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Le mur des silences - Arnaldur INDRIDASON

 

Editions METAILLE

Parution : 4 février 2022

Titre original : þagnarmúr

Traduction : Eric BOURY

320 pgaes

 

Ce qu'en dit l'éditeur :

C’est une maison dans laquelle les femmes ne se sont jamais senties bien, les familles n’y sont jamais restées longtemps. Une médium dit même y avoir perçu une sensation d’étouffement. Pendant des travaux de modernisation, le mur de la cave s’écroule et un corps apparaît.

Konrad enquête et met au jour des mystères anciens.

Dans le même temps il presse la police d’élucider le meurtre de son père mais il a oublié qu’à l’époque, l’enfant qu’il était avait menti, et il se retrouve soupçonné.

Toujours dans une ambiance à la Simenon et avec Konrad, un héros ici très ambigu, moyennement sympathique, noyé dans l’alcool et la solitude, un roman noir magistral dans lequel le passé et les victimes oubliées ressurgissent.

 

Ce que j'en ai pensé :

Je n'ai pas lu le précédent opus des enquêtes de Konrad, flic à la retraite ("La pierre du remords") . Mais après avoir croqué en quelques jours la trilogie de Ragnar Jonasson ("La dame de Reykjavik"), j'ai eu envie de rester en Islande et de suivre le rythme d'une enquête sans trop d'hémoglobine.

Le "héros" (si on peut lui attribuer ce qualificatif, est toujours poursuivi par ses vieux démons, son père (accessoirement truand, escroc) a été tué et son meurtre n'a jamais été résolu.

A l'occasion de la découverte d'un cadavre emmuré dans une buanderie, et au fil d'une enquête poursuivie de manière privée, Konrad remonte l'histoire.

Comme d'habitude, Arnaldur INDRIDASON joue de la temporalité , superposant  passé et présent, criminalité ancienne et enquêtes contemporaines.

On aborde ici les problématiques de la violence infra-familiale (femme battue et emprise du pervers-narcissique), de la petite délinquance (violence et cambriolages), de la pédophilie et des problèmes sociétaux tels que l'alcoolisme. Dans ce "cold case", les thèmes s'entrecroisent, tissent une ambiance.

Ça parait parfois un peu superficiel, peut-être surjoué, mais ça fonctionne.

Konrad, malgré ses défauts, ses défaillances, est un personnage attachant, un peu bancal...on aime ou pas la narration qui oscille entre passé et présent, entre nostalgie et volonté de résoudre des enquêtes criminelles, mais oui, encore une fois, j'ai aimé l'écriture d'Arnaldur INDRIDASON, son style, et le dénouement qui n'était pas tout à fait celui que j'attendais.

Les roses de la nuit - Arnaldur INDRIDASON

Editions Métailié
Parution : 3 octobre 2019
Titre original : Dauđarósir
Traduction : Eric Boury
290 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :

La vengeance des victimes.

Elle est condamnée, il l’aime, elle l’entraîne dans sa vengeance mortelle.

A la sortie d’un bal, un couple pressé se réfugie dans le vieux cimetière, mais au cours de leurs ébats la jeune femme voit un cadavre sur une tombe et aperçoit une silhouette qui s’éloigne. Elle appelle la police tandis que son compagnon, lui, file en vitesse. Le commissaire Erlendur et son adjoint Sigurdur Oli arrivent sur les lieux pour découvrir la très jeune morte abandonnée sur la tombe fleurie d’un grand homme politique originaire des fjords de l’Ouest.

La victime a 16 ans, personne ne la connaît, elle se droguait. Erlendur questionne sa fille Eva Lind, qui connaît bien les milieux de la drogue pour en dépendre. Elle lui fournit des informations précieuses et gênantes à entendre pour un père. Il s’intéresse aussi à la tombe du héros national et va dans les fjords de l’Ouest où il découvre une amitié enfantine et une situation sociale alarmante. La vente des droits de pêche a créé un grand chômage et une émigration intérieure massive vers Reykjavík, dont les alentours se couvrent d’immeubles modernes pour loger les nouveaux arrivants. Sigurdur Oli, lui, s’intéresse plutôt à la jeune femme qui les a appelés.

Le parrain de la drogue, vieux rocker américanisé et proxénète, est enlevé au moment où la police révèle ses relations avec un promoteur immobilier amateur de très jeunes femmes. Pendant ce temps, contre toute déontologie, Sigurdur Oli tombe amoureux de son témoin.

Ce que j'en ai pensé :

Un très bon cru !! J'ai retrouvé avec le plus grand plaisir ce bon vieil Arnaldur et son équipe pour une enquête qui nous emmène, une fois encore, à Reykjavik et dans les fjords, entre nuit boréale et enquête criminelle.

