22 avril 2021

Les vents sauvages - Johann GUILLAUD-BACHET

 

Editions Calmann-Levy

Parution : 7 avril 2021

352 pages

 

Ce qu'en dit l'éditeur :

Dans une France au bord de la guerre civile, où les ressources se font rares, Étienne décide de tout quitter pour se réfugier avec sa fille Manon dans la ferme familiale, au milieu des forêts d’épineux.

Il y retrouve de vieux amis mais son rêve d’autarcie s’écroule rapidement : la vie est rude dans la vallée cernée d’imposantes montagnes où plus personne n’ose s’aventurer. Les pouvoirs publics ont déserté la région, au profit de la mystérieuse Fonderie qui semble tenir le village et les alentours sous son joug.

Ici aussi, peur et violence règnent.

Bientôt, Étienne apprend que plusieurs jeunes filles ont disparu et que des corps d’hommes déchiquetés sont régulièrement retrouvés à la fonte des neiges.
Chaque jour, les vents se déchaînent, chaque jour, les habitants se terrent… Et les peurs ancestrales resurgissent.


Ce que j'en ai pensé :

Une ambiance pré-apocalyptique et l'espoir de recommencer une vie nouvelle, loin des violences urbaines et des pénuries, pour Etienne et sa fille.

Des décors grandioses, la montagne et ses parois vertigineuses, le lieu des souvenirs d'enfance et du bonheur passé.

Il y aurait tout ce qu'il faut pour se reconstruire après le deuil si l'atmosphère ne se faisait de plus en plus inquiétante, si les événements n'étaient autant porteurs d'angoisse. Quelque chose rôde au pied du massif...

A mesure que les vents se déchaînent et que le froid perdure, les hommes révèlent leurs plus vils instincts, leur sauvagerie, et les femmes, face à eux, pourraient être des victimes de choix.

Un roman fort qui fait la part belle à la nature, violente, perturbée, indomptée. Un roman qui flirte avec le polar, joue dans le registre du fantastique (voire de l'horreur), explore les relations hommes/femmes dans la violence, la résistance et la résilience.

Un coup de cœur, tant pour la qualité de la narration et la virtuosité de la plume, que pour la tension qui monte inexorablement vers le dénouement, ce roman est une merveille de poésie et de brutalité mêlées.

9 avril 2021

Saint Jacques - Bénédicte BELPOIS

 

Éditions Gallimard

Parution : 8 avril 2021

160 pages

 

Ce qu'en dit l'éditeur :

À la mort de sa mère, Paloma hérite d’une maison abandonnée, chargée de secrets au pied des montagnes cévenoles. Tout d’abord décidée à s’en débarrasser, elle choisit sur un coup de tête de s’installer dans la vieille demeure et de la restaurer. La rencontre de Jacques, un entrepreneur de la région, son attachement naissant pour lui, réveillent chez cette femme qui n’attendait pourtant plus rien de l’existence bien des fragilités et des espoirs.


Ode à la nature et à l’amour, Saint Jacques s’inscrit dans la lignée de Suiza, le premier roman de Bénédicte Belpois, paru en 2019 aux Éditions Gallimard. Avec une simplicité et une sincérité à nulles autres pareilles, l’auteure nous offre une galerie de personnages abîmés par la vie mais terriblement touchants. 

 

Ce que j'en ai pensé :

 Bénédicte BELPOIS est-elle tombée dans la guimauve ? Quelle déception que ce second roman, tout miel, tout plein de bons sentiments et de bienveillance, alors que "Suiza" avait tant d'originalité !


Les personnages sonnent creux, sont trop peu approfondis pour qu'on s'y attache (mais sur 160 pages, pouvait-il en être autrement ?), sont à la limite de la caricature (la parisienne bouleversée par les charmes d'une maison à la campagne, l'artisan un peu rustre et bougon mais au cœur tendre, la vieille paysanne toute racornie et son fils indigne, etc...c'est du déjà vu...).


Si le roman aborde les difficultés des relations mère-fille qui se reproduit de génération en génération, comme la maternité précoce des personnages féminins de cette lignée, elles me sont apparues trop peu exploitées pour dessiner correctement la personnalité de Paloma la narratrice.


C'était donc pour moi un ratage, ça ressemble plus à un "feel-good book" (d'autant qu'évidemment, tout est bien qui finit bien !).

