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Très haute tension - Lionel DAUDET

Editions Stock – Collection La bleue
Parution : 2 mai 2018
304 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :


Trois amis de longue date, alpinistes chevronnés et amateurs de base-jump – ce sport extrême consistant à sauter d’une falaise en parachute.
Une expédition intense en Alaska dans une nature sauvage et préservée.
Un projet de lignes à très haute tension qui menace de défigurer définitivement une vallée du sud des Alpes.

Tels sont les ingrédients de ce roman où l’on peut, ou pas, s’engager en montagne comme dans la vie, dans des activités à risque comme dans des mouvements de contestation. Une radicalisation dans la lutte, mais jusqu’où ?



 (photo "NO THT 05" montrant l'action slackline de 2016)

Ce que j'en ai pensé :

Voila un roman dont on a peu entendu parlé et qu'on n'a pas vu beaucoup sur les réseaux (seul mon fil IG le présente - si on exclut les 2 photos de l'éditeur en mai 2018, à sa parution, et un seul billet sur Babelio)...
Et c'est bien dommage tant il résonne dans l'actualité !

L'auteur est connu pour ses prouesses d'alpiniste, sans doute moins pour ces récits d'aventure. Dans ce premier roman, qui s'inspire d'une situation réelle , il nous emmène de l'Alaska à la Haute-Durance en compagnie d'un trio d'amis fous de sports extrêmes, prêts à affronter tous les dangers.
Des profils différents mais complémentaires, tous liés par le même amour de la nature, des personnages convaincants dans leurs combats et qui ne manquent pas de susciter l'empathie.

Le roman prend vite une tournure politique, explorant le thème des ZAD dans une lutte assez peu connue des médias (l'auteur s'y est personnellement impliqué), celle du refus de l'installation d'une ligne à très haute tension au flanc des Alpes, celle de ces habitants qui souhaitent préserver leur cadre de vie et la beauté de la nature.

Pas de prise de position manichéenne dans cette narration enlevée qui imprime un rythme soutenu et un suspens croissant mais un regard bienveillant, et surtout très inspirant !

Merci à Valérie pour le prêt de ce roman que j'ai beaucoup aimé !

Le mauvais chemin - Mikel SANTIAGO

Editions Actes Sud - Collection Actes noirs
Parution : 6  juin 2018
Titre original : El mal camino
Traduction : Aline Valesco
336 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

Sur une petite route de Saint-Rémy-de-Provence surgit, de nuit, un homme hagard, le crâne transpercé d'étranges trous. Il déclenche une série d'événements étranges qui vont transformer en véritable cauchemar la vie de l'écrivain Bert Amandale et celle de son vieil ami Chucks Basil, star du rock vieillissante. Un Dr Mengele des temps modernes, une clinique mystérieuse où on se livre à d'étranges expérimentations, une petite communauté huppée qui sait cacher ses terribles secrets : un mauvais trip en Provence, avec les Rolling Stones en bande son pour ce thriller parfaitement glaçant.

Ce que j'en ai pensé :

En "panne" d'envies de lecture (oui, je sais, c'est pas le choix qui manque...), un polar et ça repart !
Et celui-ci a tenu ses promesses : pas d'hémoglobine dispersée trop généreusement, des personnages sympas, une intrigue qui tient la route sur fond d'histoires de secte, plutôt psychologique bien que criminelle, et une ambiance bien posée. 

Quoique de facture assez classique, sans rebondissements exagérés, sans rythme trépidant, je me suis laissée gagner par le plaisir de lire une plume bien tournée et à suivre les aventures de cet écrivain british un peu paumé par l'immense succès qui le laisse tout à coup devant la page blanche et de son pote, compositeur-interprète qui vire à la parano.

Sur fond musical très rock, parfois un peu blues, ça m'a laissé une très bonne impression et j'espère que ça sera un héros récurrent et que j'aurais le plaisir de suivre encore Bert Amandale !

En attendant, je vais très certainement me jeter sur La dernière nuit à Tremore Beach, paru en 2016 !

Les terranautes - TC BOYLE

Editions Grasset - Collection En lettres d'encre
Parution : 28 mars 2018
Titre original : The terranauts
Traduction : Bernard Turle
592 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

Que se passe-t-il quand on enferme huit scientifiques – quatre hommes et quatre femmes – pendant deux ans dans une gigantesque biosphère sous verre, plantée quelque part dans l’immensité de l’Arizona pour tester la résistance de l’être humain et sa capacité à vivre en autarcie ?  T.C. Boyle pose son regard caustique sur cette expérimentation réellement mise en place aux Etats-Unis dans les années 90 pour recréer une comédie humaine sous une loupe grossissante. On apprend à se jauger, à s’appréhender  ou s’éviter. Les complicités se font et se défont, les amitiés naissent et les haines, parfois, explosent. Il faut tenir, car rien ne doit ni entrer ni sortir,  et faire parfois le spectacle pour les sponsors du projet. Mais que faire quand la faim, le désir et le sexe s’invitent dans la bulle  ?
 
