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Regardez-nous danser (Le pays des autres - tome 2) - Leïla SLIMANI

 

Editions GALLIMARD - Collection La Blanche

Parution : 3 février 2022

355 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

« Année après année, Mathilde revint à la charge. Chaque été, quand soufflait le chergui et que la chaleur, écrasante, lui portait sur les nerfs, elle lançait cette idée de piscine qui révulsait son époux. Ils ne faisaient aucun mal, ils avaient bien le droit de profiter de la vie, eux qui avaient sacrifié leurs plus belles années à la guerre puis à l’exploitation de cette ferme. Elle voulait cette piscine, elle la voulait en compensation de ses sacrifices, de sa solitude, de sa jeunesse perdue. »


1968 : à force de ténacité, Amine a fait de son domaine aride une entreprise florissante. Il appartient désormais à une nouvelle bourgeoisie qui prospère, fait la fête et croit en des lendemains heureux. Mais le Maroc indépendant peine à fonder son identité nouvelle, déchiré entre les archaïsmes et les tentations illusoires de la modernité occidentale, entre l’obsession de l’image et les plaies de la honte. C’est dans cette période trouble, entre hédonisme et répression, qu’une nouvelle génération va devoir faire des choix. "Regardez-nous danser" poursuit et enrichit une fresque familiale vibrante d’émotions, incarnée dans des figures inoubliables. 

 

Ce que j'en ai pensé :

Il est loin le temps où Mathilde, jeune alsacienne et fraîche épousée d'Amine, tirait à la carabine sur les rats depuis sa misérable bicoque marocaine. Le domaine a prospéré et c'est maintenant contre les crapauds attirés par sa toute nouvelle piscine qu'elle s'énerve.

L'ambiance est à la suspicion dans ce Maroc tout juste libéré de la colonisation, le règne d'Hassan II est violence et tensions politiques. Il ne fait pas bon étaler trop sa richesse ni affirmer d'idées libertaires.

Autour de la famille Belhadj, le monde change. Les femmes rêvent de liberté, de libre choix pour leurs vies et restent pourtant prisonnières des traditions, du qu'en-dira-t-on et des milices secrètes.

C'est un monde en révolution qu'aborde la romancière dans ce second opus de la saga familiale, un monde en équilibre, au bord du gouffre, coincé entre Maghreb traditionnel et Europe des Trente Glorieuses. Un monde où l'émancipation (tant féminine par la voix d'Aïcha que masculine par celle de Selim qui rêve d'Amérique) tarde, s'oppose au conservatisme et à la répression du régime en place, et où l'accomplissement d'une réussite sociale ne garantit pas le bonheur.

Un très bon roman, vivant, mêlant vies minuscules et Histoire malgré une narration un peu "classique". Des personnages plus prégnants, plus empathiques.

A espérer que l'on n'attende pas encore 2 ans avant le prochain opus !

Le Grand Monde - Pierre LEMAITRE

 

Editions CALMANN-LEVY

Parution : 25 janvier 2022

592 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :

La famille Pelletier.

Trois histoires d’amour, un lanceur d’alerte, une adolescente égarée, deux processions, Bouddha et Confucius, un journaliste ambitieux, une mort tragique, le chat Joseph, une épouse impossible, un sale trafic, une actrice incognito, une descente aux enfers, cet imbécile de Doueiri, un accent mystérieux, la postière de Lamberghem, grosse promotion sur le linge de maison, le retour du passé, un parfum d’exotisme, une passion soudaine et irrésistible.
Et quelques meurtres.

 
 
 

Ce que j'en ai pensé :

Mars 1948 entre Paris, Beyrouth et Saïgon. 

Une famille qui se retrouve sans savoir que c'est la dernière fois que tous ses membres seront réunis pour fêter l'anniversaire de la savonnerie exploitée par le patriarche. 

Sans savoir que les 9 mois à venir vont être ceux des bouleversements.

La 4ème de couverture est le parfait reflet de cette nouvelle saga familiale contée par un Pierre LEMAITRE au sommet de son art, qui imbrique petite et grande Histoire, s'approprie les grands remuements du monde au travers de gens (presque) ordinaires, le tout teinté d'humour et d'un sens de la dramaturgie subtilement utilisé.

Parce que oui, il y aura un peu de sang versé et quantité de larmes, mais il y a aussi des personnages dont Pierre LEMAITRE sait rendre l'essence (réussissant l'exploit de faire sourire le lecteur avec la fabuleuse Geneviève, matrone acide et calculatrice, frigide et vénale !).

Du boulot d'orfèvre, le début d'une saga déjà très "page-turner" ! Le rythme est enlevé, la narration oscille entre tragique et drôlerie, bref : c'est très réussi ! Et on quitte à regret la famille Pelletier...en attendant la suite !

