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Le Grand Monde - Pierre LEMAITRE

 

Editions CALMANN-LEVY

Parution : 25 janvier 2022

592 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :

La famille Pelletier.

Trois histoires d’amour, un lanceur d’alerte, une adolescente égarée, deux processions, Bouddha et Confucius, un journaliste ambitieux, une mort tragique, le chat Joseph, une épouse impossible, un sale trafic, une actrice incognito, une descente aux enfers, cet imbécile de Doueiri, un accent mystérieux, la postière de Lamberghem, grosse promotion sur le linge de maison, le retour du passé, un parfum d’exotisme, une passion soudaine et irrésistible.
Et quelques meurtres.

 
 
 

Ce que j'en ai pensé :

Mars 1948 entre Paris, Beyrouth et Saïgon. 

Une famille qui se retrouve sans savoir que c'est la dernière fois que tous ses membres seront réunis pour fêter l'anniversaire de la savonnerie exploitée par le patriarche. 

Sans savoir que les 9 mois à venir vont être ceux des bouleversements.

La 4ème de couverture est le parfait reflet de cette nouvelle saga familiale contée par un Pierre LEMAITRE au sommet de son art, qui imbrique petite et grande Histoire, s'approprie les grands remuements du monde au travers de gens (presque) ordinaires, le tout teinté d'humour et d'un sens de la dramaturgie subtilement utilisé.

Parce que oui, il y aura un peu de sang versé et quantité de larmes, mais il y a aussi des personnages dont Pierre LEMAITRE sait rendre l'essence (réussissant l'exploit de faire sourire le lecteur avec la fabuleuse Geneviève, matrone acide et calculatrice, frigide et vénale !).

Du boulot d'orfèvre, le début d'une saga déjà très "page-turner" ! Le rythme est enlevé, la narration oscille entre tragique et drôlerie, bref : c'est très réussi ! Et on quitte à regret la famille Pelletier...en attendant la suite !

Respire - Niko TACKIAN

 

Editions CALMAN-LEVY

Parution : 5 janvier 2022

324 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

Le sable très blanc, l’océan turquoise. Voici ce que découvre Yohan à son réveil. Un endroit paradisiaque où il va entamer une nouvelle vie. Avoir une deuxième chance d’être heureux. Pour arriver sur cette île inconnue, il a signé avec une mystérieuse société qui promettait de le faire disparaître et d’effacer toute trace de son passé.

Les premiers jours, Yohan savoure son insouciance retrouvée.Même si peu à peu, un sentiment d’étrangeté le gagne. L’île héberge une dizaine d’habitants plus énigmatiques les uns que les autres. Pourtant les maisons abandonnées, les échoppes désertes dans les rues balayées par le vent, laissent penser qu’un jour ils ont été bien plus nombreux. Où sont passés les autres ?

Yohan veut comprendre. Mais jamais il n’aurait dû chercher à voir l’envers du décor. Car c’est bien connu, la connaissance fait voler en éclats le Paradis...


Ce que j'en ai pensé :

Niko Tackian se réinvente une nouvelle fois avec ce polar oppressant et à l'intrigue singulière. Peut-être plus littéraire que les précédents, le roman reste encore très cinématographique, et les références sont nombreuses, de Moby Dick à Shutter Island.

Une atmosphère angoissante malgré le bleu cru du ciel et les palmiers, des personnages inquiétants dont on devine qu'ils cachent de sombres secrets, un sentiment d'enfermement et de fuite impossible. L'auteur sème les indices dans des chapitres courts et rythmés.

Pourtant, j'ai été assez mitigée dans la première partie, la faute sans doute au style narratif trop "simple", pas assez travaillé. J'ai également eu une impression de "déjà lu" sans réussir à la définir exactement et j'ai parfois regretté le côté assez caricatural des personnages (dont Yohan, le héros, écrivain en panne d'inspiration devenu alcoolique)..

Mais l'ensemble fonctionne, et j'ai apprécié le mélange polar-roman d'aventures-fantastique, l'idée que Niko Tackian s'amuse avec son lecteur et place ce polar dans une perspective plus psychologique.

