4 juillet 2019

ça sent la pause prolongée, ce blog !

Pas un billet depuis le 11 juin, pas trop l'envie d'être active ici non plus..

J'ai eu l'immense chance de voir mon compte IG piraté par un "robot" russe contre lequel je n'ai rien pu faire ! J'ai perdu mon accès à 4 ans 1/2 de photos persos au profit d'une Rachel Powell qui ne doit même pas exister en vrai !

Je crois que ça m'a démotivée...

J'ai aussi été déçue, alors que je ne pouvais me rendre à la présentation de la rentrée littéraire d'une maison d'édition , de me voir répondre, et  alors que je demandais si je pouvais recevoir les formats papier, que ça ne serait pas possible parce que ladite maison rencontrait des problèmes économiques...

Il y a 4 ans, les Editions S...k invitaient des blogueuses pour promouvoir leur maison via les réseaux sociaux, nous étions 7 invitées et je crois me rappeler que ça leur profitait. Il y a deux semaines, elles invitaient des dizaines de blogueuses (mais surtout d'instagram-euses sans blog !) à venir profiter d'une gentille soirée et repartir avec un sac plein de livres.

Vous voulez le fond de ma pensée ? Je suis écœurée ! Ce qui compte c'est la visibilité sur les réseaux, mais pas le fond, le temps que vous et moi passons à essayer de vous dire ce que l'on pense d'un livre..

Est-ce qu'aujourd'hui ça vaut encore le coup d'avoir un blog littéraire quand ce qui semble compter c'est la jolie photo que vous mettrez sur IG ?? est-ce que l'avis des gens qui lisent VRAIMENT les livres qu'on leur offre en SP vaut encore quelque chose quand, en face, il suffit d'accumuler les "likes" sous une photo ?


Je ne crache pas dans "la soupe", mais ça me désole de voir ces dérives.

Je lis toujours, à début juillet 2019 j'ai lu 75 livres, tous genres confondus...mais je me demande à quoi à sert de partager quoi que ce soit ici..

Voila pourquoi ce blog fonctionne au ralenti...
Merci de votre compréhension ;o)


11 juin 2019

Ce qu'il reste - Elena VARVELLO

Editions du Livre de Poche
Parution : 9 janvier 2019
Titre original : La vita felice
Traduction : Marc Lesage
256 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :


« En août 1978, l’été où j’ai rencontré Anna Trabuio, mon père a entraîné une fille dans les bois. Il s’était arrêté avec sa fourgonnette sur le bord de la route, avant le coucher du soleil, il lui avait demandé où elle allait, il lui avait dit de monter.
Elle a accepté qu’il la dépose parce qu’elle le connaissait. »

Ponte, nord de l’Italie. 

Cet été-là, Elia Furenti, seize ans, est en proie aux affres de l’adolescence - ses amitiés fragiles, ses questionnements, ses premiers émois amoureux. Mais, au-dessus de ces profonds tourments, plane l’ombre d’un drame familial infiniment plus grand. 

Trente ans après, Elia raconte cet été où tout a basculé, et ce qu’il en reste.

Ce que j'en ai pensé :

Ce polar avait tout pour me plaire : l'Italie, un été caniculaire, des adolescents à la découverte d'eux-même (et de leurs premiers émois), une sombre histoire de gamin disparu.

Pourtant, je me suis un peu ennuyée alors que j'ai aimé tout ce qui me liait au postulat de départ. J'ai cru m'attacher à Elia et à son pote Stefano, j'ai senti vibrer la chaleur de l'été, me suis laissée emporter par la folie glauque du père (schizophrène à tendance paranoïde ?), compati à la douleur des femmes, et non, au final, j'avais hâte d'en finir. 

La faute à la narration (ou à la traduction ?), l'ensemble m'a paru un peu décousu, presque brouillon et je n'ai finalement pas été touchée par cette histoire...

6 juin 2019

Dernier arrêt avant l'automne - René FRÉGNI


Editions Gallimard - Collection La Blanche
Parution : 16 mai 2019
176 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

Le narrateur, écrivain, a trouvé un travail idéal dans un village de Provence : gardien d’un monastère inhabité, niché dans les collines. Il s’y installe avec pour seule compagnie un petit chat nommé Solex. Un soir, en débroussaillant l’ancien cimetière des moines, il déterre une jambe humaine fraîchement inhumée. Mais quand il revient avec les gendarmes, la jambe a disparu… Qui a été tué? Et par qui? 

