Affichage des articles dont le libellé est jury ELLE 2014. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est jury ELLE 2014. Afficher tous les articles

Lady Hunt - Hélène FRAPPAT


Laura Kern est agent immobilier à Paris, dans les alentours de la Plaine-Monceau. Ses nuits sont peuplées de rêves étranges où une maison, inconnue, la « poursuit », l'obsède jusqu'au cauchemar. Des les immeubles qu'elle fait visiter à des clients exigeants et fortunés, elle promène ses cheveux rouge sang et le vieux trench qui lui reste de son père, décédé d'une maladie génétique orpheline, la Chorée de Huntington. Elle croise des miroirs sans reflets, des flammes qui dévorent tout, des brides de poésie irlandaise. Partout la brume, les bruyères, ses racines anglo-bretonnes et l'ombre du gêne défaillant qui peut attaquer Laura ou sa soeur pour les emmener vers la démence.

Quel étrange roman ! 
Juste à la limite du fantastique (par certains aspects il m'a rappelée les délires du Horla de Maupassant), un peu angoissant, mais malgré tout rythmé de poésie, de belles personnes qui portent l'héroïne vers son destin et son « pouvoir », Et puis, finalement, j'ai plutôt aimé cette façon de raconter les dons peu ordinaires, de lier une âme à une maison, de leur trouver une vie, une respiration au-delà de l'atmosphère qu'elle dégage.
J'ai aimé le choix des images pour transmettre des émotions, des sensations presque irréelles (les poils du tapis qui s'enroulent aux chevilles, la brume qui n'est visible que pour les « initiés », la symbolique du sang et des cheveux rouges, du feu, etc...).

Un roman étrange, donc, mais que j'ai aimé, vraiment ! Dommage qu'il n'ait pas passé les pré-sélections du Prix ELLE...

Jury des lectrices de ELLE - Mon bilan


Je n'en reviens pas que ce soit déjà terminé !! j'ai l'impression d'attendre un autre colis de livres comme chaque mois depuis août ! Je m'étais habituée au plaisir d'ouvrir ma pochette surprise, de découvrir les livres sélectionnés...

ça va me manquer !!...

D'un autre côté, je suis aussi un peu soulagée que la page se tourne : je n'ai pas manqué d'occasions de lire d'autres livres que ceux de la sélection mais j'ai la sensation d'une liberté retrouvée, d'avoir le droit de flâner et craquer en librairie sans aucune culpabilité ! Je ne compte pas les hésitations cette année à piocher sur les rayonnages pleins de nouveautés, de romans soudainement indispensables..."Non, non, d'abord tu finis celui du Prix Elle !"
Et là, maintenant, grande respiration : je fais ce que je veux, sans remords ni regrets ! (et j'adore ça !!) 

Il y a eu, dans la sélection, de (très) bonnes et de (vraiment) mauvaises surprises ! J'avais repéré certains livres dès la rentrée littéraire et je m'étais promis de les lire (ceux de Laura Kasischke, Ruth Ozeki ou Karine Tuil). 
J'ai détesté certains romans (Derek Nikitas et sa "Longue division" était sans doute le pire polar jamais lu...), été déçue par d'autres ("Cherchez la femme" d'Alice Ferney ou "Petites scènes capitales" de Sylvie Germain ne m'ont pas transportée) mais j'ai fait de belles découvertes et adoré certains livres. 

Au top de ma sélection perso :

Ruth OZEKI, "En même temps tout le ciel et la terre"
Emmanuèle BERNHEIM, "Tout s'est bien passé"

mais aussi...
Kishwar DESAI, "Témoin de la nuit"
Tana FRENCH, "La maison des absents"
Laura KASISCHKE, "Esprit d'hiver"
Leonard ROSEN, "La théorie du chaos", 
Alex BERG, "Zone de non-droit"


Enfin, et parce que ça a compté aussi ces derniers mois, faire partie du Jury m'a amenée à rencontrer virtuellement certaines des autres jurées du Prix, à partager nos opinions, à débattre (parfois vivement !!) de nos coups de coeur et de nos déceptions, et ces échanges par écrans interposés ont été riches et motivants ! Merci aux filles avec qui j'ai partagé cette aventure, nous avons été fortes de nos différences et de nos points communs !