Les soeurs de Montmorts - Jérôme LOUBRY

 

Editions Calmann-Levy

Parution : 25 août 2021

270 pages



Ce qu'en dit l'éditeur :

Novembre 2021. Julien Perrault vient d’être nommé chef de la police de Montmorts, village isolé desservi par une unique route.
Alors qu’il s’imaginait atterrir au bout du monde, il découvre un endroit cossu, aux rues d’une propreté immaculée, et équipé d’un système de surveillance dernier cri.

Mais quelque chose détonne dans cette atmosphère trop calme. Est-ce la silhouette menaçante de la montagne des Morts qui surplombe le village ?
Les voix et les superstitions qui hantent les habitants ? Les décès violents qui jalonnent l’histoire des lieux ?

Dans la lignée des Refuges, un thriller stupéfiant à la construction aussi originale qu’habile, qui vous fera douter de vos certitudes à chaque page.



Ce que j'en ai pensé :

Le bandeau, prometteur, argumentait sur la capacité de l'auteur à manipuler le lecteur…

Ne jamais faire confiance à un bandeau publicitaire sur un livre, jamais.

Certes, ce qu'on appellera le « twist » final, va éclaircir tous les mystères de ce polar. Et l'idée est plutôt bonne mais elle est cependant déjà vue chez d'autres auteurs de polars , dont Sonja Dezongle.

Mais ça ne suffit pas !

J'ai d'abord été curieuse, mais j'ai été vite agacée (et quand je commence à annoter des pages, ça finit mal!).

Les événements relatés entretiennent l'atmosphère frelatée de ce patelin paumé , le sang gicle allègrement (page 247 : « le liquide pourpre paraissait lui-aussi en panique, se faufilant entre les crevasses et les bosses, coulant avec furie jusqu'au sol » - le mec s'est juste pété l'arcade mais c'est l'apocalypse, l'hémophilie incontrôlable ??) et c'est un peu trop capillo-tracté (ou artéro-pompé). La qualité d'un polar ne se résume pas à son taux d'hémoglobine !


J'ai cru capituler devant tant d'indigence dans la narration, entre répétitions (on est souvent pas loin de l'allitération !! j'ai même souhaité que l'auteur s'étouffe dans ses flocons saupoudrés toutes les 3 lignes !! d'autant que cette neige, dans laquelle se vautre l'auteur en pensant apporter une atmosphère « étrange » n'amène RIEN à l'intrigue) et lourdeurs narratives absolument indigestes !

Il y a de quoi s'étouffer avec cette phrase :

« Ici, les bruits de la vie s'arrêtaient à l'orée de la forêt pour laisser place à un silence pesant, pareils à ceux qui enlacent les remords des pénitents agenouillés dans une église. »

Ahem..lourd, lourd, lourdingue ! (ne fais pas du Bouysse qui veut!)

Les contreforts - Guillaume SIRE

 

Editions Calmann Levy

Parution : 18 août 2021

352 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

Au seuil des Corbières, les Testasecca habitent un château fort fabuleux, fait d’une multitude anarchique de tourelles, de coursives, de chemins de ronde et de passages dérobés.

Clémence, dix-sept ans, bricoleuse de génie, rafistole le domaine au volant de son fidèle tracteur ; Pierre, quinze ans, hypersensible, braconne dans les hauts plateaux ; Léon, le père, vigneron lyrique et bagarreur, voit ses pouvoirs décroître à mesure que la vieillesse le prend ; Diane, la mère, essaie tant bien que mal de gérer la propriété.


Ruinés, ils sont menacés d'expulsion. Et la nature autour devient folle : des hordes de chevreuils désorientés ravagent les cultures. Frondeurs et orgueilleux, les Testasecca décident de défendre coûte que coûte le château.

Dans cette épopée baroque et tragique où on retrouve toute sa puissance romanesque, Guillaume Sire érige une mythologie sur la terre de son enfance.

 

Ce que j'en ai pensé :


L'intrigue, aux portes de Carcassonne, est la chronique d'un désastre annoncé, d'une épopée contre le sort qui s'acharne, contre l'administration qui empêche, contre le temps qui emporte les vieilles pierres, les souvenirs d'enfance et l'équilibre de la nature.

C'est l'histoire d'une chute inéluctable, du renoncement aux rêves.
Ce sont les Corbières battues par les vents, âpres et rudes, où les hommes sont presque aussi sauvages que les bêtes.


Si quelques détails "locaux" m'ont chagrinée (quand on connaît les lieux de l'intrigue, on ne peut s'empêcher de faire quelques parallèles..), j'ai beaucoup aimé ce roman dont les personnages sont plus qu'attachants et dont la plume, poétique, m'a charmée. 

