19 janvier 2018

Cirque mort - Gilles SEBHAN

Editions Rouergue Noir
Parution : 3 janvier 2018
160 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

Est-ce que Théo est avec toi ? Pour le lieutenant Dapper, le malheur a commencé avec ces mots-là, ce jeudi noir où sa femme l’a appelé parce que leur fils n’était pas rentré à la maison, après la classe. Il enquêtait alors sur la disparition de deux garçons. Peu de temps avant, un événement avait horrifié les habitants de la petite ville : tous les animaux d’un cirque installé pour Noël avaient été décimés à la hache.
Depuis que Théo n’est pas rentré, depuis tout un hiver, Dapper, dessaisi de l’enquête, ne parvient pas à se résigner. Parce qu’un enfant disparu n’est jamais un enfant mort. Alors, puisqu’il n’a rien d’autre, il décide de suivre la piste que lui offre une lettre anonyme. Elle mène au centre hospitalier où sont accueillis de jeunes psychotiques. Dans ce lieu étrange, un adolescent, Ilyas, prétend avoir été l’ami de Théo. Dapper reprend espoir, puis comprend qu’il ne savait pas tout de son fils. Et comment en parler à sa femme, dire :
J’ai rencontré un garçon qui a des visions et j’ai foi en lui ?
Dans ce roman singulier et oppressant, Gilles Sebhan nous emporte sur les pas d’un homme dont peu à peu l’enveloppe se déchire. Dapper est prêt à tout pour retrouver son enfant, y compris à ne plus incarner la raison et la loi comme il a accepté de le faire quinze ans durant.

Ce que j'en ai pensé :

Il suffit à un homme de devenir la victime pour basculer du côté obscur des choses, passer de flic ordinaire, soucieux de la loi, à bête blessée qui laisse son animalité surgir.

Il suffit d'un massacre à la hache, d'enfants traumatisés par le spectacle d'animaux de cirque éventrés, d'enfants enlevés, et d'un hôpital psy un peu particulier, pour donner corps à une intrigue où insidieusement le malaise croît. 

Il suffit de 160 pages pour planter un décor sordide, plonger le lecteur au coeur d'une ville plombée par le malheur. 

Drôle de polar. Rudement bien écrit, rugueux. Un peu borderline comme ce toubib psy utopiste qui rêve d'un monde infiltré par ces enfants fous qu'il protège, comme ce gosse complice de son enlèvement, comme Ilyas et ses visions, Ilyas et ses meurtres.

Super bizarre mais super bien !

1 commentaire:

  1. T'as le don d'éveiller la curiosité. Bizarre et super bien: ces mots me parlent!

    Je vois si je peux le trouver pour le feuilleter avant.

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