L’enquête mènera, par des chemins détournés, à des vérités inattendues. Entre-temps, nous aurons traversé les paysages de l’arrière-pays provençal, peints avec sensualité par René Frégni. Sa langue forte et lumineuse communique son émerveillement face à toutes les formes de vie et de plaisir. L’intrigue policière souligne l’âpreté de ces forêts et vallons sauvages et donne tout son rythme au récit, jusqu’au dénouement. 


Ce que j'en ai pensé :

Ce qu'il a de bien avec René Frégni, c'est le plaisir de retrouver sa plume, poétique, intense, et sensuelle.

Cette fois, il ne parlera pas des fesses d'Isabelle mais du fabuleux et lumineux sourire d'Aline, libraire. Mais il est surtout question  des couleurs-odeurs-saveurs de la Provence, d'un printemps à l'autre, et d'une jambe de cadavre déterrée par hasard et par erreur (et sitôt disparue) dans le jardin du monastère où le narrateur vit une retraite forcée mais heureuse.

Il est question d'un couple de libraires (qui existent vraiment !), d'un bébé chat un peu collant, de solitude et de page blanche, et de la Belle Provence dans le chant des cigales.

J'ai beaucoup aimé le style (mais je suis fan depuis longtemps de René Frégni, donc vous n'êtes pas étonnés !), l'humour sous-jacent (les potes libraires ont dû trouvé l'intrigue cocasse!!) et l'habituelle poésie de la narration !

Je me disais même que, si je n'ai pas de roman à écrire (quoi que...), même si je n'ai pas besoin de m'isoler du monde (quoi que...), que je n'aimerais pas trouver la jambe d'un cadavre dans mon jardin (quoi que ...! Ça va pas la tête??!!), je me ferais bien une petite retraite, pas forcément très spirituelle (mais je ne le suis pas !) dans un vieux monastère perdu au milieu de nulle part ! Du moment que je partagerais un ballon de rouge avec René Frégni !!!

30 mai 2019

Les racines du mandarinier - Cécile OUMHANI

Editions Elyzad - Poche
Parution : 24 juin 2016
248 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :


Marie et Ridha se sont connus étudiants à Paris, dans l'effervescence des cafés et des discussions animées. On est à la fin des années soixante. Le pays de Ridha, la Tunisie, se construit avec ferveur : hôpitaux, écoles, universités... Le jeune couple décide de s'y installer. Tandis que son époux renoue dans la joie du retour avec ses amis et son mode de vie d'avant, Marie s efface. Comment trouver sa place, poursuivre ses idéaux et conserver l'amour ? Dans ce monde nouveau qu'elle fait sien, confrontée à de vives turbulences, elle s'applique à tenir son passé à distance et tente de vivre au-delà des séparations. 
Un roman élégant, à l'écriture ciselée, qui nous introduit avec subtilité dans les émotions de personnages aux prises avec la culture de l'autre, l'absence et la recherche de leur propre vérité. 

Ce que j'en ai pensé :

L'amour comme une déchirure. Pour Marie, le choc est brutal : la Tunisie que lui avait vanté Ridha la laisse de côté. Les femmes sont mises de côté, annihilées...et jugées folles si elles ne savent pas s'adapter.

Que reste-t-il des idéaux, du rêve de multi-culturalité dans un pays où il faut souvent renoncer, y compris à son propre fils ?

Cécile Oumhani cisèle son histoire dans une dentelle précieuse, tisse le lien mère-fils (y compris "contre" la tradition), évoque dans une langue poétique le choc des cultures (Occident/Orient) et la relation homme-femme, prolonge le regard sur le Maghreb et ses traditions, dessinant en creux la confrontation entre des êtres différents, façonnés par leur héritage familial.

Une belle lecture, en douceur, où j'ai trouvé des mots justes et des émotions sincères. 