La narration oscille entre conte et réalisme, ajoutant une touche de mystère à ce roman.



Les vents sauvages - Johann GUILLAUD-BACHET

 

Editions Calmann-Levy

Parution : 7 avril 2021

352 pages

 

Ce qu'en dit l'éditeur :

Dans une France au bord de la guerre civile, où les ressources se font rares, Étienne décide de tout quitter pour se réfugier avec sa fille Manon dans la ferme familiale, au milieu des forêts d’épineux.

Il y retrouve de vieux amis mais son rêve d’autarcie s’écroule rapidement : la vie est rude dans la vallée cernée d’imposantes montagnes où plus personne n’ose s’aventurer. Les pouvoirs publics ont déserté la région, au profit de la mystérieuse Fonderie qui semble tenir le village et les alentours sous son joug.

Ici aussi, peur et violence règnent.

Bientôt, Étienne apprend que plusieurs jeunes filles ont disparu et que des corps d’hommes déchiquetés sont régulièrement retrouvés à la fonte des neiges.
Chaque jour, les vents se déchaînent, chaque jour, les habitants se terrent… Et les peurs ancestrales resurgissent.


Ce que j'en ai pensé :

Une ambiance pré-apocalyptique et l'espoir de recommencer une vie nouvelle, loin des violences urbaines et des pénuries, pour Etienne et sa fille.

Des décors grandioses, la montagne et ses parois vertigineuses, le lieu des souvenirs d'enfance et du bonheur passé.

Il y aurait tout ce qu'il faut pour se reconstruire après le deuil si l'atmosphère ne se faisait de plus en plus inquiétante, si les événements n'étaient autant porteurs d'angoisse. Quelque chose rôde au pied du massif...

A mesure que les vents se déchaînent et que le froid perdure, les hommes révèlent leurs plus vils instincts, leur sauvagerie, et les femmes, face à eux, pourraient être des victimes de choix.

Un roman fort qui fait la part belle à la nature, violente, perturbée, indomptée. Un roman qui flirte avec le polar, joue dans le registre du fantastique (voire de l'horreur), explore les relations hommes/femmes dans la violence, la résistance et la résilience.

Un coup de cœur, tant pour la qualité de la narration et la virtuosité de la plume, que pour la tension qui monte inexorablement vers le dénouement, ce roman est une merveille de poésie et de brutalité mêlées.

Celle qui pleure sous l'eau - Niko TACKIAN

Editions Calmann-Levy
Parution : 2 janvier 2020
250 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

Aujourd’hui, Clara n’est plus qu’un dossier sur le bureau de Tomar Khan. On vient de la retrouver morte, flottant dans le magnifique bassin Art Déco d’une piscine parisienne. Le suicide paraît évident.

Tomar est prêt à fermer le dossier, d’autant qu’il est très préoccupé par une enquête qui le concerne et se resserre autour de lui. Mais Rhonda,son adjointe, peut comprendre pourquoi une jeune femme aussi lumineuse et passionnée en est venue à mettre fin à ses jours. Elle sent une présence derrière ce geste.

Pas après pas, Rhonda va remonter jusqu’à la source de la souffrance de Clara. Il lui faudra beaucoup de ténacité – et l’appui de Tomar – pour venir à bout de cette enquête bouleversante.

 Ce que j'en ai pensé :

J'avais beaucoup aimé l'ambiance de "Avalanche hôtel", et je n'ai donc pas hésité à replonger dans la nouvelle enquête de Tomar Khan, héros récurrent, flic borderline, parricide, en proie à une épilepsie neuronale (je ne connaissais pas, mais pour simplifier, le stress génère une amnésie) et de son équipe.

C'est peut-être moins bien ficelé que l'épisode précédent (deux ou trois agacements par rapport à certains "clichés" comme la Proc "aux yeux de biche"... ) mais ça se lit avec plaisir, le polar ménageant un (trop léger) suspens..

Ce qui m'embarrasse le plus, finalement, c'est que ce polar suive une sorte de mode, et surfe sur le phénomène social de la lutte contre les violences faites aux femmes. Le sujet est tellement "dans l'air du temps" que je me suis sentie prise au piège, pas convaincue qu'il n'ait été écrit pour d'autres raisons...

