21 janvier 2019

Vigile - Hyam ZAYTOUN

Editions Le Tripode
Parution : 3 janvier 2019
128 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

Un bruit étrange, comme un vrombissement, réveille une jeune femme dans la nuit. Elle pense que son compagnon la taquine. La fatigue, l’inquiétude, elle a tellement besoin de dormir... il se moque sans doute de ses ronflements. Mais le silence revenu dans la chambre l’inquiète. Lorsqu’elle allume la lampe, elle découvre que l’homme qu’elle aime est en arrêt cardiaque. 

Avec une intensité rare, Hyam Zaytoun confie son expérience d’une nuit traumatique et des quelques jours consécutifs où son compagnon, placé en coma artificiel, se retrouve dans l’antichambre de la mort.

Comment raconter l’urgence et la peur ? La douleur ? Une vie qui bascule dans le cauchemar d’une perte brutale ? Écrit cinq ans plus tard, Vigile bouleverse par la violence du drame vécu, mais aussi la déclaration d’amour qui irradie tout le texte. Récit bref et précis, ce livre restera à jamais dans la mémoire de ceux qui l'ont lu.

Ce que j'en ai pensé :

Il suffit de presque rien, d'un souffle..ou de son absence...

...pour que tout bascule.

Pour que la mort profile son ombre sur tous les beaux moments vécus, comme une menace.

Un roman d'amour, mais dans le sens le plus noble du terme, tout en finesse et en  sensibilité. 

Cet amour entier que la narratrice ressent pour son compagnon qui s'en va, dans un arrêt cardio-respiratoire, cet amour qui va la porter, l'aider à appréhender le probable vide, à supporter la douleur, à dire la peine et le deuil qui semblent se profiler, mais aussi l'amitié, le soutien, la compassion, la difficulté de dire le malheur, d'imaginer la solitude.

Un premier roman magistral dont les mots pleins de pudeur sont justes, touchent, bouleversent, renversent.
Un peu plus d'une centaine de pages qui se lisent sous tension, comme en apnée, et une narration à l'économie qui montre qu'avec peu de mots on peut faire passer beaucoup.

Une belle déclaration d'amour et d'espoir aussi, une ode à la vie.

19 janvier 2019

Né d'aucune femme - Franck BOUYSSE

Editions La Manufacture de Livres
Parution : 10 janvier 2019
336 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :


" Mon père, on va bientôt vous demander de bénir le corps d’une femme à l’asile.
— Et alors, qu’y-a-t-il d’extraordinaire à cela ? Demandai-je.
— Sous sa robe, c’est là que je les ai cachés.
— De quoi parlez-vous ?
— Les cahiers… Ceux de Rose."

Ainsi sortent de l’ombre les cahiers de Rose, ceux dans lesquels elle a raconté son histoire, cherchant à briser le secret dont on voulait couvrir son destin. 

Franck BOUYSSE, lauréat de plus de dix prix littéraires, nous offre avec Né d’aucune femme la plus vibrante de ses œuvres. Ce roman sensible et poignant confirme son immense talent à conter les failles et les grandeurs de l’âme humaine.

Ce que j'en ai pensé :

Impossible de passer à côté du tout nouvel opus de Franck Bouysse tant chacun de ses livres m'a touchée.

Impossible de résister à l'émotion en découvrant le destin de Rose, vendue par son père à un maître de forge pour sortir le reste de la famille de la misère.

Dans ce coin perdu, il faut lutter pour conserver sa dignité et parfois s'affranchir des sentiments.
Aucun des protagonistes de cette histoire n'est ordinaire, et pourtant ils le sont tous, chacun à leur manière, à commencer par cette petite bonne de 14 ans, sans bonheurs et sans avenir.

Ça fait belle lurette que je n'avais pas autant regretté de tourner la dernière page d'un roman, tant les personnages sont attachants, vivants ! 

S'il est question de maternité, de pauvreté, de destins gâchés, il y a, au-delà de tout cela, l'envie d'arrêter le temps, de suspendre sa marche cruelle et les erreurs commises, de donner une autre chance à Rose, une autre conclusion à cette histoire qui attrape les tripes et fait verser quelques larmes !

Franck Bouysse excelle, une fois encore ! Et j'ai bien l'impression que Rose restera dans ma mémoire !..

