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Bilan : les chouchous de l'année 2021

Sauf surprise ces prochains jours, et avec un peu plus de 150 livres lus cette année (et finalement, assez peu de livres promus pour la rentrée littéraire - je crois que je me détache de cette course à la nouveauté !), j'ai sélectionné mes chouchous !

Évidemment, du polar et du roman noir à gogo !!

A noter, un coup de cœur pour les polars presque "politiques" (Marin LEDUN sur le monopole du tabac et Thomas CANTALOUBE sur la Françafrique - j'ai adoré son autre opus "Requiem pour une République"), et pour deux petites nouvelles dans l'univers du noir : Caroline HINAULT et Marie VINGTRAS (2 rompols "glaçants" dans tous les sens du terme !)

du côté des romans :

à retenir, l'excellent et surprenant Dimitri ROUCHON-BORIE pour "Le démon de la colline aux loups" (non chroniqué), le savoureux François-Henri DESERABLE,  l'angoissante rivière de Peter HELLER (non chroniqué) et le recueil de nouvelles de Yan LESPOUX, "Presqu'ïles"

Et enfin, les BD :

Moins de découvertes cette année, mais je me suis régalée de découvrir l'intégrale des "Suites algériennes" de Jacques FERRANDEZ (par ailleurs auteur du remarquable "Premier homme" d'après le roman d'Albert Camus ), j'ai beaucoup aimé les messages transmis via "Tananarive" de VALLEE et EACERSALL) et "Le loup" de ROCHETTE (non chroniqués)


Et vous, quels ont été vos chouchous ? De belles découvertes ? 

J'en profite pour souhaiter de belles fêtes de fin d'année à ceux qui passent par ici ! 

La vie en Rose - Marin LEDUN

Editions Gallimard - Collection Série Noire
Parution : 2 mai 2019
320 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

Ses parents partis parcourir la Polynésie, Rose - qui s'est installée avec le lieutenant Personne - se retrouve seule pour s'occuper de ses frères et soeurs. Coup sur coup, elle est confrontée au cambriolage de Popul'Hair - le salon de coiffure où elle fait la lecture -, à la découverte inopinée de sa grossesse et au meurtre de l'ex-petit ami de sa soeur. Bientôt, c'est le meilleur ami de Camille que Rose découvre poignardé. 
Entre deux nausées, deux crises existentielles et en marge de l'enquête parallèle qu'elle mène, Rose doit encore s'occuper du suivi scolaire de sa soeur, des peines de cœur de son frère aîné, des plaintes du directeur de l'hôpital où travaille Antoine qui organise des strip-pokers au service gériatrie, de lire Sacher-Masoch aux clientes de Vanessa...
Pendant ce temps, l'assassin continue de s'en prendre aux jeunes gens du lycée où Camille est scolarisée. Un matin, alors qu'elle est censée préparer chez une amie une marche de soutien à la dernière victime, Camille disparaît. 

Ce que j'en ai pensé :

Retour en fanfare de la famille Mabille-Pons ! Après « Salut à toi, ô mon frère », le premier opus, voilà un polar que je ne comptais pas louper !
 
Toujours le même ton jubilatoire, les mêmes personnages un rien déjantés (Palme d’Or à Rose, agrégée de lettres fan de hard-rock qui découvre qu’elle est enceinte de son petit ami flic), et si l’intrigue est assez prévisible, elle apporte toutefois son lot de rebondissements bienvenus et pose un regard assez caustique sur la société !

C’est frais, c’est jouissif, les dialogues sont travaillés au scalpel, bourrés d’humour, les références musicales et littéraires nombreuses (et le décalage entre les unes et les autres ajoutent du piquant – essayez de lire Ovide en écoutant les Guns !!), bref une lecture qui donne de belles couleurs au polar !

C’est chouette de voir que Marin Ledun réussit haut la main à donner du corps à cette série dont il me tarde à présent de lire la suite !

