25 mai 2018

Dr Knox - Peter SPIEGELMAN

Editions Rivages
Parution : 2 mai 2018
Traduction : Fabienne Duvigneau
440 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

Le Dr. Knox a fait profession de soigner les pauvres à Los Angeles. Son dispensaire, situé dans Skid Row - le quartier qui abrite le plus grand nombre de SDF aux Etats-Unis -, ne lui assure pas des revenus suffisants pour boucler ses fins de mois. Raison pour laquelle il ne recule pas devant les "missions", parfaitement illégales, que lui procure son ami Sutter, ex-soldat d'élite : des visites à domicile confidentielles chez des people en situation délicate.
Un jour, le médecin trouve dans sa salle d'attente une jeune étrangère et son enfant malade. Lorsqu'il revient après avoir soigné le petit garçon, la mère a disparu. Knox se met alors à la recherche de la jeune femme. Une enquête en forme de croisade contre les riches et les puissants de la ville... 

 
 Skid Row - Los Angeles - USA

Ce que j'en ai pensé :

Voila un bouquin qui a failli m'arracher un cri de rage dès la première page ("Sa PAUME d'Adam tressautait...", sérieux ??? la paume ou la pomme ?) et qui, passé ce sursaut m'a plu, beaucoup !

Parce que Knox est un anti-héros, le genre de mec sur qui on ne miserait pas un kopeck (et les russes à ses trousses auraient été de mon avis !), le genre un peu faiblard pas terrible pas courageux. En apparence !
Sauf quand Elena, jeune roumaine, débarque dans son cabinet médical (il soigne les paumés de la Skid Row) avec son gamin qui fait un choc anaphylactique.  
Le début des emmerdements ! Et pas des moindres, puisqu'entre le souteneur de ladite Elena et une famille richissime de L.A., il va naviguer en eaux troubles, heureusement assisté de Sutter, l'indéfectible ami et ancien SEAL.

Même si ce polar parait de facture assez classique, il est aussi assez habilement travaillé pour retenir l'attention et son "non-héros" toubib, aux casseroles bien résonnantes, est un excellent personnage !  Sa psyché est bien exploitée, les zones d'ombre suffisamment évoquées pour qu'on éprouve, à la lecture de cette première aventure, une réelle empathie.
S'ajoute le contraste saisissant entre les privilégiés de la côte ouest des USA (côte en Bourse, relations et golf) et les laissés-pour-compte de l'Amérique...

Merci à Virginie des Editions Rivages pour cette lecture surprenante et fort plaisante ! Le Dr Knox est un héros à suivre ;o)

23 mai 2018

Toscane - Vincent OLLIVIER

Editions Flammarion - Hors collection
Parution : 2 mai 2018
336 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

Trois coups de feu déchirent le silence estival d’une villégiature équestre en Toscane. Des meurtres au sein de cette petite société policée que seule une passion commune pour l’équitation semblait rassembler? En remontant l’histoire, on découvrira les fils qui relient un couple d’Anglais fortunés et un cynique banquier d’affaires à deux militaires américains en mission en Afghanistan : adultère, détournement d’argent et trafic d’armes. Ce petit monde s’anime et révèle alors un autre visage : celui de riches occupés à s’enrichir davantage, et cachant mal, sous des dehors de grande réussite, l’échec de leur existence.

Toscane est un roman sous haute tension qui met brillamment en scène, le temps d’un été, une petite communauté en plein délitement. Vincent Ollivier, avec mordant et humour, sonde les recoins les plus sombres de ses personnages et, ce faisant, nous livre un roman très contemporain sur l’argent.


Ce que j'en ai pensé :

Un agroturismo en Toscane, des chevaux, quelques tensions exacerbées, du pognon (plutôt beaucoup), des intérêts, des envies sexuelles.
De l'autre côté, l'Afghanistan, des combattants anglais, plus ou moins (certainement beaucoup moins !!) malins.
Entre les deux, des textos.
Et une situation qui bascule, vers l'irrémédiable : 3 corps sans vie, arme à feu.
Qui est coupable de quoi ?

