5 janvier 2015

A l'orée de la nuit - Charles FRAZIER

titre original : Nightwoods
traducteur : Brice Matthieussent
éd Grasset - 384 pages
Ce qu'en dit l'éditeur :
Dans l’Amérique des Sixties, au fin fond des Appalaches où elle vit retranchée, loin des soubresauts du monde, Luce, jeune femme farouche et indépendante, se voit confier la charge des jumeaux de sa sœur défunte. Ayant vu leur père, Bud, une brute épaisse, assassiner leur mère, les orphelins traumatisés se sont réfugiés dans un mutisme inquiétant, où sourd une violence prête à exploser à tout moment. Patiemment, Luce va tenter de réapprendre la vie à ces deux écorchés vifs, et elle-même de reprendre goût à l’amour et à la compagnie des hommes. À celle, en particulier, de Stubblefield, nouveau propriétaire des terres où elle s’est établie. Mais leur idylle est menacée par le retour de Bud, blanchi du meurtre de sa femme et bien décidé à retrouver le magot que les deux enfants, croit-il, lui ont volé. C’est le début d’une longue « nuit du chasseur » : un western d’une beauté crue et crépusculaire, où Charles Frazier se révèle une fois de plus, après l’immense succès de Retour à Cold Mountain, comme l’un des grands romanciers des espaces américains.


Charles Frazier est né en 1950 à Asheville, en Caroline du Nord. Il est l’auteur des romans Treize lunes (2008) et Retour à Cold Mountain (1997), lauréat du National Book Award, best-seller traduit dans le monde entier et adapté au cinéma avec Nicole Kidman et Jude Law. Il vit aujourd’hui avec sa famille dans un ranch de Caroline du Nord où il se consacre à l’écriture et à l’élevage des chevaux. 
 Ce que j'en ai pensé :
Quel roman fascinant ! Je ne connaissais rien au "nature writing" si cher à la littérature américaine contemporaine et je suis sous le charme ! 
D'une plume à la fois vive et calme, Charles FRAZIER nous transporte au bord d'un lac des Appalaches où les personnages sont en lutte permanente : l'héroïne, Luce, si douce (elle m'a fascinée !), s'acharne à sortir les deux enfants de sa sœur de leur mutisme et à les guider par-delà leur traumatisme ; Bud, le meurtrier, se cherche un alibi pour approcher les enfants ; les hommes du coin composent avec une nature souvent hostile, et chacun se bat avec ses propres démons...
J'ai lu de magnifiques lignes sur la beauté sauvage de ce coin des Appalaches, adoré la démarche écolo de l'héroïne et de son agriculture d'auto-subsistance, la découverte d'endroits perdus et dangereux de la forêt. 
J'ai aimé aussi la tension qui monte progressivement, les digressions sur la psychologie des personnages, ressenti beaucoup d'empathie pour presque chacun d'eux (et même parfois pour Bud !).
Bref !! Un sacré bon moment de lecture, et une histoire qui reste en mémoire, encore...

Extraits :
"Ton esprit est la seule chose que tu puisses contrôler. Rends-le semblable au lac par un jour paisible. Ne réagis pas d'avantage qu'il est nécessaire, surtout pas devant des étrangers." 

"Ecouter une station de radio de Red Cloud qui annonce les prix du blé, et puis Spade Cooley suivi de Sons of the Pioneers pour saisir en deux chansons seulement l’exubérance et la mélancolie de la célèbre prairie solitaire aux aubes instantanées et aux cieux nocturnes aussi profonds que l'esprit divin. Tu es la chose la plus élevée qui se dresse à des kilomètres à la ronde parmi les herbes ondoyantes." 
(clic sur les liens pour écouter la musique)

6 commentaires:

  1. J'ai également beaucoup apprécié ce roman : ce n'est pas un coup de cœur, mais j'aime également la description qui est faite des paysages et de la nature. Et comme toi, j'ai mis un extrait musical dans mon article : la musique est essentielle dans ce roman.

    RépondreSupprimer
  2. Pas tout à fait un coup de coeur pour moi non plus, peut-être à cause de la lenteur du début ? Mais la musique y sert de fil rouge et je ne connaissais aucun des extraits cités au cours du roman !

    RépondreSupprimer
  3. PS : Maintenant que je vois qui tu es, contente de te retrouver sur la blogosphère après ta disparition un peu désabusée ;-)
    Je te souhaite une année bloguesque 2015 de folie ! Avec plein de livres sympas, des échanges enrichissants, et des commentaires par milliers ;-)
    A très bientôt.

    RépondreSupprimer
  4. Hou Hou, je suis d'accord qu'à défaut de contrôler l'extérieur nous pouvons travailler notre mental mais... N'oublions pas le cœur ! Merci pour ta chronique, @bientôt, Grybouille.

    RépondreSupprimer