Salut à toi, ô mon frère - Marin LEDUN

Editions Gallimard - Collection Série Noire
Parution : 3 mai 2018
288 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

La grouillante et fantasque tribu Mabille-Pons : Charles, clerc de notaire pacifiste, Adélaïde, infirmière anarchiste et excentrique, les enfants libres et grands, trois adoptés. Le quotidien comme la bourrasque d'une fantaisie bien peu militaire. 

Jusqu'à ce 20 mars 2017, premier jour du printemps, où le petit dernier manque à l'appel. Gus, l'incurable gentil, le bouc émissaire professionnel, a disparu et se retrouve accusé du braquage d'un bureau de tabac, mettant Tournon en émoi. Branle-bas de combat de la smala! Il faut faire grappe, retrouver Gus, fourbir les armes des faibles, défaire le racisme ordinaire de la petite ville bien mal pensante, lutter pour le droit au désordre, mobiliser pour l'innocenter, lui ô notre frère. 

Ce que j'en ai pensé :

Ça vous est déjà arrivé de rire en lisant un roman policier ? voire de vous gondoler franchement ? (Qui a déjà vu un flic aux yeux vert-pêche ?)

Parce que si ça n'est pas le cas, adoptez le dernier livre de Marin Ledun ; ça fuse dans tous les sens, ça chahute les neurones en distillant des références littéraires et cinématographiques (de Kill-Bill aux films de Kusturica, en passant par Matrix ou les films avec Bruce Willis), ça valdingue joyeusement dans une famille complétement déjantée, bref, ça vaut de détour !

Les dialogues sont foutraques, les personnages parfois au bord de la caricature (genre grand-n'importe-quoi, mais on pense à la famille Malaussène de Pennac) mais attachants au possible (Rose, la narratrice vaut son pesant de cacahouètes : khâgneuse portée sur le heavy metal !).

Et même si le scénario est un peu (franchement !) léger, il donne à l'auteur l'occasion d'esquisser en creux les problèmes de société : racisme, intolérance, beaufitude franchouillarde, violence, réseaux sociaux, etc... Bref, c'est drôle mais ça n'épargne personne, et rien que pour ça...

J'ai été épatée par la capacité de l'auteur à écrire d'une façon si différente, d'un roman à l'autre, comme un gars qui garde toujours une cartouche de secours !

A lire en écoutant Les Béruriers Noirs, évidemment ! (que de souvenirs, pffff !! M. Ledun, sur ce coup-là, ben, chapeau bas !!! NB comme auparavant !)

Ils ont voulu nous civiliser - Marin LEDUN

Editions Flammarion - Collection Ombres Noires
Parution : 11 octobre 2017
240 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :

Thomas Ferrer n’est pas un truand. Pas vraiment. Les petits trafics lui permettent de sortir la tête de l’eau, même si la vie n’a pas été tendre avec lui. De petits larcins en détournements de ferraille, le voilà face à face avec un truand, un vrai cette fois. Celui-ci, laissé pour mort par Ferrer, embarque deux frères assoiffés de vengeance à la poursuite de son agresseur. La traque sera sans pitié, alors qu’une puissante tempête s’abat sur la région.

Une histoire envoûtante où les éléments se déchaînent en même temps que les passions, au service d’une profonde humanité.

Ce que j'en ai pensé :

Janvier 2009. Dehors, la tempête Klaus se prépare, commence à hurler, à déraciner les pins de ce coin des Landes.
Il y a Ferrer, le truand à la petite semaine , voleur de canards et de poulets ; il y a Baxter, le "surfeur" épaulé par "les frères" dans toutes les combines, et il y a "l'Alezan", 80 ans, ancien de l'Algérie, aigri, bûcheron abruti, et un paquet de pognon.

Noir c'est noir. 
Mais ça bouge ! Aucun temps mort dans cette course-poursuite qui pourrait être un presque huis-clos entre ces types qui cherchent à se venger et qui sont bien décider à ne pas transiger.
Des personnages au cordeau, chacun ses failles et aucun jugement de valeur de la part de l'auteur qui nous les présentent, tous cabossés par quelque chose (un passé difficile ou une absence d'avenir, un présent bancal qui recuit haine et douleurs), mais tous tellement humains !

