Editions Liana LEVI
Parution : 4 janvier 2018
Titre original : A long way home
Traduction : Lise Garond
448 pages
Ce qu'en dit l'éditeur :
Pas de corps reconnaissable, pas d’empreintes, pas de témoin. L’homme brûlé vif dans l’abri de jardin des Barlow est difficilement identifiable. Pourtant la police parvient assez vite à une conclusion: il s’agit d’un travailleur immigré estonien, Jaan Stepulov. Ils sont nombreux, à Peterborough, ceux qui arrivent des pays de l’Est, et de plus loin encore, à la recherche d’une vie meilleure. Et nombreux sont ceux qui voudraient s’en débarrasser. Les deux policiers qui enquêtent sur le meurtre, Zigic et sa partenaire Ferreira, ne l’ignorent pas. N’éliminant aucune piste, le duo pénètre dans un monde parallèle à la périphérie de cette ville sinistrée par la crise économique, là où les vies humaines ont moins de valeur que les matériaux utilisés sur les chantiers de construction. Là où tous les chemins peuvent mener au crime de haine.
Ce que j'en ai pensé :
Lorsqu'on
a la peau un peu foncée, ou quand on débarque des Pays de l'Est
illégalement, la vie à Peterborough, en pleine crise économique,
n'est pas douce et chacun rêve de rentrer au pays, même avec un
pécule plus maigre que prévu.
Une
ville ouvrière, des tensions et une intrigue assez maline, bref
...Un très bon polar social !
Un
polar qui explore les arcanes de nos peurs sociales (la misère,
l'étranger), qui déroule une intrigue implacable, presque sèche et
qui fait le choix de placer les deux principaux protagonistes dans
une ambiance malsaine : Zigic et Mel Ferreira (très bon personnage
féminin, exacerbé, souvent radical) sont eux-même issus de
l'immigration et comprennent mal l'accueil réservé par les anglais
aux immigrants.
C'est
aussi un portrait de l'Europe qui devient populiste et xénophobe,
qui se mure dans un statut loin de toute humanité, qui montre ce que
provoque l'économie libérale et capitaliste, qui souligne comment
notre mode de vie dysfontionne, à quel point l'homme est vulnérable
(le "local" qui ronge son frein, l'immigré fragile hors de
son pays), évoque l'esclavage moderne et la prostitution, raconte la
détresse des immigrants, sans pour autant se poser en juge.
Il
manque toutefois à ce polar un brin d'émotion, les personnages
n'attirent pas forcément l'empathie, mais c'est un opus qui a le
mérite d'être prenant par son intrigue et qui fait s'interroger sur
notre société.
Je
serai très curieuse de découvrir les prochains "épisodes"
de cette brigade particulière !
exacerbé,
souvent radical) sont eux-même issus de l'immigration et comprennent
mal l'accueil réservé par les anglais aux immigrants.
Le côté social de ce polar m'intrigue.
RépondreSupprimerJe le note dans un coin de ma tête, pour lorsque je reviendrai vers les polars, genre négligé ces temps-ci.
On a tous des périodes "sans"...en ce moment, je ne lirais que ça !
SupprimerJe ne pense pas que ce soit suffisant pour me sortir de ma période "sans"...
RépondreSupprimer