Un ratage pour moi même si j'ai aimé les quelques passages qui parle de la nature cévenole…

Dommage !

24 mars 2021

Komodo - David VANN

 

Editions Gallmeister

Parution : 4 mars 2021

304 pages

 

Ce qu'en dit l'éditeur :

 Sur l’invitation de son frère aîné Roy, Tracy quitte la Californie et rejoint l’île de Komodo, en Indonésie. Pour elle, délaissée par son mari et épuisée par leurs jeunes jumeaux, ce voyage exotique laisse espérer des vacances paradisiaques : une semaine de plongée en compagnie de requins et de raies manta. C’est aussi l’occasion de renouer avec Roy, qui mène une vie chaotique depuis son divorce et s’est éloigné de sa famille. Mais, très vite, la tension monte et Tracy perd pied, submergée par une vague de souvenirs, de rancoeurs et de reproches. Dès lors, un duel s’engage entre eux, et chaque nouvelle immersion dans un monde sous-marin fascinant entraîne une descente de plus en plus violente à l’intérieur d’elle-même, jusqu’à atteindre un point de non-retour. 

Avec ce portrait trouble d’une femme en apnée, David Vann confirme son immense talent pour sonder les abysses de l’âme humaine.


 Ce que j'en ai pensé :

Chaque fois que j'entame un nouveau roman de David VANN, je m'attends à recevoir la même claque que lorsque j'ai lu "Sukkwan Island".

Cette fois encore, je suis déçue. 

Pour plusieurs raisons :

- je pourrais vous reproduire ici le registre de thème "pipi-caca" exploité plus que de raison dans le roman, entre les hémorroïdes de l'héroïne (page 87 et avant), ses besoins de "CHIER" (pages 59, 103, 118, 229, 231) ou de "faire pipi" (pages 29, 90, 102), ses expressions scatologiques ("sac à merde" page 55 et ailleurs), ses besoins de PQ (page 215 et suivantes), etc..

On va demander à Dr FREUD ce qu'il en pense : stade et plaisir anal/ emprise/ source et objet pulsionnel etc..je ne suis pas psychothérapeute, et je crois que David VANN a fait EXPRÈS d'introduire (OMG encore du sous-jacent psychanylitico-freudien !) ces éléments pour démontrer que Tracy n'a pas coupé le cordon, soit.

(à lire, ça devient presque grotesque tous ces pipis-cacas)

- j'ai cru que l'acmé du roman (et le twist à la David VANN) serait atteint lors d'une plongée mère-fille, ou plus loin, lors de la plongée frère-soeur, ou vraiment, puisqu'il ne s'était rien passé de si irréversible, quand Tracy retrouve ses jumeaux-vampires et son mec pas à la hauteur..

N'y comptez pas. RIEN. Tout est bien qui finit bien, pas de meurtre, pas d'enfant torturé, juste un époux qui fait de nouvelles promesses.

 - en accessoire, le "nature writing" ? mouais...les pages les plus "nature" sont si longues....(tellement longues...)...mon seul "kif" ? chercher sur internet à quoi ressemblaient les poissons énumérés. Oups !

Bref vous l'aurez deviné, je suis passée à côté (très loin au large) de ce roman dont j'attendais sans doute beaucoup trop. 

Et quand je vois les dithyrambes  sur Babelio, je m'interroge..et je me dis que j'ai vraiment loupé le truc, la quintessence "davidvannesque" du roman.


23 mars 2021

Quarantaine - Peter MAY

 

Editions du ROUERGUE

Parution : Mars 2021

320 pages



Ce qu'en dit l'éditeur :

Qui aurait pu imaginer une chose pareille ? Le domaine centenaire d’Archbishop’s Park, en plein cœur de Londres, défoncé au bulldozer pour y bâtir de toute urgence un hôpital. Alors qu’une épidémie sans merci a séparé la capitale britannique du reste du monde, alors que le Premier ministre lui-même vient de mourir, un ouvrier découvre sur le chantier ce qu’il reste du corps d’un enfant. Des ossements qui ne datent pas du temps des archevêques. MacNeil, l’homme qui a décidé de quitter la police, qui vit ses dernières heures dans la peau d’un flic, est envoyé sur les lieux. C’est lui, le policier désabusé, qui va devoir remonter la piste d’une machination abominable, dans une ville en butte aux pillages où les soldats en patrouille font la loi. Et alors qu’il apprend que son fils unique, Sean, est contaminé à son tour, n’ayant qu’une chance infime d’en réchapper.


