2 avril 2015

Chez eux - Carole ZALBERG

 éd Actes Sud Babel - 112 pages
Ce qu'en dit l'éditeur :
La petite Anna a six ans quand elle quitte la Pologne pour la France avec sa mère. Elle ne comprend qu’à demi ce qui se trame autour d’elle mais devine tout de même que la vie ne sera plus aussi belle qu’avant. On est en 1938, puis en 1939. Arrive une guerre. Quelle guerre ? Autour d’elle les grandes personnes parlent des  » étrangers « , des  » Juifs « . Elle ne se sent pas concernée. Mais bientôt il faut se séparer des siens, se cacher – c’est la guerre. On met Anna à l’abri chez des paysans de la Haute-Loire. Des gens qui travaillent dur et ne disent rien. Elle aussi apprend à se taire : à la ferme, à l’école.  Un jour un monsieur à chapeau vient parler devant la classe. Il demande s’il y a des enfants  » étrangers « . L’institutrice – elle s’appelle Cécile Tournon – répond que non. Le monsieur à chapeau interroge Anna, qui apprend ce jour-là qu’on ne doit pas tout dire.
Inspiré par l’enfance de la mère de l’auteur, un récit qui refuse résolument les facilités du genre, qui s’oblige à raconter sans tricher, sans appuyer sur la corde de l’émotion. Et l’émotion du coup est là. Nue et crue.
Carole Zalberg livre ici son troisième roman. Le premier (Les Mémoires d’un arbre, Le Cherche-Midi, 2002), salué par la critique, avait été remarqué cette année-là par le jury du Prix du Premier roman.
 Née en 1965, Carole Zalberg vit à Paris.  
Animatrice d’ateliers d’écriture en milieu scolaire 
et de rencontres littéraires, Carole Zalberg 
travaille également à des projets en lien 
avec le cinéma ou le théâtre.
Ce que j'en ai pensé :
Voila un récit qui, au-delà de l'Histoire, montre beaucoup de tendresse. L'auteur qui, par ce qu'a vécu sa mère "sauvée" de la déportation, amène, dans la rudesse d'une vie à la campagne, un peu de douceur, d'amour, de compassion.
J'aime quand parfois, je tombe sur un bouquin qui me remue parce qu'il est simplement vrai et sincère, parce qu'il témoigne sans pathos, parce qu'il peut même arriver qu'il instille un peu d'espoir. C'est le cas de ce roman (très, trop, court) : c'est en filigrane que s'inscrit le cauchemar, mais il est vu par une petite fille séparée de sa famille, et qui, en plus d'être étrangère, a faim-froid-peur..et que finalement, dans cette histoire, la guerre et la judéité, même si elle est le moteur, n'est pas l'essentiel.
C'est un bel hommage à la maman de Carole Zalberg, une délicate manière de raconter ce qui lui est arrivé.

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