T.C. Boyle nous plonge ici dans un huis clos infernal. Son humour est plus féroce et plus efficace que jamais
.


 Le "Biosphere 2 project" en Arizona (photo Times)


Ce que j'en ai pensé :

C'est un sacré pavé, ce roman ! 

Pourtant, les 592 pages défilent en un rien de temps tant l'histoire est fascinante. TC Boyle s'est inspiré d'une réelle expérience : 4 hommes et 4 femmes, "enfermés" pour 2 ans dans une bulle et qui doivent gérer l'auto-subsistance et surtout la cohabitation !

C'est une alternance de points de vue, ceux  de Dawn, Ramsay et Linda ; c'est 3 visions d'une même aventure qui dessinent 3 caractères, 3 manières d'anticiper ce qu'est cette expérience hors-normes.

Et si d'abord, Ramsay apparait comme manipulateur, les pages délivrent une autre vérité, celle de l'abnégation ou de l'absolue implication de Dawn, celle de Linda toute en jalousie, dépit et amertume...

C'est simplement fascinant (tant par les descriptions de la vie dans cette bulle, que dans l'analyse des psychologies, et surtout des egos) ça n'est jamais trop long, et le plus incroyable, c'est qu'on aimerait que TC Boyle nous en raconte un peu plus !

J'ai aimé tous les personnages "enfermés de leur plein gré", pour leurs faiblesses, leurs espoirs infinis, leur idéologie, j'ai évidemment détesté les initiateurs du projet, les manipulateurs façon gourou.

J'ai aimé le contexte de ce roman de l'enfermement, toutes les dérives qu'il exploite (manque de nourriture, de distraction, de sexe, d'ouverture sur autrui - à huit seulement dans une bulle pendant 2 ans, on doit effectivement avoir besoin de meilleure compagnie et les tensions s'exacerbent !!).

J'ai aimé Eve, le "grain de sable" qui, dans toute son innocence, fait tout basculer et remet les pendules à l'heure, révélant les vrais enjeux de cette expérience !

Un roman pas ordinaire mais que j'ai vraiment beaucoup aimé !!

Est-ce ainsi que les hommes jugent ? - Mathieu MENEGAUX

Editions Grasset
Parution : 2 mai 2018
234 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :

Une journée particulière. Gustavo, père de famille, directeur financier, doit effectuer une présentation importante devant l’état-major de sa multinationale. Des mois de préparation, un tournant pour sa carrière.
 
Au lieu de l’heure de gloire espérée, la police faire irruption à son domicile, à l’aube. Perquisition, accusation d’homicide volontaire, indices concordants, Gustavo va être placé en garde à vue et traité sans ménagement. Heures sombres, qui vont déstabiliser un cadre supérieur sans histoires et le conduire à redouter le pire pour son avenir.
 
Son épouse Sophie va mobiliser son réseau et son énergie pour démontrer l’innocence de son mari et préserver leurs deux garçons des conséquences dévastatrices de cette mise en cause.
 
Mais comment rétablir la balance de la justice dans un univers gouverné par l’émotion et la recherche immédiate d’un coupable  ?
 
Avec un style direct et tendu, Mathieu Menegaux nous livre un roman haletant, une plongée en apnée dans le monde de l’injustice.


Ce que j'en ai pensé :

 Tout concorde pour faire de Gustavo le coupable, les indices matériels sont là, l'intime conviction du commandant de police Michel Defils aussi. On tient enfin ce type blond, vêtu d'une veste en jean et conduisant une Renault Mégane, qui après avoir raté l'enlèvement de Claire Dalmas, tue son père en le renversant sur un parking de supermarché.
La machine policière est en route, et à mesure que les heures de garde-à-vue s'enchaînent et que Gustavo, abasourdi par la violence de la situation, s'apprête à avouer un crime qu'il n'a pas commis, un détail permet d'assurer son innocence et son alibi...

Sauf que...ce sont les réseaux sociaux qui prennent le relais, alimentés par les accusations de Claire Dalmas. Des réseaux qui accusent, hurlent, appellent  à la vengeance, au jugement, condamnent !

Quand le quidam lambda se substitue à la justice, quand les hommes réinventent le pouvoir du lynchage populaire, se font justice eux-même sans connaître le moindre détail de l'instruction...
Une plongée abyssale dans l'absolue horreur des vengeurs cachés derrière leurs écrans, une descente aux enfers qui n'épargne personne, un engrenage fatal, la parodie de jeux de cirque où la populace va décider de la vie du condamné, sans se préoccuper d'empathie ni de présomption d'innocence !

Lu en une toute petite matinée, et sous le charme, une fois encore de l'écriture directe et incisive, maniant la tension narrative de cet auteur que je vais suivre d'encore plus près !

Revenir à Palerme - Sébastien BERLENDIS

Editions Stock
Parution : 25 avril 2018
144 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :
« La nuit, chaque ruelle parcourue réveille un crépitement d’images. Le claquement des talons imprime dans ma tête le pouls de la ville. »

Huit ans plus tard, le temps d’un été, un homme retrouve la ville de Palerme. Il habite un ancien palais sur les hauteurs, une bâtisse appelée à disparaître. Une dernière fois, il va arpenter les rues, celles de la vieille ville surtout. Des marches le plus souvent nocturnes, de cafés en cafés, de corps en corps. Le souvenir de Délia remonte alors.