Lorsqu’il a écrit ce roman en 2005, Peter May était loin de penser qu’un jour la réalité se rapprocherait autant de la fiction. Publié quinze ans plus tard en Grande-Bretagne, en plein confinement, Quarantaine a fait l’événement. C’est aussi, tout simplement, un roman policier qu’on ne peut pas lâcher.

 

Ce que j'en ai pensé :

Visionnaire, Peter MAY ? Et pourquoi pas, tant ce roman semble contemporain de la crise sanitaire actuelle ! Ville confinée, psychose paranoïaque, enjeux financiers de l'industrie pharmaceutique autour de la mutation d'un virus grippal ...Tout y est, même certaines des thèses complotistes qui surgissent sur les réseaux : et si tout ça n'était qu'une vile manipulation pour enrichir certaines personnes ? Ou une expérience qui aurait mal tourné ?

Comme d'habitude avec l'auteur, le rythme du roman est trépidant, voire frénétique, entre courses-poursuite et retournement de situation. Le polar n'en est que plus vivant même si les rebondissements paraissent parfois rocambolesques.

En tout cas, ça fonctionne, l'intrigue est suffisamment relevée et prenante, sans pour autant négliger les personnages dont la profondeur, le caractère, sont raisonnablement bien travaillés.

A savoir dans quelle mesure l'auteur a retravaillé le manuscrit original de 2005 pour le faire « coller » avec l'actu, c'est autre chose..Il en reste que j'ai passé un bon moment de lecture !

22 mars 2021

La sirène, le marchand et la courtisane - Imogen HERMES GOWAR

 

Editions BELFOND

Parution : 4 mars 2021

528 pages



Ce qu'en dit l'éditeur :

Dans la lignée de Miniaturiste de Jessie Burton ou du Serpent de l'Essex de Sarah Perry, un premier roman éclatant de style et d'imagination ; un véritable cabinet de curiosités dans la bonne société londonienne du XVIIIe siècle, où le merveilleux côtoie l'ivresse et l'extravagance. Un soir de septembre 1785, on frappe à la porte du logis du marchand Hancock. Sur le seuil, le capitaine d'un de ses navires. L'homme dit avoir vendu son bateau pour un trésor : une créature fabuleuse, pêchée en mer de Chine. Une sirène.

Entre effroi et fascination, le Tout-Londres se presse pour voir la chimère. Et ce trésor va permettre à Mr Hancock d'entrer dans un monde de faste et de mondanités qui lui était jusqu'ici inaccessible.


Lors d'une de ces fêtes somptueuses, il fait la connaissance d'Angelica Neal, la femme la plus désirable qu'il ait jamais vue... et courtisane de grand talent. Entre le timide marchand et la belle scandaleuse se noue une relation complexe, qui va les précipiter l'un et l'autre dans une spirale dangereuse.

Car les pouvoirs de la sirène ne sont pas que légende. Aveuglés par l'orgueil et la convoitise, tous ceux qui s'en approchent pourraient bien basculer dans la folie... 

 

Ce que j'en ai pensé :

Certes, il y un air de Miniaturiste (pour le moins en ce qui concerne la "réclusion" de l'héroîne au sein d'une maison bourgeoise, mais c'est à peu près tout ce qu'on pourrait trouver comme point commun.)

Certes, pour un premier roman, c'est plutôt très bien écrit ( sauf si on exclut les phrases bancales (dûes à une traduction trop rapide ? ou les variations de prénom  Angelica est nommée "Angela" dans le même chapitre ?) .

Certes, la sirène est le point d'attraction de ce roman (si on aime le côté "imaginaire" ou fantastique du postulat).

Ça n'aurait pas suffi pour me charmer, MAIS j'ai aimé ce Londres demi-mondain, où les filles de joie rêvent de s'élever de ce monde de luxure et de débauche pour devenir "quelqu'un" , pour devenir respectable...

C'est donc ces aspects du roman que j'ai le plus aimés, et j'ai tout autant apprécié les personnalités d'Angelica, de Mr Hancock et de sa nièce, personnages intéressants, travaillés, convaincants.

Au fil des pages, j'ai fini par me laisser emporter par cette histoire, savourant la manière dont elle s'apparentait à un conte.