Et surtout,  merci au magazine ELLE de m'avoir donné la chance d'être membre du Jury ! C'était vraiment une chouette expérience ! Il me faudra attendre 3 ans pour postuler à nouveau, et je ne manquerai pas la date ;o)


Au programme maintenant :


Yasmina KHADRA, "Les anges meurent de nos blessures" (et ensuite "Qu'attendent les singes" ??)
Hélène FRAPPAT, "Lady Hunt" (qui n'avait pas passé les pré-sélections du Prix ELLE...)
Marlène AMAR, "Des gens infréquentables" 
Sorj CHALANDON, "Le quatrième mur"
Arnaud DELALANDE, "Le piège de Dante" et Mariella RIGHINI, "Florentine" ...

Je suis interdite - Anouk MARKOVITS

Mila et Joseph, tous deux orphelins, se sont réfugiés dans une ferme de Transylvanie où vit une famille chrétienne. Mila finit par rejoindre les Stern, amis de ses parents, et sera élevée dans un milieu juif orthodoxe où elle s’épanouit et grandit heureuse, avant d’épouser Josef. A ses côtés, Atara, la fille des Stern, cherche à fuir ce milieu étouffant et rigide.

Ce roman nous fait vivre l’atmosphère particulière qui régit le quotidien des familles hassidiques, l’éducation des enfants et plus particulièrement celle des jeunes filles.
C’est un roman qui m’a à la fois intriguée (je connaissais finalement peu de choses sur l’orthodoxie juive bien que j’aie déjà quelques notions relatives à la liturgie dans d’autres livres) et dérangée tant certains passages ont pu heurter certaines de mes convictions sur les droits des femmes. J’ai trouvé la seconde partie moins nerveuse, plus « pénible » à lire et j’ai regretté que l’auteur ne développe pas plus la vie d’Atara.

Pour autant, c’est un roman attachant qui a su éviter de nombreux écueils dès lors qu’on aborde le thème de la religion. L'auteur a su rester objective dans son regard et nous faire partager différents points de vue.

La note ? 13/20

Yeruldelgger - Ian MANOOK


Yeruldelgger est commissaire à Oulan-Bator. Sa fille cadette a été assassinée et sa femme a disparu. Ne lui reste que sa fille ainée, Sara, avec qui les relations sont tendues.
Lorsqu’on découvre le corps d’une fillette enterrée avec son vélo et que les meurtres à caractère sexuel se succèdent, il est chargé de l’enquête.

J’ai abandonné, lâché prise ! Impossible de tenir face à cette débauche sanguinolente de crimes atroces, et pourtant j’aime les polars. Celui-là m’a retourné le cœur tant les descriptions sont sordides et l’ambiance au plus noir…
Et puis, il y avait collection de lieux communs, de détails qui n’apportaient rien à l’intrigue (les svastikas tatouées sur les seins des jeunes femmes assassinées, etc…). Je n’ai pas réussi à me laisser emporter par l’intrigue et même le dépaysement d’un polar dans un pays aussi peu connu que la Mongolie n’a pas permis que je m’accroche.
Je ne voulais donc pas mettre de note à ce roman puisqu’il me semble difficile de le juger sans l’avoir achevé, mais puisqu'il m'a autant déplu que « Longue division », je suis sévère sur mon avis, et je n'attribue qu'un petit 9/20.

Le parfum des livres que nous avons aimés - Will SCHWALBE


La mère de l’auteur, infatigable mère-épouse-femme active, impliquée dans l’humanitaire et grande voyageuse, est malade d’un cancer du pancréas. Le diagnostic est mauvais, les semaines sont comptées. Tous autour d’elle s’organisent pour lui apporter aide et soutien moral. Lors d’une séance de chimiothérapie, se met en place entre elle et son fils éditeur un club de lecture informel qui va resserrer les liens entre eux, leur permettre d’évoquer d’autres sujets que la maladie, de partager des souvenirs en lisant les mêmes livres.

La couverture est une des plus jolies aperçues ces dernières semaines et le titre, même nostalgique ou désuet, voire imparfaitement traduit, donnait très envie de découvrir les pages intérieures.