La porte du voyage sans retour - David DIOP

 

Editions du Seuil - Collection Cadre rouge

Parution : 19 août 2021

256 pages

 

Ce qu'en dit l'éditeur :

 « La porte du voyage sans retour » est le surnom donné à l’île de Gorée, d’où sont partis des millions d’Africains au temps de la traite des Noirs. C’est dans ce qui est en 1750 une concession française qu’un jeune homme débarque, venu au Sénégal pour étudier la flore locale. Botaniste, il caresse le rêve d’établir une encyclopédie universelle du vivant, en un siècle où l’heure est aux Lumières. Lorsqu’il a vent de l’histoire d’une jeune Africaine promise à l’esclavage et qui serait parvenue à s’évader, trouvant refuge quelque part aux confins de la terre sénégalaise, son voyage et son destin basculent dans la quête obstinée de cette femme perdue qui a laissé derrière elle mille pistes et autant de légendes.

S’inspirant de la figure de Michel Adanson, naturaliste français (1727-1806), David Diop signe un roman éblouissant, évocation puissante d’un royaume où la parole est reine, odyssée bouleversante de deux êtres qui ne cessent de se rejoindre, de s’aimer et de se perdre, transmission d’un héritage d’un père à sa fille, destinataire ultime des carnets qui relatent ce voyage caché.

 

Ce que j'en ai pensé :

Sénégal, XVIIIème siècle, Michel ADANSON alors jeune naturaliste, explore l'Afrique à la recherche de plantes ou d'animaux alors inconnus en Europe.

Paris, début du XIXème siècle, ledit ADANSON se meurt. 

A près de 60 ans au service de la botanique, il lègue à sa fille ses mémoires et son extraordinaire rencontre avec le Sénégal; ses coutumes, ses terres tour à tour riches ou désolées,  les hommes qui peuplent ce pays, et surtout LA femme pour laquelle il est prêt à tout.

Au-delà d'un roman qui pourrit donner l'illusion d'un dithyrambe contre la colonisation et l'esclavage, David DIOP, dans les pas de Michel ADANSON, restitue une époque (où le terme de "nègre" est usuel, quoi qu'on en pense aujourd'hui..) et prend la mesure d'une passion pour un pays, sans jugement de valeurs (les comparaisons de "civilisation" sont parfois cocasses), en la portant à l'aune d'une histoire d'amour et d'aventure.

A cette lecture, les sentiments et les émotions s'opposent. Il en ressort la sensation que le lecteur ne devra pas choisir un parti, mais se laisser porter par un conte dans lequel personne ne sort vainqueur, dans lequel il n'est pas besoin de juger...ou de réécrire l'histoire !!

C'est un instantané du Siècle des Lumières, un moment M où se confrontent en Europe "droits de l'homme" et exploitation presque capitaliste de la "chair humaine" (la toute-puissance de l'exploitation sucrière) et où en Afrique, on hésite entre animisme et islam, entre colons français et anglais, entre traditions et modernité.

S'oblitérant du style (et des allitérations) de son premier roman, David DIOP livre ici un roman sensible, teinté de nostalgie, le récit initiatique d'un authentique amoureux de l'Afrique, le récit d'un voyage au-delà du temps qui alterne Histoire et histoires.

Une excellente lecture !

Requiem pour une République - Thomas CANTALOUBE

 

Editions FOLIO

Parution : 8 avril 2021

544 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :

"Je connais bien la question algérienne. Je connais bien la police. Je ne veux pas être désobligeant avec vous, mais il y a des choses qui vous dépassent. L'intérêt supérieur du pays nécessite souvent que l'on passe certains événements, certaines personnes, par pertes et profits." 

Automne 1959. L'élimination d'un avocat algérien lié au FLN tourne au carnage. Toute sa famille est décimée. Antoine Carrega, ancien résistant corse qui a ses entrées dans le Milieu, Sirius Volkstrom, ancien collabo devenu exécuteur des basses œuvres du Préfet Papon, et Luc Blanchard, jeune flic naïf, sont à la recherche de l'assassin. Une chasse à l'homme qui va mener ces trois individus aux convictions et aux intérêts radicalement opposés à se croiser et, bien malgré eux, à joindre leurs forces dans cette traque dont les enjeux profonds les dépassent. 

 

Ce que j'en ai pensé :

1959. Passées la guerre et l'épuration, il reste quelques personnages bien placés qui ont su retourner leur veste au bon moment (Maurice Papon, François Mitterrand !) et profiter de la situation pour se redonner une virginité tout en continuant à flirter avec les milieux interlopes et les amis de naguère, ceux qui ont pactisé avec l'occupant et ont les mains salies de sang...

Dans ce contexte qui commence avec les premiers heurts liés à l'indépendance de l'Algérie, un crime est commis. Trois personnages vont se trouver liés à ce crime, chacun pour des intérêts différents.

Trois personnages bien campés, suffisamment exploités dans la complexité de leurs caractères et de leurs émotions pour leur apporter ce qu'il faut d'humanité (oui, oui, même Volkstrom le vilain mercenaire !) et conférer un brin d'empathie à leur égard.