Et c'était plaisant;


Merci à Babelio Masse critique et aux éditions Belfond pour cette lecture.

15 mars 2021

Huit crimes parfaits - Peter SWANSON

 

Editions Gallmeister

Parution : 4 février 2021

352 pages



Ce qu'en dit l'éditeur :

Libraire spécialisé en roman policier, Malcolm Kershaw reçoit la visite surprise du FBI. L’agent Gwen Mulvey enquête sur deux affaires étranges : une série de meurtres qui rappelle un roman d’Agatha Christie, et un "accident" qui fait écho à un livre de James Cain. 

Elle espère donc que l’avis d’un expert du genre lui permettra d’interpréter correctement les (rares) indices à sa disposition. Et ce n’est pas tout : Malcolm, quinze ans plus tôt, a publié sur son blog une liste intitulée ”Huit crimes parfaits”, où figuraient ces deux intrigues. 

Serait-il possible qu’un tueur s’en inspire aujourd’hui ? 

Très vite, l’angoissante certitude s’impose : le tueur rôde déjà à proximité. Malcolm commence à le voir partout, et sent un véritable nœud coulant se resserrer autour de son cou.


Une intrigue irrésistible et une brillante variation autour du roman policier, avec en filigrane cette question éternelle : le crime parfait existe-t-il ?


Ce que j'en ai pensé :

Il neige fort à Boston et la librairie de Malcom, spécialisée dans le roman policier est un refuge paisible où ronronne Nero, chat roux en résidence permanente au milieu des livres.

Paisible jusqu'à ce que débarque Gwen, agent du FBI, qui a fait le lien entre certains meurtres et accidents récents et un article de Malcolm sur le blog de la librairie et qui recense huit crimes parfaits.

Si le style est assez classique, si l'ambiance reste feutrée (ni scènes ultra violentes, ni sexe), presque « vintage » (comme les polars mentionnés par Malcolm tout au long de ce roman), l'intrigue demeure captivante ? Pas tout à fait un page-turner, ce polar réussit à semer le doute : Malcolm est-il victime, complice, meurtrier ? On se prend au jeu de découvrir son passé, ses petits arrangements avec son histoire personnelle.

Même si j'avais deviné assez tôt les ressorts de cette intrigue, même sil m'a semblé que les traits des personnages auraient pu être plus « fouillés », j'ai passé un bon moment.

Seul bémol, j'ai regretté que Malcolm recense en détail les crimes parfaits : je n'avais jamais lu « L'inconnu de Nord-Express » de Patricia Highsmith, et maintenant que j'en connais les ressorts, je me dis que je n'aurais plus aucune surprise en le lisant...

13 mars 2021

Prequ'îles - Yan LESPOUX

 

Editions Agullo court

Parution : 21 janvier 2021

184 pages



Ce qu'en dit l'éditeur :

Un coin secret de champignons. Un tracteur en boîte de nuit. Une vierge phosphorescente. Un concert fantôme. Des chemins de sable qui serpentent entre les pins jusqu’à l’océan.

L’envie de partir et le besoin de rester…

Presqu’îles, ce sont des tranches de vie saisies au vol, tour à tour tragiques ou cocasses qui, à travers les portraits de personnages attachés de gré ou de force à un lieu, les landes du Médoc, parlent de la vie telle qu’elle est, que ce soit là ou ailleurs. Au fur et à mesure que ces textes courts se répondent et s’assemblent, un monde prend forme. Celui de celles et de ceux dont on ne parle pas forcément, que l’on ne voit pas toujours.

Sans pathos, au plus près de son sujet, Yan Lespoux dessine un archipel de solitudes qui touche à l’universel.



Ce que j'en ai pensé :

33 courtes nouvelles, 33 scènes de vie, 33 comme l'indicatif départemental de la Gironde où les personnages de Yan Lespoux dessinent des morceaux de vie, racontent leur attachement viscéral à ce bout de landes entre delta et Atlantique.

Des nouvelles donc. 

A la chute tour à tour ironique ou mordante, qui laisse portant apparaître la fragilité des personnages, leurs incertitudes, un côté doux-amer dans leurs vies. Ce sont presque des récits de terroir, des récits d'hommes bien plantés dans leurs bottes et à la fois presque « à côté » tant le décalage affleure.

La plume est simple et pourtant délicate, sensible et juste.