J’ai été très partagée par cette lecture, d’abord effrayée parce qu’elle en appelait à des souvenirs personnels, puis conquise par l’énorme tendresse entre le fils et sa mère, et finalement un peu déçue par l’aspect répétitif de certains passages du livre. Agacée aussi par cette mère parfaite qui a une vie exemplaire, qui règne presque en « despote » sur sa famille dont elle aime organiser le moindre mouvement et influencer les décisions,

Pourtant, j’ai été touchée par la situation contée, par la force de caractère de la mère de l’auteur, par l’intensité des sentiments partagés et c’est un ouvrage que j’ai globalement aimé malgré les quelques défauts que j’ai pu lui trouver. Il y a dans ces pages beaucoup de tendresse, des moments en famille, du partage et surtout l'amour des livres comme lien entre des personnes, comme prétexte aux discussions,

Je lui ai attribué 14/20

Sulak - Philippe JAENADA



Gamin de Marseille, Bruno Sulak s’engage à vingt ans dans la Légion, comme son père qui y a perdu un bras. Il rêve d’aventures, de belle vie, il finira braqueur de bijouterie, gentleman toujours, amoureux fou de Thalie sa compagne, sa complice.
Un personnage hors du commun, romanesque, séducteur et culotté qui refusera toujours la violence et gardera jusqu’au bout le sens de l’honneur et de l’amitié. Pourtant, à 30 ans, lors d’une ultime tentative d’évasion, il saute d’un mur de la prison et meurt, créant la légende.




Philippe Jaenada retrace son parcours, croise les destins, entretient la flamme ; il admire Sulak, c’est indéniable et nous fait partager sa passion. C’est un récit vivant, enlevé, rocambolesque, à l’image de Sulak, c’est plein de tendresse et presque d’émerveillement, mais, si l’histoire telle qu’elle est contée m’a captivée, j’ai détesté les parenthèses, digressions, commentaires de l’auteur ! Voilà de quoi gâcher la lecture et définitivement m’ôter toute envie de lire un autre de ses romans tant le style m’a dérangée ! Dommage…



Les impliqués - Zygmunt MILOSZEWSKI


Dans un monastère de Varsovie, reconverti en centre de séminaires, une séance de thérapie collective tourne mal : un des participants est retrouvé mort, une broche à rôtir plantée dans l’œil. C’est le procureur Teodore Szacki qui est appelé sur place, ce dimanche matin, pour commencer l’enquête. La routine familiale l’ennuie, la bureaucratie l’agace et cette affaire va le secouer. Le meurtrier est-il l’un des participants à la thérapie dont la méthode, si particulière, en jeux de rôles, fait surgir tant de secrets refoulés ?

Zygmunt Miloszewski signe un polar peu ordinaire, avec pour cadre une Pologne qui oscille entre deux époques, entre totalitarisme et liberté. Il est assez rare que la psychologie des personnages soit aussi travaillée dans un roman policier, il est également peu fréquent que l’intrigue mêle moments du quotidien et bouleversements politiques. Même si la lecture est d’abord un peu déconcertante (il faut s’adapter aux noms à la consonance inhabituelle), l’histoire est finalement ciselée, embrouillée à dessein et le procureur est un excellent personnage. Ce polar est une agréable surprise, et j’ai pris grand plaisir à découvrir un auteur polonais.

Je lui ai attribué 15/20.

Ailleurs - Richard RUSSO




Ailleurs. C’est là qu’il faut aller. C’est de cet ailleurs que rêve Jean Russo, la mère de l’auteur, depuis sa petite ville de Gloversville, étouffée par les carcans de la société américaine d’après guerre. Un ailleurs où elle serait enfin libre, où elle ne dépendrait ni de ses parents ni d’aucun homme. Sauf de son fils avec lequel elle crée un lien si fort qu’il en est déroutant. Jean Russo est malade mais personne ne le sait encore, tout le monde se contente de subir ses lubies : déménager sans cesse, aller ailleurs encore. Et c’est pourtant à Gloversville que revient Richard Russo par l’écriture…

Je ne sais toujours pas dans quelle catégorie ranger ce livre de Richard Russo qui parfois apparaît être un document autobiographique et d’autres fois prend le caractère d’un roman. Je l’ai lu très vite, je l’ai aimé. Mais j’ai vite perdu le fil des résidences successives et ça m’a un peu gâché le plaisir ! Pourtant, ce roman est une histoire d’amour entre une mère possessive, autoritaire, malade, et son fils qui jamais, malgré ses tentatives, malgré la culpabilité qui en résulte, ne s’en détache, toujours fidèle à celle qui lui a donné le goût des livres, à celle qui finalement lui a inspiré son œuvre. Une belle lecture !