Il y a certes beaucoup d'éléments dans ce polar politico-historique, cela tient sûrement à la profusion d’évènements survenus avec l'instauration de la Vème République et les débuts de la guerre d'Algérie, mais j'ai aimé ce méli-mélo d'affaires entremêlées qui m'a fait connaître un peu mieux cette période. Cela a suffi à me rendre ce polar addictif même si quelques maladresses narratives peuvent être reprochées (l'auteur parait parfois un peu professoral).

C'est un premier roman, et ça pardonne bien ces quelques faiblesses. Assez en tout cas pour me donner envie de lire "Frakas" pour retrouver Carrega et Blanchard en Afrique.

Le pays des autres - Leïla SLIMANI

Editions Gallimard - Collection La blanche
Parution : 5 mars 2020
368 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

En 1944, Mathilde, une jeune Alsacienne, s’éprend d’Amine Belhaj, un Marocain combattant dans l’armée française. Après la Libération, le couple s’installe au Maroc à Meknès, ville de garnison et de colons. Tandis qu’Amine tente de mettre en valeur un domaine constitué de terres rocailleuses et ingrates, Mathilde se sent vite étouffée par le climat rigoriste du Maroc. Seule et isolée à la ferme avec ses deux enfants, elle souffre de la méfiance qu’elle inspire en tant qu’étrangère et du manque d’argent. Le travail acharné du couple portera-t-il ses fruits? Les dix années que couvre le roman sont aussi celles d’une montée inéluctable des tensions et des violences qui aboutiront en 1956 à l’indépendance de l’ancien protectorat. 
 
Tous les personnages de ce roman vivent dans «le pays des autres» : les colons comme les indigènes, les soldats comme les paysans ou les exilés. Les femmes, surtout, vivent dans le pays des hommes et doivent sans cesse lutter pour leur émancipation. Après deux romans au style clinique et acéré, Leïla Slimani, dans cette grande fresque, fait revivre une époque et ses acteurs avec humanité, justesse, et un sens très subtil de la narration. 

Ce que j'en ai pensé :

Changement de style pour Leïla Slimani, pour mon plus grand plaisir !

Voila une trilogie qui débute aux abords de Meknès, au Maroc, une grande fresque familiale aux personnages multiples qui accroche le lecteur dès les premières pages.

Les personnages justement ! 
J'ai aimé qu'ils soient si finement campés, chacun fait face à ses propres démons, à ses contradictions, aucun n'est noir ni blanc. Tous sont dessinés en finesse, révèlent des caractères intéressants, donnent la mesure de l'intrigue et sont les témoins des grands bouleversements qui vont secouer le pays à la veille de son indépendance.

C'est un roman qui parle de la place des femmes dans la société marocaine, leur volonté d'émancipation et leur soumission entremêlées, qui explore le thème de "l'autre" comme étranger, y compris dans son propre pays, et qui restitue un instantané saisissant du Maroc dans les années 1950 entre tradition et modernité.

Vivement la suite !

Miroir de nos peines - Pierre LEMAITRE

Editions Albin Michel
Parution : 2 janvier 2020
544 pages


Ce qu'en dit l'éditeur : 
  
Avril 1940. Louise, trente ans, court, nue, sur le boulevard du Montparnasse. Pour comprendre la scène tragique qu’elle vient de vivre, elle devra plonger dans la folie d’une période sans équivalent dans l’histoire où la France toute entière, saisie par la panique, sombre dans le chaos, faisant émerger les héros et les salauds, les menteurs et les lâches... Et quelques hommes de bonne volonté.

Il fallait toute la verve et la générosité d’un chroniqueur hors pair des passions françaises pour saisir la grandeur et la décadence d’un peuple broyé par les circonstances.

Ce que j'en ai pensé :

Je l'attendais avec impatience ce tome 3 de la trilogie de Pierre Lemaître, j'avais tant aimé Au-revoir là-haut et Couleurs de l'incendie.  Et il ne m'a pas fallu plus que quelques heures pour le dévorer !!

Des années 1930, on passe à une nouvelle décennie où un fou furieux va faire régner la terreur. La France, certaine de ses forces militaires, ne voit pas le danger et s'auto-sugère une victoire rapide sur les "casques à pointes", l'information diffusée, trafiquée, dynamise le soldat, confiné derrière la ligne Maginot, dans une "drôle de guerre". 

Jusqu'aux premiers affrontements, jusqu'à l'exode qui jette des milliers de français au-delà d'Orléans, chargés de brouettes et charrettes, embarqués dans des voitures qui n'auront bientôt plus d'essence; 
L'ennemi avance, la France recule.

Dans ce paysage se dessinent des personnages singuliers, savoureux, des portraits d'une époque pas si lointaine, entre fulgurances patriotiques et trafics ordinaires, auxquels s'ajoutent les misères quotidiennes.