Dans sa préface, Hervé le Corre s'exclame « oh ! Un écrivain ! »...je plussoie ! Voila 33 textes qui attachent, touchent au cœur.

Les enfants sont rois - Delphine de VIGAN

 

Editions Gallimard

Parution : 4 mars 2021

352  pages



Ce qu'en dit l'éditeur :

« La première fois que Mélanie Claux et Clara Roussel se rencontrèrent, Mélanie s’étonna de l’autorité qui émanait d’une femme aussi petite et Clara remarqua les ongles de Mélanie, leur vernis rose à paillettes qui luisait dans l’obscurité. “ On dirait une enfant ”, pensa la première, “elle ressemble à une poupée”, songea la seconde.

Même dans les drames les plus terribles, les apparences ont leur mot à dire. »

À travers l’histoire de deux femmes aux destins contraires, Les enfants sont rois explore les dérives d’une époque où l’on ne vit que pour être vu. Des années Loft aux années 2030, marquées par le sacre des réseaux sociaux, Delphine de Vigan offre une plongée glaçante dans un monde où tout s’expose et se vend, jusqu’au bonheur familial. 

 

Ce que j'en ai pensé :

Tout oppose Mélanie, biberonnée à la télé-réalité et qui met en scène sa vie et ses enfants sur Instagram et YouTube, et Clara, femme-flic élevée loin de la télé, célibataire sans enfant qui va enquêter sur la disparition de Kimmy, enfant-star des réseaux sociaux fille de Mélanie.


Dans ce roman aux faux airs de polar, Delphine de Vigan ouvre la réflexion sur les rapports humains qui se métamorphosent depuis l'usage massif d'internet, sur l'impudeur de nos vies étalées sur les écrans, sur la monétisation d'images qui n'ont plus rien de privé mais aussi sur les dangers de la surexposition, sur la manipulation à des fins mercantiles..elle dessine pourtant en creux le plaisir, le besoin d'amour et de rêve.


Une lecture qui oblige à la lucidité : que partageons nous vraiment sur les réseaux ? Et d'ailleurs s'agit il seulement de "partage" ? Ne s'agit il pas guérir des blessures d'ego ?


Il y aurait encore beaucoup à en dire, beaucoup à craindre aussi (ceux qui exposent leurs enfants sur les réseaux leur laissent ils le choix ? Quid du droit à l'image ?)


Intéressante réflexion sur notre société ultraconnectée et ses dérives, ce roman se lit d'une traite !

15 février 2021

Coup de vent - Mark HASKELL SMITH

 

Editions GALLMEISTER

Parution : 5 septembre 2019

256 pages

 

 

Ce qu'en dit l'éditeur :

À quoi sert de posséder dix millions de dollars en liquide si, comme Neal Nathanson, on s'est perdu en mer à bord d’un voilier en train de sombrer ? 

Strictement à rien, sauf à en brûler un sac ou deux dans l’espoir fou d’attirer l’attention. Sauvé in extremis, Neal se réveille menotté sur le bateau d’une navigatrice en solitaire, méfiante et bien décidée à entendre son histoire. Neal lui parle alors de Bryan, un jeune loup de Wall Street qui a réussi à détourner un magot conséquent avant de s’enfuir dans les Caraïbes. Bien sûr, la banque qui l’employait a lancé des enquêteurs à sa poursuite. 

 C’est ainsi que Neal, accompagné d’une pro de la finance, la très douée Seo-yun, s’est retrouvé chargé de récupérer l’argent. Simplement, ils n’étaient pas les seuls.


Ce que j'en ai pensé :

Un trader véreux qui détourne 10 millions de dollars, sa DRH un brin nymphomane (et qui voit l'approche de son futur mariage d'un œil très circonspect) , un agent de recouvrement le fameux Neal, gay qui vient de se faire larguer), un détective privé caribéen, nain et noir, une navigatrice en solitaire sponsorisé grâce aux réseaux sociaux…

Mettez tout ce beau monde dans un bateau et devinez qui va vraiment couler ?

Ce roman, purement jubilatoire, qui flirte avec les codes du polar, est simplement addictif ! Qu'importe que les personnages soient parfois caricaturaux (le nain noir à grosse b..), l'ensemble est enlevé, sans temps mort, jubilatoire (situations parfois cocasses et jeux de mots), il parvient aussi à dénoncer (sans prise de tête) nombre de nos travers contemporains : pouvoir de Wall Street et paradis fiscaux, prééminence des médias, sexualité, violence et question du bien et du mal, emprise des réseaux sociaux, etc.