 Ce que j'en ai pensé :

Texte lancinant et poétique qui joue sur les souvenirs du narrateur, qui le fait se promener dans les ruelles de cette Sicile étouffée de chaleur...
Des souvenirs d'un autre temps, pas si éloigné, où il aimait Délia, disparue on ne sait comment. 
Des souvenirs de chairs enlacées, de sexe et de chaleur, de photographies et de lettres, de plage et de passegiata langoureuse.

Le roman est minuscule, bercé par la lumière de l'Italie, par la sensualité qu'il dégage...
Une parenthèse délicate à la prose ciselée, qui m'a toutefois paru un peu trop elliptique parfois.

Les mauvaises - Séverine CHEVALIER


Editions La Manufacture de Livres - Collection Territori
Parution : 8 février 2018
206 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :

Deux jeunes filles d’une quinzaine d’années et un petit garçon aiment à s’aventurer dans une forêt du Massif Central, au bord d’un lac qui vient d’être vidé. Autour d’eux, les adultes vaquent à leur existence, égarés, tous marqués de séquelles plus ou moins vives et irréversibles. Il y a les anciens, ceux qui sont nés ici, aux abords des volcans d’Auvergne. Il y a les moins anciens, il y a les très jeunes, puis ceux qui viennent d’ailleurs. Il y a aussi ceux qui sont partis, ont tout abandonné, et dont les traces subsistent dans les esprits. Une des deux jeunes filles est retrouvée morte, puis c’est sa dépouille à la morgue qui disparaît en pleine nuit…

Ce que j'en ai pensé :

Drôle de narration au rythme parfois saccadé, mais au verbe brillant !

Drôles de gamins aussi : Oé sans doute un peu autiste, Ouafa débrouillarde, et Micheline, dite Roberto, qui taille des pipes à son papi à cinq ans et à tout autre mâle alentour et qu'on retrouve, pendue au pont de chemin de fer avant que son cadavre pas tout à fait froid disparaisse en même temps que les 360 animaux  maltraités...

C'est raide et on retient son souffle ! Le papi pédophile agonise au fond du hangar, la mère de Micheline-Roberto a fait sa valise après avoir mis au monde sa fille, il y a des tombes déjà creusées "pour bientôt", des frustrations, un lac qui a englouti les restes d'un village, une gamine de 15 ans qui couche à tout-va.

Ça pourrait être très glauque. C'est souvent un peu bizarre, comme un peu décalé : la prose se fait poésie, très noire. On sent que les mots sont choisis, pesés, posés là comme dans une broderie avec des personnages entre ombre et lumière, fragiles et sensibles.

Je suis incapable de dire si j'ai aimé ou non, tant ce roman est particulier..Mais je ne peux que reconnaître le talent de l'auteur à bousculer le lecteur, à le pousser dans ses retranchements, à manier le verbe comme personne d'autre.

J'avais aimé Clouer l'ouest et déjà j'avais noté cette ambiance et cette écriture singulières.

Un océan Deux mers Trois continents - Wilfried N'SONDÉ

Editions Actes Sud
Parution : Janvier 2018
272 pages
Prix Kourouma 2018 
Prix France Bleu/Page des libraires 2018 
Prix des Lecteurs L'Express/BFMTV 2018


Ce qu'en dit l'éditeur :

Il s’appelle Nsaku Ne Vunda, il est né vers 1583 sur les rives du fleuve Kongo. Orphelin élevé dans le respect des ancêtres et des traditions, éduqué par les missionnaires, baptisé Dom Antonio Manuel le jour de son ordination, le voici, au tout début du XVIIe siècle, chargé par le roi des Bakongos de devenir son ambassadeur auprès du pape. En faisant ses adieux à son Kongo natal, le jeune prêtre ignore que le long voyage censé le mener à Rome va passer par le Nouveau Monde, et que le bateau sur lequel il s’apprête à embarquer est chargé d’esclaves…

Roman d’aventures et récit de formation
, Un océan, deux mers, trois continents plonge ce personnage méconnu de l’Histoire, véritable Candide africain armé d’une inépuisable compassion, dans une série de péripéties qui vont mettre à mal sa foi en Dieu et en l’homme. Tout d’ardeur poétique et de sincérité généreuse, Wilfried N’Sondé signe un ébouriffant plaidoyer pour la tolérance qui exalte les nécessaires vertus de l’égalité, de la fraternité et de l’espérance.

Buste de Dom Antonio-Manuel (Nsaku Ne Vunda)
 dans la Basilique Sainte-Marie Majeure (Santa Maria Maggiore) à Rome

Ce que j'en ai pensé :

Du Congo natif aux vagues déchainées de l'Océan Atlantique, puis du Brésil vers l'Europe ; des légendes et croyances africaines à la religion catholique, Wilfried N'Songé raconte le périple peu ordinaire d'un jeune orphelin africain, touché par la foi, vers un monde où la cruauté et l'appât du gain pervertissent l'homme.  

