12 mai 2019

Surface - Olivier NOREK

Editions Michel Lafon
Parution : 4 avril 2019
424 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

Ici, personne ne veut plus de cette capitaine de police.
Là-bas, personne ne veut de son enquête. 


Ce que j'en ai pensé :

Quatrième de couverture laconique..et intrigue assez conventionnelle ! ça ne s'annonce pas comme le polar de l'année...

D'autant qu'après l'excellent et intelligent "Entre deux mondes", je m'attends à du très bon et que j'ai peur d'être déçue..

Pourtant, c'est bon ! Et ce ne sont pas les beaux yeux d'Olivier Norek qui me tournent la tête mais la personnalité de l'héroïne, Noémie, rescapée et défigurée lors d'une descente de police, qu m'embarque !

Et ça fonctionne ! Ça démarre au quart de tour et on suit Noémie dans son enquête ! D'autant qu'il s'agit d'un "cold case" et que l'intrigue explore les luttes de pouvoir locales.
Comme le titre le suggère, ne pas s'en tenir à la surface, celle du visage qu'on présente, ni celle de la lecture des événements.

Un parallèle malin et surtout un bon polar, "classique" certes mais captivant !

24 avril 2019

Oublier Klara - Isabelle AUTISSIER

Editions Stock - Collection La Bleue
Parution : 2 mai 2019
320 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

Mourmansk, au Nord du cercle polaire. Sur son lit d’hôpital, Rubin se sait condamné. Seule une énigme le maintient en vie : alors qu’il n’était qu’un enfant, Klara, sa mère, chercheuse scientifique à l’époque de Staline, a été arrêtée sous ses yeux. Qu’est-elle devenue ? L’absence de Klara, la blessure ressentie enfant ont fait de lui un homme rude. Avec lui-même. Avec son fils Iouri. Le père devient patron de chalutier, mutique. Le fils aura les oiseaux pour compagnon et la fuite pour horizon. Iouri s’exile en Amérique, tournant la page d’une enfance meurtrie.

Mais à l’appel de son père, Iouri, désormais adulte, répond présent : ne pas oublier Klara ! Lutter contre l’Histoire, lutter contre un silence. Quel est le secret de Klara ? Peut-on conjurer le passé ?

Dans son enquête, Iouri découvrira une vérité essentielle qui unit leurs destins. 

Oublier Klara est une magnifique aventure humaine, traversé par une nature sauvage.

Ce que j'en ai pensé : 


C'est une longue quête qui entraîne Iouri, exilé aux USA, à la recherche de sa grand-mère paternelle qu'il n'a pas connue.

Une aventure aux confins des terres russes, de celles qui mettent les hommes (et leur coeur !) à rude épreuve, qui cachent les hontes de l'ancien bloc soviétique entre goulags et mise à l'écart des populations autochtones.

Isabelle Autissier s'y entend à nous embarquer avec elle, à nous dessiner des paysages hostiles et pourtant, elle nous raconte aussi les oiseaux et les hommes, donnant à cette histoire une belle lumière.

Roman du souvenir, du passé qui ressurgit, quête d'identité et de mémoire familiale, tableau saisissant d'une URSS disparue, Oublier Klara emporte le lecteur, l'enveloppe dans sa nostalgie poétique.

Une belle immersion dans les paysages arctiques et dans la société russe !

Merci aux Editions Stock pour cette lecture en avant-première qui confirme que j'aime beaucoup la plume d'Isabelle Autissier !

20 avril 2019

A chacun sa mort - Ross McDONALD

Editions Gallmeister - Collection Totem
Parution : 7 mai 2013
Titre original : The way some people die
Traduction : Jacques Mailhos
272 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :

Dans une maison décrépite de Santa Monica, une veuve glisse dans la main de Lew Archer 50 dollars pour qu’il retrouve sa fille Galatea, disparue depuis Noël. Ça n’est pas cher payé et les indices sont minces, mais une photo de la séduisante jeune femme achève de convaincre le détective. Galatea semble en danger : elle a été vue pour la dernière fois en compagnie d’un malfrat notoire.

Des quartiers pauvres de San Francisco aux villas de Palm Springs, dans un monde gouverné par les commerces illicites, les cadavres s’accumulent et la ravissante disparue mène un jeu des plus troubles.


