25 octobre 2017

Un loup pour l'homme - Brigitte GIRAUD

Editions Flammarion
Parution : 23 août 2017
250 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :

Printemps 1960.
Antoine est appelé pour l’Algérie au moment où Lila, sa toute jeune femme, est enceinte. Il demande à ne pas tenir une arme et se retrouve infirmier à l’hôpital militaire de Sidi-Bel-Abbès. Ce conflit, c’est à travers les récits que lui confient jour après jour les « soldats en pyjama » qu’il en mesure la férocité. Et puis il y a Oscar, amputé d’une jambe et enfermé dans un mutisme têtu, qui l’aimante étrangement. Avec lui, Antoine découvre la véritable raison d’être de sa présence ici : « prendre soin ». Rien ne saura le détourner de ce jeune caporal, qu’il va aider à tout réapprendre et dont il faudra entendre l’aveu. Pas même Lila, venue le rejoindre.
Dans ce roman tout à la fois épique et sensible, Brigitte Giraud raconte la guerre à hauteur d’un « appelé », Antoine, miroir intime d’une génération embarquée dans une histoire qui n’était pas la sienne. Ce faisant, c’est aussi la foi en la fraternité et le désir de sauver les hommes qu’elle met en scène.


Ce que j'en ai pensé : 
 
J'avais beaucoup aimé Nous serons des héros, lu il y a deux ans, et cette année deux belles découvertes de la rentrée littéraire (à découvrir ici)  m'ayant déjà entrainé en Algérie, j'avais envie de poursuivre le voyage.

J'ai retrouvé la belle plume de l'auteur, tout à la fois incisive (phrases courtes) et poétique (les descriptions de l'arrière-pays, mais aussi de la beauté d'Alger-la-Blanche, sont très évocatrices), mais aussi terriblement juste dans sa manière d'évoquer la peur et le désarroi de ces personnages auxquels on s'attache bien volontiers. 

Elle exprime avec force les difficiles relations entre les hommes (soldats français/rebelles algériens, population des villes/paysans bergers et démunis...) mais aussi entre hommes et femmes dans ce début des années 1960 encore marquées par la patriarcat (Lila est confrontée au refus de l'avortement) ou par les différences de culture.

 "Elle demande quelle différence entre Algériens, harkis et fellaghas. Qui sont les bons et les mauvais ? Est-ce qu’ils sont ennemis entre eux ? Elle est gênée de son ignorance. Elle a peur que cela ne recommence. Son mari et maintenant son fils. Elle dit que les informations à la radio ne sont pas claires. Quand elle interroge le père d’Antoine, il s’emporte. Et de Gaulle, est-ce qu’il l’a déjà vu ? Est-ce qu’on peut lui faire confiance ?"

Le roman, s'il n'évoque les combats et la rébellion que de manière feutrée, laisse une grande part à une nostalgie ambiguë : le casernement prend parfois des airs de colonie de vacances malgré les estropiés ou les morts dont devra s'occuper le héros.

On devine assez vite une grand part d'autobiographie dans ce livre, et sans doute pas mal de non-dits.

Quelques longueurs m'ont empêchée d'en faire un coup de cœur, mais j'ai encore une fois succombé avec plaisir au charme de la plume de Brigitte Giraud, et apprécié la dernière partie qui raconte l'histoire d'Oscar, le soldat amputé.

 "Avant d’embarquer, ils n’osent pas s’avouer qu’ils laissent en Algérie plus qu’un pays qu’ils n’ont pas eu le cran d’aimer, ils laissent tout ce qui fait un homme à vingt ans, et qu’ils ne retrouveront jamais."

Merci à Dimitri des Matchs de la Rentrée Littéraire 2017 chez Price Minister (et à Antigone pour cet excellent choix), ainsi qu'à Flammarion pour leur confiance !

2 commentaires:

  1. J"ai été déçue par ce titre. Je me suis ennuyée alors que j'avais envie d'être émue par cette belle amitié masculine.

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    1. Je pense que je l'aurais plus apprécié si je l'avais lu avant celui d'Alice Zeniter que j'ai adoré !

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