Alors, même si j'aime ce personnage complexe, même si l'intrigue est suffisamment fournie, j'ai ressenti un manque d'enthousiasme et j'espère que sur un prochain tome, l'auteur aura simplement envie de nous offrir une enquête pas trop "formatée"...

Un bon moment de lecture malgré tout !

En attendant la neige - Christiane DESROUSSEAUX

Editions Calmann-Levy
Parution : 2 janvier 2019
288 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

«  Hier, quand j’ai poussé la porte du chalet, j’ai eu immédiatement l’impression d’être arrivée dans un lieu qui m’attendait. Un lieu possible en tout cas. Un lieu vivable. La pièce unique tapissée de bois, le colossal poêle central, les fenêtres ouvertes sur le velours des prairies, tout m’a plu.  »
  
Morez, dans le Haut Jura. C’est là que Vera a décidé de s’exiler quelque temps. Le corps et l’esprit encore endoloris après l’accident de voiture dont elle est responsable et qui a coûté la vie à sa mère, elle investit ce chalet pour se sevrer des médicaments, recouvrer la mémoire et fuir la surveillance de son envahissante sœur.La montagne apparaît en effet comme le lieu idéal pour se reconstruire.

Mais Vera n’est pas la seule à y être venue enterrer son passé et, toute à sa renaissance, elle ignore les menaces qui planent.Des habitants hostiles.
Un voisin aussi séduisant que mystérieux. Et la neige qui risque à tout moment de bloquer la vallée…

 carte postale ancienne - Morez (Jura) sous la neige

Ce que j'en ai pensé :

Dire que j'ai tourné autour de ce roman depuis sa parution, hésitant encore et encore jusqu'à me laisser tenter ! Je l'ai refermé, conquise tant par l'histoire que par le style narratif !

Un brin de suspens, une ambiance au cordeau, des personnages travaillés avec précision (on croise un chaman, un médecin légiste taiseux, une vieille villageoise façon harpie) et l'impression que ce roman flirte parfois avec le thriller psychologique, nous embarquant dans un presque huis-clos en montagne qui fait monter la tension et glisse vers un dénouement bien mené.

Il y est question de résilience et de manipulation machiavélique, dans une ambiance parfois pesante (ah ! les villages de montagne !) où la nature a la part belle.

Un roman lu d'une traite, à l'atmosphère envoûtante !

Avalanche hôtel - Niko TACKIAN

Editions Calmann-Levy
Parution : 2 janvier 2019
270 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :


Janvier 1980. Joshua Auberson est agent de sécurité à  l’Avalanche Hôtel, sublime palace des Alpes suisses. Il  enquête sur la disparition d’une jeune cliente avec un  sentiment d’étrangeté. Quelque chose cloche autour de lui, il en est sûr. Le barman, un géant taciturne, lui demande de le  suivre dans la montagne, en pleine tempête de neige. Joshua  a si froid qu’il perd connaissance…
 
et revient à lui dans une chambre d’hôpital. Il a été pris dans une avalanche, il est resté deux jours dans le coma. Nous ne sommes pas en 1980 mais en 2018. Joshua n’est pas agent de sécurité, il est flic, et l’Avalanche Hôtel n’est plus qu’une carcasse vide depuis bien longtemps. Tout cela n’était qu’un rêve dû au coma.
 
Un rêve, vraiment ?


Ce que j'en ai pensé :

Rêve ou réalité ? Le héros de ce polar (Joshua), qui se définit lui-même comme un flic ordinaire, a bien du mal à faire la part des choses! Et pour moi, les tous premiers chapitres ont apporté un peu de confusion...
Jusqu'à ce que l'intrigue, les personnages prennent rapidement de la consistance et m'accrochent ! 

C'est très réussi encore une fois ! J'aime beaucoup cet auteur, c'est le troisième polar que je lis et chaque fois, je suis charmée par sa manière de poser l'intrigue, mais surtout de signifier une atmosphère ! 
Parce qu'il fait très froid dans ce polar, bien plus que dans les rompols nordiques : ça neige, ça gèle, ça "congère" et ça "engelure" !! l'ambiance glaciale (et glauque) est parfaitement reconstituée, et avec le cers qui souffle ici, presque à mettre des chaussettes !