Ce qui réjouit le lecteur dans ce dernier tome de la trilogie, ce sont, comme auparavant, les personnages : de Louise l'institutrice à Désiré Mignon aux multiples personnalités ! 
Pierre Lemaître réussit à conjuguer la petite et la grande Histoire, à nouer légèreté et drame, cocasserie et réflexions sur l'humanité.

Un opus qui clôt brillamment la trilogie ! 
(et on se prend à espérer qu'il pourrait y avoir une suite...)

Les simples - Yannick GRANNEC

Editions Anne Carrière
Parution : 23 août 2019
445 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :

1584, en Provence. L’abbaye de Notre-Dame du Loup est un havre de paix pour la petite communauté de bénédictines qui y mène une existence vouée à Dieu et à soulager les douleurs de Ses enfants. Ces religieuses doivent leur indépendance inhabituelle à la faveur d’un roi, et leur autonomie au don de leur doyenne, soeur Clémence, une herboriste dont certaines préparations de simples sont prisées jusqu’à la Cour.
Le nouvel évêque de Vence, Jean de Solines, compte s’accaparer cette manne financière. Il dépêche deux vicaires dévoués, dont le jeune et sensible Léon, pour inspecter l’abbaye. À charge pour eux d’y trouver matière à scandale ou, à défaut… d’en provoquer un. Mais l’évêque, vite dépassé par ses propres intrigues, va allumer un brasier dont il est loin d’imaginer l’ampleur.
Il aurait dû savoir que, lorsqu’on lui entrouvre la porte, le diable se sent partout chez lui. Évêque, abbesse, soigneuse, rebouteuse, seigneur ou souillon, chacun garde une petite part au Malin. Et personne, personne n’est jamais aussi simple qu’il y paraît.

Ce que j'en ai pensé :

Un couvent et des moniales. Des intrigues de pouvoir. 
Et des herbes qui soignent ou qui tuent.

C'est une plongée au cœur d'un Moyen-Age perclus de superstitions que propose Yannick Grannec, des sœurs de l'Abbaye de Saint-Loup en Provence d'où surgit une source réputée miraculeuse aux manipulation politiques de l’évêché et des seigneurs du cru.

Un roman dense, foisonnant et des personnages peu communs : de Sœur Clémence et sa folie à Gabrielle d'Estéron qui la simule parfaitement pour atteindre son but, d'une louve et de la Malejambe qui trainent dans la forêt à ce codex écrit dans une langue inconnue (le fabuleux manuscrit de Voynich, reconnaissable entre tous et que personne n'a réussi à déchiffrer à ce jour !), ce roman nous plonge dans ce XVIème siècle où Dieu régit la vie des hommes.
 
                      
(clic clic sur l'image pour voir cette étrange écriture)

J'ai beaucoup aimé, même si j'ai cru lâché l'affaire après 300 pages ! C'est peut-être un peu long, mais c'est bon ! Fouillé, documenté, au plus près des "âmes" qui peuplent ces pages, le roman de Yannick Grannec est une excellente lecture ! 

Et c'est amusant (ou pas), j'y ai vu parfois quelques revendications féministes, les luttes de femmes face au déterminisme de la société patriarcale (et en 1584, on est bien loin de nos énervements actuels), j'ai lu quelques "levées de bouclier" contre l'ordre social, c'est avant tout une histoire de femmes, celles qui ont renoncé au monde et celles qui voudraient avoir du pouvoir..

Une bonne surprise pour moi qui ne connaissais pas l'auteur !

Torrentius - Colin THIBERT

Editions Héloïse d'Ormesson
Parution : 22 août 2019
160 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

Sous le nom de Torrentius, Johannes van der Beeck, peint les plus extraordinaires natures mortes de son temps et grave sous le manteau des scènes pornographiques qui se monnayent à prix d'or.
Dans l'austère Haarlem du XVIIe, ce provocateur flamboyant, noceur invétéré et fornicateur insatiable fascine autant qu'il dérange. Certains donneraient cher pour le neutraliser. Un bailli zélé mène l'offensive et le traduit en justice. Sous la menace de la torture, le blasphémateur acceptera-t-il de se renier ?

Aussi précis et raffiné que les toiles de ce génie oublié de la peinture flamande, Torrentius est le roman du destin manqué d'un avant-gardiste. Recomposant le tableau de cette existence aussi passionnante que tragique, la plume élégante et savoureusement anachronique de Colin Thibert nous invite à côtoyer cet hédoniste libertaire.

Ce que j'en ai pensé :

Court roman mais grand moment de plaisir ! A peine 160 pages pour faire la connaissance de ce peintre hollandais peu connu, et découvrir ses mœurs pour le moins étonnantes !

Le lecteur ne percera pas le secret de ces lumineuses natures mortes, pourra ne voir que les goûts dispendieux d'un homme qui vit de bonne chair en ces Pays-Bas si pudibonds, prodigue en dépenses somptuaires mais au pinceau fainéant, hâbleur, conteur, trousse-jupons et facteur de gravures licencieuses.