Une plongée étourdissante dans le commerce des esclaves, dans les bas-fonds de l'âme humaine, contre-balancée par une compassion sans limite et un regard effaré et impuissant face à l'horreur.

Une histoire d'amitié aussi, par-delà les écueils et les conventions, avec Martin, jeune mousse embarqué à Nantes et qui devient le confident, l'ami, la béquille.

Voila un roman qui ne laisse pas de glace, d'abord pour sa narration travaillée, impeccable, son beau verbe (comme les francophones savent lui rendre hommage), son rythme à la fois délié et puissant, tout en images, et ensuite pour les questions qu'il amène : le rôle de l'Afrique et des clans dans la traite des noirs, la séparation des castes (les puissants, les assujettis - les marins n'étant qu'à peine mieux lotis que les esclaves)...

Une lecture indispensable qui prend une résonance particulière dans notre monde où les migrations de population prennent souvent l'aspect d'un fléau...

Une ombre au tableau - Myriam CHIROUSSE

Editions Buchet-Chastel
Parution : 5 avril 2018
192 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :

« Une obscurité nacrée baignait le parc, lui conférant un aspect inquiétant et mystérieux, plus authentique aussi, comme si la nuit avait le pouvoir de révéler le vrai visage des choses. La pelouse avait le bleu foncé des mers australes et tout le reste était noir, les grands pins, les bosquets, les haies. Noir aussi le prunier en fleurs du printemps, dont tous les fruits avaient été mangés par les oiseaux et les vers. Seule la margelle de la piscine traçait dans l’ombre un ovale lactescent, au milieu duquel l’eau étalait son vif-argent. »

La Côte d’Azur. Ses villas de luxe et ses piscines.

Quand Greg Delgado, employé de banque, visite la maison de ses rêves, il décide de ne pas dire à sa femme, Mélissa, qu’un enfant s’est noyé dans la piscine. Le couple emménage. Mélissa est-elle dupe ? N’a-t-elle pas aussi certaines choses à cacher ?

Dans la chaleur caniculaire, chacun cherche son intérêt et son plaisir...

Ce que j'en ai pensé :

La tension monte, page après page. Elle repose sur une ambiance particulière, dans la canicule de cet été cannois qui n'offrira en fin d'été qu'incendies et désolation, et sur les non-dits et les pseudos secrets qui minent les relations, les font basculer du côté du dépit et les rapprochent inexorablement de la rupture.

La narration restitue à merveille cette pesanteur de l'été, quand pas un brin d'air ne passe, quand l'orage couve et que les drames surviennent.
Parce que tout est drame dans ce roman qui parfois flirte avec le polar, instillant son climat crispé, étouffant. Un enfant mort dans une piscine, des idées d'adultère, de transgression, un brin de climat "mafieux" et des amours surgies du passé. 

Tout est signe pour Mélissa, hyper sensible, tout peut devenir le catalyseur d'un malaise ou d'une angoisse : une statuette brisée, un baiser volé ou l'ombre d'une vieille femme puissante.

J'ai beaucoup aimé ce roman, pour son ambiance d'abord, de plus en plus délétère, pour la montée en tension, pour les portraits dessinés (j'y ai reconnu les traits de certaines personnes que j'ai pu côtoyer) et si je n'avais pas été si pressée de le lire, j'aurais sans doute plus apprécier de le lire au bord de la piscine cet été.

Je vais essayer de trouver Sangliers, le roman que Myriam Chirousse a publié en 2016. J'ai aimé l'écriture et le ton de l'auteur, et j'espère que ça me séduira autant !

Une famille très française - Maëlle GUILLAUD

Editions Héloïse d'Ormesson
Parution : 12 avril 2018
208 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :

Charlotte a toujours été fière de ses parents, mais lorsqu’elle rencontre ceux de Jane, leur élégance et leur réussite l’éblouissent. La silhouette élancée et la blondeur vaporeuse de sa meilleure amie tranchent à côté de ses rondeurs généreuses et de ses boucles brunes. Peu à peu, Charlotte se met à avoir honte de l’exubérance de sa mère, de l’humour de son père, de ses origines… Et si le raffinement des Duchesnais n’était qu’un trompe-l’œil, et cette famille moins parfaite qu’elle n’y paraît ?
Avec justesse et subtilité, Maëlle Guillaud soulève l’épineuse question de l’identité à travers les yeux d’une adolescente face à ses contradictions.
Une famille très française est un roman d’apprentissage qui loue la richesse d’être soi, tout simplement, avec son histoire et ses singularités.

Ce que j'en ai pensé :

Elle a une jolie plume, Maëlle Guillaud ! Et elle restitue finement les atermoiements de l'adolescence, quand on se cherche un modèle, et si possible en dehors de sa propre famille ! 

C'est ainsi qu'est Charlotte, dont la grand-mère maternelle est juive séfarade et marocaine, et le père toubib catholique, qui lorgne sur cette famille bourgeoise, très franco-française, "bien comme il faut".

