22 octobre 2018

Ecorces vives - Alexandre LENOT

Editions Actes Sud
Parution : octobre 2018
208 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :

C’est une région de montagnes et de forêts, dans un massif qu’on dit Central mais que les routes nationales semblent éviter. Un homme venu de loin incendie la ferme dans laquelle il espérait un jour voir jouer ses enfants, puis il disparaît dans les bois. La rumeur trouble bientôt l’hiver : un rôdeur hante les lieux et mettrait en péril l’ordre ancien du pays. Les gens du coin passent de la circonspection à la franche hostilité, à l’exception d’une jeune femme nouvellement arrivée, qui le recueille. Mais personne n’est le bienvenu s’il n’est pas né ici.

Écorces vives est construit sur une tension souterraine, un entrelacs de préjugés définitifs et de rancœurs séculaires. De ce roman noir – qui est aussi fable sociale, western rural, hommage aux âmes mélancoliques et révoltées – sourd une menace : il faut se méfier de la terre qui dort…

Ce que j'en ai pensé :

Il m'a fallu un peu de temps, une belle pause d'une semaine sans une page tournée, sans une ligne lue, pour retrouver enfin un bouquin qui m'emporte !
Et là, dès les premières pages, dès les premières collines qui bordent le Massif Central, lieu de l'intrigue, et dès les premiers portraits de ces personnages, des hommes blessés, rudes, des femmes entre ombre et guerre, j'ai su que ça allait me plaire.

D'autant que l'auteur sculpte, au travers de ce polar rural, des scènes saisissantes de réalité, de brutalité, dessinent en artiste des sensibilités, esquisse un paysage presque sauvage, à l'écart de tout, où la nature permet parfois aux hommes d'outrepasser leur folie, d'exacerber  leurs haines viscérales ou (et ce sont les plus belles lignes de ce polar) de communier avec les éléments et les animaux.
J'ai aimé la façon dont Alexandre Lenot fait la part belle aux blessures de ces êtres humains, la manière dont il restitue la fragilité de chacun (les "victimes" tout comme les supposés "guerriers"), mais c'est surtout habilement écrit, et plein de poésie !


(un polar qui aurait bien pu être publié à la Manufacture de Livres tant ça correspond à leur ligne éditoriale - mais je me réjouis aussi de trouver ce style de polar chez Actes Sud !)


6 commentaires:

  1. j'ai peu de succès avec Actes Sud sauf pour les Babel Noir - ton billet me fait penser à Battues d'Antonin Varenne (la Creuse et ses forêts) du coup si un jour je le croise, pourquoi pas ?

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    1. Il se lit très bien, il y a une belle plume et une atmosphère

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  2. Il me tente beaucoup, d'autant plus si c'est grâce à lui que tu es arrivée à te remettre en selle! Je le note de ce pas.

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  3. Je ne dis jamais non pour un bon roman noir rural !

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