Ledit lecteur pourrait passer à travers l'image d'un homme, certes jouisseur, mais érudit, cultivé, doué, habile en paroles autant que de son art pictural, d'une aventure peu commune qui offre un instantané de la Hollande du XVIIème siècle, et ça serait dommage !

Un beau roman, truculent, gai, mais surtout érudit et fort bien écrit !

L'affaire La Pérouse - Anne-James CHATON

Editions P.O.L
Parution : 4 avril 2019
160 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :


S'il avait étudié la météorologie, 
s'il avait appris la langue Maori, 
s'il avait été moins gourmand, 
s'il avait lu Herman Melville, 
s'il avait suivi des cours de secourisme, 
s'il avait su chanter, 
s’il avait évité les navires battant pavillons anglais,
s'il avait pris au sérieux les menaces de Fletcher Christian, 
s'il avait entrepris une psychothérapie, 

lui et ses équipages seraient rentrés à bon port. 


Ce que j'en ai pensé : 

En montant à l'échafaud, Louis XVI s'inquiétait de ce qui avait pu advenir à l'expédition de La Boussole et L'Astrobale, les deux navires du Comte de La Pérouse partis autour du monde.

24 hypothèses (dont certaines très farfelues) et un roman qui se décline façon exercice de style (on pense à l'Oulipo) avec des listes souvent cocasses dont il faut savourer chaque mot ! 

Que l'hypothèse penche vers les cannibales, l'attaque d'animaux marins extraordinaires, l'intrusion d'un mutin, l'auteur s'amuse et nous aussi ! C'est un drôle de roman (?), c'est aussi un roman drôle !  
Et chaque liste recèle au moins une pépite, il faut donc vraiment les lire, presque à voix haute tant la répétition donne le rythme.

Un roman qui m'a étonnée, fait sourire (rire parfois ), un roman inclassable mais que je suis ravie d'avoir découvert !

Extrait :

"Hypothèse n°13 : le phénomène inexpliqué
Le phénomène inexpliqué est un phénomène que l'on ne peut pas expliquer, mais qui pourrait expliquer la disparition des navires de La Pérouse."

Oublier Klara - Isabelle AUTISSIER

Editions Stock - Collection La Bleue
Parution : 2 mai 2019
320 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

Mourmansk, au Nord du cercle polaire. Sur son lit d’hôpital, Rubin se sait condamné. Seule une énigme le maintient en vie : alors qu’il n’était qu’un enfant, Klara, sa mère, chercheuse scientifique à l’époque de Staline, a été arrêtée sous ses yeux. Qu’est-elle devenue ? L’absence de Klara, la blessure ressentie enfant ont fait de lui un homme rude. Avec lui-même. Avec son fils Iouri. Le père devient patron de chalutier, mutique. Le fils aura les oiseaux pour compagnon et la fuite pour horizon. Iouri s’exile en Amérique, tournant la page d’une enfance meurtrie.

Mais à l’appel de son père, Iouri, désormais adulte, répond présent : ne pas oublier Klara ! Lutter contre l’Histoire, lutter contre un silence. Quel est le secret de Klara ? Peut-on conjurer le passé ?

Dans son enquête, Iouri découvrira une vérité essentielle qui unit leurs destins. 

Oublier Klara est une magnifique aventure humaine, traversé par une nature sauvage.

Ce que j'en ai pensé : 


C'est une longue quête qui entraîne Iouri, exilé aux USA, à la recherche de sa grand-mère paternelle qu'il n'a pas connue.

Une aventure aux confins des terres russes, de celles qui mettent les hommes (et leur coeur !) à rude épreuve, qui cachent les hontes de l'ancien bloc soviétique entre goulags et mise à l'écart des populations autochtones.

Isabelle Autissier s'y entend à nous embarquer avec elle, à nous dessiner des paysages hostiles et pourtant, elle nous raconte aussi les oiseaux et les hommes, donnant à cette histoire une belle lumière.

Roman du souvenir, du passé qui ressurgit, quête d'identité et de mémoire familiale, tableau saisissant d'une URSS disparue, Oublier Klara emporte le lecteur, l'enveloppe dans sa nostalgie poétique.

Une belle immersion dans les paysages arctiques et dans la société russe !

Merci aux Editions Stock pour cette lecture en avant-première qui confirme que j'aime beaucoup la plume d'Isabelle Autissier !

L'île aux enfants - Ariane BOIS

Editions Belfond
Parution : 14 mars 2019
240 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :

 Pauline, six ans, et sa petite sœur Clémence coulent des jours heureux sur l'île qui les a vues naître, la Réunion. Un matin de 1963, elles sont kidnappées au bord de la route et embarquent de force dans un avion pour la métropole, à neuf mille kilomètres de leurs parents. À Guéret, dans la Creuse, elles sont séparées.
1998 : quelques phrases à la radio rouvrent de vieilles blessures. Frappée par le silence dans lequel est murée sa mère, Caroline, jeune journaliste, décide d'enquêter et s'envole pour la Réunion, où elle découvre peu à peu les détails d'un mensonge d'État.


