11 juillet 2016

Moro-sphinx - Julie ESTEVE

Editions Stock - collection "la bleue"
Parution : 20 avril 2016
184 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :
Lola est une trentenaire parisienne, comme les autres. Enfin pas tout à fait. Jamais la phrase dite par Charles Denner dans L’homme qui aimait les femmes de François Truffaut n’a été si bien appliquée : les jambes des femmes sont des compas qui arpentent le monde en tous sens. Lola arpente la ville, amazone, chaque fois que son envie devient plus forte que la raison, l’homme succombe, chasseur devenant proie, même le plus repoussant. À la fin de l’acte, clac, elle lui coupe un ongle. Lola, c’est M la maudite, aux pulsions guerrières. Elle semble sortie d’un manga, bouche rouge et grands yeux. Jusqu’à ce que Lola tombe amoureuse. Mais est-elle vraiment faite pour l’amour ? Et si la passion, c’était la fin du rêve ?

Née en 1980, titulaire d'un DEA d’Histoire de l’Art, Julie Estève est journaliste spécialiste d'art contemporain. Elle est auteur de catalogues d’exposition et de contes pour enfants. Moro-sphinx est son premier roman.

Ce que j'en ai pensé :
Drôle de papillon que ce moro-sphinx avec sa trompe qui butine de fleurs en fleurs et qui ressemble tant à Lola qui passe d'homme en homme sans jamais se fixer ! Une fille paumée, trop maquillée, aux tenues provocantes qui laissent jouer ses longues jambes et un cul à se damner, une fille toute seule qui fait perdre la tête aux hommes parce que l'un d'entre eux, un jour, l'a laissée tomber.

Des désillusions de l'enfance (une mère partie trop tôt et un deuil impossible, un père alcoolique) aux désillusions de "l'amour" qu'elle rend trash juste pour ne jamais s'attacher, Lola est une âme en peine que rien de console et que tout homme désole. 

Entre propos crus (le sexe pour le sexe, mécanique, calculé, frénétique, s'ouvrir pour souffrir) et purs instants de grâce, la narration déstabilise mais emporte, addictive, dans une intrigue étrange et déroutante (cette histoire de couteau au début et à la fin m'a interpellée). 

Quel talent pour un premier roman ! Car ce n'est plus une fille vulgaire qui claque ses stilettos sur les trottoirs de Paris, de bar en bar, mais une gamine perdue qui cherche sans fin un peu d'amour, un idéal, un apaisement qui ne vient pas...

J'ai vraiment beaucoup aimé et j'ai hâte de lire le prochain roman que pourra écrire Julie Estève !
Merci aux Editions STOCK pour cet envoi surprise qui m'a ravie !! 

(le moro-sphinx ou papillon colibri)

 

1 commentaire:

  1. J'aime quand les premiers romans ressemblent à de belles prises de risque et ça a l'air d'être le cas de celui-là.

    RépondreSupprimer