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Succion - Yrsa SIGURDARDOTTIR

 

Editions ACTES SUD - Collection Actes Noir

Parution : Mai 2019

416 pages

Traduction : Catherine et Véronique MERCY


Ce qu'en dit l'éditeur :

Assise sur les marches glaciales devant l’entrée de sa nouvelle école, Vaka regrette de n’avoir pas mis un manteau plus chaud. Apparemment, son père a oublié de venir la chercher, sa mère a oublié de lui donner de l’argent de poche cette semaine et l’école est déjà fermée. On ne peut décidément pas se fier aux adultes. Résignée à attendre, elle voit bientôt une petite fille approcher. Vaka la reconnaît tout de suite : elle est dans sa classe, c’est celle à qui il manque deux doigts. La petite fille habite juste derrière l’école, alors Vaka lui demande si elle peut venir chez elle passer un coup de téléphone pour appeler son père. Plus personne ne reverra jamais Vaka.

Dégradé et relégué au plus bas de l’échelle après les polémiques qui ont entouré sa dernière enquête, l’inspecteur Huldar doit se contenter des chiens écrasés. Jusqu’au jour où on le charge d’une vérification de routine qui bascule dans l’horreur lorsque, après un signalement anonyme, il trouve deux mains coupées dans le jacuzzi d’une maison du centre-ville. Huldar ignore encore que cette mutilation n’est que la première d’une longue série.

 

Ce que j'en ai pensé :

Quel message laisseriez-vous dans une capsule temporelle ? Sans doute pas cette liste énigmatiques de victimes de meurtres, seulement désignées par des initiales, comme l'a fait cet écolier dont le père, arrêté pour pédophilie, croupit en prison !

Dix ans plus tard, l'inspecteur Huldar est écarté d'une enquête sur un meurtre sordide, le premier d'une série. Coïncidence ?

Mais ce qui fait l'intérêt de ce polar bien macabre, c'est la plongée saisissante dans les remugles de la société islandaise : celle des laissés-pour-compte et celle des élites qui usent de leur influence. 

Pédophilie, corruption, vengeance, jeux de pouvoir, folie, carences des institutions (déjà évoquées dans  "ADN" et dans "Indésirable" ) : les thèmes abordés sont nombreux. Ils mettent en relief des personnages singuliers, souvent "borderline", sans scrupules.

Les personnages récurrents de cette série, l'inspecteur Huldar et Freyja, la psy, livrent leurs failles et leurs doutes, leurs portraits gagnent en épaisseur et le duo fonctionne parfaitement, jouant sur la dualité attraction/répulsion.

Un très bon polar, bien ficelé !

ADN - Yrsa SIGURDARDOTTIR

Editions Actes Sud - collection Actes noirs
Parution : 3 janvier 2018
Titre original : DNA
Traduction : Catherine Mercy
416 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :

Elísa Bjarnadóttir méritait d’être punie. Elle devait payer. Mais quelle faute pouvait justifier une telle violence ? On vient de retrouver la jeune femme à son domicile, la tête en­tourée de gros scotch, exécutée de la façon la plus sordide. L’agonie a dû être atroce. Sa fille de sept ans a tout vu, cachée sous le lit de sa mère, mais la petite se mure dans le silence. Es­pérant l’en faire sortir, l’officier chargé de l’enquête se tourne alors vers une psychologue pour enfants. C’est sa seule chance de remonter jusqu’au meurtrier. Ce dernier n’a pas laissé de trace, juste une incompréhensible suite de nombres griffon­née sur les lieux du crime.

Alors que les experts de la police tentent de la déchiffrer, un étudiant asocial passionné de cibi reçoit à son tour d’étranges messages sur son poste à ondes courtes. Que cherche-t-on à lui dire ? Sans le savoir, il va se retrouver mêlé à l’une des séries de meurtres les plus terrifiantes qu’ait connues l’Islande.

Avec ce roman addictif et glaçant, au dénouement inatten­du, Yrsa Sigurðardóttir confirme son statut de reine du polar islandais.


Ce que j'en ai pensé :

ADN, acide désoxyribonucléique,  support de l'information génétique. Elément de preuves dans une enquête criminelle. Vecteur des tares qui pourrait affecter une famille. 