Au-delà de l'enquête, qui navigue dans les milieux interlopes de la drogue, au-delà du rythme si propre aux polars islandais (lent, introspectif, dans trop de rebondissements à la manière des "page-turners"..), l'ambiance prime. C'est une image de l'Islande et de ses marges (ses marginaux), le constat d'une société qui peine à mêler tradition et modernité, qui vit au rythme de l'Europe mais n'en accepte pas tous les codes, qui jongle entre mémoire et course en avant...

Cet opus est aussi un roman de la solitude, de la culpabilité (Erlendur face à ses démons), le roman d'un constat social où personne n'est ni bon ni mauvais, où les personnages évoluent comme ils le peuvent, en transgression, en rébellion, et souvent en apnée.

J'ai pris beaucoup de plaisir avec ce polar (chronologiquement, avant "La cité des jarres") qui permet de mieux comprendre encore les ambivalences de son héros, Erlendur.


Ce que savait la nuit - Arnaldur INDRIDASON

Editions Métailié
Parution : 7 février 2019
Titre original : Myrkriđ Veit
Traduction : Eric Boury
300 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :

Les touristes affluent en Islande et les glaciers reculent lentement. Le cadavre d’un homme d’affaires disparu depuis trente ans émerge du glacier de Langjökull. Son associé de l’époque est de nouveau arrêté et Konrad, policier à la retraite, doit reprendre bien malgré lui une enquête qui a toujours pesé sur sa conscience, en partie sabotée par la négligence d’un policier toujours en service.
Au moment où il pensait vivre sa douleur dans la solitude – le meurtre de son père n’a jamais été élucidé et sa femme vient de mourir d’un cancer –, Konrad doit reprendre ses recherches, malgré les embûches et la haine. Seul le témoignage d’une femme qui vient lui raconter l’histoire de son frère tué par un chauffard et le supplie de trouver ce qui s’est passé pourrait l’aider à avancer…
Ce nouvel enquêteur, jumeau littéraire d’Erlendur, permet à Indridason de développer le spectre de son talent. Konrad est né en ville, il a eu une enfance difficile, il vient de perdre l’amour de sa vie, il est en train de renoncer à lui-même. 


Ce que j'en ai pensé :

C'est toujours avec le même plaisir que je retrouve la plume d'Arnaldur Indridason, et ce rythme si particulier à ces polars islandais.

Celui-ci n'échappe pas à la règle même si cette fois Erlendur est absent de l'intrigue  : voici Konrad, flic à la retraite, qu'on avait découvert dans Passage des ombres et qui cette fois encore enquête en parallèle..
Un personnage touchant qui traîne sa nostalgie, ses regrets et son deuil et qui rappelle Erlendur par bien des aspects.

Comme toujours, les polars d'Indridason évoquent le climat social et économique de l'Islande, parlent des conséquences désastreuses de la crise et des problèmes d'addiction. Cet opus ne s'y limite pas, il aborde, par le biais d'une vieille enquête non résolue, les erreurs judiciaires mais aussi les problèmes du réchauffement climatique et donc du recul des glaciers islandais. 

Des thèmes a priori sans relation mais qui trouvent une unité dans ce bon polar !

Les fils de la poussière - Arnaldur INDRIDASON


Editions Métailié
Parution : 4 octobre 2018
Titre original : Synir dufsins
Traduction : Eric Boury
304 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

Paru en 1997, Les Fils de la poussière, premier roman d’Arnaldur Indridason, ouvre magistralement la voie au polar islandais.

Daniel, quadragénaire interné dans un hôpital psychiatrique de Reykjavík, se jette par la fenêtre sous les yeux de son frère Palmi. Au même moment, un vieil enseignant, qui a eu Daniel comme élève dans les années 60, meurt dans l’incendie de sa maison.

L’enquête est menée parallèlement par le frère de Daniel, libraire d’occasion, un tendre rongé par la culpabilité, et par une équipe de policiers parmi lesquels apparaît un certain Erlendur, aux côtés du premier de la classe Sigurdur Oli et d’Elinborg. Peu à peu, ils découvrent une triste histoire d’essais pharmaceutiques et génétiques menés sur une classe de cancres des bas quartiers, des gamins avec qui on peut tout se permettre.

Sens de la justice, personnages attachants, suspense glacé : dès ce premier thriller, on trouve tous les éléments qui vont faire le succès international qu’on connaît – et le génial Erlendur, bien sûr, tourmenté, maussade, sombre comme un ciel islandais !