Je lui ai donné 14/20.

En même temps, toute la terre et tout le ciel - Ruth OZEKI


Canada, baie Désolation. Ruth est un écrivain en panne d’inspiration, exilée sur l’île par amour pour Oliver. Elle, la new-yorkaise, s’ennuie dans ce bout du monde battu par les tempêtes et peuplé par les loups et les commères. Lors d’une balade en bord de mer, elle trouve un sachet congélation qu’elle prend d’abord pour un déchet avant de s’apercevoir qu’il contient des lettres écrites en japonais, une vieille montre et un livre de Proust qui s’avère être le journal intime de Nao, jeune japonaise de seize ans, à la dérive.

Nao a l’impression de rater sa vie : son père, informaticien dans la Silicon valley a été viré de son emploi lors de l’éclatement de la bulle internet et il passe plus de temps à trouver un moyen idéal de se suicider qu’à chercher un job. La famille est ainsi passée du rêve américain à une vie médiocre dans un appartement miteux de Tokyo et ses camarades de collège qui l’ont choisie comme souffre-douleur ne l’aident pas Nao à apprécier sa nouvelle vie.
C’est à son journal qu’elle raconte tout ça. Elle parle aussi de son arrière-grand-mère, nonne bouddhiste, ancienne anarchiste féministe, cent quatre ans au compteur et une joie illimitée ; elle évoque son oncle, kamikaze pendant la 2nde guerre mondiale, poète amoureux de la langue française, mort au combat.

Par le biais du journal, les destins de Ruth et de Nao vont se croiser. Ruth, persuadée que le journal a dérivé dans la mer suite au tsunami, s’inquiète de ce qu’il est advenu à Nao.

Voilà LE roman que j’attendais dans cette sélection du Prix ! ! Le vrai coup de cœur ! Un univers à la Murakami (sans le décalage très onirique de ses narrations), un livre à la fois fort et doux qui parle du rapport au temps, à l’histoire, à la solitude, un livre qui parle de la mort mais surtout de la vie. Il y a à la fois de la poésie et de la fureur, de la bienveillance et des colères, il y a un étrange (et très réussi) mélange de culture américaine et japonaise où l’impermanence des choses apporte un regard nouveau sur la fragilité de l’humain.
Et comme j’étais « déçue » que ça soit un premier roman tant j’avais envie, tout de suite, de lire d’autres magnifiques pages comme celles-ci ! ! 

La note ?? 20/20 !! 



le site de l'auteur :  http://www.ruthozeki.com/


Témoin de la nuit - Kishwar DESAI


Cette nuit-là, toute la famille de Durga est massacrée dans sa maison. On ne retrouve que la jeune fille, battue, violée, attachée à son lit et traumatisée. Elle est la seule suspecte. Elle a 14 ans.
Simran Singh, travailleuse sociale, essaie de comprendre ce crime qui a eu lieu dans la ville où elle a grandi. Elle connaît le policier en charge de l’affaire, elle sait aussi les règles sociales, la dure condition des filles en Inde, mais elle est surtout persuadée que Durga est innocente.

Ce polar alterne les pages écrites par Durga, sorte de journal intime, et la narration du point de vue de Simran qui enquête dans la ville et lève un à un les mystères et les secrets de famille de la supposée criminelle.

Excellent polar ! L’enquêtrice est d’emblée sympathique, et les éléments de l’enquête, distillés au compte-goutte, sont parfaitement amenés dans l’intrigue. Outre ses qualités indéniables de roman policier, le roman met en avant les dérives d’une société indienne sexiste et infanticide où le poids de la tradition et de la transmission des patrimoines pèsent chaque jour sur le quotidien des femmes.
J’ai beaucoup aimé ce polar « social », une très bonne surprise dans la sélection du Prix !
D'où la note de 18/20 !

Et tu danses, Lou - Pom BESSOT et Philippe LEFAIT



Lou est un tout petit bébé, fragile. Lou n’est pas « comme les autres ». Lou ne mange, ne grandit pas, ne parle pas. Lou est différente.
Et pourtant, la petite fille puis l’adolescente, aime faire du cheval, va à l’école, prend le métro et va à l’épicerie. Sous le regard anxieux de ses parents.