Ce que j'en ai pensé :

Ça faisait longtemps qu'un bouquin ne m'avait pas laissée aussi circonspecte, à me demander ce qui m'a déplu tout en admettant avoir été entraînée jusqu'au bout par son intrigue…

J'ai aimé l'ambiance de ce polar très sombre où la chronique sociale dessine une Amérique de malfrats et de petites gens englués dans la misère ou la détresse. 

Les personnages sont saisissants de vérité : de l'acteur déchu au flic incorruptible, du truand au dealer d'héroïne, du gamin qui se rêve une carrière de boxeur à la vieille dame amoureuse…

Le décor est vite planté : rues glauques, hôtels sordides, villas luxueuses, tout y est ! L'ambiance suinte le désespoir et la décrépitude, les petites magouilles et les grandes arnaques.

Pourtant, je ne suis pas sûre d'avoir aimé, j'ai eu l'impression étouffante de m'ennuyer un peu et la résolution de l'intrigue ne m'a apporté aucune surprise, j'avais déjà deviné la fin...

16 avril 2019

L'île aux enfants - Ariane BOIS

Editions Belfond
Parution : 14 mars 2019
240 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :

 Pauline, six ans, et sa petite sœur Clémence coulent des jours heureux sur l'île qui les a vues naître, la Réunion. Un matin de 1963, elles sont kidnappées au bord de la route et embarquent de force dans un avion pour la métropole, à neuf mille kilomètres de leurs parents. À Guéret, dans la Creuse, elles sont séparées.
1998 : quelques phrases à la radio rouvrent de vieilles blessures. Frappée par le silence dans lequel est murée sa mère, Caroline, jeune journaliste, décide d'enquêter et s'envole pour la Réunion, où elle découvre peu à peu les détails d'un mensonge d'État.


Ce que j'en ai pensé :

Plus de deux mille enfants réunionnais ont été arrachés à leurs familles entre les années 1960 et 1980, officiellement pour les préserver d'un environnement familial défaillant (pères alcooliques, filles-mères, malnutrition et manque d'hygiène) pour repeupler les départements ruraux de métropole en déficit de natalité. 

Des gamins déracinés, adoptés par des familles qui trouvaient souvent ainsi une main d'oeuvre à bon compte pour les travaux de leurs fermes.

Des gamins qui, pour certains, ont oublié leurs origines (à qui les familles d'accueil ont même été parfois jusqu'à donner un autre prénom !) et qui ont dû se construire et grandir dans un grand mensonge organisé par l'Etat

C'est pourtant avec délicatesse et humanité qu'Ariane Bois raconte cet épisode honteux de la République en déroulant l'enfance, parfois heurtée, de Pauline qu'on a séparée de sa sœur et qui n'accepte pas de retrouver ses origines…

Un roman sensible sur l'identité et sur l'incroyable capacité de résilience de ces enfants déportés, une quête des origines emmenée par une narration pleine de justesse et sans manichéisme.

11 avril 2019

Un an autour de l'océan indien - Antoine CALVINO

Editions Phebus
Parution : 5 mai 2011
265 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :


Qui n'a jamais rêvé de larguer les amarres pour entamer un voyage au long cours ?
Antoine Calvino l'a fait !
Il a suspendu ses activités le temps d'une année afin de découvrir, sac au dos et en solitaire, les pays du pourtour de l'océan Indien. Cap sur l'Inde, le Yémen, l'Ethiopie, le Somaliland, le Kenya, l'Ouganda, Dubaï, l'Iran, la Syrie, la Jordanie et Israël !
Plus encore que les paysages, ce sont les rencontres qui l'intéressent. Logé dès que possible chez l'habitant, fraternisant avec les éternels ravers de Goa, les rastas d'Éthiopie, la jeunesse révoltée de Téhéran ou les pacifistes israéliens, ce trentenaire enthousiaste a réussi l'essentiel : voir ce que personne d'autre n'aurait vu, dire ce que lui seul pouvait raconter.
La plume aussi vive que son pas, Antoine Calvino témoigne d'une réalité bien éloignée des idées reçues et transmet une irrépressible envie de bouger.


Ce que j'en ai pensé :

Voyage, voyages…

et substances illicites à gogo ! 
 
Antoine Calvino a testé presque autant de drogues qu'il a découvert de pays, et ses expériences (non évoquées sur la 4ème de couv') sont omniprésentes et presque sans limites …

Pourtant, dans ce récit aux paragraphes parfois très courts, il trace sa route dans des circonstances parfois cocasses, parfois presque dramatiques et nous donnerait envie de découvrir les pays traversés et les gens qu'il a rencontrés.
Son long périple (qu'il berce de musiques) est surtout un recueil de rencontres étonnantes, une galerie de portraits tantôt amusants tantôt inquiétants.