Intelligent, trépidant, drôle, le cocktail parfait !

(et quelques évocations sexuelles pour le piment à l'intrigue, souvent plus drôlatiques qu'explicites)

28 janvier 2021

Nos corps étrangers - Carine JOAQUIM

 

Editions La manufacture de livres

Parution : 7 janvier 2021

232 pages



Ce qu'en dit l'éditeur :

Quand Élisabeth et Stéphane déménagent loin de l’agitation parisienne avec leur fille Maëva, ils sont convaincus de prendre un nouveau départ. Une grande maison qui leur permettra de repartir sur de bonnes bases : sauver leur couple, réaliser enfin de vieux rêves, retrouver le bonheur et l’insouciance. Mais est-ce si simple de recréer des liens qui n’existent plus, d’oublier les trahisons ? Et si c’était en dehors de cette famille, auprès d’autres, que chacun devait retrouver une raison de vivre ?

Dans son premier roman, Carine JOAQUIM décrypte les mécaniques des esprits et des corps, les passions naissantes comme les relations détruites, les incompréhensions et les espoirs secrets qui embrasent ces vies.

 

Ce que j'en ai pensé :

Dubitative.


Ce roman ne m'aura finalement pas emportée..

C'est l'histoire d'un couple qui pour se donner une seconde chance s'installe en province (son infidélité à lui ayant provoqué une crise conjugale et les troublés alimentaires de madame), leur fille ado trépigne de rage à l'idée de s'installer chez les "bouseux" et de quitter son lycée parisien.
Évidemment, rien ne se passe jamais idylliquement..,

Bien, pour faire court, j'ai aimé le style. Mais c'est à peu près tout.


C'est un roman qui suggère tellement de thèmes sans les approfondir que je me suis sentie frustrée : crise et usure du couple avec infidélité à la clef, harcèlement scolaire, handicap (syndrome Gilles de la Tourette), réseaux sociaux, migrants sans papiers et mineurs isolés, crise d'adolescence et découverte de la sexualité, déni de grossesse et néonaticide, etc, etc..


Mauvaise pioche pour ce premier roman .

26 janvier 2021

Les Bordes - Aurélie JEANNIN

 

Editions Harper Collins France

Parution : 13 janvier 2021

224 pages

 

 

Ce qu'en dit l'éditeur :

Les Bordes, c'est un lieu et c'est une famille. En l'occurrence, sa belle-famille qui ne l'aime pas. Elle, Brune, le bouclier. Mère responsable, tenant solidement sur ses deux jambes, un œil toujours fixé sur le rétroviseur ou l'entrebâillement de la porte, qui guette, anticipe, tente de maîtriser les risques. Ce week-end, comme chaque année en juin, elle prend la route avec ses deux enfants pour rejoindre Les Bordes et honorer un rituel familial.
Pour celle qui craint chaque seconde l'accident domestique, Les Bordes ressemblent à l'enfer. Trop de jeux extérieurs, trop de recoins, de folles libertés. Trop de silence et de méchancetés à peine contenues. Trop de souvenirs. Aux Bordes, Brune saura-t-elle esquiver le pire ? Est-il possible pour une mère de protéger ses enfants ?

Derrière la mécanique du drame hasardeux et l'absence de bourreaux, Les Bordes dresse un portrait de la famille, de la parentalité et de la maternité sans fard, grâce à une héroïne aussi troublante qu'humaine. 

 

Ce que j'en ai pensé :

Brune est juge d'instruction et voit tellement de misère et d'horreurs dans son métier que, depuis qu'elle est maman, elle fait tout pour que ses deux petits aient l'enfance la plus douce possible, dans l'amour et le respect, loin de tous les dangers..tellement que ça en devient obsessionnel et que le fragile équilibre qu'elle tente de maintenir menace de rompre à chaque instant.


Ce week-end tant redouté dans sa belle-famille va marquer le point de rupture.


Qu'est-ce qu'elle m'a agacée cette magistrate ! Mais comme je l'ai trouvée touchante pourtant. On sent monter la tension, on sent l'accident tout proche, inexorable..