Au-delà du handicap de Lou, de ses difficultés à grandir et se développer comme une enfant non malade, il y a des tonnes d’amour dans les soins de sa famille, de la bienveillance pour une enfant différente, de l’attention pour chaque progrès. Pas de désespoir, pas de renoncement. Celui du père, à la naissance, estimant qu’il ne pourra faire face, est fugace et spontané.

C’est un témoignage touchant, marqué par les moments heureux, les inquiétudes, de deux parents qui grandissent avec leur fille, qui se battent pour lui donner un quotidien protégé, qui apprennent à communiquer avec leur enfant.
C’est un livre qu’on quitte avec un peu de regret parce qu’on s’est attaché à Lou, un joli livre. Mais il ne m’a pas bouleversée, émue, touchée plus que de raison. C'est pourquoi je ne lui ai donné que 14/20...


Longue division - Derek NIKITAS


Jodie est femme de ménage. Elle a abandonné son fils. Le jour où elle tombe par hasard sur une belle liasse de dollars dans la maison où elle travaille, elle se laisse emporter et empoche le magot. Une seule idée en tête, retrouver son fils. Au même moment, un ado espère de ramener dans le droit chemin sa sœur droguée et entraîne son copain dans une virée qui tourne au bain de sang.

Noir c’est noir ! Un thriller, qui s’apparente très vite à un road movie sanglant, violent, tendu. Si le rythme est soutenu, l’ambiance glauque à souhait, ce polar cumule malheureusement trop de clichés. Comme si l’auteur avait suivi à la lettre les recommandations du genre : une femme paumée, enceinte trop tôt ; une jeune fille droguée ; un ado perplexe devant son homosexualité et les pervers qui draguent sur internet ; le bar louche et sa clientèle de dégénérés et la gare où se perd une population interlope ; le flic presque ripoux qui cherche sa rédemption parce que sa femme se meurt d’une tumeur au cerveau ; les routiers ivres dans un motel déglingué, etc…que de lieux communs, que de scènes convenues ! certes décrites à la perfection, mais tellement « cliché » ! !
Et le comble ? une traduction bizarre (comment peut-on « suer des orbites » ? ) et une ponctuation qui dérange la lecture, à tel point que j’ai grimacé, râlé, résisté à l’envie de fermer ce roman sans connaître le dénouement…Insupportables points de suspension en fin de paragraphe et en début de paragraphe suivant. Sans doute un procédé adéquat pour un scénario mais rebutant dans un roman, voire détestable. J’ai été déçue. 
Et c'est ma plus mauvaise note, seulement 09/20 !

Passion arabe - Gilles KEPEL






Fin 2010, un jeune tunisien s’immole par le feu. Il devient immédiatement un symbole et le déclencheur des « Printemps arabes » qui sonneront le glas des dictatures arabes. Le mouvement, emmené par le peuple, destitue un à un tous les dirigeants des pays arabes, condamne Ben Ali, Kadhafi puis Moubarak et libère l’opinion libre et la démocratie. Partout, les salafistes s’imposent, les djihadistes revendiquent leur part de pouvoir, les conflits s’éternisent.

J’ai pris peur aux premières pages de ce document. Une somme ! Une situation complexe aux liaisons inextricables, aux enjeux énormes (pétrole, pétrole !), un passé qui se mêle à l’histoire présente, une narration sous forme de journal qui tantôt glorifie la supposée supériorité de l’universitaire européen, tantôt s’approche du peuple au plus près jusqu’à en épouser les modes de vie. De ce qu’on peut prendre pour de l’arrogance à l’humilité, mais toujours une intensité, une vraie passion pour les mondes arabes, pour leur culture.
Je ne suis pas certaine d’avoir compris tous les tenants/aboutissants, je suis même persuadée qu’il me faudra le relire pour revoir certains chapitres, pour apprécier plus encore les paysages, l’humanité décrite si justement. Je ne suis donc pas sûre d’avoir aimé, même si je reconnais la grande qualité littéraire de l’ouvrage et sa richesse. 
C'est sans doute pour ça que je ne lui ai donné que 13/20.

