2 mai 2017

Rural noir - Benoît MINVILLE

Editions Folio Policiers
Parution :  20 avril 2017
320 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

Romain est parti du jour au lendemain de la Nièvre, sans une explication. Dix ans plus tard, il revient sur les terres de son enfance et retrouve la bande de toujours : Chris, son frère, rendu amer par son départ soudain après le décès de leurs parents. Vlad, le meilleur ami à la vie à la mort, aujourd’hui lointain, aujourd’hui accaparé par ses affaires. 
Et Julie, qui attend un enfant avec Chris.
À peine Romain a-t-il posé ses valises que Vlad est retrouvé salement amoché dans un champ. Avec le recul des années passées loin, Romain fouille dans leur histoire commune pour tenter de comprendre. Quels bons souvenirs dissimulaient les disputes, quelles rivalités annonçaient les bastons, quelle crise se préparait pour ceux restés sur ces terres.

 
Benoît Minville, né le 28 septembre 1978 à Paris et vivant à Sartrouville, est un libraire et écrivain de roman jeunesse et de roman policier.

Ce que j'en ai pensé :

Quand j'ouvre un nouveau livre et que défilent les premières pages, j'aime bien avoir quelques certitudes, notamment sur la narration et encore plus sur la maîtrise de la langue française (je sais, je vire psychorigide !!). Là, malencontreusement, je tombe sur une "gare de treillage" (page 14)..Sérieusement ???

Sûrement un truc qui n'existe qu'au fond de la campagne morvandelle ! 
Détail ? Certes..

Pourtant, même si je devine des secrets sous l'histoire, que j'ai très envie de découvrir ce que cache Romain, revenu au bercail, je ne suis pas convaincue.
C'est pas mal mais ça n'est pas ça. Je m'étonne que les chapitres intitulés "Passé" utilisent le présent de l'indicatif et que ceux nommés "Présent" emploient le passé simple (effet de style ?) et je cale, sur le langage employé (mélange de locutions des années 90, de termes ruraux - juste pour le côté exotique - et de modernité), je ne suis pas fan. 

Vraisemblablement, ne fait pas du "polar rural" qui veut...L'accent campagnard ne suffit pas à donner des accents de vérité, à tel point que l'intrigue pourrait se tenir dans n'importe quel endroit que ça n'y changerait rien. Ça n'a pas la force d'un Franck Bouysse, ni la saveur des écrits de Sandrine Collette ! A trop vouloir faire authentique-paysan-rural, ça parait par moments trafiqué ou un peu superficiel.

Non pas que ça soit mal écrit, non...mais c'est un peu haché, ça manque un peu de tournure (on est d'accord que les paysans du Morvan sont supposés ne pas s'exprimer selon les standards de l’Académie Française mais là ça donne l'impression que la caricature est exagérée !), et puis comme je m'attache toujours aussi stupidement aux détails, ça m'agace de trouver un vieux en train de regarder la télé alors qu'elle est supposée être éteinte :

"Assis à la table, près d'une télévision éteinte recouverte de poussière elle-aussi, son frère tenait un ballon de rouge. Dans un fauteuil, le patriarche, le vieux Clément, avec une couverture sur les genoux, regardait un vieux poste de télé (...)"

- Miracle de la littérature, la télé s'allume toute seule, en l'espace de 2 lignes !!- (page 184)

Les personnages sont plutôt bons, souvent franchement empathiques (j'ai beaucoup aimé Chris le potier au physique de bûcheron, revenu traumatisé de la guerre) mais certains frôlent la caricature ( y a-t-il vraiment des "punks à chiens" dans le Morvan ???) .

Avis très mitigé, donc.

Ni conquise ni déçue, parce qu'heureusement l'intrigue sauve le reste ! autant j'ai aimé le traitement du parallèle passé/présent, autant j'ai trouvé que ce polar manquait de profondeur, de substance, et qu'il jouait sans doute trop sur le côté revival/cliché. 

Dommage ! Mais c'est un premier roman ! 

2 commentaires:

  1. Morte de rire face à cette télé qui s'allume toute seule!
    Mitigée... au point que je vais passer mon chemin. Je l'avais noté quelque part, mais là, je fais un trait dessus!
    Ton billet est très convaincant!

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  2. Dommage... Dans le genre polar rural excellent publié récemment j'ai adoré "Prendre les loups pour des chiens".

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