La narration est fluide, les mots se bousculent, pourtant on a aussi l'impression de suffoquer, d'être submergé par l'ambiance angoissante des pensées de Brune et de ses souvenirs terribles.

Lecture plutôt en demi-teinte donc.

Merci à Babelio et Harper Collins France pour cette édition Masse Critique

19 janvier 2021

Une rose seule - Muriel BARBERY

 

Editions Actes Sud

Parution : 19 août 2020

157 pages



Ce qu'en dit l'éditeur :

Rose arrive au Japon pour la première fois. Son père, qu’elle n’a jamais connu, est mort en laissant une lettre à son intention, et l’idée lui semble assez improbable pour qu’elle entreprenne, à l’appel d’un notaire, un si lointain voyage.

Accueillie à Kyōto, elle est conduite dans la demeure de celui qui fut, lui dit-on, un marchand d’art contemporain. Et dans cette proximité soudaine avec un passé confisqué, la jeune femme ressent tout d’abord amertume et colère. Mais Kyōto l’apprivoise et, chaque jour, guidée par Paul, l’assistant de son père, elle est invitée à découvrir une étrange cartographie, un itinéraire imaginé par le défunt, semé de temples et de jardins, d’émotions et de rencontres qui vont l’amener aux confi ns d’elle-même.

Ce livre est celui de la métamorphose d’une femme placée au cœur du paysage des origines, dans un voyage qui l’emporte jusqu’à cet endroit unique où se produisent parfois les véritables histoires d’amour.

 

Ce que j'en ai pensé :

Ça faisait longtemps que je n'avais pas lu Muriel Barbery…


Là, j'ai eu beaucoup de plaisir à redécouvrir sa plume et à suivre Rose, l'héroïne, dans ce voyage de deuil au Japon.

Deuil d'un père qu'elle n'a pas connu, deuil d'elle-même aussi, de son être ancien.

Renaissance d'une femme au gré des jardins et des temples dans une prose poétique où chaque chapitre est précédé du court récit d'une légende nipponne ancienne.

Tout peut s'oublier - Olivier ADAM

 

Editions FLAMMARION

Parution : 6 janvier 2021

268 pages



Ce qu'en dit l'éditeur :

Un appartement vide : c'est ce que trouve Nathan quand il vient chercher son petit garçon chez son ex-femme. Très vite, il doit se rendre à l'évidence : Jun est rentrée au Japon, son pays natal, avec Léo. 

À l'incompréhension succède la panique : comment les y retrouver, quand tant d'autres là-bas courent en vain après leurs disparus ? Et que faire de ces avertissements que lui adresse son entourage : même s'il retrouve leur trace, rien ne sera réglé pour autant ? Entre la Bretagne où il tente d'épauler Lise, elle aussi privée de son fils, et un Japon qu'il croyait connaître mais qu'il redécouvre sous son jour le plus cruel, Nathan se lance dans une quête effrénée. 

En retraçant l'itinéraire d'un père confronté à l'impensable, Olivier Adam explore la fragilité des liens qui unissent les parents et leurs enfants. 

 

Ce que j'en ai pensé :

Alors que je suis fan inconditionnelle d'Olivier Adam, son nouvel opus m'a laissée sur ma faim..


Dans ce tout nouveau roman, le narrateur part à la recherche de sa compagne japonaise et de leur fils qu'elle a enlevé pour retourner vivre au Japon.
Combat perdu d'avance quand on sait que les lois sur le divorce et la garde d'enfants ne sont pas les mêmes qu'en France..


Si la détresse de ce père est palpable, réaliste, si la plume d'Olivier Adam garde toujours ce même charme et module tristesse et espoir, il m'a cependant manqué quelque chose et j'ai été vite lassée par les descriptions des lieux mais aussi agacée par 2 choses : un name-dropping continuel (noms de cinéastes, d'auteurs..) qui donne un sentiment de boboïtude exagéré, et une critique à peine voilée du milieu culturel français, du macronisme, de la société.. (un peu comme dire "je suis un as du potage mais je crache dedans " - image mal choisie, mais bon..)


Bref, si je veux connaitre les opinions politiques ou sociétales d'un auteur, j'aime bien que ses romans la rendent finement, et là c'était tellement gros sabots que ça m'a énervée !


Bref, "Tout peut s'oublier" porte bien son titre, je ne pense pas qu'il fasse date dans mes souvenirs de lectrice..