Ce que j'en ai pensé :

Quelle bonne surprise cet été à l'annonce de la traduction du tout premier polar écrit par Indridason et sa parution à l'automne ! Chaque fois que je ferme l'un de ses romans, je sais que je vais trépigner avant le prochain !
Et croyez-moi, je n'ai pas été déçue, je l'ai même trouvé bien meilleur que la Trilogie des ombres !

On se retrouve aux origines du duo Erlendur/Sigurdur Oli dans une double-enquête dont les protagonistes de chacune ont des liens.
Nouvelle plongée dans ce pays peu ordinaire qu'est l'Islande, avec une société bouleversée par l'Occupation (la "situation") et qui tente de se projeter dans la modernité et oublie quelques laissés-pour-compte sur le bord du chemin dont les malades psychiatriques dont personne ne sait que faire ou ces populations misérables tombées dans la violence, la drogue ou l'alcoolisme qui vont pour certains être le laboratoire in vivo de groupes pharmaceutiques sans scrupules.

J'ai donc aimé ce duo de flics qui se découvrent, s'apprivoisent tant bien que mal mais j'ai aimé aussi tous les personnages "secondaires" qui traînent avec eux leurs histoires et leur détresse, leur culpabilité parfois.

C'est un polar qui traîne une sorte de désespoir, de malaise, mais qui donne les clés des caractères des personnages récurrents d'Indridason, tout en subtilité (et évidemment en non-dits !).

Il reste encore un opus non traduit par Métailié, mais il me tarde que ça soit fait !

Passage des ombres - Arnaldur INDRISASON


Editions Métailié
Parution : 3 mai 2018
Titre original : Skuggasund
Traduction : Eric Boury
304 pages 


Ce que dit l'éditeur :

Un vieil homme solitaire est retrouvé mort dans son lit. Il semble avoir été étouffé sous son oreiller. Dans ses tiroirs, des coupures de presse sur la découverte du corps d’une jeune couturière dans le passage des Ombres en 1944, pendant l’occupation américaine.
Pourquoi cet ancien crime refait-il surface après tout ce temps ? La police a-t-elle arrêté un innocent ?
Soixante ans plus tard, l’ex-inspecteur Konrad décide de mener une double enquête. Jumeau littéraire d’Erlendur, il a grandi en ville, dans ce quartier des Ombres si mal famé, avec un père escroc, vraie brute et faux spirite. Il découvre que l’Islande de la « situation » n’est pas tendre avec les jeunes filles, trompées, abusées, abandonnées, à qui on souffle parfois, une fois l’affaire consommée, « tu diras que c’était les elfes ».

Un polar prenant qui mêle avec brio deux époques et deux enquêtes dans un vertigineux jeu de miroirs. Où l’on découvre que les elfes n’ont peut-être pas tous les torts et que les fééries islandaises ont bon dos…

Ce que j'en ai pensé :

Dernier tome de la "Trilogie des ombres", cet opus en est sans doute le meilleur, parce que, selon moi, il ressemble le plus à ce qu'écrivait Arnaldur Indridason dans les enquêtes d'Erlendur. On retrouve avec le plus grand plaisir l'ambiance particulière de l'Islande pendant la Seconde Guerre Mondiale (et la "situation", les islandaises séduites par les américains) et cette manière particulière de mener l'enquête, sans soubresauts.

Il y a là le charme du temps qui passe et qui n'efface pas toutes les blessures, un cold-case qui ressurgit et fait remonter à la surface d'étranges souvenirs, des regrets. L'ex-inspecteur Konrad, confronté à son passé, à sa "honte" (son père est un escroc qui s'est joué de la crédulité des autres via la médiumnité), s'implique plus que de raison dans un fait divers qui a eu lieu en 1944 à Reykjavik.

L'intrigue est pourtant "moderne", elle évoque le patriarcat, le poids de la honte, la concupiscence des hommes et souvent leur effroyable lâcheté, elle dessine en creux la condition féminine (Rosamunda qui rêvait de s'affranchir en devenant couturière, les filles séduites par les soldats et souvent honteuses de l'avoir été..) et le rôle des croyances populaires dans la vie quotidienne des islandais.
 

La femme de l'ombre - Arnaldur INDRIDASON

Editions Métailié 
Parution : 5 octobre 2017
Titre original : Petsamo
Traduction : Eric Boury
340 pages 


Ce qu'en dit l'éditeur :

Une jeune femme attend son fiancé à Petsamo, une ville tout au nord de la Finlande. Tous deux doivent rentrer en Islande sur le paquebot Esja pour fuir la guerre qui vient d’éclater dans les pays nordiques, mais le jeune homme n’arrive pas.