Ça se lit aussi vite que les pins tombent sous l'assaut de la tempête ou que les balles fusent et on regrette d'être déjà à la dernière page parce qu'on aurait bien volontiers voulu en savoir un peu plus sur "l'Alezan" (sacré personnage !) et qu'on apercevait peut-être le début d'une rédemption pour Thomas Ferrer.


"Ferrer mesura sa vanité. Il se dit que quelqu'un, celui qui présidait à cette tempête de tous les diables, là-haut ou en enfer, devait bien se marrer en l'observant, humilié de la sorte, rabaissé au rang de bête luttant pour sa survie. Voilà. Fin de l'histoire pour une poignée de billets de banque."

Au fer rouge - Marin LEDUN

Editions J'ai lu
Parution : 6 janvier 2016
506 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

Madrid, 11 mars 2004, dix bombes explosent dans des trains de banlieue. Rescapée, le lieutenant Emma Lefebvre œuvre pour que justice soit faite. Dix ans plus tard, une valise contenant le cadavre d'un trafiquant de drogue est découverte sur une plage landaise : l'heure est venue de régler les comptes. Emma s'attaque alors à une véritable organisation mafieuse, avec à sa tête l'officier de police Javier Cruz, seigneur de l'antiterrorisme.
Des rives du fleuve Nervión aux bas-fonds de Bayonne, des banlieues déshéritées madrilènes aux palaces de la côte basque, la corruption n'a pas de frontières.

Ce que j'en ai pensé :

Quand j'ai commencé ce polar, j'ai cru m'être trompée ! Marin Ledun, c'est l'auteur de En douce, que j'ai lu en novembre 2016 et que j'avais beaucoup aimé, et de Luz, lu juste avant en octobre et beaucoup moins aimé ! 

Les premiers chapitres m'embrouillent l'esprit : trop de noms basques ou hispaniques, un type retrouvé dans une valise sur la plage, des magouilles immobilières, un terrain radioactif, des flics pas bien propres, le terrorisme indépendantiste...

J'ai peur de lâcher l'affaire mais j'aime l'écriture, l'énergie qui se dégage du bouquin et je m'accroche...Et j'ai bien fait ! Parce que subitement, je comprends les intérêts des uns et les remords des autres, et les pages défilent sans que je m'en aperçoive !!

On a donc des flics : Kléber le commissaire-divisionnaire et Boyer le procureur qui aiment bien le pognon (et n'ont pas la conscience tranquille), Simon Garnier qui a couvert des trucs pas nets mais voudrait se racheter une conduite, Emma Lefebvre qui enquête comme si son honneur de flic en dépendait, Meyer qui semble ne pas avoir décidé de quelle côté de la barrière se placer..
On a aussi Sanchez dévoué aux basses besognes de Cruz, celui qui tire les ficelles (immobilier et cocaïne) alors qu'il est le patron de l'antiterrorisme, et puis Gaizka qui aimerait bien venger la mort de son père, tué par les radiations dans une usine un peu louche.

C'est du lourd, ça s'enchevêtre parfois, mais c'est bon, c'est intelligent !
C'est franchement addictif et en même temps, ça questionne sur le fonctionnement de l'Etat, sur le "Pas de vagues !" des administrations, sur les conflits d'intérêt (la lutte des etarras, les trafics de drogue, les petites magouilles des politiciens) et la corruption (tous pourris ? - Diablement d'actualité !!)...

A lire !

Merci à Lecteurs.com grâce auxquels j'ai pu lire ce polar dans le cadre des #explorateursdupolar

En douce - Marin LEDUN

Editions Ombres Noires
Parution : 24 août 2016
251 pages
Prix Transfuge du meilleur polar 2016

Ce qu'en dit l'éditeur :

Sud de la France. Un homme est enfermé dans un hangar isolé. Après l’avoir séduit, sa geôlière, Émilie, lui a tiré une balle à bout portant. Il peut hurler, frapper, elle vit seule dans son chenil, au milieu de nulle part. Elle lui apprend que, cinq ans plus tôt, alors jeune infirmière, elle a été victime d’un chauffard. L’accident lui a coûté une jambe. Le destin s’acharne. La colère d’Émile devient aussi puissante que sa soif de vengeance.
En douce est un roman sombre, dévastateur, où l’injustice se heurte à la force de vie d’une héroïne lumineuse.
 