Esprit d'hiver - Laura KASISCHKE


Quelque chose les a suivis depuis la Russie. C'est avec ce refrain lancinant que se réveille Holly en ce matin de Noël. Un réveil difficile : elle et son mari Eric ont un peu abusé de l'alcool la veille...Tatiana dort encore.
Alors qu'Eric part chercher ses parents à l'aéroport, et qu'Holly prépare le repas, les souvenirs se bousculent, les situations étranges se téléscopent. Pourquoi Tatiana adoptée seize ans plus tôt dans un orphelinat de Sibérie se montre-t-elle si agressive ? Et quel sens faut-il donner à tous ces signes bizarres dans leur vie, CD rayés, bosse osseuse sur la main d'Eric, chute de la femme de ménage ?
Les invités se décommandent les uns après les autres, le blizzard entasse des mètres de neige sur les routes...Et si quelque chose les avait vraiment suivis depuis la Russie ?

Laura KASISCHKE réussit avec ce roman un huis-clos étouffant, mené avec brio jusqu'aux dernières pages où le dénouement, quoi qu'évident, nous surprend. La narration use et abuse de répétitions (certains épisodes sont ressassés de pages en pages), d'abord agaçantes mais qui prennent tout leur sens à mesure que l'intrigue se développe. La fin, abrupte, révèle chaque indice semé au fil du roman qui pourrait presque être classé dans la catégorie "thriller"...
Un bon moment de lecture, quelques heures pour se laisser submerger par l'atmosphère angoissante de ce matin de Noël pas ordinaire.

Finalement, ce roman aura récolté un 15/20.

Cherchez la femme - Alice FERNEY


Quand Vladimir rencontre Nina, il sait déjà qu'elle est la femme de sa vie. Elle sera aussi la mère de Serge, le fils normalien qui fera en sorte, toute sa vie, d'atteindre le modèle de vie rêvé par ses parents.
Quand Serge épouse Marianne, elle le perce à jour rapidement. Dans leur amour qui grandit puis se brise, tout tourne autour du reflet de soi dans les yeux de l'autre, des autres.

Un roman dense et captivant quoique trop analytique, voire médical. Alice Ferney scrute chaque personnage comme s'il était l'objet d'une expérience scientifique, détaille chaque pensée, dissèque chaque frémissement. Sept parties comme sept étapes d'une vie, de la première « Fils de Nina » consacrée à la rencontre des parents de Serge, à la toute dernière « Et la mort qui sépare ».

Je ne suis pas sûre d'avoir aimé ce roman. L'écriture est splendide, forte, la narration saisissante mais j'ai été gênée par l'analyse constante des sentiments, comme si l'amour, au fond, n'était qu'un objet d'étude. Il y a même une certaine touche de pessimisme, une vague tristesse.
En tout cas, il m'aura fallu batailler sec pour le finir, j'avais vraiment envie de le lâcher (comme celui de Sylvie GERMAIN) et je ne lui ai attribué que 13/20.


A peine mes notes de lecture envoyées par mail à Elle, je recevais la sélection suivante dans ma boîte aux lettres...
"Esprit d'hiver" est déjà terminé, les deux autres ne me tentent pas (j'ai quand même un peu de curiosité pour le policier..) et je viens de passer chez le libraire et de compléter ma liste des bouquins-que-je-veux-lire-absolument de nouveaux titres...aïe !

Absences - Alice LaPLANTE


 Amanda est morte, assassinée. Fait étrange, les quatre doigts de sa main droite ont été sectionnés. Ne reste que le pouce. Et une suspecte toute désignée : sa voisine et meilleure amie, Jennifer White, ancien chirurgien orthopédiste.
 
Sauf que Jennifer est atteinte de la maladie d'Alzheimer et qu'elle ne se souvient de rien. Difficile pour elle de prouver son innocence. D'autant qu'elle avait tout un tas de bonnes raisons pour en vouloir à Amanda et qu'on retrouve chez elle le bistouri et les lames, cachées dans un tiroir.

J'ai d'abord été un peu déconcertée par l'alternance de graphies du roman, dans les paragraphes assez courts se juxtaposent italique et police standard. C'est assez étonnant comme procédé mais ça ne gêne finalement pas la narration. Même si j'ai regretté que la fin soit prévisible et qu’étonnamment, alors que certains personnages sont très convenus, il manquait un inspecteur de police acharné : la police est quasi invisible dans ce roman que j'ai pourtant aimé pour son sujet original et plutôt bien exploité.