16 janvier 2019

Palmarès des écrivains les plus lus en France en 2018

Aurélie Valognes, Michel Bussi, Guillaume Musso, Joël Dicker, Marc Levy


C'est ici que j'ai découvert ce palmarès sur la vente de livres en 2018 (ventes en "broché" et en poche) :

                                                  n°1 : Guillaume Musso
                                                  n°2 : Michel Bussi
                                                  n°3 : Joël Dicker
                                                  n°4 : Aurélie Valognes
                                                  n°5 : Marc Lévy

Ce sont donc ces auteurs qui ont le plus vendu de livres, qui "séduisent" le plus les français (chacun avec plus de 693 000 livres vendus).

Ça m'interpelle...

Et vous ? Qu'en pensez-vous ?

14 janvier 2019

Avalanche hôtel - Niko TACKIAN

Editions Calmann-Levy
Parution : 2 janvier 2019
270 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :


Janvier 1980. Joshua Auberson est agent de sécurité à  l’Avalanche Hôtel, sublime palace des Alpes suisses. Il  enquête sur la disparition d’une jeune cliente avec un  sentiment d’étrangeté. Quelque chose cloche autour de lui, il en est sûr. Le barman, un géant taciturne, lui demande de le  suivre dans la montagne, en pleine tempête de neige. Joshua  a si froid qu’il perd connaissance…
 
et revient à lui dans une chambre d’hôpital. Il a été pris dans une avalanche, il est resté deux jours dans le coma. Nous ne sommes pas en 1980 mais en 2018. Joshua n’est pas agent de sécurité, il est flic, et l’Avalanche Hôtel n’est plus qu’une carcasse vide depuis bien longtemps. Tout cela n’était qu’un rêve dû au coma.
 
Un rêve, vraiment ?


Ce que j'en ai pensé :

Rêve ou réalité ? Le héros de ce polar (Joshua), qui se définit lui-même comme un flic ordinaire, a bien du mal à faire la part des choses! Et pour moi, les tous premiers chapitres ont apporté un peu de confusion...
Jusqu'à ce que l'intrigue, les personnages prennent rapidement de la consistance et m'accrochent ! 

C'est très réussi encore une fois ! J'aime beaucoup cet auteur, c'est le troisième polar que je lis et chaque fois, je suis charmée par sa manière de poser l'intrigue, mais surtout de signifier une atmosphère ! 
Parce qu'il fait très froid dans ce polar, bien plus que dans les rompols nordiques : ça neige, ça gèle, ça "congère" et ça "engelure" !! l'ambiance glaciale (et glauque) est parfaitement reconstituée, et avec le cers qui souffle ici, presque à mettre des chaussettes !


J'ai été certes un peu "en attente" tout au début, ne sachant pas sur quel pied danser, mais j'ai finalement été conquise par ce thriller intelligent, nerveux sans en faire trop et par le personnage de Joshua qu'il me plairait bien de retrouver dans une autre enquête  !

12 janvier 2019

Les heures solaires - Caroline CAUGANT

Editions Stock - Collection Arpège
Parution : 2 janvier 2019
288 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :

Alors qu’elle prépare sa prochaine exposition, Billie, artiste trentenaire, parisienne, apprend la mort brutale de Louise. Sa mère, dont elle s’est tenue éloignée si longtemps, s’est mystérieusement noyée.
Pour Billie, l’heure est venue de retourner à V., le village de son enfance.

Elle retrouve intacts l’arrière-pays méditerranéen, les collines asséchées qu’elle arpentait gamine, la rivière galopante aux échos enchanteurs et féroces, et surtout le souvenir obsédant de celle qu’elle a laissée derrière elle : Lila, l’amie éternelle, la sœur de cœur — la grande absente.
Les Heures solaires brosse le portrait de trois générations de femmes unies par les secrets d’une rivière. Y palpitent l’enfance, l’attachement à sa terre d’origine, l’impossibilité de l’oubli.

Et c’est en creusant la puissance des mémoires familiales que Caroline Caugant pose aussi cette question : les monstres engendrent-ils toujours des monstres ?

Ce que j'en ai pensé :

"Demande-t-on pardon aux morts ?"

Ceux qui nous hantent, ceux qui se cachent derrière les secrets de famille, ceux qui vous empêchent de vivre...

