15 août 2014

Le vieux qui lisait des romans d'amour - Luis SEPULVEDA

Ce qu'en dit l'éditeur :
El Idilio est un petit village aux portes de la forêt amazonienne. Un enfer vert peuplé de chercheurs d'or, d'aventuriers de tout poil en quête d'un Eldorado imaginaire, d'Indiens Jivaros rejetés par leur peuple. La découverte par les Indiens Shuars d'un cadavre d'homme blond atrocement mutilé met le feu au village. Malgré les accusations hâtives du maire qui désigne les Indiens, Antonio José Bolivar diagnostique dans cette mort non pas la main de l'homme mais la griffe d'un fauve... Le vieil homme, aguerri aux mystères de la forêt et grand lecteur de romans sentimentaux se voit bientôt contraint de se lancer dans une chasse de tous les dangers...
Roman écologique s'il en est, l'histoire que tisse Luis Sepúlveda se gorge d'une imagination éclatante et recèle cette part de magie issue des contes. Loin de nous donner une définition du paradis, l'Amazonie de l'auteur - qui la connaît bien pour y avoir vécu - est un lieu organique, cruel, dur et hostile. Elle n'en mérite pas moins le respect que l'on donne aux lieux qui rendent notre monde unique et dont l'existence est aujourd'hui en péril.

Ce que j'en ai pensé :
Quelle magie dans chacun des mots de SEPULVEDA ! Pour un premier roman, quel coup de maître ! L'écriture est parfaitement maîtrisée, elle donne la jungle dans toute sa splendeur, la cruauté des hommes dans toute sa bêtise. Chaque phrase nous entraîne dans un univers luxuriant, mystérieux, peuplé d'animaux sauvages, d'indiens à demi-nus. Le texte, pourtant si court (130 pages dans la version originale chez Métailié), est dense, fort, poétique, magnifique.
J'ai pensé aux descriptions de l'Amazonie par Bernard GIRAUDEAU qui décrit la jungle en amoureux transi de sa beauté ou encore aux romans de Gabriel GARCIA MARQUEZ.

C'est effectivement un roman "écologique", en tout cas plein d'humanité et de respect, qui parle de la folie des hommes qui détruit tout sur son passage :
"Antonio José Bolivar ôta son dentier, le rangea dans son mouchoir et sans cesser de maudire le gringo, responsable de la tragédie, le maire, les chercheurs d'or, tous ceux qui souillaient la virginité de son Amazonie, il coupa une grosse branche d'un coup de machette, s'y appuya, et prit la direction d'El Idilio, de sa cabane et de ses romans qui parlaient d'amour avec des mots si beaux que, parfois, ils lui faisaient oublier la barbarie des hommes." 


Les couvertures, quelles que soient les éditions sont superbes, mais ma préférence va à la version originale (1ère photo) que j'ai trouvé pour presque rien en brocante : enchevêtrement de plantes et de lianes, et le fauve...


3 commentaires:

  1. J'ai adoré ce livre ... il m'en reste un souvenir magique !

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  2. Ma mère le faisait lire à ses élèves au collège, mais je n'ai jamais pris le temps de le lire... Une erreur à rattraper

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  3. un livre que j'aime beaucoup donner à mes élèves. Un incontournable pour moi.

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