Ce que j'en ai pensé :

Plus de deux mille enfants réunionnais ont été arrachés à leurs familles entre les années 1960 et 1980, officiellement pour les préserver d'un environnement familial défaillant (pères alcooliques, filles-mères, malnutrition et manque d'hygiène) pour repeupler les départements ruraux de métropole en déficit de natalité. 

Des gamins déracinés, adoptés par des familles qui trouvaient souvent ainsi une main d'oeuvre à bon compte pour les travaux de leurs fermes.

Des gamins qui, pour certains, ont oublié leurs origines (à qui les familles d'accueil ont même été parfois jusqu'à donner un autre prénom !) et qui ont dû se construire et grandir dans un grand mensonge organisé par l'Etat

C'est pourtant avec délicatesse et humanité qu'Ariane Bois raconte cet épisode honteux de la République en déroulant l'enfance, parfois heurtée, de Pauline qu'on a séparée de sa sœur et qui n'accepte pas de retrouver ses origines…

Un roman sensible sur l'identité et sur l'incroyable capacité de résilience de ces enfants déportés, une quête des origines emmenée par une narration pleine de justesse et sans manichéisme.

Le voyage de Ludwig - Julien JOUANNEAU

Editions Flammarion
Parution : 27 mars 2019
208 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :

 Ludwig est un compagnon parfait. Affectueux. Le rayon de soleil de sa maîtresse Hannah dans leur quotidien assombri par l’Occupation. Le jour où elle est jetée dans un wagon à bestiaux en partance vers une destination inconnue, Ludwig se lance à la poursuite du train. Sans jamais s’arrêter, sans jamais quitter les rails. L’espoir de retrouver Hannah lui fait traverser une France ravagée par les ténèbres, exsangue et suffocante. Une terre où les menaces surgissent le long du chemin de fer, où la sauvagerie rôde. Pris au piège des parfums de la guerre, épuisé et meurtri, Ludwig court entre les deux bras d’acier. Sa fidélité bravera les enfers.

Ce que j'en ai pensé :

Quand Julien Jouanneau m'a proposé de m'envoyer son roman, la curiosité l'a emporté sur mes habitudes de lecture, un peu loin de ma zone de confort. 
Et j'ai bien fait de me laisser tenter !

Voila un court roman qui adopte un point de vue tout à fait original pour parler de la déportation des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale ; celui d'un chien qui se lance dans une course éperdue, et pleine de rebondissements, derrière le train qui emmène sa jeune maîtresse vers les camps de la mort.

Un roman plein de tendresse, une plume vive et un animal-personnage qui suscite l'empathie par sa loyauté hors normes. C'est lui le narrateur qui nous raconte son incroyable voyage, revient sur ses années heureuses de jeune chiot (et ses bêtises) et qui nous livre, à hauteur de truffe et d'oreilles poilues, le récit de son parcours initiatique.

Merci à Julien Jouanneau pour sa confiance !

Des vies possibles - Charif MAJDALANI

Editions du Seuil - Collection Cadre rouge
Parution : 3 janvier 2019
292 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

Début du XVIIe siècle. 
Un jeune homme originaire de la Montagne libanaise est envoyé à Rome pour étudier et entrer au service de la papauté. Avide d’atlas et des découvertes scientifiques d’un temps dominé par Galilée, Raphaël Arbensis ne tarde pas à se détourner de la carrière qui s’imposait à lui, rêvant d’autres vies possibles. 
De Rome à la république de Venise, puis à Istanbul et Ispahan, de Vicence à Paris et Amsterdam, le voici tour à tour aventurier, diplomate, marchand, côtoyant la famille Barberini et ses papes, Fabri de Peiresc, Borromini, Corneille ou Rembrandt. 
Ami des peintres, il se mêlera aussi d’astronomie, tâtera de la politique auprès de Mazarin à l’heure de la Fronde, connaîtra la disgrâce et les déceptions amoureuses…
En une succession de brefs chapitres qui sont autant de miniatures d’une époque tumultueuse et foisonnante, Charif Majdalani conte le roman d’un homme né ailleurs mais fasciné par l’humanisme européen, en quête d’une place dans le monde et d’un bonheur pour lesquels il devra s’affranchir des lois et des savoirs anciens.


Ce que j'en ai pensé :

"Je ne suis maître de ma vie que de manière très limitée, mais dans cette infime limite ma liberté est infinie."

Dans ce qui s'apparente à un conte, Roufeyil Harbini, alias Raphaël Arbensis,  jeune érudit libanais, part à la découverte du monde. Rome, Venise, Istanbul, Paris..sa route croise les grands esprits de son époque.

