4 juin 2016

L'année pensionnaire - Isabelle LORTHOLARY

Editions Gallimard -  collection Blanche
Parution : 11 mai 2016
144 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :
«C’est dans les pensionnats pour filles qu’on découvre les femmes, la nature des femmes, avec en partage un mépris qui colle, poisseux ; et je m’y connaîtrais sur le sujet, j’allais passer les meilleures années de ma vie ici et quand je sortirais, une moitié de l’humanité m'attendrait que je devrais affronter, ignorante. Qui sait si le monde des hommes aurait la même intensité? Qui sait si à la peau des hommes et à leurs corps j’aurais envie de m’y coller et d’y goûter? Que seraient-ils, en comparaison?»
Une femme évoque son adolescence dans un pensionnat au pied des Pyrénées. Alors qu’elle a quatorze ans, une jeune étrangère intègre l’Institut : Attali, mystérieuse, taciturne, que son indifférence au monde rend fascinante. L’écriture délicate d’Isabelle Lortholary restitue avec force la mélancolie des années de pensionnat et le déchirement d’un amour sans retour. Elle nous fait partager les émois des jeunes pensionnaires livrées à elles-mêmes, leur rage et leur solitude, leur infini désir de tendresse. 

 Née en 1967, Isabelle Lortholary vit à Paris. Elle est journaliste et critique littéraire à Elle.
Autobiographie à la jumelle est son second livre. Le premier, Heureuse ou presque (Stock, 2007), un recueil de nouvelles, a connu un succès public et critique. 
Ce que j'en ai pensé :

Une atmosphère à la frontière de la nostalgie, et pourtant presque une acidité : les souvenirs de cette année en pension, en Ariège, sont amers : amours non écloses, mêlées à une admiration et une fascination propres à l'adolescence, méchanceté injustifiée, solitude...
Une année à l'ombre du monde pour ses jeunes filles qui font l'apprentissage du passage à l’âge adulte avec son lot de déconvenues, de déceptions, de désirs tus et d'amitiés non satisfaites, une année bouleversante, une fillette morte et une jeune fille à la lisière de la folie...
Quarante ans plus tard, la narratrice distille ses souvenirs, son amertume et la narration, touchante, à la fois grave et légère, nous guide dans une réclusion trouble, dans un mélange de douceur et de cruauté. 
Pour qui connait Ornolac où se situe supposément le pensionnat, le roman gagne en profondeur et presque en mystère : le village, jumelé à Ussat-les-Bains, ancienne station thermale très réputée sous Napoléon (son frère y venait en cure),  ses villas bourgeoises, aujourd'hui en ruines et envahies par les ronces,  ajoutent au climat romantique où instille un drôle de poison...
Ce roman est un vrai petit bijou, court mais drôlement fort !
Clara aussi a beaucoup aimé ! 

3 commentaires:

  1. J'en ai entendu parler mais j'ignorais tout de l'histoire, tu viens de me donner envie !

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  2. Ton billet me donne très envie de le lire. Ca me rappellera peut-être mon année d'internat. Le thème me plaît beaucoup en tout cas.

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