Dans ce roman sensible, l’héroïne, Billie, revient aux sources après le décès de sa mère atteinte d'Alzheimer. Elle ne lui a légué que sa relative froideur et la maison de V. ou Billie a grandi avec sa meilleure amie, Lila.
Autour de Billie, artiste peintre, des zones d'ombre, des zones d'oubli... 
Autour de Billie se dessine une lignée de femmes, à la fois fortes et fragiles, amoureuses, prêtes à tout pour se construire la vie dont elles ont rêvé.

C'est un roman qui parle de construction et de "déconstruction" (détruire pour recommencer - j'ai beaucoup aimé le cheminement artistique de Billie-, renaître, se découvrir), du poids des secrets et de l'héritage familial (il y a comme de l'atavisme dans l'air !), c'est aussi un roman d'apprentissage par bien des aspects (se délivrer de la famille, et toutefois s'y reconnaître).

C'est aussi un roman d'ambiance où la chaleur (souvent écrasante) et l'eau (coupable -parce que lieu "criminel" - et rédemptrice tout à la fois) se disputent les émotions. L'écriture est habile, joliment tournée, finalement addictive et la construction du roman, entre présent et flashbacks, résonne parfaitement dans ce qui pourrait presque tenir du huis-clos. Il ne suffit pas de ne plus y penser pour que ce qui est arrivé n'ait jamais existé…

Merci aux Editions Stock, à Valentine et à Caroline, pour cette très belle lecture !

10 janvier 2019

Grace - Paul LYNCH

Editions Albin Michel 
Parution : 2 janvier 2019
Traduction : Marina Boraso
496 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :

Irlande, 1845. 
Par un froid matin d’octobre, alors que la Grande Famine ravage le pays, la jeune Grace est envoyée sur les routes par sa mère pour tenter de trouver du travail et survivre. En quittant son village de Blackmountain camouflée dans des vêtements d’homme, et accompagnée de son petit frère qui la rejoint en secret, l’adolescente entreprend un véritable périple, du Donegal à Limerick, au cœur d’un paysage apocalyptique. Celui d’une terre où chaque être humain est prêt à tuer pour une miette de pain. 

Après Un ciel rouge, le matin et La Neige noire, le nouveau roman de Paul Lynch, porté par un magnifique personnage féminin, possède une incroyable beauté lyrique. Son écriture incandescente donne à ce voyage hallucinatoire la dimension d’une odyssée vers la lumière.


Ce que j'en ai pensé :

 J'ai découvert Paul Lynch un peu par hasard en 2015 et j'ai lu, coup sur coup La neige noire puis Un ciel rouge, le matin

Deux coups de cœur !! 

J'avais découvert une plume magnifique poétique, parfois lyrique (sans en faire trop) avec un vocabulaire très imagé, une ambiance presque irréelle (une Irlande pauvre où les légendes ancestrales ont la part belle et où on parle encore le gaélique) qui restituent à la perfection l'ambiance pré-XXème siècle.

Dans ce nouveau roman, on parle de famine, de celle qui a généré la grande crise irlandaise (entre 1845 et 1852) , quand le mildiou ravageait les plants de pommes de terre et jetait dans la misère la population qui avait misé sur cette seule culture agricole et se retrouvait sans moyens d'auto-subsistance.

C'est là que Grace est jetée sur les routes par une mère qui souhaite à la fois qu'elle puisse rapporter de quoi subsister et qu'elle échappe à la concupiscence du fermier qui vient de lui générer son 5ème enfant.. 

"Grace" est un roman d'initiation qui suit la trajectoire de cette gamine (au verbe franc et au courage épatant !), accompagnée de l'ombre de son frère, et qui apprend à faire face au pire : les éléments qui se déchainent, les angoisses qui naissent, la féminité qui se révèle, l'amour, la violence.

Pas de coup de cœur cette fois, même si j'ai franchement aimé ce roman, mais la fin abrupte m'a laissée sur ma faim. C'est sombre et c'est beau, l'écriture de Paul Lynch est hypnotique, j'ai aimé tous les personnages et pourtant, il m'a manqué une étincelle..