C'est un roman plein de poésie qui nous promène d'Orient en Occident dans une quête d'amour et d'expériences inédites qui amèneront le jeune homme à s'interroger sur ses aspirations et sur son identité, sur ses désirs réels, à la croisée des cultures.

J'avais beaucoup aimé Villa des femmes (coup de cœur en 2015) et L'empereur à pieds, mais ce nouveau roman m'a laissée sur ma faim. Je ne lui ai pas trouvé la grâce des précédents et je suis restée à distance. La narration m'a paru trop "factuelle" , posant les évènements les uns après les autres sans leur apporter un liant romanesque.

"Nos vies [...] ne sont que la somme, totalisable et dotée de sens après coup, des petits incidents, des hasards minuscules, des accidents insignifiants, des divers tournants qui font dévier une trajectoire vers une autre, qui font aller une vie tout à fait ailleurs [...]"

Et ils oublieront la colère - Elsa MARPEAU

Editions Folio Policier

Parution : 11 mai 2017

304 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :


Eté 1944. Une femme court dans la campagne icaunaise. Elle cherche à échapper à la foule qui veut la tondre. Eté 2015. Un homme a été tué près d'un lac. La gendarme chargée de l'enquête soupçonne que son meurtre est lié à une tonte, qui a eu lieu soixante-dix ans plus tôt. Entre aujourd'hui et hier, les destins s'entremêlent mais les protagonistes ne s'en souviennent plus - ils ont oublié la colère, les jours de liesse et la cruauté des vaincus contre ceux de leur camp, lors de la Libération. L'enquête va exhumer ce passé dont plus personne ne veut se rappeler. 

Ce que j'en ai pensé :

Ah ! enfin quelque chose d'intéressant dans les polars lus dernièrement ! Une intrigue qui sort un peu de l'ordinaire, un aspect de l'histoire de France pas souvent exploité (les femmes tondues à la Libération), et une fliquette au profil qui interpelle.

C'est presque dommage que certains aspects ne soient pas plus creusés, mais pour être tout à fait honnête, j'ai pris beaucoup de plaisir à cette lecture, et, au moins, je n'ai pas tout compris de l'intrigue avant la page 100 !! 

Ça ne sera pas le polar de l'année mais c'est suffisamment bien écrit et prenant, et finalement, c'est tout ce dont j'avais besoin ! 

La toile du monde - Antonin VARENNE

Editions Albin Michel 
Parution : 22 août 2018
352 pages
Ce qu'en dit l'éditeur :

La toile du monde possède le souffle sensuel et l’énergie des grands romans qui plient la réalité aux dimensions du rêve. Rêve de liberté d’une femme venue d’un autre monde, rêve de métamorphose du Paris de 1900, décor de l’Exposition universelle. Après Trois mille chevaux-vapeur et Équateur, Antonin Varenne signe une œuvre saisissante et confirme la singularité de son talent.
Aileen Bowman, trente-cinq ans, journaliste, célibataire, est venue couvrir l’événement pour le New York Tribune. Née d’un baroudeur anglais et d’une française utopiste, élevée dans le décor sauvage des plaines du Nevada, Aileen est un être affranchi de tout lien et de toute morale, mue par sa passion et ses idéaux humanistes. Au fil d’un récit qui nous immerge au cœur de la ville en chantier, du métropolitain naissant aux quartiers des bordels chers aux peintres, la personnalité singulière d’Aileen se confond avec la ville lumière. Un portrait en miroir qui dessine la toile du monde, de l’Europe à l’Amérique, du XIXe et au XXe siècle, du passé d’Aileen à un destin qu’elle n’imagine pas.

Ce que j'en ai pensé  :

La suite des aventures de Bowman ! J'avais tant aimé le précédent opus d'Antonin Varenne, Equateur !!

Et sans doute ai-je trop attendu de cette suite...

J'ai aimé que l'intrigue se décale dans le Paris du début du XXème siècle, histoire de changer la perspective.
J'ai commencé par beaucoup aimé Aileen Bowman, non-consensuelle, femme libre, en pantalons, dans une France encore franchement réactionnaire, très coincée.

Et puis, malgré ses rencontres avec des artistes, malgré sa liberté, Aileen a fini par me saouler, en mode féministe, et Antonin Varenne m'a perdue entre la couverture journalistique d'un événement planétaire (l'expo universelle qui donne de la matière à des passages superbes) et les atermoiements d'une cow-girl affranchie qui part à la recherche de ses "origines".

C'est sympa...mais.. J'ai zappé.

Tant pis.

Pis, pour être franche, il m'a manqué un peu de souffle, un peu d'aventure, un peu plus de peps !

Les voyages de sable - Jean-Paul DELFINO

Editions du Passage
Parution : 23 août 2018
270 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :

Par une nuit de neige qui finit par immobiliser Paris, monsieur Jaume se rend dans un café de la rue Saint-André-des-Arts. En veine de confidences, il raconte à Virgile, un bistrotier désabusé, la malédiction qui le frappe. Monsieur Jaume est immortel.