J'ai été certes un peu "en attente" tout au début, ne sachant pas sur quel pied danser, mais j'ai finalement été conquise par ce thriller intelligent, nerveux sans en faire trop et par le personnage de Joshua qu'il me plairait bien de retrouver dans une autre enquête  !

Les chiens de Detroit - Jérôme LOUBRY

Editions Calmann-Levy
Parution :  11 octobre 2017
306 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :

2013, à Détroit. Cette ville qui a été la gloire de l’Amérique n’est plus qu’une ruine déserte, un cimetière de buildings.
Cette nuit-là, la jeune inspectrice Sarah Berkhamp mène le groupe d’intervention qui encercle une maison et donne l’assaut. Mais aucun besoin de violence, le suspect attend, assis à l’intérieur. Il a enlevé cinq enfants. Et il est sans doute le Géant de brume, le tueur insaisissable qui a laissé derrière lui sept petits corps, il y a quinze ans. Alors pourquoi supplie-t-il Sarah : « Aidez-moi… » ?
L’histoire s’ouvre donc avec l’arrestation du coupable. Et pourtant, elle ne fait que commencer. À Détroit, personne n’est innocent…

Ce que j'en ai pensé : 

"Mais rien n'empêcha la déréliction de Detroit : les rues et les quartiers devenaient fantômes. Les toitures de milliers d'habitations s'affaissèrent en silence tandis que le bitume des routes se fissurait de douleur."

Detroit subit de plein fouet la crise des subprimes, de ville prospère elle passe rapidement au statut de ville-fantôme, maisons murées, en ruines, quartiers désertés... 
Le lieu idéal pour planter un décor de polar où l'on trouve, sans surprise, un flic un peu caractériel et imbibant d'alcool tous ses problèmes familiaux, une fliquette vaguement torturée par une enfance difficile, et un "monstre", un assassin arrêté dès les premières pages mais dont la garde à vue promet des surprises...

Sauf que...

Je me suis bien vite ennuyée. J'y ai cru mais ça n'a pas fonctionné.
L'intrigue, pourtant prometteuse, se tortille,  s'oublie dans les élucubrations existentialistes de flics pas vraiment sympathiques (même si on devine assez vite comment et pourquoi ils sont touchés par leur enquête).

Alors, non, je ne rejoins pas la foule des lecteurs enthousiastes qui crient au génie de ce premier roman.

Allez voir le billet de Nicolas-Elie, je pense pareil !

No home - Yaa GYASI

Editions Calmann Levy
Parution : 4 janvier 2017
Titre original : Homegoing
Traduction : Anne Damour
450 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :

XVIIIe siècle, au plus fort de la traite des esclaves. Effia et Esi naissent de la même mère, dans deux villages rivaux du Ghana. La sublime Effia est mariée de force à un Anglais, le capitaine du Fort de Cape Coast. Leur chambre surplombe les cachots où sont enfermés les captifs qui deviendront esclaves une fois l’océan traversé. Effia ignore que sa sœur Esi y est emprisonnée, avant d’être expédiée en Amérique où des champs de coton jusqu’à Harlem, ses enfants et petits-enfants seront inlassablement jugés pour la couleur de leur peau. La descendance d’Effia, métissée et éduquée, connaît une autre forme de souffrance : perpétuer sur place le commerce triangulaire familial puis survivre dans un pays meurtri pour des générations.

Navigant brillamment entre Afrique et Amérique, Yaa Gyasi écrit le destin d’une famille à l’arbre généalogique brisé par la cruauté des hommes. Un voyage dans le temps inoubliable.
Née à  Mampong (Ghana) en 1989, elle part vivre aux États-Unis avec ses parents à l'âge de 2 ans. No home, publié aux Etats-Unis sous le titre Homegoing, est son premier roman.
Ce que j'en ai pensé :

Voila un roman dont on commence à entendre beaucoup parler, et ce n'est sûrement pas fini ! 

C'est d'abord une immense fresque familiale qui s'étend sur presque 250 ans et 7 générations et où l'on rencontre 14 personnages, tous originaires du Ghana mais aux destins bien différents. L'arbre généalogique placé au début du roman donne le ton : deux lignées parallèles issues d'une même femme, l'une asservie par l'esclavage aux USA et l'autre, métissée aux colons britanniques qui restera en terre africaine.

