8 novembre 2015

La terre qui penche - Carole MARTINEZ

éd Gallimard - 20 août 2015 - 368 pages
prix de la Feuille d'Or 2015


Ce qu'en dit l'éditeur :
Blanche est morte en 1361 à l’âge de douze ans, mais elle a tant vieilli par-delà la mort! La vieille âme qu’elle est devenue aurait tout oublié de sa courte existence si la petite fille qu’elle a été ne la hantait pas. Vieille âme et petite fille partagent la même tombe et leurs récits alternent.
L’enfance se raconte au présent et la vieillesse s’émerveille, s’étonne, se revoit vêtue des plus beaux habits qui soient et conduite par son père dans la forêt sans savoir ce qui l’y attend.
Veut-on l’offrir au diable filou pour que les temps de misère cessent, que les récoltes ne pourrissent plus et que le mal noir qui a emporté sa mère en même temps que la moitié du monde ne revienne jamais?
Par la force d’une écriture cruelle, sensuelle et poétique à la fois, Carole Martinez laisse Blanche tisser les orties de son enfance et recoudre son destin. Nous retrouvons son univers si singulier, où la magie et le songe côtoient la violence et la truculence charnelles, toujours à l’orée du rêve mais deux siècles plus tard, dans ce domaine des Murmures qui était le cadre de son précédent roman. 

 Carole Martinez, née en 1965 en Moselle, est romancière 
(Le cœur cousu, Gallimard 2007 ; Du domaine des Murmures, Gallimard 2011) 
et professeur de français.

Ce que j'en ai pensé :
Carole Martinez l'ensorceleuse, la conteuse, a encore laissé sa plume nous entortiller dans une histoire où magie et histoire se mêlent. Et c'est une fois de plus un grand plaisir que de la suivre dans le fabuleux Domaine des Murmures, de plonger avec la Vouivre dans la Loue tour à tour sereine ou furieuse qui emporte les hommes dans ses flots grondants et achève l'affreuse tâche de la peste.
C'est un Moyen-Age rude qui s'offre au lecteur, où les femmes ne sont rien et où les hommes s'ils ne sont que serfs ont peu d'espoir d'être libres. Pourtant le roman parle de liberté : celle de Blanche qui veut lire et écrire, mener la vie qu'elle souhaite et qui sera un jour maîtresse du domaine des Murmures, celle de l'Enfant, son futur époux, libre dans la simplicité de son âme, celle d'Eloi le charpentier qu'on affranchit, celle de la rivière qui décide du destin des hommes. C'est une liberté qui se paye cher, qui a le gôut de la mort...
Comme toujours le style de Carole Martinez s'imprime de poésie, s'arrondit cette fois de chansons médiévales et de contes, d'animaux magiques et d'arbres étranges et la narration glisse comme les eaux de la Loue tour à tour en phrases sensuelles ou en mots rageurs.
Si j'ai eu quelque mal à me laisser emporter par l'histoire jusqu'au premier tiers du roman, j'ai ensuite été bercée par ce conte étrange.
Merci à Price Minister pour cette belle lecture !

4 commentaires:

  1. Discussion avec elle ce midi à la foire du livre de Brive. Un amour d'auteur! Une belle dédicace, des encouragements pour mon blog, la promesse d'y faire un saut.... bref il me tarde de le lire :-)
    Visiblement je ne serai pas déçu. Bises Virginie

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    1. Coucou Benoît,
      Elle a l'air très sympa c'est vrai et je me dis que l'avoir comme prof de français doit être extra !
      bises

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  2. Tout le monde semble s'accorder sur le fat que l'entrée en matière est difficile. Mais tout le monde en sort sous le charme, c'est bien là l'essentiel !

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  3. Rho la la, ce serait donc un roman qui se mérite n'est pas ? Je me suis promise de la découvrir, j'aime cette idée de jeune fille qui restera éternellement jeune....(il paraît que la fin s'en sort très bien et échappe au glauque).

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