Une famille parfaite en apparence mais qui cache des secrets.

Un roman agréable qui explore les questions d'identité et d'héritage (à quelle famille appartient-on ? Peut-on vraiment s'éloigner de ses racines, les renier ?), de la construction de soi et de sa propre projection dans la société (à quel groupe souhaite-t-on ressembler, s'assimiler ?).

Un roman d'apprentissage en quelque sorte, qui raconte la relation de Charlotte avec les siens et avec le monde qui l'entoure, qui joue aussi des ambiguïtés, des ambivalences.

Mais...un roman qui m'a semblé un peu brouillon, malgré tout ! J'ai pourtant beaucoup aimé la relation de Charlotte avec sa grand-mère, j'ai aimé le style et la façon qu'a eu l'auteur d'explorer les sentiments de cette jeune fille.
Il m'a manqué un je-ne-sais-quoi pour être vraiment conquise ! Dommage.

Passage des ombres - Arnaldur INDRISASON


Editions Métailié
Parution : 3 mai 2018
Titre original : Skuggasund
Traduction : Eric Boury
304 pages 


Ce que dit l'éditeur :

Un vieil homme solitaire est retrouvé mort dans son lit. Il semble avoir été étouffé sous son oreiller. Dans ses tiroirs, des coupures de presse sur la découverte du corps d’une jeune couturière dans le passage des Ombres en 1944, pendant l’occupation américaine.
Pourquoi cet ancien crime refait-il surface après tout ce temps ? La police a-t-elle arrêté un innocent ?
Soixante ans plus tard, l’ex-inspecteur Konrad décide de mener une double enquête. Jumeau littéraire d’Erlendur, il a grandi en ville, dans ce quartier des Ombres si mal famé, avec un père escroc, vraie brute et faux spirite. Il découvre que l’Islande de la « situation » n’est pas tendre avec les jeunes filles, trompées, abusées, abandonnées, à qui on souffle parfois, une fois l’affaire consommée, « tu diras que c’était les elfes ».

Un polar prenant qui mêle avec brio deux époques et deux enquêtes dans un vertigineux jeu de miroirs. Où l’on découvre que les elfes n’ont peut-être pas tous les torts et que les fééries islandaises ont bon dos…

Ce que j'en ai pensé :

Dernier tome de la "Trilogie des ombres", cet opus en est sans doute le meilleur, parce que, selon moi, il ressemble le plus à ce qu'écrivait Arnaldur Indridason dans les enquêtes d'Erlendur. On retrouve avec le plus grand plaisir l'ambiance particulière de l'Islande pendant la Seconde Guerre Mondiale (et la "situation", les islandaises séduites par les américains) et cette manière particulière de mener l'enquête, sans soubresauts.

Il y a là le charme du temps qui passe et qui n'efface pas toutes les blessures, un cold-case qui ressurgit et fait remonter à la surface d'étranges souvenirs, des regrets. L'ex-inspecteur Konrad, confronté à son passé, à sa "honte" (son père est un escroc qui s'est joué de la crédulité des autres via la médiumnité), s'implique plus que de raison dans un fait divers qui a eu lieu en 1944 à Reykjavik.

L'intrigue est pourtant "moderne", elle évoque le patriarcat, le poids de la honte, la concupiscence des hommes et souvent leur effroyable lâcheté, elle dessine en creux la condition féminine (Rosamunda qui rêvait de s'affranchir en devenant couturière, les filles séduites par les soldats et souvent honteuses de l'avoir été..) et le rôle des croyances populaires dans la vie quotidienne des islandais.
 

Débâcle - Lize SPIT

Editions Actes Sud
Parution : février 2018
Titre original : Het smelt
Traduction : Emmanuelle Tardif
432 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :

À Bovenmeer, un petit village flamand, seuls trois bébés sont nés en 1988 : Laurens, Pim et Eva. Enfants, les “trois mous­quetaires” sont inséparables, mais à l’adolescence leurs rap­ports, insidieusement, se fissurent. Un été de canicule, les deux garçons conçoivent un plan : faire se déshabiller devant eux, et plus si possible, les plus jolies filles du village. Pour cela, ils imaginent un stratagème : la candidate devra résoudre une énigme en posant des questions ; à chaque erreur, il lui faudra enlever un vêtement. Eva doit fournir l’énigme et ser­vir d’arbitre si elle veut rester dans la bande. Elle accepte, sans savoir encore que cet “été meurtrier” la marquera à jamais. Treize ans plus tard, devenue adulte, Eva retourne pour la première fois dans son village natal. Cette fois, c’est elle qui a un plan…

Véritable coup de tonnerre dans le paysage littéraire aux Pays-Bas et en Belgique, immense succès de librairie qui a valu à son auteur les plus grands éloges, Débâcle est un roman choc, servi par une écriture hyperréaliste et intransigeante. Une expérience de lecture inoubliable.


Ce que j'en ai pensé :

Het smelt (le titre du livre) signifie "ça fond"...Peut-être que ça aurait été plus approprié au vu de la conclusion de ce drôle de premier roman, un peu noir, mais auquel j'ai trouvé plein de défauts. 

