2 février 2018

L'essence du mal - Luca D'ANDREA

Editions Denoël - Collection Sueurs froides
Parution : 26 octobre 2017
Titre original : La sostanza del male
Traduction : Anaïs Bouteille-Bokobza
464 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

En 1985, dans les montagnes hostiles du Tyrol du Sud, trois jeunes gens sont retrouvés morts dans la forêt de Bletterbach. Ils ont été littéralement broyés pendant une tempête, leurs corps tellement mutilés que la police n’a pu déterminer à l’époque si le massacre était l'œuvre d’un humain ou d’un animal.
Cette forêt est depuis la nuit des temps le théâtre de terribles histoires, transmises de génération en génération.

Trente ans plus tard, Jeremiah Salinger, réalisateur américain de documentaires marié à une femme de la région, entend parler de ce drame et décide de partir à la recherche de la vérité. À Siebenhoch, petite ville des Dolomites où le couple s’est installé, les habitants font tout – parfois de manière menaçante – pour qu’il renonce à son enquête. Comme si, à Bletterbach, une force meurtrière qu’on pensait disparue s’était réveillée. 


Ce que j'en ai pensé :

Un réalisateur américain au repos forcé dans  un coin paumé des Dolomites, en proie à des angoisses irrépressibles depuis que, coincé dans une faille, il a assisté à la chute d'un hélico avec tous ses passagers à bord.

Une vieille histoire de massacre, non résolue, qui ressurgit.

Des habitants hostiles, secrets, du genre à planquer des photos de la scène du crime au grenier, des témoins devenus alcooliques ou morts.

Et un ton narratif où l'humour est prégnant, et où les "rebondissements" ne donnent pas l'impression qu'on essaie d'accrocher le lecteur, où le style ricoche de jeux de lettres en scènes macabres, de moments doux en crises dépressives ! C'est enlevé, parfois joyeux, c'est aussi incroyablement addictif. Même si la narration est relativement dépouillée, le style est accrocheur et intense.

Non content de nous fasciner par un cold case, l'auteur évoque les traditions de ce coin du Haut-Adige, brosse des personnages empathiques (oui, oui, le tueur y compris !), parle un peu paléontologie et géologie, nous embarque en pleine tempête de neige (la montagne est omniprésente) et surtout, déroule le thème de l'obsession, amoureuse, psychotique, meurtrière.

De quoi tirer un bon film ! et attendre avec impatience le prochain thriller de l'auteur qui signe ici un premier essai de maitre ! 

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