Au printemps 1943, dans une Islande occupée par les troupes alliées, la découverte d’un corps rejeté par la mer sème l’émoi à Reykjavík. Au même moment, un jeune homme est victime d’une agression d’une sauvagerie inouïe non loin d’un bar à soldats, et une femme qui fréquente avec assiduité les militaires disparaît brusquement. Les jeunes enquêteurs Flovent et Thorson suivent des pistes contradictoires et dangereuses : officiers corrompus, Gestapo, vulgaires voyous…

Avec une habileté subtile, Indridason met en scène des personnages attachants, tendres ou cruels, des vies bouleversées, des histoires surprenantes dans un pays occupé. Un beau livre captivant.

Ce que j'en ai pensé :

Parfois je tergiverse. Je sais que je vais lire le tout nouvel opus d'un auteur chouchou et je ne me décide pas, peur d'être déçue ou envie de prolonger l'attente ?
Là, à demi en panne d'envies, je me suis jetée sur le tout dernier policier d'Arnaldur Indridason, tome 2 de la "Trilogie des Ombres".

On retrouve Flovent et Thorson, les deux enquêteurs dans une double affaire : un jeune homosexuel est assassiné et un corps d'homme est retrouvé mort sur la plage, vraisemblablement suicidé par noyade.
C'est l'occasion pour l'auteur de nous replonger dans l'Islande occupée par les forces de la coalition et dans le quotidien de ses habitants, obligés de s'accommoder de "la situation". Les troupes alliées sont le prétexte pour évoquer les crimes sexuels et la prostitution des jeunes femmes islandaises, rêvant souvent qu'un militaire les ramène avec lui aux USA pour une vie meilleure qu'en Islande.

Le rythme est lent comme toujours, les personnages suffisamment empathiques (l'écriture si particulière de l'auteur leur donne de l'épaisseur), y compris les "criminels", l'atmosphère est baignée de nostalgie.
Il me tarde de découvrir le tome 3 au printemps prochain !

Bilan de février 2017

18 livres ce mois-ci (5 755 pages) ! J'explose les compteurs ! Il faut dire que j'ai une bonne excuse : immobilisée suite à une opération, je n'ai pas d'autre choix que de bouquiner..et c'est tant mieux ! C'est l'occasion de lire des auteurs suivis depuis longtemps, de faire de belles découvertes et de voir se confirmer des talents tous neufs ;o)

Les romans d'une part :


Et les polars, évidemment :

Du très bon, du moyen, et des déceptions plus ou moins fortes...

Coup de cœur absolu :
Sandrine COLLETTE, Les larmes noires sur la terre, Denoël



Mais aussi :

Christian KIEFER, Les animaux, Albin Michel


Tanguy VIEL, Article 353 du Code Pénal, Minuit

Il y a eu quelques déceptions, 

Cécile COULON, Trois saisons d'orage, Viviane Hamy (trop académique et une narration un peu morne)

Ingrid DESJOURS, Echo, Pocket (lieux communs, personnages caricaturaux)

Arnaldur INDRIDASON, Dans l'ombre, Métailié (absence d'Erlendur, enquête qui m'a laissé un goût d'inachevé)

Un bon mois partagé entre littérature française et étrangère (dont une majorité d'auteurs américains).
Et vous ? Votre coup de cœur de février 2017 ? Votre plus grosse déception ?

Dans l'ombre - Arnaldur INDRIDASON

Editions Métailié
Parution : 2 février 2017
Titre original : Þýska húsið
Traduction : Eric Boury
352 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :

Un représentant de commerce est retrouvé dans un petit appartement de Reykjavik, tué d’une balle de Colt et le front marqué d’un “SS” en lettres de sang. Rapidement les soupçons portent sur les soldats étrangers qui grouillent dans la ville en cet été 1941.
Deux jeunes gens sont chargés des investigations : Flovent, le seul enquêteur de la police criminelle d’Islande, ex-stagiaire à Scotland Yard, et Thorson, l’Islandais né au Canada, désigné comme enquêteur par les militaires parce qu’il est bilingue.
L’afflux des soldats britanniques et américains bouleverse cette île de pêcheurs et d’agriculteurs qui évolue rapidement vers la modernité. Les femmes s’émancipent. Les nazis, malgré la dissolution de leur parti, n’ont pas renoncé à trouver des traces de leurs mythes et de la pureté aryenne dans l’île. Par ailleurs on attend en secret la visite d’un grand homme.
Les multiples rebondissements de l’enquête dressent un tableau passionnant de l’Islande de la “Situation”, cette occupation de jeunes soldats qui sèment le trouble parmi la population féminine. Ils révèlent aussi des enquêteurs tenaces, méprisés par les autorités militaires mais déterminés à ne pas se laisser imposer des coupables attendus.
Dans ce roman prenant et addictif, le lecteur est aussi fasciné par le monde qu’incarnent les personnages que par l’intrigue, imprévisible.