Un roman brillant, c'est assez rare pour être souligné, d'autant plus pour un "premier roman" !! 
Un roman qui tourne assez vite au polar. 
Alors que tout tourne autour de la psyché des personnages, leurs espoirs et leurs névroses, leurs petites manigances ou leurs gros trafics ! Le tout dans une ambiance solaire, qui, l'air de rien, sous le soleil de Toscane, accentue les caractères, dans une tension permanente, obsédante.

Une ambiance bien glauque, à défaut d'être absolument noire, mais qui distille les petites magouilles de chacun comme un poison diffus : la nana qui rêve d'une vie de star, le frenchie qui observe, les bidasses en mission, l'informaticien qui a cru être plus malin mais transpire la peur..Des personnages taillés au cordeau, exploités jusqu'aux tréfonds de leurs âmes, intelligemment, finement.

La narration est travaillée, fluide, plutôt addictive ! Bien que j'ai deviné assez vite les interactions entre les personnages et leur rôle, j'ai trouvé l'ensemble très réussi et je me suis laissée porter ! 

Une parfaite réussite, portée par un style maitrisé, déjà fort pour un premier roman !

20 mai 2018

Goodbye, Loretta - Shawn VESTAL

Editions Albin Michel  - Collection Terres d'Amérique
Parution : 28 mars 2018
Titre original : Daredevils
Traduction : Olivier Colette
352 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

Short Creek, Arizona, 1974. Loretta, quinze ans, vit au sein d’une communauté de mormons fondamentalistes et polygames. Le jour, elle se plie à l’austérité des siens, la nuit, elle fait le mur et retrouve son petit ami. Pour mettre un terme à ses escapades nocturnes, ses parents la marient de force à Dean Harder, qui a trente ans de plus qu’elle, une première femme et déjà sept enfants…
Loretta se glisse tant bien que mal dans son rôle d’ « épouse-sœur », mais continue à rêver d’une autre vie, qu’elle ne connaît qu’à travers les magazines. La chance se présente finalement sous les traits de Jason, le neveu de Dean, fan de Led Zeppelin et du
Seigneur des anneaux, qui voue un culte au cascadeur Evel Knievel. C’est le début d’une aventure mémorable aux allures de road trip vers la liberté qui va vite se heurter à la réalité...
Un superbe roman, profond et drôle à la fois, qui nous plonge au cœur de la mythologie de l’Ouest américain, tant sacrée que profane. 
Evel (Robert Craig) Knievel (1938-2007)

Ce que j'en ai pensé :

Elle en a ras-le-bol, Loretta,  de cette vie en Arizona, de ces mormons qui régentent sa vie, l'obligent à se marier avec un vieux (qui a déjà convolé en premières noces !). Elle voudrait juste du gloss qui brille et une voiture rose !

1975, l'Amérique peine à sortir de la guerre de la Vietnam, et Loretta rêve d'une autre vie, de fuir, peu importe avec qui, que ce soit Bradshaw, Jason ou son pote Boyd, ou encore Evel Knievel, ce cinglé qui a fabriqué sa fusée et manque de mourir à chaque fois qu'il la lance !

Son road-trip ne commence qu'aux deux-tiers du roman, quand Loretta elle-même semble y avoir renoncé, et, il manque singulièrement de rythme ! Les jeunes fuyards (Loretta, Jason et Boyd), pourchassés par Bradshaw et par Dean, échouent dans un motel où les tensions entre eux s'exacerbent. Une aventure qui tourne court, une fuite peu rocambolesque et la rencontre avec le fameux Knievel qui cristallise ce qui oppose les mormons au reste des américains (sexe, alcool, exubérance).
Alors que tout au long du roman, on se demande ce que vient faire ce "héros" de la culture US (c'est lui le "Daredevil" qui donne son nom au roman), on comprend mieux au fil des dernières pages comment il a pu être le lien entre les personnages et leur désir de fuite, ce qu'il a pu représenter de la modernité de l'Amérique (et de sa décadence aux yeux des mormons).

Un bon roman, aux personnages complexes, mais qui s'étire un peu en longueur ; une image de l'Amérique dans toutes ses contradictions, un portrait intelligent des minorités mormones mais aussi de l'adolescence et de ses espoirs, de ses ambiguïtés.