7 janvier 2019

Bacchantes - Céline MINARD

Editions Rivages
Parution : 2 janvier 2019
112 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

Céline Minard revisite avec brio les codes du film de braquage autour de la thématique du vin pour distiller un cocktail explosif où l’ivresse se mêle à la subversion. 
Voilà cinquante-neuf heures que la brigade de Jackie Thran encercle la cave à vin la plus sécurisée de Hong Kong, installée dans d’anciens bunkers de l’armée anglaise. Un groupe de malfaiteurs est parvenu à s’y introduire et garde en otage l’impressionnant stock qui y est entreposé. Soudain, la porte blindée du bunker Alpha s’entrouvre. Une main gantée apparaît, pose une bouteille sur le sol. Un pied chaussé d’un escarpin noir sort de l’entrebâillement et pousse le corps de verre sur la chaussée. L’acier claque à nouveau…

Ce que j'en ai pensé :

Un braquage peu ordinaire, un trio de braqueuses sensuelles et amoureuses de bon vin, et un roman ultra court, lu en moins d'une heure et qui m'a déroutée !

Etonnante Céline Minard avec son écriture serrée et percutante, sa façon peu commune de manier le verbe comme un sabre et cette folle idée de livrer un presque polar, efficace et vif.

Difficile d'en dire plus sans déflorer l'intrigue, sans enlever la spontanéité de ce roman un peu fou !
A lire en dégustant un bon vin et en se régalant de ces lignes pleines de fantaisie ! 

Extrait :

"Il se contente de goûter le vin. À l’aveugle, mais plongé dans ses sensations, sans essayer d’en appeler à ses connaissances, ses souvenirs, ses réflexes, uniquement mais absolument attentif à ce qui s'annonce, passe, et prend corps dans son corps. Il part. Il descend sur des terres humides et fraîches, sur l’épiderme d’un monde organique travaillé par les météores et les vents, arrosé de soleil, givré, bourgeonnant, craqué, il glisse parmi les feuilles, se coule dans les rus, tombe comme une pluie, monte dans la sève, gonfle de concert avec les milliers de fruits ronds, pleins, pruinés, les grappes entières accrochées sans effort au bois plongeant au travers des herbes entre les vies d’insectes innombrables. Branché sur toutes les variations, il sent la forme des nuages, le cri des bêtes et les plumes, le départ d’un lièvre, la nuit comme une vasque, sans dessus ni dessous, aussi vaste en lui qu’un état de l’âme et du cœur."

5 janvier 2019

Une année de romans


C'est l'heure des bilans ! 

Je n'ai pas pu résisté à reprendre le questionnaire vu chez Jérôme , chez The Autist Reading et chez Hop sous la couette pour balayer mon année en livres !

J'ai clairement moins lu qu'en 2018 (140 livres en 2018 contre 170 en 2017) et j'ai eu aussi beaucoup moins de coups de cœur (trop d'attentes déçues)..

140 livres et 346 600 pages environ !

Moitié romans (67 dont 19 premiers romans), moitié polars (65, l'ambiance n'est donc pas si noire !), et quelques récits et documents.

Seulement 47 romans écrits en langue française parmi mes lectures qui pourtant m'ont emmenée au bout du monde (26 livres se déroulent sur le continent américain, 10 en Afrique - au sens large-, 11 ailleurs en Europe et 7 dans les pays nordiques).


1) Ma 1ère lecture de l'année ?
(et une très bonne surprise !)

Community - Estelle NOLLET - Editions Albin Michel

 2) Le livre le plus bref que j'ai lu ?
(96 pages avec beaucoup d'humour) 
 
 Bambi bar - Yves RAVEY - Editions de Minuit

3) Le livre le plus dépaysant ?
(et qui aurait mérité plus de visibilité)

Un océan, deux mers, trois continents - Wilfried N'SONDÉ - Editions Actes Sud

 4) La plus belle couv' de l’année ?
(et aussi un très beau conte)

Salina, les trois exils - Laurent GAUDÉ - Editions Actes Sud

 5) Un nouvel auteur découvert cette année ?  
(et une très jolie surprise !)

La vraie vie - Adeline DIEUDONNÉ - Editions de l'iconoclaste

 6) Le livre dont l’écriture m’a éblouie ?
(étonnant !)

Frère d'âme - David DIOP - Editions du Seuil

 7) Le meilleur personnage de l’année ?
(sacrée nana !!)

Alex- Pierre LEMAITRE - Editions Le livre de poche


 8) Le livre que j’attendais le plus ?
(et qui a répondu à mes attentes !)