Leur point commun, la difficulté à trouver sa place et à revendiquer son identité : pour les esclaves afro-américains affranchis que la société WASP affecte à des travaux pénibles ou cantonne dans des ghettos comme Harlem et qui ne restent, malgré la fin de la ségrégation, que des nègres, mais aussi pour leurs frères et sœurs métissés au temps de la colonisation britannique ou hollandaise au Ghana et qui ne sont plus assez noirs dans leurs tribus d'origine.

C'est donc un roman aux multiples facettes qui évoque tant la condition des noirs que l'exil, l'esclavage sous toutes ses formes (institutionnalisé et commercial, "consenti" pour des raisons de survie, fourni par la drogue), la culture ghanéenne et la civilisation de la Côte-de-l'Or (rôle des femmes, des Grands Hommes, sécheresse, guerres tribales).

Un roman d'autant plus riche et fascinant qu'il est servi par une narration magnifique dont la fluidité appuie encore l'intelligence : l'auteur porte un regard lucide mais amoureux sur l'histoire ghanéenne sans jamais juger. Cela rend chacun des 14 personnages terriblement attachant.

Et dire qu'il s'agit (en plus !) d'un premier roman !!!


La femme aux fleurs de papier - Donato CARRISI

titre original : La donna dei fiori di carta
traducteur : Anaïs Bozobka
éd Calmann Lévy -216 pages
Ce qu'en dit l'éditeur :

La nuit du 14 au 15 avril 1912, tandis que le Titanic sombrait au beau milieu de son voyage inaugural, un passager descendit dans sa cabine de première classe, revêtit un smoking et remonta sur le pont. Au lieu de chercher à sauver sa peau, il alluma un cigare et attendit la mort.
 

Le 14 avril 1916, dans les tranchées du mont Fumo, quatre ans jour pour jour après le naufrage du Titanic, un soldat italien est fait prisonnier. À moins qu’il ne révèle son nom et son grade, il sera fusillé le lendemain à l’aube. Jacob Roumann, médecin autrichien, n’a qu’une nuit pour le faire parler. Mais le prisonnier veut diriger l’interrogatoire. Sa vie, décrète-t-il, tient non pas à une, mais à trois questions :
« Qui suis-je ? Qui est Guzman ? Et qui était l’homme qui fumait sur le Titanic ? »

De cet instant se noue entre les deux ennemis une alliance étrange autour d’un mystère qui a traversé le temps et su défier la mort.


Donato Carrisi livre ici un roman dont les personnages ont l’étoffe de héros de légende, des secrets bouleversants et des destins inoubliables.
 Donato Carrisi, né le 25 mars 1973 en Italie, 
est un romancier, journaliste, dramaturge et 
scénariste italien, auteur de roman policier.
Ce que j'en ai pensé :
Drôle de surprise que ce roman, choisi au rayon des polars, et qui est tout sauf ce genre-là ! Je ne connaissais l'auteur que de nom et pour "Le chuchoteur" ; je m'attendais donc à un thriller...
Il s'agit plutôt d'une sorte de conte, d'une histoire superposant une multitude d'histoires, et c'est très addictif ! J'ai tourné les pages avidement, emportée par la narration à la fois tendre, simple et poétique. J'avais chaque fois envie de connaître la suite des aventures de Guzman, rocambolesques, romanesques, de découvrir qui était le prisonnier italien dans la grotte, questionné par Jacob Roumann le médecin juif-autrichien. J'étais emportée par les volutes de fumée qui nimbent le récit du début à la fin (Guzman est un accro, mais l'italien et l'autrichien, pendant leur huis-clos ne le sont pas moins) trouvant la narration à la fois légère et grave (l'auteur interrompt le récit ponctuellement pour le replacer dans le contexte de la 1ère guerre mondiale).
Il y est beaucoup question d'amour, d'amitié, mais aussi de voyages, de montagnes. Les personnages féminins sont fantasques, épris d'absolu, mais les personnages masculins ne sont pas en reste dans leur originalité.
Très joli livre dont le rythme, les thèmes, la poésie m'ont beaucoup plu.

