21 décembre 2017

Laisse tomber les filles - Gérard de CORTANZE

Editions Albin Michel
Parution : 3 janvier 2018
448 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

Le 22 juin 1963 à Paris, quatre adolescents assistent, place de la Nation, au concert donné à l'occasion du premier anniversaire de Salut les copains. Trois garçons : François, rocker au cœur tendre, tenté par les substances hallucinogènes ; Antoine, fils d'ouvrier qui ne jure que par Jean Ferrat ; Lorenzo, l'intellectuel, fou de cinéma et champion de 800 mètres.
Une fille : Michèle, dont tous trois sont amoureux, fée clochette merveilleuse, pourvoyeuse de rêve et féministe en herbe.
Commencé au cœur des Trente Glorieuses et se clôturant sur la « marche républicaine » du 11 janvier 2015, ce livre pétri d'humanité, virevoltant, joyeux, raconte, au son des guitares et sur des pas de twist, l'histoire de ces baby-boomers devenus soixante-huitards, fougueux, idéalistes, refusant de se résigner au monde tel qu'il est, et convaincus qu'ils pouvaient le rendre meilleur. 


Ce que j'en ai pensé :


Je me réjouissais. Johnny Hallyday, star des yé-yés, tout juste enterré et un roman qui danse le twist autour de la génération de mes parents, les Trente Glorieuses, le plein emploi, Mai 68 qui approche...

Trois garçons qui finissent par se rencontrer presque par hasard, juste parce qu'à un moment de leurs vies d'adolescents ils ont rencontré la même fille, "terrible" et qu'au lieu de les séparer, ça va leur donner l'occasion de se rapprocher, de former une petite bande qui va se souder, se dessouder au fil des années.

Sauf que...

Décidément, même avec la meilleure volonté, et avec le plus d'enthousiasme dont je suis capable...je n'ai pas aimé !

Je n'ai pas aimé ce roman qui ne manifeste ni émoi ni émotion, qui raconte les années 60 sur plus de 250 pages, pour ensuite couvrir les 52 années suivantes à toute vitesse), qui évoque sans qu'on les rencontre vraiment quatre ados sympas mais dont les caractères sont finalement à peine ébauchés...

Je n'ai pas aimé cette surenchère de titres de chansons mentionnés comme "caution" d'une époque (on a droit à presque tout le répertoire des yéyés, puis des Beatles, etc...) :

"Et Antoine ? Il dévore "La collectionneuse" bercé par la voix de Nino Ferrer qu'il considère comme le meilleur chanteur du moment : "Mirza", "Les cornichons", "Oh ! Hé ! Hein ! Bon !"

Je n'ai pas aimé cette narration entrecoupée de statistiques et de données sociétales :

"De quoi danser toute la soirée, aller s'embrasser avec les parents quand sonnent les douze coups de minuit et vite remonter dans la chambre, laissant les adultes à leurs souvenirs d'anciens combattants et à leurs discussions sur le prix de la baguette de pain passé à 0.44 franc et de la redevance radio-télé désormais à 25 francs." 

et aussi :

" - Et tu lui offriras une bague en diamants ?
- Pourquoi tu dis ça ?
- Parce qu'il paraît que plus de 55% des Françaises reçoivent une bague en diamants pour leurs fiançailles." 

C'est quand même une scène où deux ados flirtent...et je vous épargne tous ces passages romanesques où s'immiscent des statistiques, des considérations socio-économiques posées là comme un cheveu sur la soupe :

" François s'est acheté une nouvelle guitare. C'est un marginal bourré de contradictions...Il n'est pas le seul. Malgré son coût oscillant entre 250 et 600 francs, plus d'un million de jeunes en possèdent une et cinquante mille groupes ont été créés."

Grosse déception pour moi. 
 
Je croyais lire un roman et ma lecture a été polluée en continu par ces digressions, statistiques, qui interrompent l'intrigue, nuisent à la fluidité du texte et donnent l'impression au lecteur qu'il est un peu ignorant de son histoire proche.

Un peu comme si ce "roman" ne devait s'adresser qu'à un public qui n'a pas de souvenirs.

 ("Je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître..." Aznavour)

Merci à Babelio et aux Editions Albin Michel pour leur confiance et pour cette lecture en avant-première


2 commentaires:

  1. On me l'a proposé mais j'ai refusé, car cette époque ne m'a jamais intéressée (vraiment pas...) et ton billet me confirme que je n'aurais pas aimé ce déversement des statistiques ! quelle drôle d'idée .. un glossaire reprenant des dates et des stats eut été plus approprié...

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    1. Après l'ambiance ados/années 60 est sympa mais bon...

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