17 février 2018

Au revoir là-haut - Pierre LEMAITRE

Editions Albin Michel
Parution : 21 août 2013
576 pages
prix Goncourt 2013

Ce qu'en dit l'éditeur :

Rescapés du chaos de la Grande Guerre, Albert et Edouard comprennent rapidement que le pays ne veut plus d'eux.
Malheur aux vainqueurs ! La France glorifie ses morts et oublie les survivants.
Albert, employé modeste et timoré, a tout perdu. Edouard, artiste flamboyant devenu une « gueule cassée », est écrasé par son histoire familiale. Désarmés et abandonnés après le carnage, tous deux sont condamnés à l'exclusion. Refusant de céder à l'amertume ou au découragement, ils vont, ensemble, imaginer une arnaque d'une audace inouïe qui mettra le pays tout entier en effervescence... Et élever le sacrilège et le blasphème au rang des beaux-arts.

Bien au delà de la vengeance et de la revanche de deux hommes détruits par une guerre vaine et barbare, ce roman est l'histoire caustique et tragique d un défi à la société, à l'Etat, à la famille, à la morale patriotique, responsables de leur enfer. Dans la France traumatisée de l'après guerre qui compte son million et demi de morts, ces deux survivants du brasier se lancent dans une escroquerie d'envergure nationale d'un cynisme absolu. 


Ce que j'en ai pensé :

Pourquoi ce roman a-t-il dormi aussi longtemps sur ma PAL ? J'avais très envie de lire Couleurs de l'incendie, mais il me fallait d'abord connaître la première partie de l'histoire.

Je me suis régalée !

Parce que je me suis attachée aux personnages, tant Albert le couard qui mouille son pantalon dès qu'il a peur et qui se retrouve embrigadé dans une aventure qui le dépasse juste par fidélité envers Édouard qui lui a sauvé la vie, que pour Edouard, justement, artiste ignoré, homosexuel non coming-outé et surtout gueule cassée qui fait de sa vie une fantaisie noyée dans la morphine et les masques qui cachent son infirmité. Et puis, la famille Péricourt, le lieutenant Henry d'Aulnay-Pradelle (pas le dernier à magouiller, du début à la fin du roman), et Joseph Merlin le fonctionnaire aigri et tatillon..
La galerie ne manque pas de panache et c'est jubilatoire !

Parce qu'aussi j'ai aimé ce roman qui met à distance la guerre, déjà atroce, pour révéler ce que les hommes ont de pire en eux, les manigances, les faux-héros, les planqués, et cette France qui ne sait comment se reconstruire après l'immense catastrophe.

D'autant que l'auteur y mêle un brin d'ironie mordante et c'est, au-delà du macabre de situation, souvent joyeux dans le verbe.

Et il en faut, un brin d'humour pour raconter cette France dépenaillée de l'après-guerre, un pays coupé en deux avec d'un côté ceux que la guerre a enrichis ou confortés dans leur position sociale, et de l'autre, ces pauvres types, traumatisés par la violence des combats, déclassés socialement, à qui l'état ne verse pas les pensions...

C'est ce qui fait aussi l'intérêt de cette fresque romanesque, et autant dire que la suite, Couleurs de l'incendie, sera lu avec la même gourmandise !

6 commentaires:

  1. Je l'ai lu alors que je ne savais pas qu'il y aurait une suite. Celle-ci me paraît donc d'autant plus attirante!
    Ce roman tient du génie, et le film, vu récemment, restitue bien cet esprit.
    A noter une très belle BD également, si tu veux prolonger cette lecture :)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. La BD et le film sont au programme, et je viens de dévorer la suite !! C'est effectivement excellent !

      Supprimer
  2. comme toi il dormait sur mon étagère, enfin non prêté à mon beau-père qui l'a adoré et croit du coup que je l'ai lu (chut!) je l'ai aussi en Poche donc hop dans ma valise !

    RépondreSupprimer
  3. Décidément, je dois m'y mettre. Et dire que je n'ai encore jamais lu Pierre Lemaître... J'ai toujours "Trois jours et une vie" m'attend, mais ce roman me fait de plus en plus de l'oeil...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ah, j'avais beaucoup aimé "Trois jours et une vie mais pas autant que celui-là et que a suite !)!!

      Supprimer