Le marcheur de Fès - Eric FOTTORINO

éd Calmann Lévy - 192 pages
Ce qu'en dit l'éditeur:
 "Nous aurions filé vers les Pyrénées. On aurait coupé l'Espagne de haut en bas. Une manière de césarienne pour exhumer ton histoire. Nous serions remontés au début, jusqu'à Fès, ta ville natale. Serions-nous jamais arrivés ?"
À l'automne 2012, j'ai voulu emmener mon père marocain dans les rues de sa jeunesse, le quartier juif de Fès, la médina, l'entrelacs de ses souvenirs campés entre l'université de la Karaouine et la façade de l'Empire qui fut jadis le plus grand cinéma d'Afrique du Nord.
J'ai fait le voyage sans lui. La maladie en a décidé ainsi, je suis devenu à sa place le marcheur de Fès. J'ai compris à quoi tient une existence. Un kilomètre à peine sépare le mellah de la ville moderne, le monde juif de l'ancien secteur européen. Dans ce mouchoir de poche, Moshé Maman est devenu Maurice Maman. Comme tous les siens, le Juif marocain a rêvé de s'intégrer à la France, de parler sa langue, d'y construire sa maison, sa famille, son avenir.
J'ai traversé les ruelles et les cimetières, poussé la pore des rares synagogues, parlé aux derniers Juifs fassis dont la flamme s'éteindra bientôt. À chaque pas, je suis tombé sur ce père longtemps inconnu. Jusqu'à tomber sur moi, à l'improviste.
Eric FOTTORINO (à droite) et son père "biologique", Maurice MAMAN 

Ce que j'en ai pensé :
J'avais beaucoup aimé "L'homme qui m'aimait tout bas" et "Le dos crawlé" ; le style de l'auteur est empreint de douceur et de tendresse, d'un rien de nostalgie et les mots sonnent juste, comme parfaitement choisis.
J'avais hâte de lire cet opus que, bizarrement, je n'imaginais pas si autobiographique. Je ne sais pas pourquoi mais j'avais imaginé une balade marocaine sans autre intention que de nous faire découvrir une ville, et dès lors qu'un livre parle du Maroc, je rêve de boucler mes valises et de filer là-bas !
Rien de tout ça dans ce roman, ou plutôt si ! Tout ça et plein d'autres choses en plus ! Eric FOTTORINO nous raconte comment il a découvert, de ruelles en ruelles dans le mellah, l'enfance de son père, juif marocain sous le protectorat français, comment "Moïse le Fassi" (Maurice le français) est devenu médecin, comment il a fait le deuil d'une jeunesse, d'une soeur. FOTTORINO se pose en pèlerin de la mémoire alors que son père, malade d'un cancer, ne peut l'accompagner à la découverte d'une part de son histoire, de son héritage. 
C'est un roman touchant, tendre, que j'ai aimé pour sa nostalgie et sa douceur.

Les lieux infidèles - Tana FRENCH


Il y a 22 ans, Francis Mackey, un flic de la brigade des infiltrés, a tout plaqué pour s'enfuir avec sa petite amie Rosie vers l'Angleterre. Sauf que Rosie ne s'est jamais pointée au rendez-vous dans cette maison abandonnée de Faithful Place qui servait de repère aux jeunes désœuvrés du quartier. Il a toujours cru que Rosie était partie sans lui.
Quand Jackie, la sœur de Francis, lui téléphone, paniquée, et lui annonce que la valise de Rosie a été retrouvée cachée dans la maison, Francis ne peut pas rester sans agir : il lui faut savoir ce qui est arrivé à Rosie même s'il doit remuer les horreurs du passé et renouer avec sa propre famille.
Le roman indique rapidement ce qui est arrivé à Rosie dans les années 80. Le soir de la fuite programmée des deux ados, elle est assassinée. Alors que son corps est découvert dans la maison lui-aussi, Francis Mackey est écarté de l'enquête au profit de la brigade criminelle, dirigée par l'Inspecteur Kennedy, un flic dont il a été ami. Il réussit pourtant à en connaître le déroulement, les conclusions. 
 
Ce polar repose sur une étude presque sociologique de l'Irlande des années 80, dans une banlieue misérable, sur fond de chômage, de violences et d'alcool, avec pour seule perspective d'avenir un emploi à l'usine Guiness. Tana FRENCH pose des personnages denses, au caractère marqué sans jamais être caricatural. Elle offre un héros déterminé dans sa quête, violent dans ses choix, sans arrêt en conflit avec lui-même à cause des peurs qui le minent depuis toujours : comment fuir une famille qu'on n'a pas choisi, dont on a honte ? Y a-t-il un risque inné de reproduire des schémas familiaux qu'on déteste ? Francis Mackey est confronté à sa propre violence, aux secrets.
Bien que l'aspect psychologique du roman soit primordial (le rythme peut paraître lent par moments), l'intrigue reste riche en évènements : tous les protagonistes deviennent suspects tour à tour, chaque nouvel indice menant sur une autre piste jusqu'à la découverte du criminel. J'ai cru très tôt dans le polar que la mère de Francis était la coupable idéale, et je me suis trompée !