18 mai 2018

Idaho - Emily RUSKOVICH


Editions Gallmeister - collection Americana
Publication : 3 mai 2018
Traduction : Simon Baril
368 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

Idaho, 1995. Par une chaude journée d’août, une famille se rend dans une clairière de montagne pour ramasser du bois. Tandis que Wade, le père, se charge d’empiler les bûches, Jenny, la mère, élague les branches qui dépassent. Leurs deux filles, June et May, âgées de neuf et six ans, se chamaillent et chantonnent pour passer le temps. C’est alors que se produit un drame inimaginable, qui détruit la famille à tout jamais. Neuf années plus tard, Wade a refait sa vie avec Ann au milieu des paysages sauvages et âpres de l’Idaho. Mais alors que la mémoire de son mari s’estompe, Ann devient obsédée par le passé de Wade. Déterminée à comprendre cette famille qu’elle n’a jamais connue, elle s’efforce de reconstituer ce qui est arrivé à la première épouse de Wade et à leurs filles.


Ce que j'en ai pensé :

Etrange premier roman...qui ressasse le souvenir jusqu'à la lie quand c'est son absence, ou la façon dont on l'occulte, qui constitue la matière première du livre.

Ne pas se souvenir de l'horreur, avoir oublié. 

Parce que ça fait mal, ou parce qu'on perd la boule, comme Wade, précocement sénile, qui ne sait plus qu'il avait deux filles et qu'une seule d'entre elles est morte, qui ne sait plus jouer du piano, qui dérive comme son père et son grand-père dans les limbes de la mémoire.

Comme Jenny, l'infanticide, qui fuit dans le silence la vraie raison pour laquelle sa hachette a tuée sa fille, et qui, bizarrement, ne semble pas tant se préoccuper de sa vie supposée survivante et disparue que du sort de sa co-détenue, Elisabeth.

Comme Ann, la nouvelle compagne de Wade, qui supporte sa violence, ses errements, et qui reprend à son compte le drame, tente de le comprendre. Qui aide Jenny, à sa manière (et je n'ai pas compris quel sentiment de devoir ou de culpabilité se cachaient derrière ses intentions).

Une narration presque sèche, abrupte. Comme la piqûre des taons dans cette forêt juste avant "le" drame. Un chouïa insensible. Sans doute volontairement, comme l'aspect "choral" qui détache le drame du ressenti des protagonistes.

Un roman qui ne laisse pas de glace, qui interroge sur la mémoire et le souvenir, qui laisse des zones d'ombre, des non-dits. Surprenant, certes, mais qui laisse aussi présager d'une plume forte ! à suivre !

16 mai 2018

La trilogie Verhoeven - Pierre LEMAITRE

Editions Livre de Poche
Parution : 9 juin 2010
416 pages
Prix Cognac 2006

Ce qu'en dit l'éditeur :

Dès le premier meurtre, épouvantable et déroutant, Camille Verhoeven comprend que cette affaire ne ressemblera à aucune autre. Et il a raison. D’autres crimes se révèlent, horribles, gratuits… La presse, le juge, le préfet se déchaînent bientôt contre la « méthode Verhoeven ». Policier atypique, le commandant Verhoeven ne craint pas les affaires hors normes mais celle-ci va le placer totalement seul face à un assassin qui semble avoir tout prévu. Jusque dans le moindre détail. Jusqu’à la vie même de Camille qui n’échappera pas au spectacle terrible que le tueur a pris tant de soin à organiser, dans les règles de l’art…

Editions Livre de Poche
Parution : 2 mai 2012
408 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :

Qui connaît vraiment Alex ? Elle est belle. Excitante. Est-ce pour cela qu'on l'a enlevée, séquestrée et livrée à l'inimaginable ? Mais quand le commissaire Verhoeven découvre enfin sa prison, Alex a disparu. Alex, plus intelligente que son bourreau. Alex qui ne pardonne rien, qui n'oublie rien, ni personne. Un thriller glaçant qui jongle avec les codes de la folie meurtrière, une mécanique diabolique et imprévisible où l'on retrouve le talent de l'auteur de Robe de marié.

