10 octobre 2015

Amalia Albanesi - Sylvie TANETTE

éd Mercure de France - 2 septembre 2011 - 144 pages
Ce qu'en dit l'éditeur :
Amalia racontait les ronces qui envahissaient les chemins, les oliviers qui partaient à l’assaut des collines et dont, quand elle était petite, elle avait tellement peur. Elle racontait les brebis dans les granges et les murets de pierres sèches le long des champs. Le sentier qui menait à la falaise et l’âne un jour qui a sauté. Dans ces moments-là, Amalia redevenait pour un instant la petite fille qu’elle avait été, rêvant du monde entier sans avoir jamais quitté ses collines. Et même, mais alors vraiment rarement, Amalia parlait du jour où Stepan Iscenderini était arrivé à Tornavalo, le jour où le village s’était arrêté de respirer.

Région des Pouilles, début du XXe siècle : Amalia a passé son enfance à déambuler dans des paysages écrasés de soleil en imaginant des mondes inconnus au-delà des mers. Le jour où elle croise un beau marin aux yeux verts arrivé de Turquie, et qui dit avoir traversé la mer Noire à la nage, la jeune fille comprend que l’homme sera à la hauteur de ses rêves. Bientôt, Amalia et Stepan quittent Tornavalo pour aller tenter leur chance à Alexandrie. Début d’un incroyable périple...

De Bari à Istanbul, de Malte au Liban, d’Alexandrie à Marseille, Amalia Albanesi est la saga d’une famille sur quatre générations. Une lignée de femmes exceptionnelles ballotées d’un bord à l’autre de la Méditerranée au gré d’histoires d’amour passionnelles et des désordres de l’Histoire, de la révolution bolchévique à la guerre d’Espagne.

Née en 1965 à Marseille, Sylvie Tanette est journaliste et critique littéraire.
 Amalia Albanesi est son premier roman.

Ce que j'en ai pensé :
Quel plaisir de retrouver ce petit bijou dans ma bibliothèque ! Un roman délicat, nostalgique, qui célèbre l'Italie et la Méditerranée, qui raconte l'héritage et la filiation, les souvenirs des femmes d'une famille, leurs "grandes" aventures amoureuses et cette terre rouge de Tornavalo qui les suit partout en grains de poussière tenaces.
Je me suis régalée à naviguer d'Alexandrie à Bari, à faire une pause au bazar d'Istanbul ou dans les orangeraies du Liban, à lire l'histoire de la femme de Loth changée en statue de sel que se transmettent les femmes de la famille (c'est leur identité, leur force de "ne pas se retourner" quand on part vivre sa vie). J'ai aimé le caractère bien trempé d'Amalia l'arrière-grand-mère des Pouilles, son regard noir et sa réputation de folle, sa fierté et son talent de brodeuse, mais aussi Luna sa fille qui ancre la famille à Marseille, et la narratrice dont on ne connait pas le prénom qui raconte ce drôle de passé d'émigrants à son fils.
Seul regret : que le roman soit court (même si le rythme que cela procure est un enchantement) et que l'auteur n'est rien publié depuis cette merveille de poésie : le style est fluide, ciselé, les mots justes et tendres.


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