1 janvier 2015

Je refuse - Per PETTERSON

titre original : Jeg nekter
traducteur Terje Sinding
éd Gallimard - 270 pages
Ce qu'en dit l'éditeur :
Jim et Tommy ne se sont pas revus depuis plus de trente ans. Tous deux ont grandi dans la même petite commune près d’Oslo : Jim couvé et protégé par une mère très pieuse, Tommy abandonné par sa mère, malmené par un père violent, puis séparé de ses trois sœurs placées dans des familles d’accueil et obligé de travailler dans une scierie. Pourtant, c’est bien Tommy qui fait carrière dans la finance, alors que Jimmy vivote, entre son travail de bibliothécaire et des arrêts maladie de longue durée. Quand ils se retrouvent par hasard, sur ce pont menant à la capitale où Jim s’est installé pour pêcher, les souvenirs ressurgissent...
Je refuse est un roman poignant sur l’amitié entre deux hommes, qui sont aussi deux êtres cabossés par la vie. Leurs échecs sentimentaux, leur colère et leur volonté de survivre sont admirablement mis en scène dans un livre polyphonique d’une incroyable justesse. 




Auteur norvégien, Per Petterson, né en 1952, est aussi libraire.

Ce que j'en ai pensé :
Dernier roman de mon année 2014, et belle redécouverte de Per PETTERSON que j'avais lu il y a longtemps avec "Pas facile de voler des chevaux". L'atmosphère du roman est étrange, à la fois lourde et feutrée ; l'histoire qui s'étend sur trois périodes est lente, minutieuse, et elle décrit parfaitement le ressenti de deux garçons qui se sont perdus de vue depuis trente-cinq ans. Chacun d'eux a semble-t-il tiré un trait sur son passé, sur tout ce qui l'encombrait, et pourtant...Au-delà d'une thématique forte sur la résilience et l'oubli, sur le temps qui passe, le roman trace l'histoire d'une amitié que rien ne paraissait vouloir détruire.
J'ai vraiment aimé me laisser porter par ce livre, je lui ai trouvé beaucoup de charme malgré la mélancolie latente, malgré sa lenteur ; j'y ai trouvé beaucoup de poésie et de la délicatesse et ça m'a enchantée !


Pont d'Ulvoya, Norvège
Extraits :
«La neige avait commencé à fondre, et les anémones étaient en fleur. C’était le printemps, l’été et l’hiver, toutes les saisons en même temps. Tommy resta un instant sans bouger. Puis il retourna à l’intérieur et referma la porte derrière lui. Dans les guerres aussi, les gens meurent, pensa-t-il. Ils sont là, et pan ! ils disparaissent.»

«Le temps était-il un sac dans lequel on pouvait enfouir tout ce qu’on voulait ?»


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