Si le style, assez incisif, m'a plu, je me suis désolée de trouver tant de longueurs à ce livre ! Ça traînasse, ça discutaille, ça se remémore de lointains souvenirs d'enfance qui tous n'interviendront pas dans la conclusion du roman. Il y a sûrement 150 pages en trop !

Pourtant, les personnages sont intéressants : de la narratrice, Eva, à ses amis adolescents, de Tessie, anorexique et bourrée de tics, aux adultes, parents alcooliques, institutrice lesbienne, tous sont intéressants, finement détaillés dans leurs caractères et leurs habitudes.
Leurs interactions distillent peu à peu une ambiance sordide, qui épaissit à mesure que se tournent les pages. On plonge dans le monde tourmenté de l'adolescence, des expériences un peu "limite" voire franchement glauques, juste sur le fil. Il offre également une vision assez saisissante de la vie dans les villages flamands à l'aube de l'an 2000.

Mais, si j'ai lu ce roman jusqu'au bout pour connaître la solution de l'énigme proposée par les "trois mousquetaires" aux filles choisies pour exalter leur libido, si la punition infligée à Eva m'a interloquée, je n'ai pas du tout aimé la fin !

Il m'a clairement manqué quelque chose de plus fort, de plus "cruel" et ça m'a donné (sans rien révéler de la scène finale) un certain goût d'inachevé et d'injustice... 

Marie-Claude l'a plus apprécié que moi !

Salut à toi, ô mon frère - Marin LEDUN

Editions Gallimard - Collection Série Noire
Parution : 3 mai 2018
288 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

La grouillante et fantasque tribu Mabille-Pons : Charles, clerc de notaire pacifiste, Adélaïde, infirmière anarchiste et excentrique, les enfants libres et grands, trois adoptés. Le quotidien comme la bourrasque d'une fantaisie bien peu militaire. 

Jusqu'à ce 20 mars 2017, premier jour du printemps, où le petit dernier manque à l'appel. Gus, l'incurable gentil, le bouc émissaire professionnel, a disparu et se retrouve accusé du braquage d'un bureau de tabac, mettant Tournon en émoi. Branle-bas de combat de la smala! Il faut faire grappe, retrouver Gus, fourbir les armes des faibles, défaire le racisme ordinaire de la petite ville bien mal pensante, lutter pour le droit au désordre, mobiliser pour l'innocenter, lui ô notre frère. 

Ce que j'en ai pensé :

Ça vous est déjà arrivé de rire en lisant un roman policier ? voire de vous gondoler franchement ? (Qui a déjà vu un flic aux yeux vert-pêche ?)

Parce que si ça n'est pas le cas, adoptez le dernier livre de Marin Ledun ; ça fuse dans tous les sens, ça chahute les neurones en distillant des références littéraires et cinématographiques (de Kill-Bill aux films de Kusturica, en passant par Matrix ou les films avec Bruce Willis), ça valdingue joyeusement dans une famille complétement déjantée, bref, ça vaut de détour !

Les dialogues sont foutraques, les personnages parfois au bord de la caricature (genre grand-n'importe-quoi, mais on pense à la famille Malaussène de Pennac) mais attachants au possible (Rose, la narratrice vaut son pesant de cacahouètes : khâgneuse portée sur le heavy metal !).

Et même si le scénario est un peu (franchement !) léger, il donne à l'auteur l'occasion d'esquisser en creux les problèmes de société : racisme, intolérance, beaufitude franchouillarde, violence, réseaux sociaux, etc... Bref, c'est drôle mais ça n'épargne personne, et rien que pour ça...

J'ai été épatée par la capacité de l'auteur à écrire d'une façon si différente, d'un roman à l'autre, comme un gars qui garde toujours une cartouche de secours !

A lire en écoutant Les Béruriers Noirs, évidemment ! (que de souvenirs, pffff !! M. Ledun, sur ce coup-là, ben, chapeau bas !!! NB comme auparavant !)

Dr Knox - Peter SPIEGELMAN

Editions Rivages
Parution : 2 mai 2018
Traduction : Fabienne Duvigneau
440 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

Le Dr. Knox a fait profession de soigner les pauvres à Los Angeles. Son dispensaire, situé dans Skid Row - le quartier qui abrite le plus grand nombre de SDF aux Etats-Unis -, ne lui assure pas des revenus suffisants pour boucler ses fins de mois. Raison pour laquelle il ne recule pas devant les "missions", parfaitement illégales, que lui procure son ami Sutter, ex-soldat d'élite : des visites à domicile confidentielles chez des people en situation délicate.
Un jour, le médecin trouve dans sa salle d'attente une jeune étrangère et son enfant malade. Lorsqu'il revient après avoir soigné le petit garçon, la mère a disparu. Knox se met alors à la recherche de la jeune femme. Une enquête en forme de croisade contre les riches et les puissants de la ville... 

