21 juin 2018

Un océan Deux mers Trois continents - Wilfried N'SONDÉ

Editions Actes Sud
Parution : Janvier 2018
272 pages
Prix Kourouma 2018 
Prix France Bleu/Page des libraires 2018 
Prix des Lecteurs L'Express/BFMTV 2018


Ce qu'en dit l'éditeur :

Il s’appelle Nsaku Ne Vunda, il est né vers 1583 sur les rives du fleuve Kongo. Orphelin élevé dans le respect des ancêtres et des traditions, éduqué par les missionnaires, baptisé Dom Antonio Manuel le jour de son ordination, le voici, au tout début du XVIIe siècle, chargé par le roi des Bakongos de devenir son ambassadeur auprès du pape. En faisant ses adieux à son Kongo natal, le jeune prêtre ignore que le long voyage censé le mener à Rome va passer par le Nouveau Monde, et que le bateau sur lequel il s’apprête à embarquer est chargé d’esclaves…

Roman d’aventures et récit de formation
, Un océan, deux mers, trois continents plonge ce personnage méconnu de l’Histoire, véritable Candide africain armé d’une inépuisable compassion, dans une série de péripéties qui vont mettre à mal sa foi en Dieu et en l’homme. Tout d’ardeur poétique et de sincérité généreuse, Wilfried N’Sondé signe un ébouriffant plaidoyer pour la tolérance qui exalte les nécessaires vertus de l’égalité, de la fraternité et de l’espérance.

Buste de Dom Antonio-Manuel (Nsaku Ne Vunda)
 dans la Basilique Sainte-Marie Majeure (Santa Maria Maggiore) à Rome

Ce que j'en ai pensé :

Du Congo natif aux vagues déchainées de l'Océan Atlantique, puis du Brésil vers l'Europe ; des légendes et croyances africaines à la religion catholique, Wilfried N'Songé raconte le périple peu ordinaire d'un jeune orphelin africain, touché par la foi, vers un monde où la cruauté et l'appât du gain pervertissent l'homme.  

Une plongée étourdissante dans le commerce des esclaves, dans les bas-fonds de l'âme humaine, contre-balancée par une compassion sans limite et un regard effaré et impuissant face à l'horreur.

Une histoire d'amitié aussi, par-delà les écueils et les conventions, avec Martin, jeune mousse embarqué à Nantes et qui devient le confident, l'ami, la béquille.

Voila un roman qui ne laisse pas de glace, d'abord pour sa narration travaillée, impeccable, son beau verbe (comme les francophones savent lui rendre hommage), son rythme à la fois délié et puissant, tout en images, et ensuite pour les questions qu'il amène : le rôle de l'Afrique et des clans dans la traite des noirs, la séparation des castes (les puissants, les assujettis - les marins n'étant qu'à peine mieux lotis que les esclaves)...

Une lecture indispensable qui prend une résonance particulière dans notre monde où les migrations de population prennent souvent l'aspect d'un fléau...

6 commentaires:

  1. Il m'était complètement passé sous le nez, ce roman. Et v'la que tu le présente de façon très intrigante. Je vais m'y pencher de plus près.

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  2. une très belle découverte pour moi aussi, une langue superbe, des échos avec l'actualité, et justement récompensé par le Prix Page des libraires 2018
    Brigitte, de Poitiers

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    1. Tout à fait d'accord, Brigitte !! et il vient d'obtenir le Prix des Lecteurs L'Express/BFMTV !

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  3. le nom m'est familier mais l'histoire non, et en plus il a vraiment existé ?

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    1. oui ! un vrai personnage au sens "littéraire" dans ce bouquin, et une vraie personne !

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