16 janvier 2016

Les âmes et les enfants d'abord - Isabelle DESESQUELLES

éd Belfond - janvier 2016 -96 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :
La misère est partout. Mais apprendre à nos enfants à vivre avec, n'est-ce pas là le crime originel ?
A Venise, une femme rencontre celle qui n'a plus de corps, plus de face : la mendiante. Son âme engloutie par quelque chose de plus noir encore que les eaux de la Sérénissime : l'indifférence. L'une tient la main d'un enfant, l'autre tend la sienne vers un ciel aveugle. Il y a celle debout ; il y a celle à genoux. Immobiles toutes deux.
La misère est à exacte hauteur des enfants. On vit avec. Avant même qu'ils ne sachent lire et écrire, ce que nous offrons à ceux que nous élevons, c'est la pauvreté à hauteur de leurs yeux. A bonne hauteur... elle ne le sera jamais.
Le chemin de l'école redevient une cour des miracles que pas un enfant ne devrait traverser. Pour grandir, il lui faudra d'abord regarder le malheur dans les yeux. Tout comme ses parents, il s'y habituera vite, et arrivera le moment où la misère le dépassera.
Elle est où l'humanité ?

L'inhumanité est sous nos fenêtres, on peut ne pas la regarder en face, elle vous saute à la gueule. La vérité que contiennent ces 110 pages, vous la croisez à chaque coin de rue.
Un récit que l'on lit d'une traite, un bijou qui brille de feux sombres. Il vous happe et c'est une force qui nous entoure.
Elle est là l'humanité.

 Isabelle Desesquelles a été libraire à Toulouse et a fondé une
 résidence d'écrivains, la maison De Pure Fiction. 
 Les âmes et les enfants d'abord est son neuvième livre. 

Ce que j'en ai pensé :
Difficile d'exprimer mon ressenti à la lecture de ce texte tant les images qu'il renvoie et les questions qu'il pose sont douloureuses. 
La réflexion de l'auteur oscille entre cruel réalisme, culpabilité latente et compassion la plus sincère. Elle restitue au plus juste des mots l'effroi suscité par cette cour des miracles sous nos yeux, le dur contraste entre misère et opulence indécente mais se garde bien de donner une leçon (pas plus qu'elle n'offre de solutions - y en a-t-il ?). 
Le texte, court mais fort, résonne de poésie, emprunte ses paroles à Victor Hugo et frappe au creux de l'estomac : sommes nous si inhumains, si déshumanisés en croyant se donner bonne conscience lorsqu'on lâche quelques centimes dans une sébille ?
A mettre entre toutes les mains, pour réfléchir.


4 commentaires:

  1. Superbe billet. Des mots qui me touchent et m'intriguent. Il me tarde de le lire. J'attends qu'il arrive ici. J'ai beaucoup aimé "Les hommes meurent les femmes vieillissent".

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  2. Les livres aussi forts sont aussi assez rares. Je le note.

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  3. C'est vrai que c'est un texte très fort, qui nous happe.

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