Ce que j'en ai pensé :

Oh qu'il m'a agacé ce nouveau roman d'Arnaldur Indridason !

- Erlendur ?  absent ! C'est un peu comme si vous aviez rendez-vous avec un très vieil ami et qu'il avait mieux à faire...

- L'éditeur ? a-t-il une demie seconde pensé à ma bibliothèque ? Les romans nordiques Métailié noirs avec leur lézard sur la tranche sont tous rangés ensemble sur un rayonnage (la littérature italienne et surtout sud-américaine de cette maison est sur une autre étagère, dans une autre bibliothèque) et là, je suis bien en peine : où vais-je ranger ce roman noir islandais avec sa tranche blanche ? Je vais prendre RDV chez le psy ;o)

- Quoi ? Une trilogie ? une enquête "à suivre" en octobre 2017 ? mais pense-t-on au pauvre lecteur totalement accro à ce roman qui va trépigner d'impatience ??

Parce qu'il est comme ça, le nouveau roman d'Arnaldur Idridason, totalement addictif ! Avec cette écriture si particulière, cette atmosphère que j'adore,  ce portrait d'une Islande toute en nuances dont il révèle ici une partie de l'histoire quand le pays servait de base arrière aux Alliés pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Quand un meurtre, a priori sans mobile, donne lieu à une photographie sociale et politique et à la découverte de deux personnages dont on devine les failles (pour l'un d'entre eux au moins) : Thorson et Flovent, le premier faisant partie de la police militaire et le second de la police islandaise.
Il est question d'espionnage et de contre-espionnage, de tests in vivo sur la criminalité, du fossé entre les islandais péquenots et les Alliés "plus évolués", de la condition féminine en Islande (et des "filles à soldats" pendant cette période appelée la "situation"), de l'influence du nazisme par son idéologie et ses théories sur la génétique (les islandais sont-ils les survivants de la pure race aryenne ?).

Une enquête passionnante, qui fait finalement un peu oublier ce cher Erlendur, et un bouquin que se lit d'une traite, addictif ! Je me trompe peut-être, mais je n'ai pas été certaine, en refermant le livre, que le mystère soit résolu...A suivre donc !



A noter page 154
 "il avait chargé son avocat de déposer une plainte contre la police pour violence à l'encontre de la police" --> une affaire qui s'annonce compliquée non ? en tout cas un petit problème à la correction des épreuves sans doute...

Le lagon noir - Arnaldur INDRIDASON

éd Métailié - Parution 3 mars 2016 - 320 pages
Titre original : Kamp Knox
Traduit par : Eric Boury

Ce qu'en dit l'éditeur :

Reykjavik, 1979. Le corps d‘un homme est repêché dans ce qui va devenir le lagon bleu. Il s’agit d’un ingénieur employé à la base américaine de l’aéroport de Keflavik. Dans l’atmosphère de la guerre froide, l’attention de la police s’oriente vers de mystérieux vols effectués entre le Groenland et l’Islande. Les autorités américaines ne sont pas prêtes à coopérer et font même tout ce qui est en leur pouvoir pour empêcher la police islandaise de faire son travail. Dans un climat de tension, conscients des risques qu’ils prennent, Erlendur et Marion Briem poursuivent leur enquête avec l’aide d’une jeune femme noire, officier de la base.Le jeune inspecteur Erlendur vient d’entrer à la brigade d’enquêtes criminelles, il est curieux, passionné par son métier, soucieux des autres, mais il ne cache pas son opposition à la présence américaine sur le sol islandais.

En parallèle, il travaille sur une vieille affaire non résolue. Une jeune fille disparue sur le chemin de l’école quarante ans plus tôt, à l’époque où la modernité arrivait clandestinement dans l’île, portée par les disques de rock et les jeans venus de la base américaine.

Indridason construit un univers particulier, une atmosphère pénétrante et sans nostalgie, un personnage littéraire de plus en plus complexe, et  le roman noir, efficace, est transformé par la littérature.


Ce que j'en ai pensé :

J'attendais avec la plus grande impatience la parution de cet opus, tant Erlendur fait à présent partie de mes références littéraires et que chacun des romans d'Indridason arrive à point nommé pour satisfaire mes envies de polar.
Cette fois, l'inspecteur n'a que 33 ans, fraîchement divorcé (et épiant sa toute petite fille au jardin d'enfant, avec toute la tendresse qu'on soupçonne derrière le type taiseux)  et fit équipe avec Marion dans une enquête ayant pour décor la base militaire américaine de Keflavik.

