28 janvier 2018

Et soudain la liberté - Caroline LAURENT

Editions Les Escales
Parution : 31 août 2017
448 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

Mona Desforêt a pour elle la grâce et la jeunesse des fées. En Indochine, elle attire tous les regards. Mais entre les camps japonais, les infamies, la montée du Viet Minh, le pays brûle. Avec sa fille Lucie et son haut-fonctionnaire de mari, un maurrassien marqué par son engagement pétainiste, elle fuit en Nouvelle-Calédonie.
À Nouméa, les journées sont rythmées par la monotonie, le racisme ordinaire et les baignades dans le lagon. Lucie grandit ; Mona bovaryse. Jusqu'au jour où elle lit
Le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir. C'est la naissance d'une conscience, le début de la liberté.
De retour en France, divorcée et indépendante, Mona entraîne sa fille dans ses combats féministes : droit à l'avortement et à la libération sexuelle, égalité entre les hommes et les femmes. À cela s'ajoute la lutte pour la libération nationale des peuples. Dès lors, Lucie n'a qu'un rêve : partir à Cuba. Elle ne sait pas encore qu'elle y fera la rencontre d'un certain Fidel Castro...

Et soudain, la liberté, c'est aussi l'histoire d'un roman qui s'écrit dans le silence, tâtonne parfois, affronte le vide. Le portrait d'une rencontre entre Evelyne Pisier et son éditrice, Caroline Laurent – un coup de foudre amical, plus fou que la fiction. Tout aurait pu s'arrêter en février 2017, au décès d'Evelyne. Rien ne s'arrêtera : par-delà la mort, une promesse les unit.

Evelyne Pisier et Fidel Castro


Ce que j'en ai pensé :

Déçue. J'ai lu des dizaines de commentaires enthousiastes sur cet ouvrage et pourtant, avec moi, ça n'a pas fonctionné tout à fait.

Comment le qualifier d'ailleurs ?
Il ne s'agit pas d'un roman, ni tout à fait d'une autofiction, ni complètement d'une autobiographie, mais d'un mélange de tout cela, et c'est un peu déstabilisant. Ecrit à quatre mains, puisque Caroline Laurent, éditrice, a "corrigé" le roman écrit par Evelyne Pisier qui ne le trouvait pas assez romancé, pas assez romanesque. Elle intervient d'ailleurs entre deux chapitres pour donner des explications, raconter son lien privilégié avec Evelyne Pisier lors de ce travail puis sa tristesse à l'annonce de son décès. Elle explique avoir inventé le personnage de Marthe, la bibliothécaire féministe et lesbienne de Nouméa, et indique que Marie-France Pisier, la soeur d'Evelyne, a été volontairement éludée.  Les prénoms sont changés, mais on nous les "traduit" pour resituer le contexte...
Etrange !

D'autant que sans ces défauts, sans ces interventions de Caroline Laurent (qui auraient pu faire l'objet d'un épais prologue ou d'une postface), le récit est passionnant ! 

En effet, il déroule le cheminement vers la liberté des femmes, leur long combat contre le patriarcat et leur féodalité conjugale, il retrace tant les luttes féministes pour le droit à la contraception et à l'avortement que les révolutions politiques qui agitent l'après-guerre (Indochine, Algérie, Cuba) et dessine un beau portrait de femme, Mona, qui rejette peu à peu tous les conformismes de l'époque.

Dommage que la forme perturbe un peu le fond.

4 commentaires:

  1. Il tourne beaucoup, ce roman...
    Encore une déception...
    Ce sera sans moi!

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    1. Les avis commencent à se nuancer après la vague d'enthousiasme..

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  2. J'ai aimé mais je n'ai pas eu un coup de coeur - moi, c'est l'absence de Marie-France et les digressions de Caroline Laurent qui m'ont perturbées, par contre j'ai adoré suivre le parcours des ces femmes indépendantes - à leur époque, tout était à faire (mais bon en réfléchissant ce n'est pas si loin...)

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