Juste après la vague - Sandrine COLLETTE - Editions Denoël


 9) Le livre le plus déstabilisant ?
 (pour tout un tas de raisons !)

Est-ce ainsi que les hommes jugent ? - Mathieu MÉNEGAUX - Editions Grasset

 10) Le livre le plus inattendu ?
(parce que je n'aurais pas pensé relire ce classique plein de fantaisie, et que j'en suis ravie !)

Mon chien Stupide - John FANTE - Editions 10/18

 11) Le livre que j’ai enfin lu ?
(pour lire sa suite aussitôt après !) 
 
Au revoir là-haut - Pierre LEMAITRE - Editions Albin Michel

 12) Mon plus gros pavé ?
(et ce sont deux polars !)

en poche :
Lontano - Jean-Christophe GRANGÉ - Editions du Livre de Poche (non chroniqué) - 960 pages

en broché grand format :
Signe de vie  - José RODRIGUES DOS SANTOS - Editions Harper Collins - 704 pages

 13) Le livre le plus émouvant ?
 (je n'ai pas lu grand chose qui m'ait vraiment émue cette année...)

Le paradoxe d'Anderson - Pascal MANOUKIAN - Editions du Seuil

 14) Le livre le plus drôle ? 
(et qui fait réfléchir tout de même !)

Ecoute - Boris RAZON - Editions Stock

15) Le livre qui m’a appris quelque chose que j’ignorais totalement ?
(sur l'origine de la danse de St Guy)

Entrez dans la danse - Jean TEULÉ - Editions Julliard

 16) Ma dernière lecture de l’année ?
(et un auteur que je ne pensais pas lire un jour !)

L'empire des loups - Jean-Christophe GRANGÉ - Editions Le livre de poche 
(non chroniqué) 

 17) Le plus beau titre de l’année ?
(parce que, ce poème d'Aragon, chanté par Bernard Lavilliers :
" C'était un temps déraisonnable
On avait mis les morts à table
On faisait des châteaux de sable
On prenait les loups pour des chiens
Tout changeait de pôle et d'épaule
La pièce était-elle ou non drôle
Moi si j'y tenais mal mon rôle
C'était de n'y comprendre rien"
)

Prendre des loups pour des chiens - Hervé Le Corre - Editions Rivages


 18) Le meilleur recueil de nouvelles de l’année ?
(parce que c'est surtout le seul lu en 2018 - et qu'il est super bien !)

J'aurais voulu être égyptien - Alaa EL ASWANY - Editions Actes Sud

 19) Le livre le plus ennuyeux de l’année ?
 (aurait pu postuler dans la rubrique suivante !)

Le cœur converti - Stefan HERTMANS - Editions Gallimard

 20) Le plus gros raté de l’année ?
 (lu dans le cadre du Prix Elle, la daube ultime en matière de polar !)

Défaillances - B.-A. PARIS - Editions Hugo Thriller


 21) Le meilleur livre de l’année ?
(parce que Khadra, parce que ça dérange nos préconçus) 

Khalil - Yasmina KHADRA - Editions Julliard

-**-
Et vous ? Votre bilan ?
(clic sur les titres pour lire les chroniques)

2 janvier 2019

Leurs enfants après eux - Nicolas MATHIEU


Editions Actes Sud
Parution : août 2018
432 pages
Prix Goncourt 2018


Ce qu'en dit l'éditeur :

Août 1992. Une vallée perdue quelque part dans l’Est, des hauts-fourneaux qui ne brûlent plus, un lac, un après-midi de canicule. Anthony a quatorze ans, et avec son cousin, pour tuer l’ennui, il décide de voler un canoë et d’aller voir ce qui se passe de l’autre côté, sur la fameuse plage des culs-nus. Au bout, ce sera pour Anthony le premier amour, le premier été, celui qui décide de toute la suite. Ce sera le drame de la vie qui commence.

Avec ce livre, Nicolas Mathieu écrit le roman d’une vallée, d’une époque, de l’adolescence, le récit politique d’une jeunesse qui doit trouver sa voie dans un monde qui meurt. Quatre étés, quatre moments, de Smells Like Teen Spirit à la Coupe du monde 98, pour raconter des vies à toute vitesse dans cette France de l’entre-deux, des villes moyennes et des zones pavillonnaires, de la cambrousse et des ZAC bétonnées. La France du Picon et de Johnny Hallyday, des fêtes foraines et d’Intervilles, des hommes usés au travail et des amoureuses fanées à vingt ans. Un pays loin des comptoirs de la mondialisation, pris entre la nostalgie et le déclin, la décence et la rage.