Une lecture agréable et dépaysante.

4 avril 2019

Sauvage - Jamey BRADBURY

Editions Gallmeister
Parution : 7 mars 2019
Traduction : Jacques Mailhos
320 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

À dix-sept ans, Tracy Petrikoff possède un don inné pour la chasse et les pièges. Elle vit à l’écart du reste du monde et sillonne avec ses chiens de traîneau les immensités sauvages de l’Alaska. Immuablement, elle respecte les trois règles que sa mère, trop tôt disparue, lui a dictées : «ne jamais perdre la maison de vue», «ne jamais rentrer avec les mains sales» et surtout «ne jamais faire saigner un humain». 
Jusqu’au jour où, attaquée en pleine forêt, Tracy reprend connaissance, couverte de sang, persuadée d’avoir tué son agresseur. Elle s’interdit de l’avouer à son père, et ce lourd secret la hante jour et nuit. Une ambiance de doute et d’angoisse s’installe dans la famille, tandis que Tracy prend peu à peu conscience de ses propres facultés hors du commun.


Ce que j'en ai pensé :

Je ne suis pas près d'oublier Tracy ! 
Une gamine étonnante, différente, attachante par sa singularité et son amour pour ce bout d'Alaska, sa forêt et les chiens de traineau. Sauvage, vraiment !..

La nature a la part belle dans ce très réussi roman d'initiation, elle est un personnage à part entière, elle dessine une atmosphère tantôt pesante, tantôt protectrice. Elle est vie et mort tout à la fois. 
La narration particulièrement riche donne toute sa beauté à cet environnement, en fait un lieu idéalisé qui sied au caractère de Tracy et révèle son caractère.

Roman d'apprentissage donc, mais aussi roman "d'amour" : celui de Tracy pour sa famille, pour les chiens, pour Jess. Un amour un peu fou, hors normes, qui repousse les limites et qui fait grandir.

Une pépite (et c'est un premier roman !!), un de ces romans à garder précieusement !

31 mars 2019

Le voyage de Ludwig - Julien JOUANNEAU

Editions Flammarion
Parution : 27 mars 2019
208 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :

 Ludwig est un compagnon parfait. Affectueux. Le rayon de soleil de sa maîtresse Hannah dans leur quotidien assombri par l’Occupation. Le jour où elle est jetée dans un wagon à bestiaux en partance vers une destination inconnue, Ludwig se lance à la poursuite du train. Sans jamais s’arrêter, sans jamais quitter les rails. L’espoir de retrouver Hannah lui fait traverser une France ravagée par les ténèbres, exsangue et suffocante. Une terre où les menaces surgissent le long du chemin de fer, où la sauvagerie rôde. Pris au piège des parfums de la guerre, épuisé et meurtri, Ludwig court entre les deux bras d’acier. Sa fidélité bravera les enfers.

Ce que j'en ai pensé :

Quand Julien Jouanneau m'a proposé de m'envoyer son roman, la curiosité l'a emporté sur mes habitudes de lecture, un peu loin de ma zone de confort. 
Et j'ai bien fait de me laisser tenter !

Voila un court roman qui adopte un point de vue tout à fait original pour parler de la déportation des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale ; celui d'un chien qui se lance dans une course éperdue, et pleine de rebondissements, derrière le train qui emmène sa jeune maîtresse vers les camps de la mort.

Un roman plein de tendresse, une plume vive et un animal-personnage qui suscite l'empathie par sa loyauté hors normes. C'est lui le narrateur qui nous raconte son incroyable voyage, revient sur ses années heureuses de jeune chiot (et ses bêtises) et qui nous livre, à hauteur de truffe et d'oreilles poilues, le récit de son parcours initiatique.

Merci à Julien Jouanneau pour sa confiance !