 
 Skid Row - Los Angeles - USA

Ce que j'en ai pensé :

Voila un bouquin qui a failli m'arracher un cri de rage dès la première page ("Sa PAUME d'Adam tressautait...", sérieux ??? la paume ou la pomme ?) et qui, passé ce sursaut m'a plu, beaucoup !

Parce que Knox est un anti-héros, le genre de mec sur qui on ne miserait pas un kopeck (et les russes à ses trousses auraient été de mon avis !), le genre un peu faiblard pas terrible pas courageux. En apparence !
Sauf quand Elena, jeune roumaine, débarque dans son cabinet médical (il soigne les paumés de la Skid Row) avec son gamin qui fait un choc anaphylactique.  
Le début des emmerdements ! Et pas des moindres, puisqu'entre le souteneur de ladite Elena et une famille richissime de L.A., il va naviguer en eaux troubles, heureusement assisté de Sutter, l'indéfectible ami et ancien SEAL.

Même si ce polar parait de facture assez classique, il est aussi assez habilement travaillé pour retenir l'attention et son "non-héros" toubib, aux casseroles bien résonnantes, est un excellent personnage !  Sa psyché est bien exploitée, les zones d'ombre suffisamment évoquées pour qu'on éprouve, à la lecture de cette première aventure, une réelle empathie.
S'ajoute le contraste saisissant entre les privilégiés de la côte ouest des USA (côte en Bourse, relations et golf) et les laissés-pour-compte de l'Amérique...

Merci à Virginie des Editions Rivages pour cette lecture surprenante et fort plaisante ! Le Dr Knox est un héros à suivre ;o)

Toscane - Vincent OLLIVIER

Editions Flammarion - Hors collection
Parution : 2 mai 2018
336 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

Trois coups de feu déchirent le silence estival d’une villégiature équestre en Toscane. Des meurtres au sein de cette petite société policée que seule une passion commune pour l’équitation semblait rassembler? En remontant l’histoire, on découvrira les fils qui relient un couple d’Anglais fortunés et un cynique banquier d’affaires à deux militaires américains en mission en Afghanistan : adultère, détournement d’argent et trafic d’armes. Ce petit monde s’anime et révèle alors un autre visage : celui de riches occupés à s’enrichir davantage, et cachant mal, sous des dehors de grande réussite, l’échec de leur existence.

Toscane est un roman sous haute tension qui met brillamment en scène, le temps d’un été, une petite communauté en plein délitement. Vincent Ollivier, avec mordant et humour, sonde les recoins les plus sombres de ses personnages et, ce faisant, nous livre un roman très contemporain sur l’argent.


Ce que j'en ai pensé :

Un agroturismo en Toscane, des chevaux, quelques tensions exacerbées, du pognon (plutôt beaucoup), des intérêts, des envies sexuelles.
De l'autre côté, l'Afghanistan, des combattants anglais, plus ou moins (certainement beaucoup moins !!) malins.
Entre les deux, des textos.
Et une situation qui bascule, vers l'irrémédiable : 3 corps sans vie, arme à feu.
Qui est coupable de quoi ?

Un roman brillant, c'est assez rare pour être souligné, d'autant plus pour un "premier roman" !! 
Un roman qui tourne assez vite au polar. 
Alors que tout tourne autour de la psyché des personnages, leurs espoirs et leurs névroses, leurs petites manigances ou leurs gros trafics ! Le tout dans une ambiance solaire, qui, l'air de rien, sous le soleil de Toscane, accentue les caractères, dans une tension permanente, obsédante.

Une ambiance bien glauque, à défaut d'être absolument noire, mais qui distille les petites magouilles de chacun comme un poison diffus : la nana qui rêve d'une vie de star, le frenchie qui observe, les bidasses en mission, l'informaticien qui a cru être plus malin mais transpire la peur..Des personnages taillés au cordeau, exploités jusqu'aux tréfonds de leurs âmes, intelligemment, finement.

La narration est travaillée, fluide, plutôt addictive ! Bien que j'ai deviné assez vite les interactions entre les personnages et leur rôle, j'ai trouvé l'ensemble très réussi et je me suis laissée porter ! 

Une parfaite réussite, portée par un style maitrisé, déjà fort pour un premier roman !

Goodbye, Loretta - Shawn VESTAL

Editions Albin Michel  - Collection Terres d'Amérique
Parution : 28 mars 2018
Titre original : Daredevils
Traduction : Olivier Colette
352 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

Short Creek, Arizona, 1974. Loretta, quinze ans, vit au sein d’une communauté de mormons fondamentalistes et polygames. Le jour, elle se plie à l’austérité des siens, la nuit, elle fait le mur et retrouve son petit ami. Pour mettre un terme à ses escapades nocturnes, ses parents la marient de force à Dean Harder, qui a trente ans de plus qu’elle, une première femme et déjà sept enfants…
Loretta se glisse tant bien que mal dans son rôle d’ « épouse-sœur », mais continue à rêver d’une autre vie, qu’elle ne connaît qu’à travers les magazines. La chance se présente finalement sous les traits de Jason, le neveu de Dean, fan de Led Zeppelin et du
Seigneur des anneaux, qui voue un culte au cascadeur Evel Knievel. C’est le début d’une aventure mémorable aux allures de road trip vers la liberté qui va vite se heurter à la réalité...
Un superbe roman, profond et drôle à la fois, qui nous plonge au cœur de la mythologie de l’Ouest américain, tant sacrée que profane. 
Evel (Robert Craig) Knievel (1938-2007)

Ce que j'en ai pensé :

Elle en a ras-le-bol, Loretta,  de cette vie en Arizona, de ces mormons qui régentent sa vie, l'obligent à se marier avec un vieux (qui a déjà convolé en premières noces !). Elle voudrait juste du gloss qui brille et une voiture rose !