L'occasion encore une fois pour l'auteur de nous entraîner au gré de l'obsession d'Erlendur, les disparitions, qu'elles aient lieu en ville et en plein jour ou dans les montagnes pendant une tempête de neige. C'est une sorte de prequel, à l'instar des Nuits de Reykjavik, et propose une vision d'un Erlendur un peu perdu encore, fragile, et cela donne une perspective intéressante au personnage. 

Le rythme est toujours aussi lent, l'enquête prend son temps, la lecture s'en ressent, mais quand on est fan et qu'on sait retrouver cette ambiance si particulière, c'est assurément un plaisir, une parenthèse agréable, avec un personnage familier. Un peu comme si Erlendur faisait partie de la famille !

 

La cité de jarres - Arnaldur INDRIDASON

éd Métailié - février 2005 - 288 pages
titre original : Mýrin
Traduction : Eric Boury
Prix Clé de verre du roman noir scandinave 2002
Prix Mystère de la Critique - 2006
Prix Cœur Noir - 2006 

éd Points - juin 2006 - 336 pages

 Ce qu'en dit l'éditeur :

Pourquoi l'inspecteur Erlendur use-t-il sa mauvaise humeur à rechercher l'assassin d'un vieil homme dans l'ordinateur duquel on découvre des photos pornographiques immondes et, coincée sous un tiroir, la photo de la tombe d'une enfant de quatre ans.

Pourquoi mettre toute son énergie à trouver qui a tué celui qui s'avère être un violeur? Pourquoi faire exhumer avec quarante ans de retard le cadavre de cette enfant ? Comment résister à l'odeur des marais qui envahit tout un quartier de Reykjavic?

A quoi sert cette collection de bocaux contenant des organes baptisée pudiquement la Cité des Jarres? Pourquoi partout dans le monde la vie de flic est toujours une vie de chien mal nourri ? Erlendur le colérique s'obstine à tenter de trouver les réponses à toutes ces questions.

Ce livre écrit avec une grande économie de moyens transmet le douloureux sens de l'inéluctable qui sous-tend les vieilles sagas qu'au Moyen Age les Islandais se racontaient pendant les longues nuits d'hiver. Il reprend leur humour sardonique, l'acceptation froide des faits et de leurs conséquences lointaines.


Arnaldur Indriðason, né le 28 janvier 1961 à Reykjavik, est un écrivain islandais.

 Ce que j'en ai pensé :

Première apparition de l'inspecteur Erlendur, ce polar inaugure la célèbre série islandaise et c'est pourtant celui que j'ai lu en dernier, avant la parution en mars 2016 du Lagon noir que j'attends avec impatience !
Cette fois, le héros est énervé : sa fille Eva, enceinte, peine à sortir de la drogue et on vient de découvrir le cadavre d'un pervers, pédophile de surcroit.

L'enquête, comme à son habitude, est relativement peu rythmée, l'intrigue prend son temps et semble parfois "perdre" du temps, s'égarant dans une histoire de mariée disparue le jour de la cérémonie, ou d'une maladie neuro-cérébrale pour finalement en révéler l'importance capitale.

Le roman permet cette fois de plonger au cœur de la recherche médicale et génétique en Islande, de montrer les limites de l'éthique, d'évoquer les liens en généalogie et les limites de la vie privée, de parler du viol et de la réputation, de la transmission familiale.

Encore une fois une parfaite réussite !
 
 Affiche du film réalisé par Baltasar Kormákur avec Ingvar Eggert Sigurðsson

La femme en vert - Arnaldur INDRIDASON

éd Métailié - 3 février 2006 - 300 pages
Titre original : Grafarþögn
Traduction : Eric Boury
 Prix Clé de Verre 2003 du roman noir scandinave
 Prix CWA Gold Dagger 2005 (Grande-Bretagne)
 Prix des Lectrices de Elle - 2007

Ce qu'en dit l'éditeur :

Dans une banlieue de Reykjavik, au cours d'une fête d'anniversaire, un bébé mâchouille un objet qui se révèle être un os humain.
Le commissaire Erlendur et son équipe arrivent et découvrent sur un chantier un squelette enterré là, soixante ans auparavant. Cette même nuit, Eva, la fille d'Erlendur, appelle son père au secours sans avoir le temps de lui dire où elle est. Il la retrouve à grand-peine dans le coma et enceinte. Erlendur va tous les jours à l'hôpital rendre visite à sa fille inconsciente et, sur les conseils du médecin, lui parle, il lui raconte son enfance de petit paysan et la raison de son horreur des disparitions.