J'ai découvert Tana FRENCH avec « La maison des absents » qui faisait partie des sélections du Prix des Lectrices ELLE 2014 et j'avais beaucoup aimé ce roman dans lequel on retrouvait Mikey Scorcher Kennedy de la brigade criminelle apparu ici...
Une fois encore, je n'ai pas été déçue et je vais essayer de me procurer « Ecorces de sang » et « Comme deux gouttes d'eau » le plus vite possible ;o)


La maison des absents - Tana FRENCH




A Brianstown, une cille côtière irlandaise, un triple meurtre effroyable a eu lieu. Pat Spain et ses deux jeunes enfants ont été tués. La mère, Jenny, est gravement blessée mais vivante.

L'inspecteur principal Mikey « Scorcher » Kennedy, mis au placard suite à une affaire qui a mal tourné, se retrouve chargé de l'enquête et affublé d'un flic débutant, Richie Curran.

Se rendant sur les lieux, les deux enquêteurs sont surpris : les murs de la maison sont criblés de trous de différentes tailles. Cela a-t-il un rapport avec le triple homicide ? La rescapée pourra-t-elle leur en donner la raison ? ET que vient faire Dina, la sœur de Kennedy, à demi-folle, au milieu de l'enquête ?

La crise financière a transformé le propret quartier de Brianstown en un endroit sordide, battu par les vents, où les jeunes traînent leur ennui et où les adultes luttent contre la misère et le chômage. Les enfants Spain ont été étouffés pendant leur sommeil, leur père tué à l'arme blanche. S'agit-il d'un crime de rôdeur, d'une vengeance contre la famille Spain ? Y a-t-il quelque chose de trouble dans leurs vies, dans leurs passés ?

A mesure qu'on avance dans ce polar haletant, le mystère s'épaissit et des coupables parfait se profilent. Ce gars qui espionnait les Spain depuis la maison d'en face ferait bien l'affaire aux yeux de l'inspecteur Kennedy.

Malgré quelques réticences à la lecture des premières pages (l'Irlande y apparaît presque caricaturale), j'ai été séduite par ce roman policier à l'intrigue saisissante, au suspens savamment déroulé. Impossible de le lâcher ! J'ai découvert un auteur inventif, maniant avec finesse les indices, les caractères des personnages, capable de provoquer la surprise au fil de l'intrigue.
J'ai attribué à ce polar la note de 15/20.

Tom, petit Tom, tout petit homme, Tom - Barbara CONSTANTINE



Oh ! quelle fraîcheur ce roman !! une bouffée d'air pur et de bonheur, une petite sucrerie à savourer avec le sourire !! J'ai bien fait de bouleverser mon programme de lectures cette semaine, ça a été une joyeuse découverte ;-)

L'histoire : Tom vit avec Jess, sa maman toute jeune (elle l'a eu à 13 ans 1/2) dans un mobil-home tout pourri, et leur vie n'est pas rose tous les jours : pas beaucoup d'argent, pas grand chose à manger...sauf les fruits et légumes que Tom chapardent dans les jardins alentour : celui d'Archibald et Odette qui commencent leur retraite à la campagne, et ce jardin, découvert par hasard...un jardin où Tom va trouver, allongée par terre, cette vieille dame qui a l'air d'avoir au moins 100 ans et qui s'appelle Madeleine.

Elle déraille un peu Madeleine, mais elle est contente de trouver p'tit Tom, et Samy aussi, employé des pompes funèbres qui sort de prison et qui a été, il y a longtemps, le petit ami de Jess...Jess qui aimerait bien que Samy, et tous les autres garçons, arrêtent de ne regarder que ses seins, parce que même si elle a raté sa scolarité, elle voudrait bien passer son bac...

On s'attache, c'est drôle, enlevé, sans temps mort, c'est léger et pourtant touchant, bref...j'ai adoré !!