Je lui attribué la note de 14/20.

Lectures de décembre

Je rédige tout doucement une liste pour le Père Noël, des livres et encore des livres !
Notamment "Confiteor" qui me fait de l'oeil depuis un moment :



Mais en attendant de défaire mes paquets, il me reste encore un roman à lire dans le cadre du Jury ELLE et un mini-Folio sur un thème que j'aime beaucoup : l'histoire de la famille Borgia ;o)



Il me reste encore deux ou trois bouquins à chroniquer ici dont "le dictionnaire amoureux de Marcel Proust" des ENTHOVEN père et fils, et "Courir sur la faille" de Naomi BENARON..

Tu n'as jamais vraiment été là - Jonathan AMES




Joe est un ancien des Marines et du FBI. Justicier solitaire, il se voit confier par un homme politique, sénateur, la mission de lui ramener sa fille, prisonnière d'un bordel. Joe s'est toujours attaché à se rendre invisible aux yeux du monde, brouillant les pistes. Un épicier lui sert de boîte aux lettres, seul intermédiaire entre lui et son donneur d'ordres. Quand il découvre qu'il est tombé dans un piège et qu'il se sait démasqué, quand il trouve sa mère sauvagement assassinée dans sa maison, il n'a plus qu'une idée en tête : se faire justice lui-même, se venger. Son arme favorite : un marteau.

Quelle surprise ! un roman court (trop ?) incroyablement dense, un roman noir et glauque, rythmé comme du jazz . C'est incisif, impeccablement mené, haletant. Mon seul regret ? qu'il se termine si vite, qu'il n'y ait pas plus d' « étoffe » avec intrigues secondaires, personnages plus fouillés. Un excellent polar tout de même !

Je lui ai attribué la note de 16/20.

La théorie du chaos - Leonard J. ROSEN




Alors qu'il s'apprête à suivre le procès d'un bourreau serbe , Henri Poincaré, commissaire à Interpol est sollicité pour une enquête sur un attentat à Amsterdam. La victime, James Fenster, mathématicien de renom, a été pulvérisé, au-dessus du lavabo de sa chambre d'hôtel par une bombe très spéciale : ses composants entrent dans la fabrication des propulseurs de fusées. Il devait donner une conférence lors d'un congrès du FMI.Poincaré, dont le grand-père Jules-Henri était mathématicien lui-aussi, se passionne pour cette énigme malgré les menaces du bourreau serbe qui a décidé de décimer sa famille.
Y a-t-il un lien entre l'assassinat de Fenster, les activistes altermondialistes qui manifestent en Hollande, le mouvement apocalyptique qui prédit la toute proche fin du monde et la menace qui pèse sur la famille du commissaire ?
La galerie de personnages est remarquablement bien brossée (du flic idéaliste au bourreau serbe cynique, de l'altermondialiste péruvien au PDG d'un fonds de placement ultra-rentable), la trame policière efficace et intelligente et on se régale du début à la fin de ce thriller !
Outre son intrigue, extraordinairement bien ficelée, ce roman nous plonge au cœur de notre société où la peur côtoie les ambitions mégalomaniaques, où l'empathie le dispute à la haine. Un très bon roman policier !
Je lui ai attribué la note de 17/20 (oui, oui ! à celui-là aussi !!)

Petites scènes capitales - Sylvie GERMAIN



Des tableaux e la vie de Lili se succèdent. Lili enfant qui regarde une photo où l'on voit sa maman trop tôt disparue, Lili plus grande qui se découvre une nouvelle famille, une belle-mère, trois sœurs et un frère qui recompose une fratrie...Lili qui vit les tragédies familiales, regarde les uns s'éloigner, les autres s'opposer.
Un roman assez intimiste, que j'ai cru pouvoir apprécier et qui, en réalité m'a déçue. Certes, les sentiments, les caractères, les failles y sont décrits au plus juste, à l'émotion, mais tant l'histoire, assez commune, que le « verbiage » m'ont fatiguée, découragée. Si Sylvie Germain manie la langue française dans ce qu'elle peut avoir de plus littéraire, poétique (trop académique ?), j'ai cherché en vain mon plaisir dans cette lecture, trop perclue de phrases alambiquées et je n'ai pas su me délecter de la musicalité dont se parent les romans de Sylvie Germain.