Toute la nuit durant, et avec la promesse de lui révéler son secret, il va confier à Virgile ses multiples existences passées. Né à Marseille en 1702, il fuit la grande peste, part à l'aventure en Afrique, cultive le café en Guyane, meurt à cent reprises et revient à la vie autant de fois. Peintre d'ex-voto au Brésil, guetteur de cadavres sur le Rhône, négrier à l'occasion, clerc de notaire à Paris, ermite au Portugal ou spectateur de la révolution de 1848, Jaume connaîtra l'amour, l'amitié et la trahison. 
 
Tout d'abord sceptique, Virgile l'écoute. Puis, peu à peu, sa curiosité s'éveille et il se laisse prendre au jeu. Être immortel semble bien tentant. Mais n'est-ce pas le pire cadeau que le sort puisse offrir à un homme ?

Avec Les Voyages de sable, Jean-Paul Delfino nous invite à une longue traversée poétique et fantastique, où une nuit dure trois siècles et l'arrière-salle d'un café ouvre sur les cinq continents.

Ce que j'en ai pensé :

Ça vous dit de partir en voyage autour du monde et à travers l'histoire sans sortir de chez vous ?

Faites comme Virgile, le cafetier : asseyez-vous auprès de Monsieur Jaume, sortez une bonne bouteille de vieux rhum (ou prévoyez quelques cafés) et partez à l'aventure !

De Marseille attaquée par la Peste à l'aube du XVIIIème siècle, en passant par l'Afrique ou la Guyane, on suit ce vieux monsieur, supposé immortel, dans un tas de péripéties fantastiques et franchement addictives !
J'ai imaginé Shéhérazade et les Mille et Une Nuits, emportée par les belles lignes de ce roman de voyages et d'aventure, j'ai même fini par avoir des images très précises de ce petit café où les deux hommes échangent amitié et cigarettes.
Les deux personnages sont fabuleux et l'histoire, remarquablement contée, nous interroge sur l'immortalité (bénédiction ou malédiction?) mais surtout sur les bégaiements de l'Histoire, sur la fâcheuse tendance des hommes à ne pas retenir les leçons du passé !

Un beau roman, vivant et rythmé, un « voyage » dépaysant depuis une banquette de moleskine !

Merci aux Editions du Passage et à Babelio Masse Critique pour cette enthousiasmante et poétique lecture !!

Le coeur converti - Stefan HERTMANS


Editions Gallimard
Parution : 23 août 2018
Titre original : De bekeerlinge
Traduction :  Isabelle Rosselin
368 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

Lorsque Stefan Hertmans apprend que Monieux, le petit village provençal où il a élu domicile, a été le théâtre d’un pogrom il y a mille ans et qu’un trésor y serait caché, il part à la recherche d’indices. Une lettre de recommandation découverte dans une synagogue du Caire le met sur la trace d’une jeune noble normande qui, à la fin du onzième siècle, convertie par amour pour un fils de rabbin, aurait trouvé refuge à Monieux.
La belle Vigdis est tombée amoureuse de David, étudiant à la yeshiva de Rouen. Au péril de sa vie, elle le suit dans le Sud, commence à prier son dieu et devient Hamoutal. Son père ayant promis une forte somme à qui la ramènerait, des chevaliers se lancent à sa poursuite. Puis les croisés, de plus en plus nombreux sur le chemin de Jérusalem, semant mort et destruction dans leur sillage, s’intéressent à cette femme aux yeux bleus.
C’est le début d’un conte passionnant et d’une reconstruction littéraire grandiose du Moyen Âge. S’appuyant sur des faits et des sources authentiques, cette histoire d’amour tragique, menée comme une enquête, entraîne le lecteur dans un univers chaotique, un monde en pleine mutation. Stefan Hertmans nous offre aussi un roman contemporain, celui d’une femme en exil que guide l’espoir.


Ce que j'en ai pensé :

J'ai d'abord été séduite par le résumé : une histoire médiévale, un trésor, et Narbonne en décor.

J'ai lutté, page après page.

J'ai lâché l'affaire. 

Ça n'a pas fonctionné, j'ai aimé tous les passages relatifs au périple de David et Vigdis entre Normandie et Provence, leurs nouvelles vies.

Je n'ai pas aimé les interventions de l'auteur, en tant que personnage auxiliaire qui fait des recherches sur les protagonistes de son roman. 
J'ai eu parfois l'impression que l'auteur prenait la place de son héroïne, se glissait malencontreusement dans cette histoire où il n'avait rien à faire et que, du coup, ça cassait le rythme de la narration...

La frontière entre le roman historique, le document, les pointes d'autobiographie de l'auteur (même mises en relation avec l'endroit où ont vécu David et Vigdis), trop floue, mélangeant malheureusement les genres, a eu raison de mon intérêt.

A tel point que je n'ai pas eu envie de découvrir de quel trésor pouvait bien parler la 4ème de couv'.....