24 juillet 2018

Les mauvaises - Séverine CHEVALIER


Editions La Manufacture de Livres - Collection Territori
Parution : 8 février 2018
206 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :

Deux jeunes filles d’une quinzaine d’années et un petit garçon aiment à s’aventurer dans une forêt du Massif Central, au bord d’un lac qui vient d’être vidé. Autour d’eux, les adultes vaquent à leur existence, égarés, tous marqués de séquelles plus ou moins vives et irréversibles. Il y a les anciens, ceux qui sont nés ici, aux abords des volcans d’Auvergne. Il y a les moins anciens, il y a les très jeunes, puis ceux qui viennent d’ailleurs. Il y a aussi ceux qui sont partis, ont tout abandonné, et dont les traces subsistent dans les esprits. Une des deux jeunes filles est retrouvée morte, puis c’est sa dépouille à la morgue qui disparaît en pleine nuit…

Ce que j'en ai pensé :

Drôle de narration au rythme parfois saccadé, mais au verbe brillant !

Drôles de gamins aussi : Oé sans doute un peu autiste, Ouafa débrouillarde, et Micheline, dite Roberto, qui taille des pipes à son papi à cinq ans et à tout autre mâle alentour et qu'on retrouve, pendue au pont de chemin de fer avant que son cadavre pas tout à fait froid disparaisse en même temps que les 360 animaux  maltraités...

C'est raide et on retient son souffle ! Le papi pédophile agonise au fond du hangar, la mère de Micheline-Roberto a fait sa valise après avoir mis au monde sa fille, il y a des tombes déjà creusées "pour bientôt", des frustrations, un lac qui a englouti les restes d'un village, une gamine de 15 ans qui couche à tout-va.

Ça pourrait être très glauque. C'est souvent un peu bizarre, comme un peu décalé : la prose se fait poésie, très noire. On sent que les mots sont choisis, pesés, posés là comme dans une broderie avec des personnages entre ombre et lumière, fragiles et sensibles.

Je suis incapable de dire si j'ai aimé ou non, tant ce roman est particulier..Mais je ne peux que reconnaître le talent de l'auteur à bousculer le lecteur, à le pousser dans ses retranchements, à manier le verbe comme personne d'autre.

J'avais aimé Clouer l'ouest et déjà j'avais noté cette ambiance et cette écriture singulières.

12 commentaires:

  1. Bien glauque, quand même. Je ne sais pas si je tenterai un jour. Merci de ta lecture.

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    1. Je reconnais que c'est un peu "spécial" !!

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    2. Glauque ? Jamais ! Certes la poesie peut-être noire. Le plus grand moment de littérature de 2017

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  2. pas pour moi mais Marie-Claude va sauter dessus !

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    1. alors je verrais si elle le lit et fait un billet ;o)

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    2. Tentant, mais...
      Tailler des pipes à cinq ans? C'est pas un peu charier fort?
      J'ai déjà tenté un roman de Chevalier. J'ai oublié lequel. Ses histoires m'intéressent, mais quelque chose, dans son style, me repousse.

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    3. Elle a un style particulier, très fort ! le coup des "pipes", c'est sur 2 lignes, hein, mais ça donne vite l'ambiance !!

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    1. C'est un peu raide parfois, assez déroutant aussi, mais ça change !

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  4. Ouh la la ... trop hard pour moi, je passe mon tour !

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    1. Vaut mieux être prévenu(e), c'est un peu hard, mais c'est aussi très bien écrit !!

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  5. J'ai personnellement aimé sans restriction, justement parce que l'auteure oppose à la dimension sordide de son histoire, cette écriture musicale, éloquente, qui parvient à rendre ses héros lumineux..

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