Editions Livre de Poche
Parution : 5 février 2014
360 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :

« Un événement est considéré comme décisif lorsqu'il désaxe complètement votre vie. Par exemple, trois décharges de fusil à pompe sur la femme que vous aimez. »
Anne Forestier, la nouvelle compagne du commandant Verhoeven, est l’unique témoin d’un braquage dans une bijouterie des Champs-Elysées. Elle a été violemment tabassée et laissée pour morte. Atmosphère glaçante, écriture sèche, mécanique implacable : Pierre Lemaitre a imposé son style et son talent dans l'univers du thriller. Après Alex, il achève ici une trilogie autour du commandant Verhoeven, initiée avec Travail soigné

Ce que j'ai pensé de cette trilogie :

J'avais acheté Alex, attirée par la 4ème de couverture avant de m'apercevoir que c'était le deuxième tome d'une trilogie, donc, retour en librairie pour acquérir les opus 1 et 3 avant de partir en vacances.

J'ai été très circonspecte dès le départ : j'ai bien eu du mal à imaginer le commissaire Verhoeven à l'oeuvre. Déjà parce qu'il se prénomme Camille et que j'avais tendance à lui donner une silhouette féminine. Mais en matière de "silhouette", j'allais être servie : notre bonhomme ne mesure qu'un mètre quarante-cinq ! Et pour moi, même s'il s'annonce comme le meilleur flic du monde, en terme de crédibilité, c'est zéro pointé ! selon ce qu'on comprend du contexte, cette petite taille n'est pas un handicap, alors que jusqu'à 2010, il fallait mesurer au moins 1.60m pour postuler au concours d'entrée de la police...
Rajoutons que le gaillard, en plus d'être presque nain, est quasi chauve mais qu'il se trouve des nanas super belles et raides dingues amoureuses de lui (y a pas de justice ou alors c'est une histoire de phéromones ??!!).

Sinon, l'ensemble se tient, c'est vif et toujours très "page turner", et les intrigues sont correctement ficelées. Au moins pour Travail soigné et Alex, qui m'ont semblé les plus crédibles. J'ai trouvé le dénouement de Sacrifices un peu facile même si cet opus ferme la boucle et entre en résonance avec le tome 1.

C'est plutôt pas mal (et le style de Pierre Lemaître est toujours impeccable), ça se lit assez vite sur un transat, c'est heureusement parfois assez trash-sanguinolent pour retenir l'attention et c'est peut-être déjà pas si mal !

14 mai 2018

Signe de vie - José RODRIGUES DOS SANTOS

Editions HC
Parution : 3 mai 2018
Titre original : Sinal de Vida
Traduction : Adelino Pereira
704 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :

La NASA prépare d’urgence une mission spéciale internationale pour aller à la rencontre du vaisseau inconnu. Tomás Noronha, le célèbre cryptanalyste, est recruté pour faire partie de l’équipe d’astronautes.
Ainsi commence une histoire à couper le souffle qui nous entraîne au cœur du plus grand mystère de l’univers.
Avec Signe de vie, J.R. dos Santos revient à son domaine de prédilection : la science.
Après
La Formule de Dieu, il démontre à nouveau son extraordinaire capacité à disséquer un sujet difficile et exigeant pour le rendre accessible à tous et rétablir la vérité simple et incontestable.
Si les scientifiques et les gouvernements pensent que le grand public n’est pas prêt à entendre ce qu’ils savent vraiment sur la vie extra-terrestre, Dos Santos a décidé de nous l’expliquer à travers un thriller saisissant.

Ce que j'en ai pensé :

J'avais beaucoup aimé La formule de Dieu (non chroniqué sur le blog) et Codex 632, le secret de Christophe Collomb , passionnants mais très fouillés (trop ?) scientifiquement. Ce nouvel opus a les mêmes défauts et les mêmes qualités que les précédents, et il aligne plus de 700 pages ! 

Pour autant, pour quelqu'un comme moi, absolument fermée aux mathématiques et à la science, franchement cartésienne, ça reste un roman fascinant et addictif ! Parce que ça reste accessible et que l'auteur est un excellent pédagogue dont le style est plaisant et fluide !

On retrouve avec le même plaisir Tomas Noronha le cryptologue, prêt à se marier, mais obligé à rejoindre un campus spatial américain pour préparer une mission peu ordinaire : rencontrer un vaisseau inconnu (dénommé Phanès) venu de l'espace, possiblement envoyé par des extra-terrestres qui émettent un signal et dont on ne connait pas les intentions. 

