9 juin 2018

Une ombre au tableau - Myriam CHIROUSSE

Editions Buchet-Chastel
Parution : 5 avril 2018
192 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :

« Une obscurité nacrée baignait le parc, lui conférant un aspect inquiétant et mystérieux, plus authentique aussi, comme si la nuit avait le pouvoir de révéler le vrai visage des choses. La pelouse avait le bleu foncé des mers australes et tout le reste était noir, les grands pins, les bosquets, les haies. Noir aussi le prunier en fleurs du printemps, dont tous les fruits avaient été mangés par les oiseaux et les vers. Seule la margelle de la piscine traçait dans l’ombre un ovale lactescent, au milieu duquel l’eau étalait son vif-argent. »

La Côte d’Azur. Ses villas de luxe et ses piscines.

Quand Greg Delgado, employé de banque, visite la maison de ses rêves, il décide de ne pas dire à sa femme, Mélissa, qu’un enfant s’est noyé dans la piscine. Le couple emménage. Mélissa est-elle dupe ? N’a-t-elle pas aussi certaines choses à cacher ?

Dans la chaleur caniculaire, chacun cherche son intérêt et son plaisir...

Ce que j'en ai pensé :

La tension monte, page après page. Elle repose sur une ambiance particulière, dans la canicule de cet été cannois qui n'offrira en fin d'été qu'incendies et désolation, et sur les non-dits et les pseudos secrets qui minent les relations, les font basculer du côté du dépit et les rapprochent inexorablement de la rupture.

La narration restitue à merveille cette pesanteur de l'été, quand pas un brin d'air ne passe, quand l'orage couve et que les drames surviennent.
Parce que tout est drame dans ce roman qui parfois flirte avec le polar, instillant son climat crispé, étouffant. Un enfant mort dans une piscine, des idées d'adultère, de transgression, un brin de climat "mafieux" et des amours surgies du passé. 

Tout est signe pour Mélissa, hyper sensible, tout peut devenir le catalyseur d'un malaise ou d'une angoisse : une statuette brisée, un baiser volé ou l'ombre d'une vieille femme puissante.

J'ai beaucoup aimé ce roman, pour son ambiance d'abord, de plus en plus délétère, pour la montée en tension, pour les portraits dessinés (j'y ai reconnu les traits de certaines personnes que j'ai pu côtoyer) et si je n'avais pas été si pressée de le lire, j'aurais sans doute plus apprécier de le lire au bord de la piscine cet été.

Je vais essayer de trouver Sangliers, le roman que Myriam Chirousse a publié en 2016. J'ai aimé l'écriture et le ton de l'auteur, et j'espère que ça me séduira autant !

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