27 mai 2019

La vie en Rose - Marin LEDUN

Editions Gallimard - Collection Série Noire
Parution : 2 mai 2019
320 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

Ses parents partis parcourir la Polynésie, Rose - qui s'est installée avec le lieutenant Personne - se retrouve seule pour s'occuper de ses frères et soeurs. Coup sur coup, elle est confrontée au cambriolage de Popul'Hair - le salon de coiffure où elle fait la lecture -, à la découverte inopinée de sa grossesse et au meurtre de l'ex-petit ami de sa soeur. Bientôt, c'est le meilleur ami de Camille que Rose découvre poignardé. 
Entre deux nausées, deux crises existentielles et en marge de l'enquête parallèle qu'elle mène, Rose doit encore s'occuper du suivi scolaire de sa soeur, des peines de cœur de son frère aîné, des plaintes du directeur de l'hôpital où travaille Antoine qui organise des strip-pokers au service gériatrie, de lire Sacher-Masoch aux clientes de Vanessa...
Pendant ce temps, l'assassin continue de s'en prendre aux jeunes gens du lycée où Camille est scolarisée. Un matin, alors qu'elle est censée préparer chez une amie une marche de soutien à la dernière victime, Camille disparaît. 

Ce que j'en ai pensé :

Retour en fanfare de la famille Mabille-Pons ! Après « Salut à toi, ô mon frère », le premier opus, voilà un polar que je ne comptais pas louper !
 
Toujours le même ton jubilatoire, les mêmes personnages un rien déjantés (Palme d’Or à Rose, agrégée de lettres fan de hard-rock qui découvre qu’elle est enceinte de son petit ami flic), et si l’intrigue est assez prévisible, elle apporte toutefois son lot de rebondissements bienvenus et pose un regard assez caustique sur la société !

C’est frais, c’est jouissif, les dialogues sont travaillés au scalpel, bourrés d’humour, les références musicales et littéraires nombreuses (et le décalage entre les unes et les autres ajoutent du piquant – essayez de lire Ovide en écoutant les Guns !!), bref une lecture qui donne de belles couleurs au polar !

C’est chouette de voir que Marin Ledun réussit haut la main à donner du corps à cette série dont il me tarde à présent de lire la suite !

24 mai 2019

L'heure des fous - Nicolas LEBEL

Editions du Livre de Poche
Parution : 24 avril 2019
384 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

Paris. Un sans-abri est poignardé à mort sur une voie ferrée de la gare de Lyon. 

« Vous me réglez ça. Rapide et propre, qu’on n’y passe pas Noël », ordonne le commissaire au capitaine Mehrlicht et à son équipe, le lieutenant Dossantos, exalté du code pénal et du bon droit, le lieutenant Sophie Latour qui panique dans les flash mobs, et le lieutenant stagiaire Ménard, souffre-douleur du capitaine à tête de grenouille, amateur de sudoku et de répliques d’Audiard.

Mais ce qui s’annonçait comme un simple règlement de comptes entre SDF se complique une fois le cadavre identifié. L’affaire entraîne le groupe d’enquêteurs dans les méandres de la Jungle, nouvelle cour des miracles au cœur du bois de Vincennes, dans le dédale de l’illustre Sorbonne, jusqu’aux arrière-cours des troquets parisiens, pour s’achever en une course contre la montre dans les rues de la capitale. 

Il leur faut à tout prix empêcher que ne sonne l’heure des fous.

Ce que j'en ai pensé :

Un polar avec des dialogues aussi croustillants et hauts en couleur que ceux d'Audiard ? Je prends !

Et c'est vrai que l'équipe du capitaine Mehrlicht vaut le détour même si je l'ai trouvée un brin caricaturale : le dit capitaine a le verbe fort, le langage imagé certes, mais il ressemble presque à un personnage de BD ! 
J'ai été vite agacée par les stéréotypes déroulés et par certains tics de la narration ;  ça m'a presque insupportée que l'auteur écrive "ouaih" pour "ouais" à longueur de dialogues et que certaines expressions soient pour le moins répétitives...
Un peu pénible à force...

Pourtant l'intrigue m'a tenue en haleine et c'est pour elle-seule que j'ai terminé ce polar : j'ai aimé l'idée d'un monde parallèle à Paris, une sorte de Cour des Miracles cachée dans le bois de Vincennes avec ses propres lois, ses meneurs d'hommes, et la préparation d'un attentat peu commun. L'auteur glisse ça et là quelques bonnes lignes sur l'histoire de Paris, sur les arcanes de la Sorbonne et émaille son propos de références culturelles singulières.