Un thriller qui interroge sur les origines de la vie, sur la notion du divin dans la création, sur l'évolution des espèces mais qui retrace aussi les conditions humaines de la conquête spatiale, les doutes des scientifiques.  
Si certains passages peuvent paraître parfois longuets (quand ils abordent des théories scientifiques), ça reste plaisant à lire, parfois amusant et ça a le mérite de se distinguer par la haute qualité de la réflexion engagée d'autres polars dans ce style qui ne font qu'effleurer les choses (je pense à Dan Brown où le discours est souvent creux et n'approfondit aucune des idées évoquées). 
Finalement, je sors de ce roman assez admirative des savoirs collectés et restitués par l'auteur (même si ça confirme, ah ah ah ! que la science et moi ça reste improbable !).



Merci à Babelio et aux éditions HC pour leur confiance et pour cette lecture enrichissante ! 

11 mai 2018

Le triomphe des ténèbres - Eric GIACOMETTI et Jacques RAVENNE

Editions JC Lattès
Parution : 4 avril 2018
480 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :

Dans une Europe au bord de l'abîme, une organisation nazie, l'Ahnenerbe, pille des lieux sacrés à travers le monde. Ils cherchent à amasser des trésors aux pouvoirs obscurs destinés à établir le règne millénaire du Troisième Reich. Son maître, Himmler, envoie des SS fouiller un sanctuaire tibétain dans une vallée oubliée de l'Himalaya. Il se rend lui-même en Espagne, dans un monastère, pour chercher un tableau énigmatique. De quelle puissance ancienne les nazis croient-ils détenir la clé  ?
À Londres, Churchill découvre que la guerre contre l'Allemagne sera aussi la guerre spirituelle de la lumière contre l'occulte.
Ce livre est le premier tome d'une saga où l'histoire occulte fait se rencontrer les acteurs majeurs de la Seconde Guerre mondiale et des personnages aux destins d exception  : Tristan, le trafiquant d'art au passé trouble, Erika, une archéologue allemande, Laure, l'héritière des Cathares... 


Ce que j'en ai pensé :

Le duo infernal revient avec une nouvelle série ! J'étais impatiente, tant je guette chacun de leur nouvel opus ! Une référence en matière de polar ésotérique...

Cette fois, la narration, toujours menée avec brio, s'échappe entre Londres et l'Espagne franquiste, entre l'Allemagne nazie et Montségur, Ariège, place forte de la religion cathare.
Il s'agit de retrouver des svastikas magiques qui donneraient le pouvoir absolu au nabot à moustaches, Hitler.

Si l'entremêlement de personnages apporte un brin de confusion au début du polar, les acteurs principaux se profilent assez vite et servent cette intrigue fondée sur l'occultisme, mettant en exergue un personnage au profil trouble et aux actions prêtant à caution.

Point de Marcas cette fois ? 
C'était presque une déception pour moi tant j'avais pu m'attacher à ce commissaire...
Pourtant..

7 mai 2018

Toxique - Niclo TAKIAN

Editions du Livre de Poche
Parution : 3 janvier 2018
320 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

Janvier 2016. La directrice d’une école maternelle de la banlieue parisienne est retrouvée morte dans son bureau. Dans ce Paris meurtri par les attentats de l’hiver, le sujet des écoles est très sensible. La Crim dépêche donc Tomar Khan, un des meilleurs flics de la Crim, surnommé le Pitbull, connu pour être pointilleux sur les violences faites aux femmes. À première vue, l’affaire est simple. « Dans vingt-quatre heures elle est pliée », dit même l’un des premiers enquêteurs. Mais les nombreux démons qui hantent Tomar ont au moins un avantage : il a développé un instinct imparable pour déceler une histoire beaucoup plus compliquée qu’il n’y paraît.


Ce que j'en ai pensé :

J'avais déjà beaucoup aimé le premier polar que j'avais lu de Niclo TAKIAN, La nuit n'est jamais complète, autant dire que je me suis jetée sur celui-ci sans trop me poser de questions !

Et j'ai bien fait, ça confirme ma première impression et le talent de l'auteur pour instiller une ambiance un rien poisseuse dans ces polars et pour décrypter les psychologies les plus retorses.

