20 janvier 2016

Un printemps 76 - Vincent DULUC

éd Stock - 13 janvier 2016 - 216 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :
« Grandir dans ma province avec Saint-Étienne juste à côté, en 1976, c’était habiter Naples au pied du Vésuve, c’était savoir que le coeur de l’univers avait soudain été déplacé, qu’il se rapprochait de nous mais sans nous inclure, et c’est pour cela que l’on se levait, pour voyager, franchir la frontière et ressentir l’appartenance au monde.
Là-bas, juste à côté, Saint-Étienne avait les Verts, la ville avait cette fièvre, un pays venu prendre son pouls, et sous ses yeux la classe ouvrière mourait en chantant “Qui c’est les plus forts ?”. »

Vincent Duluc est l’auteur, chez Stock, d’un premier roman très remarqué et salué par la presse : George Best, le cinquième Beatles. Il est le leader de la rubrique football de L’Équipe et intervient régulièrement en tant que consultant sur L’Équipe 21, RTL et i-Télé.

 Ce que j'en ai pensé :
"Qui c'est les plus forts, évidemment c'est les Verts", refrain d'une génération qui a collectionné les vignettes Panini des joueurs de foot...Une génération en pantalon pattes d'eph' et sous-pull en acrylique qui se passionne pour une équipe habillée en vert, la couleur de l'espoir, ruiné par des poteaux carrés dans un match contre le Bayern en Coupe d'Europe !  C'est Rocheteau et ses belles boucles, "l'ange vert", sérieux concurrent à toutes les histoires d'amour des adolescents de l'époque...
C'est donc toute une époque qui est évoquée, celle des Peugeot 103 et des Renault 5, celle de Stone et Charden, celle du premier Loto et de la télé en noir et blanc, et pour l'auteur, celle des premiers émois amoureux et des émotions sportives, du journal L'équipe. Mais c'est au-delà du foot et du portrait d'une France giscardienne, le roman est un regard sur une ville de province où les mines de charbon et Manufrance commencent leur déclin, où les ouvriers sont mis au rebut dans un monde qui accélère.
Il y a de la nostalgie dans ce roman, il y a surtout la naissance d'une passion pour le journalisme sportif et le foot, un regard parfois acide sur coulisses de ce monde à part (le président Rocher ou Jean-Michel Larqué en prennent pour leur grade, comme le paternalisme patronal...).
Il m'a manqué un peu de douceur ou de tendresse dans la lecture, même si je l'ai apprécié : j'aurais aimé plus d'ados acnéiques et de chansons niaises et moins de regard "pro" sur le milieu footeux...que le journaliste sportif laisse plus de place à l'écrivain ;o)

Merci à Valentine des éditions Stock pour cette belle lecture qui a ravivé tant de souvenirs !

1 commentaire:

  1. Chassez le naturel...
    Il n’empêche il a une belle écriture! J'ai bien aimé aussi ;)

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