18 mars 2016

Deux idées de bonheur - Luis SEPULVEDA & Carlo PETRINI

éditions Métailié
Parution : mars 2016
 Titre original : Un 'idea di felicità
 Traduit par : Serge Quadruppani
144 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :
Ce texte est né d’une conversation entre deux hommes venus d’horizons et de pays différents, l’écrivain chilien Luis Sepúlveda et le gastronome italien Carlo Petrini, défenseur du slow food et du “manger local”. De l’Amazonie au cœur de l’Afrique, de l’expérience amère de l’exil à la communion collective de Terra Madre, les souvenirs et pensées de ces deux auteurs d’exception tissent une conversation qui passe en revue l’actualité et la littérature, la gastronomie et la politique, la défense de la nature et de la tradition. Rencontres, récits, histoires de grands leaders et de petits héros du quotidien, Petrini et Sepúlveda nous entraînent à leur suite dans cette quête du droit au plaisir qui est aujourd’hui le plus révolutionnaire, le plus démocratique, le plus humain des objectifs. Avec cependant la lenteur et la sagesse de l’escargot. Parce que nous aussi nous pouvons cesser de courir vers une destination inconnue, et recommencer pleinement à exister.

Carlo Petrini, né en 1949 à Bra (Piémont), est le fondateur du mouvement Slow Food, qui prône un autre rapport à la nourriture et à l’environnement, fondé sur le respect de la nature et les cycles lents.
Luis Sepúlveda est né le 4 octobre 1949 à Ovalle, dans le nord du Chili. Étudiant, il est emprisonné sous le régime de Pinochet pendant deux ans et demi. Le Vieux qui lisait des romans d’amour, son premier roman traduit en français, a reçu le Prix France Culture du roman étranger en 1992 et connaît un très grand succès dans le monde entier, il est traduit en 35 langues.

Ce que j'en ai pensé :
Que pouvons-nous attendre de demain ? Et que pouvons-nous faire pour que nos lendemains soient heureux ? Tant qu'à y réfléchir, finalement, qu'est-ce que le bonheur ?

Les deux auteurs qui engagent la conversation dans la première partie de cet essai, donnent parfois l'impression de tergiverser..pourtant ils se rejoignent sur une idée commune : le monde a besoin de partage ! L'humanité qui a abusé des ressources naturelles court à sa perte et pourtant, partout dans le monde, à petite échelle, existent des solutions pour préserver l'homme et lui permettre d'évoluer en bonne intelligence.

Cet ouvrage est un manifeste (clairement joyeux et positif) qui ouvre de nouveaux horizons ; les initiatives locales sont porteuses d'espoir, elles génèrent du BON ! et il suffit de courir le monde, comme l'ont fait les auteurs, pour se rendre compte que la plus grande problématique est celle de la nourriture : la gastronomie est le lien universel. Parce qu'elle permet la transmission des savoirs culinaires, l'exploitation des ressources disponibles (comment cuisiner les pelures de légumes de façon gourmande alors que les pays riches gaspillent ?), parce qu'elle est aussi le moyen de lutter contre la faim par le biais de la réappropriation des cultures diversifiées, traditionnelles, familiales (l'exemple des jardin bio des favelas au Brésil est riche d'enseignement).
  
Sepulveda aborde la politique (et l'économie) comme explication de l'échec, donne des pistes, (ses anecdotes sont savoureuses !!) que conforte Carlo Petrini, militant au sein du mouvement slow food. 
Tir nourri contre les multinationales qui modifient génétiquement les graines, tiennent le monopole agricole, proposent des semences inadaptées à certains climats (et font abandonner la polyculture à des populations qui en cas de cataclysme naturel pouvaient toutefois assurer leur auto-subsistance), Deux idées de bonheur est aussi un plaidoyer pour le bonheur dans les choses simples : se retrouver au bout du monde pour partager des expériences autour d'un verre de vin ou de maté, parce que l'homme, même s'il ne parle pas la même langue a d'abord beaucoup à donner et à partager...

Un bouquin qu'on referme avec un autre regard sur notre façon d'aborder le monde, qui explique que les innovations technologiques conjuguées aux méthodes ancestrales devraient permettre de nourrir la planète entière sans nuire à l'environnement, à la "Terre mère", et, sans être militant écolo, c'est une lecture qui interpelle, conforte, donne des pistes !
 
des liens à explorer :
pour en savoir plus sur Carlo Petrini et sur la slow food, ici  
Pour aller plus loin, le livre  de  Carlo Petrini  Bon, propre et juste - Éthique de la gastronomie et sauvegarde alimentaire aux éditions Yves Michel – 2006 (ISBN 2913492436)

1 commentaire:

  1. J'ai pas lu dessus et la fin plutôt optimiste est une bonne chose ! Tu lis vraiment de tout dis-donc !

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