6 juin 2014

Le manoir de Tyneford - Natasha SOLOMONS


L’histoire :

A Vienne en 1938, il ne fait pas bon être juive, même si on est issue d’un milieu bourgeois. Les Allemands viennent d’annexer le pays et commencent leurs persécutions contre les israélites. 

(Vienne 1938)
  
Elise a tout juste dix-neuf ans, insouciante et gourmande, elle profite de la vie luxueuse que lui offrent ses parents, Anna, cantatrice, et Julian, écrivain renommé. Sa sœur Margot vient de se marier et dans l’inquiétude des rumeurs, se décide à quitter l’Autriche pour les USA où toute la famille devrait bientôt la rejoindre.
Quant à Elise, il paraît plus prudent de la faire embaucher comme femme de chambre en Angleterre dans un manoir appartenant à une famille de l’aristocratie anglaise. Elle qui parle peu l’anglais et a l’habitude d’être servie va devoir apprendre à frotter les parquets et faire briller l’argenterie.
Elle fait la connaissance de Kit, le fils de Mr Rivers son employeur, juste avant que la guerre n’éclate et que la perspective de partir en Amérique ne s’éloigne peu à peu…De ses parents qui ne parviennent pas à obtenir leurs visas, il ne lui reste que des souvenirs et un manuscrit caché dans un violon.
(le manoir de Tyneham qui a servi de modèle à Tyneford, années 1940)


Mon avis :

Une très jolie surprise que ce roman !
Des débuts d’Elise dans Vienne qui découvre le nazisme à l’évacuation du village anglais où elle avait trouvé refuge, on s’attache à son personnage. Elise est une forte personnalité, elle est volontaire, pétulante, têtue. Natasha SOLOMONS nous décrit un personnage toujours entre deux mondes, une jeune fille qui voudrait rester enfant, une juive qui ne connaît aucune prière, une bourgeoise qui devient domestique, une femme entre un monde en guerre et la quiétude du Dorset, entre deux amours. C’est un sujet riche, dense, formidablement exploité dans toutes ses émotions.
Les autres personnages ne sont pas en reste, du majordome à cheval sur l’étiquette au pêcheur qui raccommode ses filets, de la cuisinière autrichienne à Poppy l’amie anglaise qui devient résistante, tous sont « travaillés » minutieusement et prennent corps au fil du roman. Aucun d’eux ne semble secondaire dans l’intrigue tant l’auteur a su leur donner de l’épaisseur dans la narration.

(le manoir, aujourd'hui)

Je n’ai pas pour goût premier de lire des romans sur la seconde guerre mondiale et pourtant celui-ci m’a fait tourner les pages à toute vitesse. Pour un roman que je craignais trop sentimental, j’ai été conquise. Ça reste par moments un peu fleur-bleue, un peu convenu mais jamais mièvre. Et puis, ça fait du bien de temps en temps de lire de belles histoires !

C’est surtout un roman qui parle avec sensibilité et finesse de la solitude, des deuils (celui d’un amour, d’un monde perdu, de sa jeunesse…) et j’ai été surprise d’apprendre que le manoir avait réellement existé dans ce village évacué pour servir de camp d’entrainement.

Ce roman entre dans ma sélection des livres pour le "Mois anglais" ;o)


4 commentaires:

  1. J'ai été complètement captivée par ce roman. Comme toi, je l'ai parfois trouvé un peu naïf mais malgré tout, je l'ai adoré!

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  2. un auteur que je dois absolument découvrir, les 3 romans qu'elle a déjà publiés me font vraiment envie!

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  3. Il me fait infiniment plaisir ton billet, en plus je sais que tu l'as achevé quand nous nous sommes privées de la cérémonie Elle. Je suis d'accord avec toi, je craignais aussi le côté sentimental mais comme tu le dis il ne tombe pas dans le mièvre....et ce monde perdu m'a emballé (il faut dire que nous sommes des modianettes dans l'âme aussi)
    J'ai adoré...et je suis ravie qu'on soit plusieurs dans ce cas

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  4. Merci pour ta visite sur mon blog, du coup j'ai découvert le tien et ce billet, tout aussi enthousiaste que le mien. J'ai beaucoup aimé les deux photos que tu as mises, du manoir de Tyneham, qui a inspiré le livre, on s'imagine tout à fait Elise et Kit dans ce cadre !!

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