9 février 2017

Une année dans la vie Johnsey Cunliffe - Donal RYAN

Editions Albin Michel - Collection 'Grandes Traductions'
Parution : 11 janvier 2017
Titre original : The thing about December
Traduction : Marina Boraso
304 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :
 Jeune paysan naïf et solitaire, Johnsey vit à l’écart du monde. Il travaille à la coopérative du village, avec sa famille pour seul lien. À la mort de ses parents, il hérite de leur ferme, éveillant aussitôt la jalousie de la communauté.  Et lorsqu’un consortium promet la prospérité au village en échange du rachat de ses terres, Johnsey refuse. Il devient dès lors un ennemi aux yeux des villageois, qui lui déclarent la guerre…
Une année dans la vie de Johnsey Cunliffe raconte, au jour le jour, le combat d’un homme seul qui tente par tous les moyens de trouver un sens à sa vie dans un monde qui en est dénué. Donal Ryan livre au passage une formidable critique de la société moderne et du matérialisme qui vient à bout de toutes les valeurs et de tous les idéaux. 

Né en Irlande en 1976, Donal Ryan, dipômé en droit, a publié quatre ouvrages dont seuls Le coeur qui tourne et Une année dans la vie de Johnsey Cunliffe ont été traduits en France.


Ce que j'en ai pensé :

Johnsey n'est certainement pas "le couteau le plus affuté du tiroir", il a tout du simplet de village, d'un Candide victime presque volontaire des autres jeunes. Il a du mal à aligner des phrases cohérentes et préfère souvent se taire parce qu'il craint de ne pas savoir mettre ses mots dans l'ordre. Heureusement que Jackie et Sally, ses parents, protègent ce grand et gros couillon mal dégrossi.

Sauf que..les parents meurent tour à tour et leurs terres valent un paquet de fric et qu'elles intéressent des promoteurs, "le consortium". 
Sauf qu'un tabassage en règle par les crapules du coin l'envoie à l’hôpital où il rencontre Dave Charabia, blessé lui-aussi, et surtout Siobhan la jolie infirmière. 
Sauf que Johnsey le benêt, supposément devenu riche par la possession des terres héritées) devient l'ennemi du village.

Le roman commence en janvier pour finir en décembre, une année en portraits et péripéties dans la vie de ce drôle de gars, un chapitre par mois qui débute par des considérations sur les saisons et le travail à la ferme, rappelle des souvenirs d'enfance du temps où les parents de Johnsey étaient vivants. Une année bien courte finalement tant elle bouleverse radicalement la vie de cet anti-héros pas si nunuche qu'il en a l'air. 

 « Voilà à quoi on reconnaît le mois de décembre : il file en un éclair. Vous fermez les yeux et déjà il est passé. Comme si vous n’aviez jamais été là. »
  
Qu'est-ce que je l'ai aimé ce ravi de la crèche et son embarras, son asocialité involontaire, son regard sur l'amour et l'amitié et surtout sa loyauté ! Une bonne pâte bien tendre mais qui nous ouvre les yeux sur le manque d'humanité de nos congénères ! Il est tour à tour  émouvant ou agaçant, se dépréciant sans cesse ; on le plaint pour ses maladresses et sa solitude mais son bon sens et son humanité font un sacré pied de nez à la  méchanceté et à la cupidité ambiantes !

Le style de l'auteur est toujours aussi fluide et ose les traits d'humour (quand un cathéter devient un "chat-têteur" dans la bouche de Johnsey) mêlés à un brin de poésie nostalgique à l'irlandaise, faisant ainsi de ce roman une comédie flirtant avec le roman noir.
 

1 commentaire:

  1. Un coup de coeur? Rien de moins? Je suis contente!
    J'ai tellement hâte qu'il arrive par ici. Hâte de rencontrer ce Johnsey.
    Depuis ma lecture du "Coeur qui tourne", je veux tout lire de cet auteur.

    RépondreSupprimer