Editions
Flammarion
Parution
: 23 août 2017
250
pages
Ce
qu'en dit l'éditeur :
Printemps
1960.
Antoine
est appelé pour l’Algérie au moment où Lila, sa toute jeune
femme, est enceinte. Il demande à ne pas tenir une arme et se
retrouve infirmier à l’hôpital militaire de Sidi-Bel-Abbès. Ce
conflit, c’est à travers les récits que lui confient jour après
jour les « soldats en pyjama » qu’il en mesure la férocité. Et
puis il y a Oscar, amputé d’une jambe et enfermé dans un mutisme
têtu, qui l’aimante étrangement. Avec lui, Antoine découvre la
véritable raison d’être de sa présence ici : « prendre soin ».
Rien ne saura le détourner de ce jeune caporal, qu’il va aider à
tout réapprendre et dont il faudra entendre l’aveu. Pas même
Lila, venue le rejoindre.
Dans
ce roman tout à la fois épique et sensible, Brigitte Giraud raconte
la guerre à hauteur d’un « appelé », Antoine, miroir intime
d’une génération embarquée dans une histoire qui n’était pas
la sienne. Ce faisant, c’est aussi la foi en la fraternité et le
désir de sauver les hommes qu’elle met en scène.
Ce
que j'en ai pensé :
J'avais
beaucoup aimé Nous serons des héros, lu il y a deux ans, et cette année deux belles découvertes de la rentrée littéraire (à découvrir ici) m'ayant déjà entrainé en Algérie, j'avais envie de poursuivre le voyage.
J'ai retrouvé la belle plume de l'auteur, tout à la fois incisive (phrases courtes) et poétique (les descriptions de l'arrière-pays, mais aussi de la beauté d'Alger-la-Blanche, sont très évocatrices), mais aussi terriblement juste dans sa manière d'évoquer la peur et le désarroi de ces personnages auxquels on s'attache bien volontiers.
Elle exprime avec force les difficiles relations entre les hommes (soldats français/rebelles algériens, population des villes/paysans bergers et démunis...) mais aussi entre hommes et femmes dans ce début des années 1960 encore marquées par la patriarcat (Lila est confrontée au refus de l'avortement) ou par les différences de culture.
"Elle
demande quelle différence entre Algériens, harkis et fellaghas. Qui
sont les bons et les mauvais ? Est-ce qu’ils sont ennemis
entre eux ? Elle est gênée de son ignorance. Elle a peur que
cela ne recommence. Son mari et maintenant son fils. Elle dit que les
informations à la radio ne sont pas claires. Quand elle interroge le
père d’Antoine, il s’emporte. Et de Gaulle, est-ce qu’il l’a
déjà vu ? Est-ce qu’on peut lui faire confiance ?"
Le roman, s'il n'évoque les combats et la rébellion que de manière feutrée, laisse une grande part à une nostalgie ambiguë : le casernement prend parfois des airs de colonie de vacances malgré les estropiés ou les morts dont devra s'occuper le héros.
On devine assez vite une grand part d'autobiographie dans ce livre, et sans doute pas mal de non-dits.
Quelques longueurs m'ont empêchée d'en faire un coup de cœur, mais j'ai encore une fois succombé avec plaisir au charme de la plume de Brigitte Giraud, et apprécié la dernière partie qui raconte l'histoire d'Oscar, le soldat amputé.
"Avant
d’embarquer, ils n’osent pas s’avouer qu’ils laissent en
Algérie plus qu’un pays qu’ils n’ont pas eu le cran d’aimer,
ils laissent tout ce qui fait un homme à vingt ans, et qu’ils ne
retrouveront jamais."
Merci
à Dimitri des Matchs de la Rentrée Littéraire 2017 chez Price Minister (et à
Antigone
pour cet excellent choix), ainsi qu'à Flammarion pour leur confiance
!
J"ai été déçue par ce titre. Je me suis ennuyée alors que j'avais envie d'être émue par cette belle amitié masculine.
RépondreSupprimerJe pense que je l'aurais plus apprécié si je l'avais lu avant celui d'Alice Zeniter que j'ai adoré !
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