1975, l'Amérique peine à sortir de la guerre de la Vietnam, et Loretta rêve d'une autre vie, de fuir, peu importe avec qui, que ce soit Bradshaw, Jason ou son pote Boyd, ou encore Evel Knievel, ce cinglé qui a fabriqué sa fusée et manque de mourir à chaque fois qu'il la lance !

Son road-trip ne commence qu'aux deux-tiers du roman, quand Loretta elle-même semble y avoir renoncé, et, il manque singulièrement de rythme ! Les jeunes fuyards (Loretta, Jason et Boyd), pourchassés par Bradshaw et par Dean, échouent dans un motel où les tensions entre eux s'exacerbent. Une aventure qui tourne court, une fuite peu rocambolesque et la rencontre avec le fameux Knievel qui cristallise ce qui oppose les mormons au reste des américains (sexe, alcool, exubérance).
Alors que tout au long du roman, on se demande ce que vient faire ce "héros" de la culture US (c'est lui le "Daredevil" qui donne son nom au roman), on comprend mieux au fil des dernières pages comment il a pu être le lien entre les personnages et leur désir de fuite, ce qu'il a pu représenter de la modernité de l'Amérique (et de sa décadence aux yeux des mormons).

Un bon roman, aux personnages complexes, mais qui s'étire un peu en longueur ; une image de l'Amérique dans toutes ses contradictions, un portrait intelligent des minorités mormones mais aussi de l'adolescence et de ses espoirs, de ses ambiguïtés.

Signe de vie - José RODRIGUES DOS SANTOS

Editions HC
Parution : 3 mai 2018
Titre original : Sinal de Vida
Traduction : Adelino Pereira
704 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :

La NASA prépare d’urgence une mission spéciale internationale pour aller à la rencontre du vaisseau inconnu. Tomás Noronha, le célèbre cryptanalyste, est recruté pour faire partie de l’équipe d’astronautes.
Ainsi commence une histoire à couper le souffle qui nous entraîne au cœur du plus grand mystère de l’univers.
Avec Signe de vie, J.R. dos Santos revient à son domaine de prédilection : la science.
Après
La Formule de Dieu, il démontre à nouveau son extraordinaire capacité à disséquer un sujet difficile et exigeant pour le rendre accessible à tous et rétablir la vérité simple et incontestable.
Si les scientifiques et les gouvernements pensent que le grand public n’est pas prêt à entendre ce qu’ils savent vraiment sur la vie extra-terrestre, Dos Santos a décidé de nous l’expliquer à travers un thriller saisissant.

Ce que j'en ai pensé :

J'avais beaucoup aimé La formule de Dieu (non chroniqué sur le blog) et Codex 632, le secret de Christophe Collomb , passionnants mais très fouillés (trop ?) scientifiquement. Ce nouvel opus a les mêmes défauts et les mêmes qualités que les précédents, et il aligne plus de 700 pages ! 

Pour autant, pour quelqu'un comme moi, absolument fermée aux mathématiques et à la science, franchement cartésienne, ça reste un roman fascinant et addictif ! Parce que ça reste accessible et que l'auteur est un excellent pédagogue dont le style est plaisant et fluide !

On retrouve avec le même plaisir Tomas Noronha le cryptologue, prêt à se marier, mais obligé à rejoindre un campus spatial américain pour préparer une mission peu ordinaire : rencontrer un vaisseau inconnu (dénommé Phanès) venu de l'espace, possiblement envoyé par des extra-terrestres qui émettent un signal et dont on ne connait pas les intentions. 

Un thriller qui interroge sur les origines de la vie, sur la notion du divin dans la création, sur l'évolution des espèces mais qui retrace aussi les conditions humaines de la conquête spatiale, les doutes des scientifiques.  
Si certains passages peuvent paraître parfois longuets (quand ils abordent des théories scientifiques), ça reste plaisant à lire, parfois amusant et ça a le mérite de se distinguer par la haute qualité de la réflexion engagée d'autres polars dans ce style qui ne font qu'effleurer les choses (je pense à Dan Brown où le discours est souvent creux et n'approfondit aucune des idées évoquées). 
Finalement, je sors de ce roman assez admirative des savoirs collectés et restitués par l'auteur (même si ça confirme, ah ah ah ! que la science et moi ça reste improbable !).



Merci à Babelio et aux éditions HC pour leur confiance et pour cette lecture enrichissante !