26 décembre 2015

Otages intimes - Jeanne BENAMEUR

éd Actes Sud - août 2015 - 208 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :
Photographe de guerre, Étienne a toujours su aller au plus près du danger pour porter témoignage. En reportage dans une ville à feu et à sang, il est pris en otage. Quand enfin il est libéré, l’ampleur de ce qu’il lui reste à réapprivoiser le jette dans un nouveau vertige, une autre forme de péril.
De retour au village de l’enfance, auprès de sa mère, il tente de reconstituer le cocon originel, un centre depuis lequel il pourrait reprendre langue avec le monde.
Au contact d’une nature sauvage, familière mais sans complaisance, il peut enfin se laisser retraverser par les images du chaos. Dans ce progressif apaisement se reforme le trio de toujours. Il y a Enzo, le fils de l’Italien, l’ami taiseux qui travaille le bois et joue du violoncelle. Et Jofranka, “la petite qui vient de loin”, devenue avocate à La Haye, qui aide les femmes victimes de guerres à trouver le courage de mettre en mots ce qu’elles ont vécu.
Ces trois-là se retrouvent autour des gestes suspendus du passé, dans l’urgence de la question cruciale : quelle est la part d’otage en chacun de nous ?
De la fureur au silence, Jeanne Benameur habite la solitude de l’otage après la libération. Otages intimes trace les chemins de la liberté vraie, celle qu’on ne trouve qu’en atteignant l’intime de soi.
 Jeanne Benameur est née en Algérie en 1952. Elle vit à La Rochelle 
et consacre l'essentiel de son temps à l'écriture. Elle a déjà publié 
chez Actes Sud : Laver les ombres (2008), Les Reliques
Ça t’apprendra à vivre, Les Insurrections singulières (2013), Profanes (2013).

Ce que j'en ai pensé :
 Roman polyphonique, Otages intimes livre à mi-voix un condensé d'émotions fortes où se mêlent amour, amitié, enfance, angoisses et bonheur. Le roman évoque la reconstruction de soi, le renoncement, la solitude et la peur, oppose constamment guerre et paix jusque dans les caractères des personnages, ceux qui vivent, ceux qui vont vers la mort pour tenter de la comprendre ou de l'éviter. 
C'est aussi un roman qui conte la force des choses simples pour se retrouver face à soi et recommencer : les arbres et l'eau y ont la part belle. Mais c'est la musique qui berce la prose de Jeanne Benameur, unissant les êtres, remplaçant les mots (ceux d'une langue étrangère qu'on ne comprend pas, ceux qu'on porte en soi et qu'on ne parvient pas à libérer).
Un beau roman, doux et fort à la fois, où la narration particulière de l'auteur calme ou emporte tour à tour.

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