Ça rattrape l'affaire et ça m'a permis de rester sur une note positive au terme de ma lecture.

12 mai 2019

Surface - Olivier NOREK

Editions Michel Lafon
Parution : 4 avril 2019
424 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

Ici, personne ne veut plus de cette capitaine de police.
Là-bas, personne ne veut de son enquête. 


Ce que j'en ai pensé :

Quatrième de couverture laconique..et intrigue assez conventionnelle ! ça ne s'annonce pas comme le polar de l'année...

D'autant qu'après l'excellent et intelligent "Entre deux mondes", je m'attends à du très bon et que j'ai peur d'être déçue..

Pourtant, c'est bon ! Et ce ne sont pas les beaux yeux d'Olivier Norek qui me tournent la tête mais la personnalité de l'héroïne, Noémie, rescapée et défigurée lors d'une descente de police, qu m'embarque !

Et ça fonctionne ! Ça démarre au quart de tour et on suit Noémie dans son enquête ! D'autant qu'il s'agit d'un "cold case" et que l'intrigue explore les luttes de pouvoir locales.
Comme le titre le suggère, ne pas s'en tenir à la surface, celle du visage qu'on présente, ni celle de la lecture des événements.

Un parallèle malin et surtout un bon polar, "classique" certes mais captivant !

24 avril 2019

Oublier Klara - Isabelle AUTISSIER

Editions Stock - Collection La Bleue
Parution : 2 mai 2019
320 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

Mourmansk, au Nord du cercle polaire. Sur son lit d’hôpital, Rubin se sait condamné. Seule une énigme le maintient en vie : alors qu’il n’était qu’un enfant, Klara, sa mère, chercheuse scientifique à l’époque de Staline, a été arrêtée sous ses yeux. Qu’est-elle devenue ? L’absence de Klara, la blessure ressentie enfant ont fait de lui un homme rude. Avec lui-même. Avec son fils Iouri. Le père devient patron de chalutier, mutique. Le fils aura les oiseaux pour compagnon et la fuite pour horizon. Iouri s’exile en Amérique, tournant la page d’une enfance meurtrie.

Mais à l’appel de son père, Iouri, désormais adulte, répond présent : ne pas oublier Klara ! Lutter contre l’Histoire, lutter contre un silence. Quel est le secret de Klara ? Peut-on conjurer le passé ?

Dans son enquête, Iouri découvrira une vérité essentielle qui unit leurs destins. 

Oublier Klara est une magnifique aventure humaine, traversé par une nature sauvage.

Ce que j'en ai pensé : 


C'est une longue quête qui entraîne Iouri, exilé aux USA, à la recherche de sa grand-mère paternelle qu'il n'a pas connue.

Une aventure aux confins des terres russes, de celles qui mettent les hommes (et leur coeur !) à rude épreuve, qui cachent les hontes de l'ancien bloc soviétique entre goulags et mise à l'écart des populations autochtones.

Isabelle Autissier s'y entend à nous embarquer avec elle, à nous dessiner des paysages hostiles et pourtant, elle nous raconte aussi les oiseaux et les hommes, donnant à cette histoire une belle lumière.

Roman du souvenir, du passé qui ressurgit, quête d'identité et de mémoire familiale, tableau saisissant d'une URSS disparue, Oublier Klara emporte le lecteur, l'enveloppe dans sa nostalgie poétique.

Une belle immersion dans les paysages arctiques et dans la société russe !

Merci aux Editions Stock pour cette lecture en avant-première qui confirme que j'aime beaucoup la plume d'Isabelle Autissier !

20 avril 2019

A chacun sa mort - Ross McDONALD

Editions Gallmeister - Collection Totem
Parution : 7 mai 2013
Titre original : The way some people die
Traduction : Jacques Mailhos
272 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :

Dans une maison décrépite de Santa Monica, une veuve glisse dans la main de Lew Archer 50 dollars pour qu’il retrouve sa fille Galatea, disparue depuis Noël. Ça n’est pas cher payé et les indices sont minces, mais une photo de la séduisante jeune femme achève de convaincre le détective. Galatea semble en danger : elle a été vue pour la dernière fois en compagnie d’un malfrat notoire.

Des quartiers pauvres de San Francisco aux villas de Palm Springs, dans un monde gouverné par les commerces illicites, les cadavres s’accumulent et la ravissante disparue mène un jeu des plus troubles.


