22 janvier 2018

LaRose - Louise ERDRICH

Editions Albin Michel 
Parution : 17 janvier 2018
Traduction : Isabelle Reinharez
528 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

 Dakota du Nord, 1999. Un vent glacial souffle sur la plaine et le ciel, d’un gris acier, recouvre les champs nus d’un linceul. Ici, des coutumes immémoriales marquent le passage des saisons, et c’est la chasse au cerf qui annonce l’entrée dans l’automne. Landreaux Iron, un Indien Ojibwé, est impatient d’honorer la tradition. Sûr de son coup, il vise et tire. Et tandis que l’animal continue de courir sous ses yeux, un enfant s’effondre. Dusty, le fils de son ami et voisin Peter Ravich, avait cinq ans.

Ainsi débute le nouveau roman de Louise Erdrich, couronné par le National Book Critics Circle Award, qui vient clore de façon magistrale le cycle initié avec
La Malédiction des colombes et Dans le silence du vent. L’auteur continue d’y explorer le poids du passé, de l’héritage culturel, et la notion de justice. Car pour réparer son geste, Landreaux choisira d’observer une ancienne coutume en vertu de laquelle il doit donner LaRose, son plus jeune fils, aux parents en deuil. Une terrible décision dont Louise Erdrich, mêlant passé et présent, imagine avec brio les multiples conséquences.

 

Ce que j'en ai pensé :
Vous voulez entendre les esprits des anciens vous conter leur histoire ? Celle de Mirage Fleur LaRose, première de la lignée, courageuse et inventive, morte de tuberculose, celle de sa fille et de sa fille après elle encore, et celle de LaRose, ce petit gamin de 6 ans que ses parents, en vertu d'une vieille tradition indienne, offrent à une autre famille en réparation du drame qui les a endeuillés ?

Au-delà de cette incroyable généalogie familiale, l'auteur nous plonge au cœur des traditions amérindiennes, raconte leur intégration difficile parmi les blancs (les pensionnats où étaient acculturés de force les enfants indiens), leur décalage avec la société américaine WASP et leurs addictions (alcool et médicaments), leur aspiration à cultiver la mémoire d'un peuple.

C'est un roman dense, souvent émouvant, qui dessine en creux le portrait d'une société parfois en marge mais dont les valeurs demeurent fortes et construisent des individualités assez atypiques et souvent vulnérables.
 J'ai beaucoup aimé le personnage de Maggie, gamine insolente et décidée, mais aussi celui de Peter, son père, déchiré par le drame de la mort accidentelle de son fils et pourtant si mal à l'aise avec l'adoption forcée de son neveu LaRose, son désarroi devant la détresse de sa femme.

Une belle réussite !

8 commentaires:

  1. Je l'attends impatiemment. En tout cas, ça promet! Un Endrich très à la hauteur, d'après ce que tu en dis!

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    1. Il m'a beaucoup plu et je parie que tu vas aimer aussi !

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  2. Ta chronique rejoint la mienne ! (en ligne enfin ! panne d'internet chez moi, enfin récupéré hier soir...) j'ai adoré ce roman et la profondeur et l'humanité des personnages. j'en dis plus sur mon blog mais ravie de voir qu'elle remporte l'unanimité !

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    1. Je ne suis pas familière de Louise Erdrich (ce n'est que mon 2ème) mais j'aime beaucoup ! Je file lire ta chronique ;o)

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  3. Je n'en suis qu'à la moitié mais je sais déjà que ma conclusion sera semblable à la tienne.

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    1. J'irai te lire ensuite ! C'est vrai que c'est un excellent roman !

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  4. Une de mes prochaines lectures... Ton article me donne très envie de découvrir ce roman! J'avais rencontré l'auteur au salon du livre de Paris l'an dernier.

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    1. Je ne connaissais pas cette romancière, mais je crois bien que je pourrais être fan ! Un roman très réussi !!

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