L'enquête nous est livrée en pointillé dans un magnifique récit, violent et émouvant, qui met en scène, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, une femme et ses deux enfants. Une femme victime d'un mari cruel qui la bat, menace ses enfants et la pousse à bout.

Voici à nouveau le commissaire Erlendur et ses adjoints Elinborg et Sigurdur Oli dans un récit au rythme et à l'écriture intenses et poignants, aux images fortes et aux personnages attachants et bien construits. La mémoire est comme toujours chez Indridason le pivot de ce roman haletant, qui hante longtemps ses lecteurs.

Arnaldur Indridason est né à Reykjavík le 28 janvier 1961. 
Diplômé en histoire, il est journaliste et critique de films 
puis il se consacre à l’écriture.

Ce que j'en ai pensé :

Du très bon polar encore une fois ! Cette fois, Erlendur est confronté à un crime qui trouve ses origines dans les violences conjugales alors que Reykjavik est gangrénée par le trafic de drogue. 

Le roman superpose deux récits (dont on comprend vite qu'ils sont liés): le premier pendant la seconde guerre mondiale où une femme subit les violences de son mari, et la période contemporaine où est découvert ce mystérieux cadavre. C'est pour l'auteur l'occasion de revenir sur l'histoire de son pays, occupé d'abord par les anglais puis par les troupes US alors que l'Islande s'était déclarée neutre dans le conflit européen. Mais, comme à son habitude, Indridason évoque la société islandaise moderne avec ses dérives et aborde le thème de l'abandon et du doute.

C'est encore une fois un polar d'ambiance plus que d'action mais l'intrigue, quoique facilement devinée, reste passionnante tant les personnages sont forts.

A noter pour l'anecdote : au début du roman, Erlendur bute sur un "caillou" qui s'avère être une main qui dépasse du sol...ça vous rappelle quelque chose ? "Une main encombrante" d'Henning Mankell propose le même postulat de départ, et a été écrit 1 à 2 ans après "La femme en vert" ; on retrouve même les groseilliers dans les deux romans !

Le duel - Arnaldur INDRIDASON

éd Metailié - février 2014 - 320 pages
titre original : Einvígið
traduction : Eric Boury

Ce qu'en dit l'éditeur :

 Pendant l’été 1972, Reykjavík est envahi par les touristes venus assister au championnat du monde d’échecs qui oppose l’Américain Fischer et le Russe Spassky. L’Américain se conduit comme un enfant capricieux et a de multiples exigences, le Russe est accueilli en triomphe par le parti communiste islandais, le tout sur fond de guerre froide. Au même moment un jeune homme sans histoire est poignardé dans une salle de cinéma, le magnétophone dont il ne se séparait jamais a disparu. L’atmosphère de la ville est tendue, électrique. Le commissaire Marion Briem est chargé de l’enquête au cours de laquelle certains éléments vont faire ressurgir son enfance marquée par la tuberculose, les séjours en sanatorium et la violence de certains traitements de cette maladie, endémique à l’époque dans tout le pays. L’affaire tourne au roman d’espionnage et Marion, personnage complexe et ambigu, futur mentor d’Erlendur, est bien décidé à trouver le sens du duel entre la vie et la mort qui se joue là. Un nouveau roman d’Indridason qu’il est difficile de lâcher tant l’ambiance, l’épaisseur des personnages, la qualité d’écriture et l’intrigue sont prenantes.

  Arnaldur Indridason est né à Reykjavík le 28 janvier 1961. 

Diplômé en histoire, il est journaliste et critique de films

 puis il se consacre à l’écriture.
Championnat du monde d'échecs - Fischer (USA) & Spassky (USSR) à Reykajvik 1972
Ce que j'en ai pensé :

Cette fois, pas d'Erlendur à l'horizon ! Seule(e) Marion Briem et son acolyte enquêtent sur le meurtre d'un adolescent féru de cinéma, assassiné à la séance de 17h, parce qu'il enregistrait les bandes-son des films sur son magnétophone..

Et si Erlendur pointe son nez à la toute dernière page de ce roman, l'opus en question permet d'aborder la position de l'Islande pendant la guerre froide (entre "guerre de la morue" et communisme latent) et la jeunesse de Marion Briem alors qu'elle était soigné(e) en sanatorium suite à une épidémie de tuberculose. Loin de me gêner, ces incursions dans le passé et les sentiments de Marion, m'ont permis de me familiariser avec le mentor d'Erlendur, comprendre sa détresse, ses  failles...

Dans ce polar, impossible de déterminer encore si elle-il est une femme ou un homme !