Ce que j'en ai pensé :

Ça faisait longtemps qu'un bouquin ne m'avait pas laissée aussi circonspecte, à me demander ce qui m'a déplu tout en admettant avoir été entraînée jusqu'au bout par son intrigue…

J'ai aimé l'ambiance de ce polar très sombre où la chronique sociale dessine une Amérique de malfrats et de petites gens englués dans la misère ou la détresse. 

Les personnages sont saisissants de vérité : de l'acteur déchu au flic incorruptible, du truand au dealer d'héroïne, du gamin qui se rêve une carrière de boxeur à la vieille dame amoureuse…

Le décor est vite planté : rues glauques, hôtels sordides, villas luxueuses, tout y est ! L'ambiance suinte le désespoir et la décrépitude, les petites magouilles et les grandes arnaques.

Pourtant, je ne suis pas sûre d'avoir aimé, j'ai eu l'impression étouffante de m'ennuyer un peu et la résolution de l'intrigue ne m'a apporté aucune surprise, j'avais déjà deviné la fin...

16 avril 2019

L'île aux enfants - Ariane BOIS

Editions Belfond
Parution : 14 mars 2019
240 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :

 Pauline, six ans, et sa petite sœur Clémence coulent des jours heureux sur l'île qui les a vues naître, la Réunion. Un matin de 1963, elles sont kidnappées au bord de la route et embarquent de force dans un avion pour la métropole, à neuf mille kilomètres de leurs parents. À Guéret, dans la Creuse, elles sont séparées.
1998 : quelques phrases à la radio rouvrent de vieilles blessures. Frappée par le silence dans lequel est murée sa mère, Caroline, jeune journaliste, décide d'enquêter et s'envole pour la Réunion, où elle découvre peu à peu les détails d'un mensonge d'État.


Ce que j'en ai pensé :

Plus de deux mille enfants réunionnais ont été arrachés à leurs familles entre les années 1960 et 1980, officiellement pour les préserver d'un environnement familial défaillant (pères alcooliques, filles-mères, malnutrition et manque d'hygiène) pour repeupler les départements ruraux de métropole en déficit de natalité. 

Des gamins déracinés, adoptés par des familles qui trouvaient souvent ainsi une main d'oeuvre à bon compte pour les travaux de leurs fermes.

Des gamins qui, pour certains, ont oublié leurs origines (à qui les familles d'accueil ont même été parfois jusqu'à donner un autre prénom !) et qui ont dû se construire et grandir dans un grand mensonge organisé par l'Etat

C'est pourtant avec délicatesse et humanité qu'Ariane Bois raconte cet épisode honteux de la République en déroulant l'enfance, parfois heurtée, de Pauline qu'on a séparée de sa sœur et qui n'accepte pas de retrouver ses origines…

Un roman sensible sur l'identité et sur l'incroyable capacité de résilience de ces enfants déportés, une quête des origines emmenée par une narration pleine de justesse et sans manichéisme.

11 avril 2019

Un an autour de l'océan indien - Antoine CALVINO

Editions Phebus
Parution : 5 mai 2011
265 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :


Qui n'a jamais rêvé de larguer les amarres pour entamer un voyage au long cours ?
Antoine Calvino l'a fait !
Il a suspendu ses activités le temps d'une année afin de découvrir, sac au dos et en solitaire, les pays du pourtour de l'océan Indien. Cap sur l'Inde, le Yémen, l'Ethiopie, le Somaliland, le Kenya, l'Ouganda, Dubaï, l'Iran, la Syrie, la Jordanie et Israël !
Plus encore que les paysages, ce sont les rencontres qui l'intéressent. Logé dès que possible chez l'habitant, fraternisant avec les éternels ravers de Goa, les rastas d'Éthiopie, la jeunesse révoltée de Téhéran ou les pacifistes israéliens, ce trentenaire enthousiaste a réussi l'essentiel : voir ce que personne d'autre n'aurait vu, dire ce que lui seul pouvait raconter.
La plume aussi vive que son pas, Antoine Calvino témoigne d'une réalité bien éloignée des idées reçues et transmet une irrépressible envie de bouger.


Ce que j'en ai pensé :

Voyage, voyages…

et substances illicites à gogo ! 
 