Parce qu'il n'y a pas qu'ici un criminel sociopathe, un "toxique" pour ceux qui l'approchent (souvent contre leur gré !) et qui se laissent prendre à sa toile d'araignée...
Il y a aussi toutes les névroses d'un enquêteur souvent borderline, traumatisé par un passé désastreux et qui flirte avec l'illégalité en croyant pouvoir rendre justice lui-même, surtout quand on s'attaque à des femmes.

L'ambiance n'est pourtant pas trop glauque mais diffuse parfois un malaise, tout en donnant toute sa force à ce personnage qui s'inscrit dans la ligne des flics rudes et râpeux, mais sensibles, auxquels on s'attache même si le genre peut paraître convenu.

Vivement le prochain !

5 mai 2018

Robe de marié - Pierre LEMAITRE

Editions du Livre de Poche
Parution : 20 janvier 2010
320 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :

Nul n’est à l’abri de la folie. Sophie, une jeune femme qui mène une existence paisible, commence à sombrer lentement dans la démence : mille petits signes inquiétants s’accumulent puis tout s’accélère. Est-elle responsable de la mort de sa belle-mère, de celle de son mari infirme ? Peu à peu, elle se retrouve impliquée dans plusieurs meurtres dont, curieusement, elle n’a aucun souvenir. Alors, désespérée mais lucide, elle organise sa fuite, elle va changer de nom, de vie, se marier, mais son douloureux passé la rattrape… 
L’ombre de Hitchcock et de Brian de Palma plane sur ce thriller diabolique.

Ce que j'en ai pensé : 

Alors Hitchkock ? Pourquoi pas ? Mais sans l'angoisse latente..
Parce que, à force de lire moult polars, le pitch parait facile, pas mauvais mais plutôt convenu. 

L'héroïne croit perdre la raison, la mémoire, et réagit, organise sa riposte.

Peut-être qu'en 2009, l'intrigue était-elle originale ? En tout cas, en 2018, elle ne m'a pas surprise tant j'ai eu l'impression de lire le même scénario des dizaines de fois (y compris le "vol plané" final...).

Pour autant, ça se lit bien, c'est assez "page turner", la narration est appliquée, les personnages vivants et incarnés, il n'y a as d'incohérences.
Mais je suis un peu circonspecte, sans doute parce que je n'ai plus assez de "fraicheur" par rapport au genre et que je deviens très exigeante en matière de polars...
Ça ne m'empêchera pas de lire "Travail soigné", "Alex" et "Sacrifices" sous mon parasol ces prochains jours !

3 mai 2018

Dans la douleur du siècle - Gilles VINCENT

Editions In Octavo (in8)
Parution : 23 janvier 2018
244 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

1944, Lestelle-Bétharram, Basses-Pyrénées. Sur dénonciation, les enfants juifs de la colonie de La Croix des Hauteurs sont arrêtés par les polices françaises et allemandes. Seul le petit Léon Adler en réchappe. Soixante-dix ans plus tard, l’identité du coupable délateur fait la une des journaux. Samuel Adler, fils de l'unique survivant, et Marie, fille du présumé dénonciateur, décident de faire équipe pour établir la vérité. Ils découvrent bientôt que dans cette France « libre », les silences des uns se heurtent aux connivences des autres. Et que deux générations plus tard, les consciences sont encore au secret. Se jouant des codes du polar qu'il maîtrise parfaitement, Gilles Vincent signe un roman familial bouleversant sur l'Occupation et la déportation. À travers l'histoire personnelle de Marie et Samuel, surgit ce siècle terrifiant dont ils n'ont traversé que la fin. Ils en sont pourtant les enfants, fragiles témoins de la mémoire des autres.


Ce que j'en ai pensé :

Le hasard au détour d'un rayonnage de librairie...et tout de suite, les mots qui happent, qui déroulent une histoire à laquelle on s'attache.
Le verbe est beau, travaillé.  
L'intrigue, intéressante. 
Les personnages, Samuel Adler et Marie, attachants.

J'ai presque envie de m'en tenir à ce constat.
J'ai aimé, vraiment beaucoup. Je crois que quelquefois, il ne faut pas s'étendre en blabla.

J'ai lu ce "polar" d'une traite, happée. Parce qu'il n'y a pas de jugement sur cette période sombre de l'Occupation, parce que tout se lit, se dit, comme ça, et que finalement, c'est sans doute la plus-value de ce roman.