Ce que j'en ai pensé :

Je me demandais, à la parution de ce roman, si j'allais ou non le lire. Ma collègue me l'a prêté et ça m'a décidée, même si j'ai encore tourné autour avant de franchir le cap (il faut dire que ma PAL déborde !).

Il avait tout pour me plaire : une histoire d'ados dans les années 1990 en Lorraine, pas bien loin de là où j'ai grandi, à la même époque...J'ai souri de retrouver des noms familiers, et un peu de l'histoire de cette vallée minière.

Je n'ai pas souri longtemps parce que ce roman a fini par m'agacer un chouïa !

Je n'ai pas trouvé une narration riche ni un style étourdissant, je ne comprends donc pas pourquoi on lui a attribué le Goncourt (ou, plutôt si, je confirme que ce prix n'induit pas l'excellence à laquelle on s'attend - et accessoirement qu'il vaut mieux obtenir le Goncourt des Lycéens, gage de qualité !).

Les dialogues sont, non seulement quasi inconsistants (même si je veux bien admettre que les ados ne s'expriment pas comme Proust), mais j'ai été interloquée de découvrir des locutions qui n'étaient pas employées à l'époque (ou en tout cas, pas en Lorraine ! en 1992, je ne me souviens pas d'avoir dit "grave" comme les ados de 2018 le font...et d'ailleurs ne le font déjà plus !..).

Je n'ai pas compris non plus la nécessité de modifier les noms de lieux ? Comme je suis lorraine, je me suis amusée à pointer sur la carte les communes "trafiquées" : quel intérêt de déformer Hayange en Heillange pour ensuite parler de Thionville et de Metz ?? Drôle de maquillage !
On aura bien vite compris que l'intrigue se déroule dans la vallée de la Fensch...

Et puis, enfin, parce que quand je commence à râler...j'ai trouvé un brin de condescendance dans ce texte, comme si l'auteur voulait s'éloigner de ces origines, de cet endroit affreux où les "sans-dents" n'ont aucun espoir...Il règne sur certaines lignes ce qui pourrait s'apparenter à du mépris de classe, et presque parfois à une leçon de morale (pour vous en sortir, faites des études, et surtout ne soyez pas comme vos abrutis de parents qui ont bossé pour payer les traites de la maison). Ça ressemble parfois à de la caricature avec des clichés faciles sur la Lorraine en pleine désindustrialisation, et qui, à mon sens, n'exploite pas assez des personnages comme Hacine...


Dommage qu'il ait manqué un peu d'humanité à ce roman..
Dommage que derrière certaines qualités, le texte soit si"faible" et que le regard de l'auteur ne nous fasse pas ressentir la moindre empathie pour ses personnages.

J'ai aimé, mais je ne suis pas convaincue (ni conquise), j'ai "détesté" aussi pour plusieurs raisons qui n'engagent que moi ! En tout cas, je remercie Valérie, ma collègue, de m'avoir permis de lire ce roman !

31 décembre 2018

Je lis donc je suis ?

Je prends le relais de Noukette !! 


Instantanés de mon année de lecture (140 livres lus, bien moins qu'en 2018 !), avec des livres que j'ai aimé, un peu, beaucoup, pas du tout ! Pas forcément mes chouchous mais je me suis amusée à fouiller dans les archives de 2018 !



Le jeu : répondre aux questions posées en donnant comme réponse le titre d’un livre lu dans l’année écoulée. Un « bilan » décalé et souvent très juste, idéal pour démarrer poétiquement cette nouvelle année de lecture !



Décris toi…



Comment te sens tu ?


Décris où tu vis actuellement…




Si tu pouvais aller où tu veux, où irais tu ? 
 

Ton moyen de transport préféré ?


Ton/ta meilleur(e) ami(e) est…



Toi et tes amis vous êtes…


Comment est le temps ?


Quel est ton moment préféré de la journée ?


Qu’est la vie pour toi ?




Quel est le conseil que tu as à donner ?



La pensée du jour…



Comment aimerais tu mourir ?



Les conditions actuelles de ton âme ?




Ton rêve ?


Alors, à qui le tour ?