Ça n'est certainement pas l'enquête la plus "entrainante" de la série, mais le sujet est intéressant (au moins d'un point de vue culturel), j'aime toujours le côté un peu lent de la narration, le côté très évocateur des descriptions, et, disons-le clairement, je suis ACCRO ! 

Arnaldur INDRIDASON

Trois polars de plus, trois très bons polars d'Arnaldur INDRIDASON ! Je suis fan, définitivement !
Je suis un peu paresseuse, pour l'instant je me dispense de rédiger mes avis...

Titre original : Harðskafi
traduction : Eric Boury
éd Métailié - 304 pages 

Ce qu'en dit l'éditeur :

C’est l’automne. Maria, une femme d’une cinquantaine d’années, est retrouvée pendue dans son chalet d’été sur les bords du lac du Thingvellir par Karen, sa meilleure amie. Après autopsie, la police conclut à un suicide. Quelques jours plus tard, Erlendur reçoit la visite de Karen qui lui affirme que ce n’était pas "le genre" de Maria de se suicider. Elle lui remet une cassette contenant l’enregistrement d’une séance chez un médium que Maria est allée consulter afin d’entrer en contact avec sa mère décédée deux ans plus tôt, qui lui avait promis de lui envoyer un signe de l’au-delà. Aussi dubitatif que réticent, Erlendur lui promet d’écouter l’enregistrement tout en lui répétant que ni l’enquête ni l’autopsie n’ont décelé le moindre élément suspect. L’audition de la cassette le convainc cependant de reprendre l’investigation à l’insu de tous. Il découvre que l’époux de Maria a eu un passé agité, qu’il a une liaison avec l’une de ses anciennes amours, qu’il est endetté et que Maria possédait une vraie fortune. Une intrigue parallèle nous raconte l’histoire d’un jeune couple disparu lors d’une promenade sur le lac. Et nous avons enfin des informations sur la nature des relations d’Erlendur avec son ex-épouse, Halldora. Le thème sous-jacent de ce roman est la question de la validité des histoires de fantômes dont les Islandais, souvent, n’excluent pas l’existence. Il pose aussi la question du deuil, un thème transversal dans l’œuvre d’Arnaldur.

Titre original : Myrká
traduction : Eric Boury
éd Métailié - 304 pages 

Ce qu'en dit l'éditeur :

Dans un appartement à proximité du centre-ville, un jeune homme gît, mort, dans un bain de sang. Pas le moindre signe d’effraction ou de lutte, aucune arme du crime, rien que cette entaille en travers de la gorge de la victime, entaille que le légiste qualifie de douce, presque féminine. Dans la poche de sa veste, des cachets de Rohypnol, la drogue du viol… 
Il semblerait que Runolfur ait agressé une femme et que celle-ci se soit ensuite vengée. Un châle pourpre trouvé sous le lit dégage un parfum puissant et inhabituel d’épices, qui va mettre Elinborg, l’adjointe d’Erlendur et cuisinière émérite, sur la piste d’une jeune femme. Mais celle-ci ne se souvient de rien, et bien qu’elle soit persuadée d’avoir commis ce meurtre rien ne permet vraiment de le prouver. Des indices orientent les inspecteurs vers d’autres sévices soigneusement tenus secrets. 
En l’absence du commissaire Erlendur, parti en vacances, toute l’équipe va s’employer à comprendre le fonctionnement de la violence sexuelle, de la souffrance devant des injustices qui ne seront jamais entièrement réparées, et découvrir la rivière noire qui coule au fond de chacun.
Titre original : Svörtuloft
traduction : Eric Boury
éd Métailié - 350 pages 
 
Ce qu'en dit l'éditeur :

La Muraille de lave à laquelle fait allusion le titre est une falaise de basalte au pied de laquelle un tourbillon violent engloutit toutes les embarcations qui s’approchent. C’est aussi le surnom qui a été donné au siège social d’une grande banque, l’architecture sombre et aux pratiques discutables. 

Le commissaire Erlendur est parti en vacances sur les lieux de son enfance et il a disparu, mais son équipe continue à travailler. Tandis que Elinborg, la fine cuisinière, s’occupe d’une affaire de viol (La Rivière noire), Sigurdur Oli, le moderne formé aux États-Unis, reconnaît par hasard dans la rue l’un des témoins de l’affaire de pédophilie en partie résolue dans La Voix

Ce même jour, un ami lui demande d’aider un couple de cadres qui, pratiquant l’échangisme, fait l’objet d’un chantage. Troublé par ses problèmes de nouveau divorcé, Sigurdur Oli va cependant aller jusqu’au bout d’une histoire qui lui révèle la cupidité qui s’est emparée de la société islandaise avec l’expansion mondiale des modèles financiers.