, qui se pochetronnent tranquillement en rêvant de se taper la vache parce qu'ils n'ont pas de bobonnes à la maison. Sales et crevards."

 

 "Un long silence chargé de toute leur histoire. Même si une inquiétude les taraudait l'un et l'autre. Une inquiétude qui avait nom Laura. Ou Querrien. Ou comment vivre."

6 octobre 2020

Le dit du mistral - Olivier MAK-BOUCHARD

 Editions Le tripode

Parution : 20 août 2020

360 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

Après une nuit de violent orage, un homme voit toquer à la porte de sa maison de campagne Monsieur Sécaillat, le vieux paysan d’à-côté. Qu’est-ce qui a pu pousser ce voisin secret, bourru, généralement si avare de paroles, à venir jusqu’à lui ? L’homme lui apporte la réponse en le conduisant dans leur champ mitoyen : emporté par la pluie violente et la terre gorgée d’eau, un pan entier d’un ancien mur de pierres sèches s’est éboulé. Or, au milieu des décombres et de la glaise, surgissent par endroits de mystérieux éclats de poterie. Intrigués par leur découverte, les deux hommes vont décider de mener une fouille clandestine, sans se douter que cette décision va chambouler leur vie.


S’il se nourrit des œuvres de Giono et de Bosco, 
Le Dit du Mistral n’est pas un livre comme les autres. C’est le début d’un voyage, un roman sur l’amitié, la transmission, sur ce que nous ont légué les générations anciennes et ce que nous voulons léguer à celles à venir. C’est un récit sur le refus d’oublier, une invitation à la vie où s’entremêlent histoires, légendes et rêves. C’est une fenêtre ouverte sans bruit sur les terres de Provence, la photographie d’un univers, un télescope aimanté par les dieux.

 

Ce que j'en ai pensé :

 Fan de chichourle ! Quelle joyeuse, jubilatoire, incursion en Luberon ! 

Et de quelle façon, j'aurais aimé faire partie de cette joyeuse équipée, à creuser la terre de ce coin de Provence, à l'abri du Ventoux et de ses légendes, coincée entre le narrateur et M. Sécaillat, à déterrer des poteries gauloises dans le jardin et à se requinquer d'un aïgo boulido !!

Pour un premier roman, offrir une telle parenthèse au lecteur, rameuter les loups et Hannibal, les 13 desserts de Noël, une source de jouvence et l'accent du pays, donner du corps aux contes et légendes de Provence, être moderne et « patrimoine-compatible » en même temps, faire sourire, permettre d'oublier tout autour en plongeant dans la grotte de la Cabro d'or, ça vaut son pesant de bravos !!

Bravo pour ce roman optimiste (et surtout pas mièvre), bravo pour la générosité des mots, des personnages, bravo pour ce conte qui enthousiasme !

(et bravo aussi pour cette couverture où le « Hussard » a la vedette!)

10 septembre 2020

Comme un empire dans un empire - Alice ZENITER

 

 Editions Flammarion

Parution : 19 août 2020

400 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

Il s’appelle Antoine. Elle se fait appeler L. Il est assistant parlementaire, elle est hackeuse. Ils ont tous les deux choisi de consacrer leur vie à un engagement politique, officiellement ou clandestinement.

Le roman commence à l’hiver 2019. Antoine ne sait que faire de la défiance et même de la haine qu’il constate à l’égard des politiciens de métier et qui commence à déteindre sur lui. Dans ce climat tendu, il s’échappe en rêvant d’écrire un roman sur la guerre d’Espagne. L vient d’assister à l’arrestation de son compagnon, accusé d’avoir piraté une société de surveillance, et elle se sait observée, peut-être même menacée. Antoine et L vont se rencontrer autour d’une question : comment continuer le combat quand l’ennemi semble trop grand pour être défait ?

Dans ce grand roman de l’engagement, Alice Zeniter met en scène une génération face à un monde violent et essoufflé, une génération qui cherche, avec de modestes moyens mais une contagieuse obstination, à en redessiner les contours. L’auteure s’empare audacieusement de nos existences ultracontemporaines qu’elle transfigure en autant de romans sur ce que signifie, aujourd’hui, faire de la politique.

 

Ce que j'en ai pensé :

Ne cherchez pas dans ce roman d'Alice ZENITER le souffle romanesque de « L'art de perdre », on change tout !

Et, c'est finalement une bonne option ! Plongée dans notre monde contemporain, ultra connecté, ce nouveau roman accompagne Antoine et L., purs produits de notre époque, balancés entre idéologie et lâcher-prise.

Antoine qui s'affranchit de son milieu d'origine à force d'études et d'engagement politique et L. (ou Leïla) qui voit dans l'internet le miroir de sa vie. Chacun en butte à ses désillusions, ses névroses (voire psychoses), deux personnages qui se découvrent, se réinventent, tentent (désespérément) de redonner sens à leurs vies, à l'amour, à un monde malade..