Du silence, des culpabilités, des regrets et des mensonges et surtout, un beau texte, intelligent, presque intime sans trop en faire, un bouquin super recommandable !

Une de mes plus belles lectures d'avril 2018 !

1 mai 2018

Feu follet - Patricia MELO

Editions Actes Sud - collection Actes Noirs
Parution : novembre 2017
Titre original : Fogo-Fatuo
Traduction : Vitalie Lemerre et Eliana Machado
336 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

Dans un théâtre de São Paulo, le rideau va se refermer sur la première de l’adaptation du Feu follet de Drieu la Rochelle. Le public retient son souffle, bluffé par la performance de l’acteur principal, tombé au sol après s’être tiré une balle dans la tête. Une mort si magistralement mise en scène que des éclats de cervelle sont projetés sur les fauteuils capitonnés du premier rang. Homicide, accident ou suicide ? L’homme, connu pour ses frasques, combinait narcissisme pathologique et dysfonctionnement érectile, un mélange détonant lors­qu’on est une vedette populaire. Qui aurait eu intérêt à sacri­fier la “poule aux œufs d’or” ? L’épouse humiliée, ravissante idiote qui se damnerait pour remporter un reality show ? Les admiratrices éconduites ? Les paparazzis en quête de scoop ?
Il incombe à Azucena, la responsable du service scientifique de la police, de trouver les réponses, alors même qu’au sein des forces de l’ordre un groupe d’exterminateurs semble s’être donné pour mission de “nettoyer” la ville.
La jeune femme se bat sur tous les fronts, et avoir malen­contreusement surpris sa sœur cadette dans la chambre conju­gale n’est pas le moindre de ses soucis.
Patrícia Melo renoue ici, non sans humour, avec le milieu vicié de la jungle urbaine, qu’elle sait dépeindre à merveille : des institutions viles et corrompues, des âmes turpides avides de reconnaissance et de pouvoir, l’éternel “spectacle” de la mi­sère humaine.

Ce que j'en ai pensé :

Do you want to be famous ?  Você quer ser famoso ?
La solution : participer à une émission de téléréalité ou créer le buzz en se suicidant sur scène... S'agit-il vraiment d'un suicide ?

Si le début de ce polar semble un peu laborieux, voire nébuleux (les "aventures" conjugales d'Azucena qui paraissent d'abord hors sujet, finissent par conférer à l'ensemble un rien de vraisemblance et d'humanité), on finit par se prendre au jeu, à découvrir les personnalités et les secrets qui lient les personnages les uns aux autres.

Je ne suis pas plus enthousiaste : c'est un bon polar mais j'ai eu souvent la sensation de me perdre, de ne pas être sûre d'avoir tout compris et surtout, à part Azucena, de ne ressentir absolument aucune empathie pour les intervenants.

Cependant, j'ai aimé l'instantané de cette société de Sao Paulo, de notre monde contemporain qui ne vit que via les réseaux sociaux, le nombre de "like", le "buzz", au détriment de l'humain, la description d'un monde corrompu...

C'est à vous de voir !

28 avril 2018

Les enfants de l'eau noire - Joe R. LANSDALE

Editions Folio Policiers
Parution : 25 août 2017
416 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

Texas, années 1930. Élevée dans la misère au bord de la Sabine, qui s’écoule jusqu’aux bayous de Louisiane, May Linn, jolie fille de seize ans, rêve de devenir star de cinéma. Un songe qui s’achève brutalement lorsqu’on repêche dans le fleuve son cadavre mutilé. Ses jeunes amis Sue Ellen, Terry et Jinx, en rupture familiale, décident alors de l’incinérer et d’emporter ses cendres à Hollywood. May Linn ne sera jamais une star, mais au moins elle reposera à l’endroit de ses rêves… 

Volant un radeau mais surtout le magot d’un hold-up, la singulière équipe s’embarque dans une périlleuse descente du fleuve, le diable aux trousses. Car non seulement l’agent Sy, flic violent et corrompu, les pourchasse, mais Skunk, un monstre sorti de l’enfer, cherche à leur faire la peau. Quand vous décidez de faire vôtres les rêves d’un autre, ses pires cauchemars peuvent aussi profiter du voyage… 

Ce que j'en ai pensé :

Il ne fait pas bon être noir dans ce coin du Texas dans les années 1930, ni pauvre...la vie est rude, la justice absente et on se met la tête à l'envers comme on peut pour oublier l'horreur du quotidien. Les armes à feu sont chargées, les coups pleuvent, surtout sur les femmes et les gosses, et ça n'empêche pas de rêver.