Né en 1975, Marin Ledun est un romancier français, auteur de romans noirs et de nouvelles à multiples facettes et particularités.

Ce que j'en ai pensé :

Rien de tel qu'un polar pour se remettre d'une panne de lecture un peu longue ! Et bien que Luz (du même auteur) m'ait légèrement déçue, j'avais très envie de découvrir ce huis-clos.

Un chenil et un mobil-home au milieu des étangs et des pins, à l'écart d'un village envahi de touristes, une jeune femme amputée à la suite d'un accident de voiture et un type qui devient sa victime un soir de 14 juillet : la fête est finie, le plan cul aussi et l'histoire tourne au vinaigre avec une balle dans la cuisse et une plaie qui s'infecte. 
Pourquoi Emilie a-t-elle tiré sur Simon ? Une simple histoire de vengeance ?

Plus qu'un polar un peu angoissant (l'ambiance est étouffante sous les tôles du hangar et dans ce mobil-home), En douce est aussi un roman social où l'auteur décortique les évènements qui mènent à l'exclusion, au déclassement, au rejet. Le drame du quotidien comme trame narrative, comme source de l'intrigue, voila qui change un peu : certes il y a enlèvement et séquestration et l'héroïne reste une criminelle mais...il n'empêche que son personnage est attachant dans ses blessures et sa fragilité.

Une réussite ! 

Luz - Marin LEDUN

Editions J'ai Lu
Parution : 24 août 2016
156 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :

Premier dimanche des vacances d'été. Luz claque la porte de chez elle, furieuse après ces adultes qui restent à table jusqu'au milieu de l'après-midi, qui rient et qui boivent trop. Légèrement grisée par le soleil brûlant, l'adolescente gagne les rives de la Volte où se prélassent des groupes de baigneurs. Elle rencontre bientôt Thomas, un élève de troisième qu'elle connaît peu mais qui lui plaît, accompagné d'une amie. Tous trois décident de se rendre jusqu'à un point d'eau difficile d'accès, mais beaucoup moins fréquenté...

Marin Ledun est l'auteur d'une douzaine de romans. Il a reçu de nombreuses distinctions, notamment le Grand Prix du roman noir 2012 pour Les Visages écrasés. Le prix Amila-Meckert 2014 lui a été décerné pour son roman L'homme qui a vu l'homme. En douce vient de paraître aux Editions Ombres Noires. 

Ce que j'en ai pensé :

156 pages écrites en gros caractères, 156 pages qui défilent vite, à l'image de ces ados qui tourbillonnent, se télescopent, s'acheminent vers le drame.

La narration est rythmée, précise et rend parfaitement l'ambiance tendue ; le personnage principal (une ado de 15 ans aux prises avec les changements de son corps de future femme et des élans qu'il suscite) est finement brossé, restituant les émois et les interrogations, mais aussi les peurs et les "dégoûts" mais... dans un roman policier, ça ne fait pas tout ! 
J'ai eu la tentation en fin de roman de me dire "tout ça pour ça"...Un peu plus de drame n'aurait pas nui !

Malgré tout, malgré le peu de pages, ça se lit avec plaisir et l'ensemble se tient...Le seul truc à vraiment reprocher, (et ça m'agace à chaque fois) ce sont les incohérences :

page 18 : "Luz se dit que si ses parents ne s'entêtaient pas à lui refuser l'achat d'un portable (...)"

page 52 : "Luz consulte son portable."

page 102 : "Si seulement ses parents avaient accepté de lui acheter un portable."

Alors, Luz a-t-elle ou non un portable ? Ah ah !
A lire les critiques deci-delà, je crois que personne ne s'en est rendu compte ;o)