Presque un roman politique, militant (dans quelle étagère?), mais des personnages attachants, et une intrigue intelligente.

Ravie de cette lecture dont le sujet ne m'aurait pas emballée a priori mais que je n'ai pas lâchée du début à la fin !

Là d'où je viens a disparu - Guillaume POIX

 

Editions Gallimard - Collection Verticales

Parution : 3 septembre 2020

288 pages

 

Ce qu'en dit l'éditeur :

 « Ça fait deux ans que je ne l'ai pas revu. Sept cent vingt-trois jours pour être précise. Il y a un mois, j'ai reçu une lettre de lui en provenance des États-Unis. Il m'indiquait qu'il avait fui notre pays et qu'il travaillait dans une entreprise de bâtiment. Il allait bien, il écrirait de temps en temps, il me souhaitait du calme maintenant qu'on ne se reverrait plus.

J'ai brûlé la lettre et j'ai regardé mon fils aîné partir en fumée. ».

Inspiré de faits réels, ce roman choral explore des rêves d'exil, accomplis ou à jamais manqués. D'un continent à l'autre, des familles dispersées affrontent la même incertitude : que transmet-on à ses enfants qu'aucune frontière ne peut effacer ? 

 

Ce que j'en ai pensé :

 Marta la Salvadorienne dont les deux fils, Luis et Fabio, ont choisi d'émigrer aux Etats-Unis, Litzy elle-aussi salvadorienne et Zahra la somalienne toutes deux femmes de ménage dans le manoir du futur président américain, Angie la somalienne devenue Giant le temps de son voyage clandestin vers la France où vivent Pascal, sa femme Hélène et leur fils Jérémy. Galerie de douleurs et de destins qui se croisent, des destins qui basculent au fil de l'exil, galerie de vies bousculées et de choix difficiles.

Un roman intelligent qui donne la parole aux exilés, aux migrants, ceux qu'on n'entend pas, qu'on aperçoit sur de terribles photos (Luis et sa fille noyés en traversant le Rio Grande, est l'un des personnages de ce roman), une narration originale mêlant chansons, articles, tableaux et décompte, par ailleurs poétique malgré la gravité du sujet, des personnages travaillés.

Un roman touchant et qui interroge (à la manière d'Hélène qui se demande ce qu'elle pourrait faire de plus que recenser les décès des exilés pour son association, elle qui sait son fils Jérémy militant anti-migrants), un roman qui réussit à éviter l'écueil du pathos.

7 septembre 2020

Le Palais des Orties - Marie NIMIER

 

 

Editions Gallimard - collection La blanche

Parution : 20/08/2020

272 pages

 

Ce qu'en dit l'éditeur :

 Quelque part en France, une campagne modeste, un peu défigurée. Au fond d’une vallée, à quelques kilomètres d’un village, des hangars recouverts de tôles mangées par la rouille, une ferme où tout serait à reconstruire. Autour, des champs d’orties.

Nora et Simon vivent là avec leurs deux enfants. Ce n’est au départ ni un choix ni un rêve. Ils gagnent leur vie avec une plante que tout le monde arrache. L’ambiance est gaie, plutôt. On se serre les coudes. On est loin du bon vieux temps, loin des exploitations à grande échelle, loin de l’agriculture bio et raisonnée. C’est la débrouille.

Et puis, un jour, arrive une jeune fille avec son sac à dos. Frederica. Fred fait du woofing. Contre le gîte et le couvert, elle offre ses bras.
Le Palais des Orties est un roman d’amour et de métamorphoses, le récit d’une passion brûlante.  

 

Ce que j'en ai pensé :

C'est Frederica qui arrive un jour trop tôt dans l'exploitation de Nora et Simon, qui va bouleverser la vie de ce couple reconverti dans l'agriculture, qui va d'abord semer la joie, puis le trouble, avant de provoquer un cataclysme au sein de la famille...

Le palais des orties, c'est l'histoire de cet amour inédit, interdit, de ces émotions féminines, des non-dits, des sentiments qui oscillent entre tendresse et violence.

Je n'avais pas lu Marie Nimier depuis "La girafe", mais ce roman m'a charmée. J'en ai aimé la langue, le style, les personnages (ceux en arrière-plan ne sont pas négligés !). J'ai aimé aussi la délicatesse de l'auteur, son intelligence à nous donner à lire cette histoire sans préjugés, sans abrupts, sa manière d'instiller la tension, de nouer l'intrigue dans une atmosphère qui aurait pu être plus lourde..

J'ai donc, vous l'avez deviné, beaucoup aimé ! Et je remercie Babelio et les Editions Gallimard pour leur confiance.

 

9 juin 2020

Bilan de Mai 2020

Bien, bien...

Je suis bien embêtée : l'envie de rédiger des billets de lecture ne revient pas. Ça se complique.