Le marécage tout autour, , les légendes familiales, les sales histoires, les monstres qui font peur aux enfants, ça swingue sévère !

Pourtant, Sue Ellen (sic...), Terry et Jinx la petite noire, sont tout sauf abattus ! Il y a plus que de l'espoir chez eux, plus que du nerf et de la jugeote, il y a surtout une vraie joie enfantine qui ravage tout et qui leur permet de se jouer (plus ou moins habilement ou par hasard) de toutes les embûches ! 
C'est Fifi Brin d'Acier et Huckleberry Finn dans le même radeau !!

J'avais repéré ce titre en poche à sa sortie, et je me suis demandée pourquoi j'avais attendu si longtemps pour me réjouir d'un roman (pas si) noir, assorti d'un côté rocambolesque enthousiasmant, à la fois jubilatoire dans sa narration, trépidant, et reflétant le Texas des années 1930 dans ce qu'il avait de pire, mêlant fantasmes d'enfants et situations réelles bien sombres !

Gros coup de cœur !!

26 avril 2018

Dans la vallée décharnée - Tom BOUMAN

Editions Actes Sud - collection Actes Noirs
Parution : février 2018
Titre original : Dry bones in the valley
Traduction : Alain Defossé
352 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :

Henry Farrell est le seul flic de Wild Thyme, une petite ville perdue dans le Nord de la Pennsylvanie. Le genre de patelin où il ne se passe pas grand-chose, où tout le monde se connaît, pour le meilleur ou pour le pire. Comme une sorte de marais un peu trouble : la surface est calme mais qui sait ce qu’on trouverait si on allait chercher là-dessous.
Quand il a pris son poste, Henry se voyait passer son temps entre parties de chasse et soirées peinard avec un bon vieux disque en fond sonore. Mais les compagnies pétrolières se sont mis en tête de trouver du pétrole dans le coin. Elles ont fait des chèques, et le moins qu’on puisse dire, c’est que l’ambiance entre voisins s’en est ressentie. Et puis il y a eu la drogue. Des mecs plus ou moins bien emmanchés ont commencé à bricoler toutes sortes de saloperies dans des labos de fortune cachés dans les bois. Henry les connaît, du reste, il est allé à l’école avec eux. Alors quand on découvre un cadavre sur les terres d’un vieux reclus, il comprend que le temps est venu d’aller remuer l’eau de la mare.
Couronné par un Edgar Award, Tom Bouman braconne avec talent sur les terres du polar rural et signe le premier épisode d’une série prometteuse.


Ce que j'en ai pensé :

Je me suis réjouie de trouver ce polar "redneck" dans ma librairie, du rural bien poisseux, de gros bourrins qui dorment avec leur fusil de chasse, une histoire de cambrousse dont les personnages voient leur destin perturbé par les opportunités économiques d'un gisement de gaz.
Entre les abrutis congénitaux et les rancoeurs centenaires perturbées par le "progrès", je me disais qu'à coups de crimes biens sanglants, j'avais une chance de tomber sur une pépite.

Sauf que...

Je n'ai d'abord pas accroché au style narratif, les phrases négatives sans "négation" formulé genre "Je suis pas d'accord"..c'est mon côté facho de la grammaire qui doit ressortir, mais autant je trouve ça acceptable dans des dialogues d'ados, autant en fil continu je sature ; il me faut relire la phrase pour comprendre que le "ne" a été éludé...et ça me fatigue surtout si ça dure tout au long du roman et que ça finit par signifier que ça veut se donner un genre...

J'ai ensuite relevé des manquements de mots, fréquents. Oubli de conjonction etc, style "Je vais Paris".  Chiant.

Et puis, je me suis trouvée vaguement submergée par le nombre de personnages pour lesquels j'ai parfois eu du mal  à établir l'importance de leur présence, et le lien entre eux.
Il est arrivé aux 2/3 du polar que je me dise "C'est qui celui-là ?".

C'est le premier roman d'un auteur, ça donne des excuses.