1 mars 2016

La survivance - Claudie HUNZINGER

éd Grasset - parution Août 2012 - 288 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :
Jenny et Sils sont contraints par la dureté des temps de rendre les clefs de leur librairie et de leur domicile. Ils vont chercher refuge dans une maison perdue, en ruines, perchée dans la montagne. Avec leurs cartons de livres, une ânesse et une chienne, il leur faut s'acclimater à cette nouvelle existence : survivre aux intempéries, tels des Robinson Crusoé du XXIème siècle exclus de la société matérialiste. Dans cet âpre combat, la redécouverte des corps, l'apprentissage de l'isolement et la puissance de la littérature leur feront-ils découvrir une nouvelle manière d'être au monde ?

Claudie Hunzinger vit en montagne. Elle est artiste et écrivain. Elle a fabriqué des livres en foin, écrit des pages d’herbe, édifié des bibliothèques en cendres...

Ce que j'en ai pensé :

Voila le genre de roman, envoûtant, qu'il faut prendre le temps de lire avec délectation ! Un livre semé d'étoiles merveilleuses, de magie et ponctué de livres, de tableaux et de musique !

Entre l'observation d'une troupe de cerfs (la bande des Peaux-Rouges), la cueillette des baies ou la collecte de minéraux qui doivent permettre la reconstitution d'un chef d'oeuvre (le retable d'Issenheim, peint par Grünewald, détruit dans l'incendie du musée Unterlinden à Colmar, évènement imaginaire !!), l'auteur nous emmène au milieu de nulle part, dans un monde à la fois rude et baigné de poésie. Un monde où le repli sur soi et l'auto-subsistance n'apparaissent plus comme subis mais élargissent les horizons.


Chaque instant de la vie de ces libraires ruinés offre de nouvelles perspectives, et la minuscule maison où ils se sont réfugiés, baptisée "La survivance", porte fort bien son nom.

Survivre au froid et à la pluie, à la peur de la solitude, à la vieillesse (et à la décrépitude des corps affaiblis, à l'arrivée de la maladie), à la perte des repères, au désenchantement et au chagrin...c'est tout ce qu'envisage ce roman, en délicatesse, mais sans complaisance, sans renoncement. 
Un parfait bijou de littérature !

Extraits :
"Je ne me fais pas d'illusions. J'en ai vu, des bibliothèques dépecées pour finir. (...) Mais certains jours, il pensait plus fondamentalement qu'une autre civilisation arrivait. Des libraires existeront encore pour les veilleurs et les esthètes. Pas davantage."

"On se demande si les bêtes qui nous côtoient n'ont pas, dans une autre vie, été des êtres humains victimes d'un sortilège." 

"J'avais là-haut une approche de la joie tellement à l'opposé de ce que l'on vous dit d'ordinaire, une approche ténue mais intense, comme un fourmillement de couleurs."
 

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