J'adore être surprise par le dénouement d'un polar ! Et là, je me suis régalée ! 
Yrsa Sigurdardottir m'a conquise une nouvelle fois par son sens de l'intrigue et je crois que je vais explorer sa bibliographie !

Faire témoigner une gamine de 7 ans qui a assisté au meurtre de sa mère, ne pas la bousculer, éviter d'ajouter le choc des interrogatoires au traumatisme du crime, faire remonter ses souvenirs pour tenter de comprendre cet assassinat et dessiner le portrait du tueur. C'est la tâche qu'on assigne à ce flic de seconde zone (les enquêteurs principaux et aguerris sont sous le coup d'une enquête interne) qui se serait bien passé d'être sous les feux des projecteurs...

Pour les enquêteurs, l'enquête piétine, et les meurtres se succèdent. (attention, chochottes s'abstenir, les appareils ménagers sont un peu dangereux tout de même, surtout quand ils sont détournés de leur fonction intiale...)

Et les pages de ce polar se tournent, addictives, tandis que le lecteur s'interroge.

C'est habilement mené (mais j'avais déjà dit ça ou presque sur le précédent polar de l'auteur !) et j'ai aimé retrouvé cette atmosphère particulière à l'Islande, le style narratif dépourvu d'inutile, et cette incursion dans la société puisque ce roman évoque la détresse sociale, les abandons d'enfants, les héritages...

Un polar extra, que je recommande !

Indésirable - Yrsa SIGURDARDOTTIR

éd Actes Sud - février 2016 - 320 pages
titre original : Kuldi
traduction : Catherine Mercy


Ce qu'en dit l'éditeur :

Employé d’un obscur bureau gouvernemental islandais, Óðinn est chargé d’enquêter sur Krókur, un foyer éducatif réservé aux adolescents à problèmes dans les années 1970. L’établissement est fermé depuis longtemps, mais des abus mis au jour dans d’autres centres incitent l’État à passer ces foyers au peigne fin pour éviter tout nouveau scandale.

Une chape de silence semble peser sur Krókur, mais peu à peu Óðinn découvre que de sombres secrets entourent les anciens pensionnaires. À l’époque, deux jeunes garçons y avaient mystérieusement trouvé la mort, asphyxiés dans une voiture. Et personne ne sait vraiment ce qui est arrivé au bébé du couple qui gérait le foyer, disparu le jour de sa naissance, et dont le destin macabre semble encore hanter les lieux.

À mesure qu’il creuse l’affaire, Óðinn se met à entendre des voix, comme si les fantômes du passé, réveillés contre leur gré, s’insinuaient dans sa propre vie. La bouche d’ombre susurre à son oreille, et lentement tout bascule. Le doute, frère du malaise, rogne peu à peu les fragiles certitudes de son existence : la mort récente de son ex-femme était-elle vraiment un accident ? Et qu’a vraiment vu sa fille de onze ans ce jour-là ?

Jouant habilement des ressorts du surnaturel, Yrsa Sigurðardottir, voix singulière de la littérature policière islandaise, signe un thriller spectral et glaçant.

Née en 1963, Yrsa Sugyrdardottir est aujourd'hui l'un des auteurs de polar majeurs de la scène littéraire islandaise. Ses œuvres sont traduites dans une trentaine de langues et ont été récompensés par de nombreux prix littéraires dont le Icelandic Crime Award en 2011 et 2014.


Ce que j'en ai pensé :

Réjouissant polar ! Parce qu' habilement écrit, suffisamment machiavélique et franchement malin !



Ça commence par un chapitre intitulé "FIN" et pourtant, l'intrigue glaciale ne fait que commencer ! Pourquoi Óðinn se suicide-t-il aux gaz d'échappement dans un garage en compagnie de sa fille ? Cela a-t-il un lien avec la défenestration de son ex-femme ou avec l'enquête sur les sévices pratiqués dans les foyers de redressement qu'il effectue ?



J'ai adoré cette intrigue qui superpose deux époques (1974 et le récit contemporain), qui noue savamment les fils entre les personnages, jamais manichéens, le tout dans une atmosphère islandaise,  comme je les aime de plus en plus !



Ici, un brin de paranormal nous emmène dans des théories qui s'effondrent les unes après les autres, les personnages ayant chacun à faire face à leurs propres démons, et l'atmosphère quoique glaciale et angoissante est surtout captivante !