5 avril 2015

Bilqiss - Saphia AZZEDINE

éd Stock - 216 pages
Ce qu'en dit l'éditeur :
« Vous priez encore Dieu ?
– Bien sûr. Pourquoi ne le ferais-je pas ?
– Eh bien, il me semble qu’Il vous a abandonnée ces derniers temps.
– Allah ne m’a jamais abandonnée, c’est nous qui L’avons semé. »
Bilqiss est l’héroïne de ce roman : c’est une femme indocile dans un pays où il vaut mieux être n’importe quoi d’autre et si possible un volatile. On l’a jugée, on l’a condamnée, on va la lapider. Qui lui lancera la première pierre ? Qui du juge au désir enfoui ou de la reporter américaine aux belles intentions lui ôtera la vie ? Le roman puissant de Saphia Azzeddine est l’histoire d’une femme, frondeuse et libre, qui se réapproprie Allah.

 Saphia Azzeddine est écrivain et scénariste. Elle a publié 
entre autres La Mecque-Phuket et Confidences à Allah
qui a été un bestseller, et a écrit et réalisé Mon père est femme de ménage.
Ce que j'en ai pensé :
Coup de coeur ! Ce roman, intelligent et sensible, m'a accrochée de la première à la dernière page ! Une belle réussite ;o)

L'histoire de Bilqiss nous invite à nous interroger sur la condition de la femme dans les pays où la religion musulmane impose la charia, elle révèle l'insoumission, la résistance de ces filles qui ne veulent pas vivre sous le joug des mollahs qui imposent des règles absurdes et mènent les contrées qu'ils gouvernent vers l'obscurantisme.
C'est un très beau roman, fort, parfois féministe, c'est aussi un manifeste d'ouverture et de tolérance : on y parle de littérature et de poésie, de cuisine, de burqa, du regard occidental sur le monde "arabe", sa compassion un peu truquée qui donne bonne conscience. 

J'ai adoré, je vous le recommande, et ça n'arrive pas souvent, je pense le relire !

Extrait :
"Il était loin, le temps où la valeur spirituelle d'un musulman se mesurait à la quantité de livres qu'il possédait, où les bibliothèques champignonnaient comme les minarets, loin aussi le temps où les mosquées, au-delà des salles de prière, abritaient le savoir que les hommes et les femmes pouvaient venir goûter sans distinction."

A l'heure où ces fous détruisent la si belle culture de leurs pays, empêchent les femmes d'étudier, c'est à méditer, non ?

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