28 mars 2019

Tout ce que nous allons savoir - Donal RYAN

Editions Albin Michel
Parution : 27 mars 2019
Titre original : All we shall know
Traduction : Marie Hermet
288 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

« Martin Toppy est le fils d’un homme célèbre chez les gens du voyage et le père de mon enfant à naître. Il a dix-sept ans, j’en ai trente-trois. J’étais son professeur particulier. » 

C’est sur ces mots que s’ouvre le nouveau roman de Donal Ryan. Melody Shee est enceinte de douze semaines lorsqu’elle entreprend l’écriture d’un journal. Hantée par son mariage toxique avec un homme qui l’a quittée en apprenant la vérité sur l’enfant à naître, par le souvenir d’une mère inaccessible et de l’amie d’enfance qu’elle a trahie, Melody doit faire face seule à ses démons. Jusqu'à ce qu'une jeune femme énigmatique entre dans sa vie… 

Ce que j'en ai pensé :

J'avais beaucoup aimé "Le cœur qui tourne" en 2015 puis "Une année dans la vie de Johnsey Cunliffe " (coup de cœur en 2017), je me réjouissais de lire ce nouveau roman de Donal RYAN.

J'ai retrouvé avec le plus grand plaisir une écriture forte et poétique, qui ici prend de l'ampleur, dans une narration parfois effrénée. Il y a tout ce qu'on imagine de l'Irlande dans ce roman qui raconte le destin de deux femmes que presque tout pourrait opposer.

L'une, Melody, adultère, qui porte l'enfant d'un jeune homme qu'elle n'aurait pas dû rencontrer (ni séduire !) et l'autre, Mary, mise à l'écart de sa communauté de gens du voyage parce qu'elle est stérile et que cela discrédité sa famille et le mariage arrangé prévu pour elle.

Deux personnalités étonnantes auxquelles  je ne me suis que peu attachée pourtant, leur préférant le père de Melody et Pat, le mari trompé, dans toute sa détresse.
J'ai aimé cet instantané (les 28 dernières semaines de  la grossesse de Melody) de l'Irlande et de la vie des gens du voyage, et la façon dont l'auteur décrit les relations amoureuses.

Merci à Babelio Masse Critique et aux Editions Albin Michel pour ce très bon roman qui confirme tout le talent de Donal Ryan. 

 

25 mars 2019

Animal - Sandrine COLLETTE

Editions Denoël - collection Sueurs froides
Parution : 7 mars 2019
288 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

Dans l’obscurité dense de la forêt népalaise, Mara découvre deux très jeunes enfants ligotés à un arbre. Elle sait qu’elle ne devrait pas s’en mêler. Pourtant, elle les délivre, et fuit avec eux vers la grande ville où ils pourront se cacher. 

Vingt ans plus tard, dans une autre forêt, au milieu des volcans du Kamtchatka, débarque un groupe de chasseurs. Parmi eux, Lior, une Française. Comment cette jeune femme peut-elle être aussi exaltée par la chasse, voilà un mystère que son mari, qui l’adore, n’a jamais résolu. Quand elle chasse, le regard de Lior tourne à l’étrange, son pas devient souple. Elle semble partie prenante de la nature, douée d’un flair affûté, dangereuse. Elle a quelque chose d’animal. 
 
Cette fois, guidés par un vieil homme à la parole rare, Lior et les autres sont lancés sur les traces d’un ours. Un ours qui les a repérés, bien sûr. Et qui va entraîner Lior bien au-delà de ses limites, la forçant à affronter enfin la vérité sur elle-même.


Ce que j'en ai pensé :

7ème roman de Sandrine Collette que j'ai bien du mal à classer dans la catégorie "polar"...Pas tout à fait aussi sombre que les précédents, mais largement aussi fascinant ! 

Difficile d'en parler sans trop dévoiler l'intrigue : on passe d'une forêt népalaise aux montagnes du Kamtchatka (extrême-orient russe) sans faire tout d'abord le lien entre ces deux décors si ce n'est une nature omniprésente, dangereuse, peuplée d'animaux sauvages.

Pourtant, de l'homme qui le chasse, ou de sa proie qui attaque ou riposte, on se finit par se demander lequel a la plus grande part d'animalité en lui.
Le chasseur qui veut faire un carton et rapporter des trophées ou l'ours (j'avoue une sympathie pour ce vrai personnage dans le roman !) et le tigre qui luttent pour leurs survies ?

Sandrine Collette utilise encore sa plume de façon admirable, nous entraînant dans un flot d'émotions, restituant à la perfection l'atmosphère oppressante d'un duel homme/ourssans merci mais aussi le décor miséreux d'un bidonville népalais, passant d'un paysage à l'autre avec des mots justes, rendant à ses personnages toute leur épaisseur.

Une prouesse !


21 mars 2019

Très haute tension - Lionel DAUDET

Editions Stock – Collection La bleue
Parution : 2 mai 2018
304 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :


Trois amis de longue date, alpinistes chevronnés et amateurs de base-jump – ce sport extrême consistant à sauter d’une falaise en parachute.
Une expédition intense en Alaska dans une nature sauvage et préservée.
Un projet de lignes à très haute tension qui menace de défigurer définitivement une vallée du sud des Alpes.

