22 octobre 2017

Pietra viva - Léonor de RECONDO

Editions Sabine Wespieser
Parution : 30 août 2013
228 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

Michelangelo, en ce printemps 1505, quitte Rome bouleversé. Il vient de découvrir sans vie le corps d’Andrea, le jeune moine dont la beauté lumineuse le fascinait. Il part choisir à Carrare les marbres du tombeau que le pape Jules II lui a commandé. Pendant six mois, cet artiste de trente ans déjà, à qui sa pietà a valu gloire et renommée, va vivre au rythme de la carrière, sélectionnant les meilleurs blocs, les négociants, organisant leur transport. Sa capacité à discerner la moindre veine dans la montagne a tôt fait de lui gagner la confiance des tailleurs de pierre. 

Lors de ses soirées solitaires à l’auberge, avec pour seule compagnie le petit livre de Pétrarque que lui a offert Lorenzo de Medici et la bible d’Andrea, il ne cesse d’interroger le mystère de la mort du moine, tout à son désir impétueux de capturer dans la pierre sa beauté terrestre. Au fil des jours, le sculpteur arrogant et tourmenté, que rien ne doit détourner de son oeuvre, se laisse pourtant approcher : par ses compagnons les carriers, par la folie douce de Cavallino, mais aussi par Michele, un enfant de six ans dont la mère vient de mourir. La naïveté et l’affection du petit garçon feront resurgir les souvenirs les plus enfouis de Michelangelo. Parce qu’enfin il s’abandonne à ses émotions, son séjour à Carrare, au cœur d’une nature exubérante, va marquer une transformation profonde dans son œuvre. Il retrouvera désormais ceux qu’il a aimés dans la matière vive du marbre.

  Portrait de Michel-Ange, par Daniel da Volterra


Ce que j'en ai pensé :

Pietra viva, pierre vive, ce marbre froid de Carrare auquel Michelangelo donne vie.
Pierre comme le cœur de l'artiste, orphelin trop tôt et qui s'est acharné à faire disparaître de ses souvenirs jusqu'au visage de sa mère et qu'il va doucement sculpter pendant cette retraite volontaire au milieu des ouvriers-carriers jusqu'à la faire renaître dans son esprit.

Voila un roman délicat, court et poétique, qui emporte avec lui toute la sensibilité de l'artiste, ses blessures. Un roman qu'il est impossible de lâcher avant la dernière page et où on assiste à la métamorphose d'un homme taciturne, enfermé en lui-même, et qui s'ouvre doucement au monde qui l'entoure et fait le deuil de ce jeune moine qu'il aimait tant.

Un roman de deuils, celui de la mère (celle de Michel-Ange fait écho à celle de Susanna, la mère du petit Michele), celui de l'être aimé (la belle jument blanche à laquelle parle Cavallino)...
Un roman où les cinq sens agissent comme des raviveurs de souvenirs, égrenés les uns après les autres et qui pourraient donner à ce roman plusieurs niveaux de lecture. 

Les personnages sont brossés avec justesse, et la belle prose de l'auteur donne de l'émotion à ce roman, illumine ces pages et distille, au travers d'une espèce de nostalgie, suffisamment de beauté et d'espoir pour se laisser bercer et fermer le livre à regrets.

J'en suis à regretter d'avoir attendu si longtemps à le lire !


 David - détail de la main 

2 commentaires:

  1. Un beau coup de coeur pour moi à l'époque! c'est un roman assez psychologique finalement, qui se concentre sur les troubles intérieurs de Michelangelo. Et puis c'est avec celui-ci que j'ai découvre la magnifique écriture de Léonor de Récondo. Depuis, chacun de ses romans m'a séduite à des degrés divers, mais ils sont tous très beaux.

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  2. J'ai moins envie de lire le tout dernier, pourtant...plus tard, en poche.

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