Mais, notez que je fais l'effort (sic), avec presque 10 jours de retard, de venir poser un bilan mensuel.



Douze livres, romans et essais, aucun polar ce mois-ci !

Il y a eu du très bon, du pas mal mais aussi une déception.


J'ai adoré :


* Tant qu'il y aura des cèdres, Pierre JARAWAN, Editions Héloïse d'Ormesson

Un excellent roman que je recommande (et que je relirai !).


J'ai beaucoup aimé :


* Nouvel an, Juli ZEH, Editions Actes Sud

Parce que Lanzarote et un secret de famille.


* Dehors, la tempête, Clémentine MELOIS, Grasset

Un essai sur la littérature, le langage, les mots, toujours un peu décalé !


* Loin, Alexis MICHALIK, Editions Albin Michel

Même si la première partie m'a un peu agacée !


* Giono, furioso, Emmanuelle LAMBERT, Editions Stock

Un point de vue intéressant et quelques "mythes" revus sur cet auteur...


* De la forêt, Bibhouti Bhoushan BANERJI, Editions Zulma

Une ré-édition d'un roman indien qui offre un beau regard sur l'écologie.


* Un automne de Flaubert, Alexandre POSTEL, Editions Gallimard

Savoureux, instantané instructif !


* Que sont nos amis devenus ? Antoine SENANQUE, Grasset

Lecture sympa, personnage attachant.


J'ai moins aimé :


* Hugo Pratt, trait pour trait, Thierry THOMAS, Editions Grasset

Ça manquait de peps, selon moi...


* Comme des frères, Claudine DESMARTEAU, Editions Iconoclaste

La fin m'a paru manquer de saveur !


* Petit traité de philosophie naturelle, Kathleen DEAN MOORE, Editions Gallmeister

Quelques "nouvelles" m'ont plu, mais je me suis lassée...


La déception :


* Les méduses, Frédérique CLEMENÇON, Editions Flammarion

Je suis passée à côté de ce roman, sans m'en expliquer la raison.


***

Et de votre côté, ça a donné quoi ?


14 mai 2020

Des news..Bilan de mes lectures de confinement

Mon dernier article datait du 31 mars ! Autant dire que ça fait déjà un bout !!


Une drôle de bestiole a sacrément perturbé nos vies, et je me suis réjouie d'aimer lire (et d'avoir du stock !) quand le confinement a été annoncé.

Au tout début de cet épisode, j'essayais encore de tenir le rythme de mes parutions, et puis, je ne saurais expliquer pourquoi, si j'ai continué à lire (frénétiquement !), je n'ai plus rien publié ! 
Pour tout dire, je ne compte pas le faire...

J'ai dû lire presque 40 livres en quasi 2 mois (certains billets sont publiés juste avant celui-ci), un rythme un peu plus soutenu que d'habitude évidemment...

Petit bilan sans commentaires de mes lectures "confinées" :

Du côté des BD :

Relecture du début de la série India Dreams  


Du côté des romans :



Du côté des essais / documents :

Et enfin, les polars :

et puis, j'ai lu presque tous les Thilliez !


Je me pose toujours la question de continuer ou non ce blog.. On verra ce que mes envies me dictent !

31 mars 2020

Orphelines - Franck BOUYSSE

Editions Moissons Noires
Parution : 10 mars 2020
282 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

Une ambiance sombre et pesante s'est installée dans la ville.

Un criminel tapi dans l'ombre observe et s'amuse avec deux flics qui le poursuivent. Crime après crime, Bélony et Dalençon voient ce meurtrier leur glisser entre les doigts.

La noirceur de son âme ne fait aucun doute depuis qu'un corps de femme massacré a été découvert... 

Ce que j'en ai pensé :

Ceux qui ont été ébloui(e)s par "Né d'aucune femme", les  "fans" qui lisent Franck Bouysse depuis  "Grossir le ciel" (comme moi !), ne vous attendez pas à retrouver le même style de narration, le même genre de roman noir.

J'ai (presque) tout lu de Franck Bouysse, auteur que j'ai ajouté à mon "Panthéon" de lectrice pour tout un tas de raisons dont un sens de la narration rarement égalé, dont un usage de la langue française (quand sa prose frôle la poésie) qui en démontrerait à certains "auteurs" de tête de gondole, etc...

Là. 
Comment dire ? 

C'est Franck Bouysse qui n'est pas à son summum, qui livre un polar classique (mais pas si prévisible que ça !), qui semble remplir un contrat avec sa maison d'édition. C'est un peu mieux qu'"Oxymort", mais ceux et celles qui attendent beaucoup après "Né d'aucune femme" vont être déçu(e)s...

L'intrigue tient la route et tient en haleine. Personnages crédibles et tutti quanti, mais on est loin du meilleur que peut produire cet écrivain...