17 avril 2016

Il reste la poussière - Sandrine COLLETTE

Editions Denoël
Parution Janvier 2016
304 pages
Prix Landerneau Polar 2016

Ce qu'en dit l'éditeur :
Patagonie. Dans la steppe balayée de vents glacés, un tout petit garçon est poursuivi par trois cavaliers. Rattrapé, lancé de l’un à l’autre dans une course folle, il est jeté dans un buisson d’épineux.
Cet enfant, c’est Rafael, et les bourreaux sont ses frères aînés. Leur mère ne dit rien, murée dans un silence hostile depuis cette terrible nuit où leur ivrogne de père l'a frappée une fois de trop. Elle mène ses fils et son élevage d’une main inflexible, écrasant ses garçons de son indifférence. Alors, incroyablement seul, Rafael se réfugie auprès de son cheval et de son chien.
Dans ce monde qui meurt, où les petits élevages sont remplacés par d’immenses domaines, l’espoir semble hors de portée. Et pourtant, un jour, quelque chose va changer. Rafael parviendra-t-il à desserrer l’étau de terreur et de violence qui l’enchaîne à cette famille ?


Sandrine Collette est docteur en science politique. Elle partage sa vie entre l’université de Nanterre et son élevage de chevaux dans le Morvan.

Ce que j'en ai pensé : 

Dans un décor de désolation, au coeur de la pampa patagonienne, Rafael, dernier d'une fratrie menée d'une main de fer par une femme que la vie n'a pas épargnée, est le souffre-douleur de ses frères.  Ici, un enfant ne vaut pas plus qu'une pièce de bétail (et ne sent d'ailleurs pas meilleur !) et la tendresse maternelle semble définitivement absente de la vie de ses quatre garçons dont le père a disparu un jour dans des conditions mystérieuses. Le mutisme de l'un des frères pourrait y trouver son origine. 
Isolés du reste du monde, les quatre frères ne connaissent rien du monde autour et s'en accommodent, abrutis de travail.
Soudain, quand la mère perd l'un des jumeaux au poker, leur vie bascule ...
Sombre, noir à souhait, ce polar confirme le talent de l'auteur pour les ambiances qui révèlent la nature profonde des hommes, dévoilent leur brutalité et tout le paradoxe de ce roman tient dans sa faculté à nous offrir un huis-clos étouffant dans un décor immense où la nature, à perte de vue, domine l'espace et les hommes !
Le rythme est rapide, la narration précise et efficace, restituant une ambiance familiale sordide, menant droit au désastre. Finalement, la nature, sauvage et aride, semble encore plus tendre que les personnages, tous tendus dans une même violence, fascinants dans leur cruauté. Aucun d'entre eux n'inspire une réelle empathie pourtant, on comprend leurs peurs et leurs failles, la nécessité d'être fort face à l'adversité.  

Un excellent polar !
 


Mon billet sur l'Express est ici !



2 commentaires:

  1. Un billet gravement tentateur que celui-ci! Si je connais Sandrine Collette de nom, je n'ai jamais lu ses romans. En voyant «coup de coeur» plus haut, j'ai lu chaque mot et... punaise! J'ai trop envie de me laissé happer par cette histoire. C'est noté et souligné. Bien le merci!

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  2. Tu utilises le terme "étouffant" et c'est exactement ce que j'ai ressenti. C'est pour ça que je ne suis pas allée jusqu'au bout!

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