Tels sont les ingrédients de ce roman où l’on peut, ou pas, s’engager en montagne comme dans la vie, dans des activités à risque comme dans des mouvements de contestation. Une radicalisation dans la lutte, mais jusqu’où ?



 (photo "NO THT 05" montrant l'action slackline de 2016)

Ce que j'en ai pensé :

Voila un roman dont on a peu entendu parlé et qu'on n'a pas vu beaucoup sur les réseaux (seul mon fil IG le présente - si on exclut les 2 photos de l'éditeur en mai 2018, à sa parution, et un seul billet sur Babelio)...
Et c'est bien dommage tant il résonne dans l'actualité !

L'auteur est connu pour ses prouesses d'alpiniste, sans doute moins pour ces récits d'aventure. Dans ce premier roman, qui s'inspire d'une situation réelle , il nous emmène de l'Alaska à la Haute-Durance en compagnie d'un trio d'amis fous de sports extrêmes, prêts à affronter tous les dangers.
Des profils différents mais complémentaires, tous liés par le même amour de la nature, des personnages convaincants dans leurs combats et qui ne manquent pas de susciter l'empathie.

Le roman prend vite une tournure politique, explorant le thème des ZAD dans une lutte assez peu connue des médias (l'auteur s'y est personnellement impliqué), celle du refus de l'installation d'une ligne à très haute tension au flanc des Alpes, celle de ces habitants qui souhaitent préserver leur cadre de vie et la beauté de la nature.

Pas de prise de position manichéenne dans cette narration enlevée qui imprime un rythme soutenu et un suspens croissant mais un regard bienveillant, et surtout très inspirant !

Merci à Valérie pour le prêt de ce roman que j'ai beaucoup aimé !

17 mars 2019

Suiza - Bénédicte BELPOIS

Editions Gallimard
Parution : 7 février 2019
256 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :
«Elle avait de grands yeux vides de chien un peu con, mais ce qui les sauvait c’est qu’ils étaient bleu azur, les jours d’été. Des lèvres légèrement entrouvertes sous l’effort, humides et d’un rose délicat, comme une nacre. À cause de sa petite taille ou de son excessive blancheur, elle avait l’air fragile. Il y avait en elle quelque chose d’exagérément féminin, de trop doux, de trop pâle, qui me donnait une furieuse envie de l’empoigner, de la secouer, de lui coller des baffes, et finalement, de la posséder. La posséder. De la baiser, quoi. Mais de taper dessus avant.»

La tranquillité d’un village de Galice est perturbée par l’arrivée d’une jeune femme à la sensualité renversante, d’autant plus attirante qu’elle est l’innocence même. Comme tous les hommes qui la croisent, Tomás est immédiatement fou d’elle. Ce qui n’est au départ qu’un simple désir charnel va se transformer peu à peu en véritable amour. 

Ce que j'en ai pensé :

Excellente surprise que ce premier roman où l'amour et la mort se donnent la réplique dans une danse sensuelle !

Entre Tomas, déjà veuf, alcoolique et franchement crasseux, qui découvre son cancer à l'aube de sa quarantaine, et cette inconnue, rebaptisée Suiza dont l'apparente naïveté est désarmante, la chimie fonctionne (aidée quand même par un presque kidnapping et par un viol ! ) : l'ombre et la lumière se disputent cette rencontre.

Deux personnages complexes, travaillés, complémentaires, avec autour d'eux une belle galerie de portraits. 
Une narration riche, des dialogues maîtrisés, un sens du rythme non négligeables (surtout pour un premier roman !), un brin d'humour et une chute pas piquée des hannetons !

13 mars 2019

Les métèques - Denis LACHAUD

Editions Actes Sud
Parution : mars 2019
224 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

Par deux fois la famille Herbet est convoquée à la préfecture de Marseille. Dès le premier courrier Célestin, le fils aîné, a pressenti un danger. Mais il ignore alors que sa mère, tout comme son père, a jadis changé de patronyme. Dans une région où l’altérité est dangereuse, dans un pays où cinquante ans plus tôt on encourageait les immigrés à s’assimiler, voici qu’un fonctionnaire leur demande de reprendre leur nom d’origine. Quelques nuits plus tard la famille Herbet est cruellement assassinée à son domicile. Seul Célestin, qui entretient avec le réel une relation particulière, parvient à s’échapper par les toits.

