8 octobre 2020

Fin d'exploitation - Denis FLAGEUL

 

Editions In8

Parution : 15 septembre 2020

248 pages

 

Ce qu'en dit l'éditeur :

Goulven traverse une mauvaise passe. Divorce brutal, garde de son fils réduite à un week-end sur deux, il est grand temps de se faire oublier. Retiré dans sa campagne bretonne, il aménage une nouvelle chambre pour son gamin, et rend visite aux copains. 

Il y a Fabien, agriculteur perclus de dettes, qui peine à tirer son épingle du jeu. Sa femme, Laura, dont Goulven est devenu bien proche. Et les petits jeunes un peu paumés dans leurs rêves autonomes, Mouss et Soaze, sous l'emprise d'un troisième, Gusto, nerfs à vif et violence éruptive. 

Autour de ce petit monde, les banquiers agricoles rôdent comme des charognards. 

Quand le village voisin est secoué de faits divers, flics et gendarmes se pointent aux portes de l'exploitation. Ce sera l'étincelle de trop.

 

Ce que j'en ai pensé :

Du vrai "rural noir", âpre, parfois douloureux, mais qui s'arrange d'une narration qui frôle souvent la poésie, une narration maîtrisée qui fait monter crescendo la tension, qui fait la part belle aux personnages.

C'est l'histoire de la fin d'un monde, des derniers sursauts d'une agriculture française qui peine à se projeter dans l'avenir, des jeunes envies de mieux faire et des désillusions des autres, du capitalisme et des banques.

Mais l'auteur raconte aussi l'homme, ses échecs, ses rêves inaboutis, les sentiments exacerbés et la violence qu'ils peuvent générer (ou l'abattement, le renoncement).

Ça pourrait être un roman désabusé, un polar de la colère, ça n'est heureusement pas que ça. 

Parce que tout sonne sincère et vrai, parce que les personnages avec leurs failles et leur lumière nous semblent proches, parce que les mots sont forts.

 

"Tu sais, comme ils s'imaginent les paysans, les mecs de la ville, les bobos. Des ploucs, des taiseux qui passent leurs journées avec leurs bêtes, qui parlent qu'à elles, qui se pochetronnent tranquillement en rêvant de se taper la vache parce qu'ils n'ont pas de bobonnes à la maison. Sales et crevards."

 

 "Un long silence chargé de toute leur histoire. Même si une inquiétude les taraudait l'un et l'autre. Une inquiétude qui avait nom Laura. Ou Querrien. Ou comment vivre."

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