6 septembre 2017

Par le vent pleuré - Ron RASH

Editions du Seuil - Collection Cadre vert
Parution : 17 août 2017
Titre original : The risen
Traduction : Isabelle Reinharez
208 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

Dans une petite ville paisible au cœur des Appalaches, la rivière vient de déposer sur la grève une poignée d’ossements, ayant appartenu à une jeune femme. Elle s’appelait Ligeia, et personne n’avait plus entendu parler d’elle depuis un demi-siècle.
1967 : le summer of love. Ligeia débarque de Floride avec l’insouciance et la sensualité de sa jeunesse, avide de plaisirs et de liberté. C’est l’époque des communautés hippies, du Vietnam, de la drogue, du sexe et du Grateful Dead. Deux frères, Bill et Eugene, qui vivent bien loin de ces révolutions, sous la coupe d’un grand-père tyrannique et conservateur, vont se laisser séduire par Ligeia la sirène et emporter dans le tourbillon des tentations. Le temps d’une saison, la jeune fille bouleversera de fond en comble leur relation, leur vision du monde, et scellera à jamais leur destin – avant de disparaître aussi subitement qu’elle était apparue.
À son macabre retour, les deux frères vont devoir rendre des comptes au fantôme de leur passé, et à leur propre conscience, rejouant sur fond de paysages grandioses l’éternelle confrontation d’Abel et de Caïn.


Ce que j'en ai pensé :

Eugene est le narrateur. Ecrivain raté, il noie ses angoisses dans l'alcool, cette bouteille de whiskey, identiques aux autres, qui lui a valu de se planter dans un arbre et de manquer tuer sa fille.

Son frère, Bill, est devenu le neurochirurgien qu'il rêvait d'être quand son grand-père exerçait encore une influence considérable sur le jeune homme qu'il était en 1969.

Entre les deux, comme détonateur, Jane-Ligeia, venue passer l'été au vert. Shootée aux calmants, aux amphéts, à l'herbe ou au vin rouge, libérée, offrant son corps comme monnaie d'échange contre les pilules qui font planer et qui disparait sans crier gare. 

Dont on retrouve les os dans la rivière plusieurs décennies plus tard.

Moins nature writing que les précédents romans de Ron Rash (encore que la rivière Tuckaseegee et les truites y tiennent bonne place), Par le vent pleuré s'attache cette fois plus à la psyché des personnages, et c'est magistral ! Le lecteur s'attache tour à tour à Bill ou à Eugene, ressent,  reconstitue cet "été de l'amour"...La figure tutélaire du grand-père, celle soumise de sa belle-fille, celle encore de Ligeia, la "sirène" manipulatrice, vicieuse, décalée en tout cas dans ce coin des Appalaches, et les ombres autour dont celle de Nebo, muet, toujours muet...

Un roman brillant dont la fin laisse planer le doute : fantasme ou réalité ? Une narration implacable sur le thème de la responsabilité (de ses actes), la culpabilité, le doute et la rédemption, qui renouvelle le roman d'apprentissage.
j'ai..adoré ! évidemment !!

7 commentaires:

  1. ah mais tu me tentes! J'ai abandonné le seul roman de l'auteur que j'ai commencé, Serena, mais si tu dis que c'est moins nature writing, je tenterai bien celui-ci.

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  2. Évidemment, celui-là, je l'attends avec impatience!

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  3. Voilà qui ne va pas arranger ma liste d'envies !

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  4. Je le lis bientôt. Et je ne doute pas du talent de l'auteur

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  5. Je retiens ce titre mais lirai plutôt un roman plus ancien pour enfin faire connaissance avec cet auteur que beaucoup de personnes apprécient!

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  6. J'ai lu une chronique plus mitigée, il avait lu tous ses précédents romans (un peu comme moi)enfin, il a bien aimé mais disait que ce n'était pas son meilleur. Mais de toute façon, je vais le lire. Y a pas de doute !

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  7. J'en ai déjà deux de lui dans ma pal, je ne vais pas me précipiter sur celui-ci du coup.

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