Commence alors un long voyage, une succession de jours durant lesquels il s’agit pour le tout jeune homme de passer inaperçu, une fuite ponctuée de rencontres précieuses dans une contrée quadrillée de contrôles policiers.

Ce que j'en ai pensé :

Et si l'histoire se répétait, dans tout ce qu'elle a eu de sinistre ? S'il y avait de nouveau des chasses à l'homme, qu'on veuille séparer les "bons" de l'ivraie ?
Ça vous rappelle des années noires, honteuses ? 
De celles dont on avait dit "plus jamais ça" ?
Surtout en France, patrie des Lumières, du Liberté-Egalité-Fraternité affiché au fronton des mairies...

Et pourtant, dans ce roman percutant, c'est bien le gouvernement français qui décide d'éliminer "les métèques", ceux qui ne seraient pas nés franco-français !

Seule solution : fuir.
Devenir un migrant.
Rejoindre un pays où l'on sera en sécurité.

Diablement d'actualité, non ? 

Denis Lachaud réussit le tour de force de nous plonger dans les abimes de la fuite, en évoquant le destin tragique de ces "métèques", et amène par une narration juste, sans sensiblerie, sans propos moralisateurs, à se questionner sur la question de l'identité, de la persécution (orchestrée par le gouvernement !) et sur l'espoir de reconstruire ailleurs un lendemain meilleur.

Brillant, intelligent, indispensable à lire !

10 mars 2019

Les suppliciées du Rhône - Coline

Editions Préludes
Parution : 15 septembre 2018
365 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

Lyon, 1897. Alors que des corps exsangues de jeunes filles sont retrouvés dans la ville, pour la première fois des scientifiques partent à la recherche du coupable, mettant en pratique sur le terrain toutes les avancées acquises en cette fin de XIXe siècle. 

Autopsies des victimes, profils psychologiques des criminels, voilà ce que le professeur Alexandre Lacassagne veut imposer dans l’enquête avec son équipe, mais sait-il vraiment ce qu’il fait en nommant à sa tête Félicien Perrier, un de ses étudiants aussi brillant qu’intrigant ? Entouré d’Irina, une journaliste pseudo-polonaise, et de Bernard, un carabin cent pour cent janséniste, Félicien va dénouer, un à un, les fils enchevêtrés de cette affaire au coeur d’un Lyon de notables, d’opiomanes et de faiseuses d’anges. 

Jusqu’à ce que le criminel se dévoile, surprenant et inattendu, conduisant le jeune médecin au-delà de ses limites.

Alexandre Lacassagne (1843-1924), médecin légiste, fondateur de l'anthropologie criminelle

Ce que j'en ai pensé :

Ça faisait un petit moment que je n'avais pas lu de polar historique et l'intrigue de celui-ci, située dans le vieux Lyon de la fin du XIXème siècle avait tout pour me plaire.

Pour son décor d'abord : on passe de traboules en bouchons typiques, de la colline de Fourvière à la Croix-Rousse, d'une fumerie d'opium aux ateliers familiaux des canuts, et l'auteur restitue parfaitement l'ambiance urbaine de cette fin de siècle,  avant que les grands travaux d'urbanisme ne tentent d'assainir cette ville à la confluence du Rhône et de la Saône.

Pour ses personnages ensuite : les deux étudiants en médecine, chargés par un professeur d'université d'enquêter sur les crimes avec ce qui préfigure les moyens de la médecine légale moderne, ont des caractères bien dessinés : Bernard garde ses secrets et Félicien joue l'ambiguité. S'ajoute à ce drôle de duo, une jeune femme, Irina, apprentie journaliste, femme "libérée", personnage fantasque et dynamique, à contre-courant des conventions.

Enfin, l'intrigue : l'auteur sème des indices, des fausses pistes, et, une fois n'est pas coutume je n'ai pas trop rapidement deviné qui était le criminel, ni quelles étaient ses motivations ! Bon point !
Les rebondissements et les mystères autour des personnages donnent de la saveur à cette enquête policière et j'ai apprécié l'absence de manichéisme. 

Alors, si le style, bien que ponctué de dialogues bien construits, reste de facture classique, il n'empêche que ce roman policier est intelligent et que sa dimension sociale offre une plongée passionnante dans une époque difficile.

J'ai beaucoup aimé !

Merci à Babelio Masse Critique et aux Editions Préludes pour cette lecture !