26 mai 2014

La porte du Messie - Philip LE ROY


Ce qu’en dit l’éditeur :

Aux funérailles de ses parents, morts accidentellement à Beyrouth, Simon Lange, étudiant en théologie, est informé que son père lui a laissé de mystérieux documents dans le coffre d’un hôtel de Jérusalem. Il s’y rend en compagnie de Markus, un ami de la famille. À leur arrivée, surprise : le coffre est vide. Et le soir même, après d’étranges événements devant la Porte du Messie – celle par laquelle, selon la tradition juive, le Messie entrera à Jérusalem –, Markus disparaît.

Simon apprend alors que celui-ci et son père s’étaient lancés dans une quête sur les origines du Coran. Accompagné de Sabbah, une jeune parisienne travaillant à L’Unesco, le voilà parti à son tour dans une enquête aussi dangereuse que palpitante sur la trace des plus anciens manuscrits coraniques. Il va devoir décrypter bon nombre d'énigmes historiques et religieuses pour percer le mystère du Livre saint et faire preuve de toute son habileté pour échapper à ceux qui, dans l'ombre, veulent à tout prix garder secrète une incroyable vérité.

Fondé sur des recherches historiques, archéologiques et littéraires encore peu diffusées sur les origines du Coran et les rapports entre Islam et Christianisme, Philip Le Roy nous donne un roman aussi passionnant qu’érudit où suspense et histoire se conjuguent à merveille.





Mon avis :

Voilà un bouquin qui réconcilie avec le genre, surtout après la déception précédente !
Fort bien documenté, nouveau dans ses allégations, on se laisse emporter par les thèses de ce polar. Certes, ça commence comme un document alors qu’on sait que c’est un roman, mais la caution de Guillaume Hervieux (titulaire d’un master en science des religions à l’université de Strasbourg, spécialiste de l’islam) apporte de la crédibilité à l’histoire. 
 
On suit les pérégrinations de Simon de l’Asie à Jérusalem, de Berlin à Paris, d’Arles à Maloulaa en Syrie. On découvre une secte messianique, les nazoréens liés aux alaouites, on apprend beaucoup sur les origines du Coran, ses liens très étroits avec le christianisme. Le rythme est rapide, le héros sympathique quoique un peu caricatural (mélange de Superman et d’Indiana Jones ?), la relation sentimentale qu’il entretient avec l’héroïne est teintée d’humour.
Bref, je me suis régalée, pas ennuyée une seconde et j’ai découvert des choses sur l’islam en appréciant qu’il n’y ait pas de parti pris critique à l’encontre des politiques et des engagements musulmans. 
 
Si la Bible a été décortiquée dans tous les sens, si elle a fait le sujet de nombreux polars où sa relecture donne lieu à toutes les hypothèses possibles (comme dans le Da Vinci Code), le Coran n’a jamais été remis en question. On évoque parfois l’interprétation possiblement erronée de certaines sourates par les extrémistes mais ce roman va plus loin : il décortique certains des versets qui ont un lien très étroit avec l’histoire de Jésus qui n’est plus seulement un de ses prophètes secondaires mais l’initiateur d’un courant dérivé, ce qu’aurait cherché à dissimuler les premiers hagiographes.
 

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