Antoine Calvino a testé presque autant de drogues qu'il a découvert de pays, et ses expériences (non évoquées sur la 4ème de couv') sont omniprésentes et presque sans limites …

Pourtant, dans ce récit aux paragraphes parfois très courts, il trace sa route dans des circonstances parfois cocasses, parfois presque dramatiques et nous donnerait envie de découvrir les pays traversés et les gens qu'il a rencontrés.
Son long périple (qu'il berce de musiques) est surtout un recueil de rencontres étonnantes, une galerie de portraits tantôt amusants tantôt inquiétants.


Une lecture agréable et dépaysante.

4 avril 2019

Sauvage - Jamey BRADBURY

Editions Gallmeister
Parution : 7 mars 2019
Traduction : Jacques Mailhos
320 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

À dix-sept ans, Tracy Petrikoff possède un don inné pour la chasse et les pièges. Elle vit à l’écart du reste du monde et sillonne avec ses chiens de traîneau les immensités sauvages de l’Alaska. Immuablement, elle respecte les trois règles que sa mère, trop tôt disparue, lui a dictées : «ne jamais perdre la maison de vue», «ne jamais rentrer avec les mains sales» et surtout «ne jamais faire saigner un humain». 
Jusqu’au jour où, attaquée en pleine forêt, Tracy reprend connaissance, couverte de sang, persuadée d’avoir tué son agresseur. Elle s’interdit de l’avouer à son père, et ce lourd secret la hante jour et nuit. Une ambiance de doute et d’angoisse s’installe dans la famille, tandis que Tracy prend peu à peu conscience de ses propres facultés hors du commun.


Ce que j'en ai pensé :

Je ne suis pas près d'oublier Tracy ! 
Une gamine étonnante, différente, attachante par sa singularité et son amour pour ce bout d'Alaska, sa forêt et les chiens de traineau. Sauvage, vraiment !..

La nature a la part belle dans ce très réussi roman d'initiation, elle est un personnage à part entière, elle dessine une atmosphère tantôt pesante, tantôt protectrice. Elle est vie et mort tout à la fois. 
La narration particulièrement riche donne toute sa beauté à cet environnement, en fait un lieu idéalisé qui sied au caractère de Tracy et révèle son caractère.

Roman d'apprentissage donc, mais aussi roman "d'amour" : celui de Tracy pour sa famille, pour les chiens, pour Jess. Un amour un peu fou, hors normes, qui repousse les limites et qui fait grandir.

Une pépite (et c'est un premier roman !!), un de ces romans à garder précieusement !

31 mars 2019

Le voyage de Ludwig - Julien JOUANNEAU

Editions Flammarion
Parution : 27 mars 2019
208 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :

 Ludwig est un compagnon parfait. Affectueux. Le rayon de soleil de sa maîtresse Hannah dans leur quotidien assombri par l’Occupation. Le jour où elle est jetée dans un wagon à bestiaux en partance vers une destination inconnue, Ludwig se lance à la poursuite du train. Sans jamais s’arrêter, sans jamais quitter les rails. L’espoir de retrouver Hannah lui fait traverser une France ravagée par les ténèbres, exsangue et suffocante. Une terre où les menaces surgissent le long du chemin de fer, où la sauvagerie rôde. Pris au piège des parfums de la guerre, épuisé et meurtri, Ludwig court entre les deux bras d’acier. Sa fidélité bravera les enfers.

Ce que j'en ai pensé :

Quand Julien Jouanneau m'a proposé de m'envoyer son roman, la curiosité l'a emporté sur mes habitudes de lecture, un peu loin de ma zone de confort. 
Et j'ai bien fait de me laisser tenter !

Voila un court roman qui adopte un point de vue tout à fait original pour parler de la déportation des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale ; celui d'un chien qui se lance dans une course éperdue, et pleine de rebondissements, derrière le train qui emmène sa jeune maîtresse vers les camps de la mort.

Un roman plein de tendresse, une plume vive et un animal-personnage qui suscite l'empathie par sa loyauté hors normes. C'est lui le narrateur qui nous raconte son incroyable voyage, revient sur ses années heureuses de jeune chiot (et ses bêtises) et qui nous livre, à hauteur de truffe et d'oreilles poilues, le récit de son parcours initiatique.

Merci à Julien Jouanneau pour sa confiance !