27 juillet 2014

Les accommodements raisonnables - Jean-Paul DUBOIS

Ce qu'en dit l'éditeur :
Paul Stern - Toulousain, la cinquantaine - hésite. Entre une épouse (Anna) qui s'enfonce dans une profonde dépression et s'éloigne de lui chaque jour davantage et un père (Alexandre)  dont le remariage scandaleux lui révèle soudain la vraie nature, il est tenté de tout abandonner. La proposition d'un studio de cinéma tombe à pic : quoi de plus providentiel qu'une année à Hollywwod pour réécrire le scénario d'un film français afin d'en tirer un remake. Embauché par la Paramount, Paul découvre un univers entièrement factice qui le renvoie à ses propres contradictions. Jusqu'au moment où, dans un couloir des studios, il rencontre Selma Chantz. Et sa vie bascule. Car Selma est le sosie parfait d'Anna, avec trente ans de moins... 

Ce que j'en ai pensé :
Quel étrange roman ! J'ai sans cesse navigué entre sourires et réflexion, souvent levé le nez pour m'interroger...C'est un roman à la fois très proche de "Une vie française" (on retrouve un peu de politique, pas mal de sexe, les tondeuses à gazon, les dentistes, et même les bateaux) et très différent en cela qu'il semble marqué par la désillusion vis-à-vis de l'engagement matrimonial, de l'univers archi-faux du cinéma. Pourtant, si je ne l'ai pas lu comme "Une vie française", si je n'ai pas eu l'impression de lire une autobiographie, j'ai eu la sensation d'un écrit plus intime qui fait surgir les failles de l'auteur. J'ai noté plein de passages qui, aujourd'hui, trouvaient une résonance (parfois cruelle) en moi. J'ai aimé, je crois que les mots vont mûrir doucement et ça confirme que Jean-Paul DUBOIS est un auteur qui me touche !

Extraits :
"Je voulais interroger Grandin sur cette réalité, sur ces liens invisibles qui nous reliaient les uns aux autres, qui faisaient que nous étions tous censés avoir envie de vivre un jour de plus. Et pour cela, nous étions prêts à tous les compromis, à tous les accommodements raisonnables." (p99)

"Je me demandai pourquoi nous ne faisions jamais ce à quoi nous pensions toute notre vie." (p148)

"Pour ma part, j'étais à ce point convaincu de mon insignifiance que, si quelqu'un avait pris une photo de notre table à cet instant, j'étais certain de ne pas apparaitre sur le cliché." (p162)

"Il m'arrivait souvent de m'absenter de la sorte, de devenir quelque chose de dur, d'opaque, de sourd, de fermé. C'était comme si chaque cellule de mon corps se soudait à sa voisine pour ne plus former qu'un unique bloc minéral, une structure monolithique, dépourvue de crainte et d'affect, devenue inaccessible, inviolable." (p180)

"Et c'est dans cette position un peu ridicule qu'une crise d'angoisse me submergea.Je redoutais soudain de tout perdre, tous ceux que j'aimais, tout ce à quoi je tenais. Je me sentais très vulnérable et percevais l'extrême fragilité du monde. J'étais loin et à l'abri des flammes, et pourtant il m'apparaissait comme une évidence que ma vie pouvait, à chaque seconde, partir en fumée." (p188)

3 commentaires:

  1. J'ai aimé ce roman, le seul que j'ai lu de cet auteur.

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  2. J'avais bien aimé Une vie française, et j'aime beaucoup le titre de celui-là. L'histoire me plait, mais je t'ai connue plus enthousiaste, j'ai compris que tu l'avais aimé, mais je sens une petite réserve non ?

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  3. Galéa, j'ai bien aimé, vraiment ! même si j'ai trouvé "Une vie française" plus léger peut-être..Je ne note pas souvent des passages de livres, là je l'ai fait.. ;o)

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