9 décembre 2015

La femme en vert - Arnaldur INDRIDASON

éd Métailié - 3 février 2006 - 300 pages
Titre original : Grafarþögn
Traduction : Eric Boury
 Prix Clé de Verre 2003 du roman noir scandinave
 Prix CWA Gold Dagger 2005 (Grande-Bretagne)
 Prix des Lectrices de Elle - 2007

Ce qu'en dit l'éditeur :

Dans une banlieue de Reykjavik, au cours d'une fête d'anniversaire, un bébé mâchouille un objet qui se révèle être un os humain.
Le commissaire Erlendur et son équipe arrivent et découvrent sur un chantier un squelette enterré là, soixante ans auparavant. Cette même nuit, Eva, la fille d'Erlendur, appelle son père au secours sans avoir le temps de lui dire où elle est. Il la retrouve à grand-peine dans le coma et enceinte. Erlendur va tous les jours à l'hôpital rendre visite à sa fille inconsciente et, sur les conseils du médecin, lui parle, il lui raconte son enfance de petit paysan et la raison de son horreur des disparitions.

L'enquête nous est livrée en pointillé dans un magnifique récit, violent et émouvant, qui met en scène, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, une femme et ses deux enfants. Une femme victime d'un mari cruel qui la bat, menace ses enfants et la pousse à bout.

Voici à nouveau le commissaire Erlendur et ses adjoints Elinborg et Sigurdur Oli dans un récit au rythme et à l'écriture intenses et poignants, aux images fortes et aux personnages attachants et bien construits. La mémoire est comme toujours chez Indridason le pivot de ce roman haletant, qui hante longtemps ses lecteurs.

Arnaldur Indridason est né à Reykjavík le 28 janvier 1961. 
Diplômé en histoire, il est journaliste et critique de films 
puis il se consacre à l’écriture.

Ce que j'en ai pensé :

Du très bon polar encore une fois ! Cette fois, Erlendur est confronté à un crime qui trouve ses origines dans les violences conjugales alors que Reykjavik est gangrénée par le trafic de drogue. 

Le roman superpose deux récits (dont on comprend vite qu'ils sont liés): le premier pendant la seconde guerre mondiale où une femme subit les violences de son mari, et la période contemporaine où est découvert ce mystérieux cadavre. C'est pour l'auteur l'occasion de revenir sur l'histoire de son pays, occupé d'abord par les anglais puis par les troupes US alors que l'Islande s'était déclarée neutre dans le conflit européen. Mais, comme à son habitude, Indridason évoque la société islandaise moderne avec ses dérives et aborde le thème de l'abandon et du doute.

C'est encore une fois un polar d'ambiance plus que d'action mais l'intrigue, quoique facilement devinée, reste passionnante tant les personnages sont forts.

A noter pour l'anecdote : au début du roman, Erlendur bute sur un "caillou" qui s'avère être une main qui dépasse du sol...ça vous rappelle quelque chose ? "Une main encombrante" d'Henning Mankell propose le même postulat de départ, et a été écrit 1 à 2 ans après "La femme en vert" ; on retrouve même les groseilliers dans les deux romans !

4 commentaires:

  1. Avec Indridason, on manque très rarement son coup!
    Il ne m'en reste qu'un seul de la série à lire. Je le garde en réserve!

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  2. C'est le tout premier que j'ai lu ( je les ai tous lus) et du coup ça me donne bien envie de le relire...

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  3. C'était aussi mon tout premier Indridasson. Je n'en ai lu qu'un autre depuis.

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  4. cela fait longtemps que je n'ai pas lu d'auteurs de cette région, tu me donnes envie!

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