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L'orangeraie - Larry TREMBLAY

Editions Gallimard La Table Ronde
Parution : 5 février 2015
192 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :
Quand Amed pleure, Aziz pleure aussi. Quand Aziz rit, Amed rit aussi. Ces frères jumeaux auraient pu vivre paisiblement à l’ombre des orangers. Mais un obus traverse le ciel, tuant leurs grands-parents. La guerre s’empare de leur enfance et sépare leurs destins.
Des hommes viennent réclamer vengeance pour le sang versé. Amed, à moins que ce ne soit Aziz, devra consentir au plus grand des sacrifices. Et tous payeront le tribut des martyrs, les morts comme ceux qui restent.

Né en 1954 à Chicoutimi au Canada, Larry Tremblay est écrivain, metteur en scène, acteur et spécialiste de kathakali, danse-théâtre qu'il a étudiée lors de nombreux voyages en Inde. Il a publié plus d'une vingtaine de livres comme auteur dramatique, poète, romancier et essayiste.

Editions Folio n°6139
Parution : 19 mai 2016
160 pages

Ce que j'en ai pensé :
J'avais repéré ce court roman à sa sortie en librairie en 2015 et puis, les lectures s'enchainant, j'étais passée à côté sans pour autant oublier l'histoire ni cette couverture en clair-obscur. Je savais que j'y reviendrais, ça me semblait évident...
Le rendez-vous était pris pour cet après-midi et je suis restée scotchée à ce petit livre, en apnée, à guetter ce que le destin pouvait réserver à ces frères jumeaux nés au mauvais endroit et liés "à la vie, à la mort".

Un texte fort, douloureux, avec peu de protagonistes. Peu importe où se déroule l'intrigue, elle nous donne l'occasion, à nous, occidentaux, de porter un regard différent sur la guerre, sur les enfants-martyrs. Mais le roman est aussi un éclairage sur la dissimulation et le mensonge, sur l'honneur et sur la peur, sur l'enfance qui s'enfuit, sur la résignation et sur l'amour...
Tant de thèmes abordés et de façon si juste, si profondément humaine, en si peu de pages ! 
Comment choisir lequel de ses enfants sacrifier ? Comment un père ou une mère peuvent-ils s'y résoudre et quels sont les sentiments qui dès lors les habitent, les hantent ? Au nom de quelle cause peut-on envoyer des enfants à la mort ?

Un roman percutant, dont la narration presque poétique n'atténue en rien la violence ni les questionnements, et qu'il faut lire absolument !

 
8ème but marqué par mon équipe pour la Coupe d'Europe des Livres 2016 !

Les écailles d'or - Parker BILAL

éd Seuil - 15 janvier 2015 - 432 pages
Titre original : The golden scales
Traduit par Gérard de Chergé

Ce qu'en dit l'éditeur :

Le Caire, 1981. Alice, la petite fille d'une junkie anglaise de bonne famille, est enlevée dans les ruelles du souk.
1998. Un milliardaire cairote issu de la pègre, Hanafi, sollicite les services du détective privé Makana pour retrouver la star de son équipe de foot, Adil, qui s'est volatilisée du jour au lendemain. Makana, ancien policier qui a fui le régime intégriste soudanais, vivote au Caire sur une awana, sorte de péniche déglinguée, et si son costume défraîchi fait mauvais effet dans l'entourage d'Hanafi, son esprit affûté fait mouche. De plus, il entretient de bonnes relations avec un commissaire local et un journaliste politiquement engagé. L'enquête le mène des bistrots crapoteux et des rues poussiéreuses de la capitale aux résidences somptueuses des nantis du régime, et croise la route de la mère d'Alice, sauvagement assassinée alors qu'elle continuait obstinément à chercher son enfant disparue.
La séduction indéniable du roman, qui doit beaucoup aux arabesques du conte arabe et aux descriptions bariolées du Caire, offre un contraste saisissant avec un climat de menace constant, impénétrable et mystérieux.


Parker Bilal est le pseudonyme de Jamal Mahjoub, né en 1960, auteur anglo-soudanais de six romans non policiers dont plusieurs sont publiés en français par Actes Sud.
Né à Londres, diplômé en géologie de l'université de Sheffield, il a vécu en Angleterre, au Soudan, au Caire et au Danemark. Il est actuellement établi à Barcelone.

Ce que j'en ai pensé :
Immersion au cœur du Caire, plongée dans les entrailles d'une ville (personnage à part entière) où les islamistes combattent tout ce qui est haram (pêché) et où subsiste encore la loi du plus fort, du plus riche, où un enfant pauvre devenu star du foot sacralise tous les rêves et fait aussi ressurgir des rancœurs.
Voila un polar étonnant tant sa narration, très classique (et ajustée mot à mot), le rapproche du roman, un polar pas si vif que ça, au rythme parfois un peu lent mais qui fait naître un héros, ex-flic soudanais devenu détective privé lors de son exil en Egypte, sympathique, curieux et cultivé, rendu presque insensible au danger suite à une série de drames persos.
Une belle découverte et l'envie de lire les autres polars que l'auteur écrira puisqu'il semble que Makana, le flic, soit un héros récurrent.

Agatha Christie, le chapitre disparu - Brigitte KERNEL

éd Flammarion - 13 janvier 2016 - 240 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :
"Voilà, le livre est fini. J'ai posé le point final. Le tyitre : Une autobiographie. Je ne me sens pas très à l'aise. Mon éditeur va s'en rendre compte...Des pages manquent : ma disparition à l'hiver 1926. Pourtant j'ai bien écrit ce chapitre. Des pages et des pages, presque un livre entier. Mon secret. Ma vie privée. Une semaine et demie qui n'appartient qu'à moi."
C'est une histoire vraie. Un mystère jamais totalement élucidé. Une zone d'ombre qui demeure dans la vie d'Agatha Christie. Pourquoi et comment la reine du crime s'est-elle volatilisée dans la nature durant l'hiver 1926 ? Qu'a-t-elle fait pendant ces onze journées ? Pourquoi toute la presse a-t-elle cru qu'elle avait été kidnappée ? 
 Dans ce roman passionnant, Brigitte Kernel se glisse dans la peau d'Agatha Christie pour reconstituer cette étrange disparition. Une histoire d'amour, de vengeance et de trahison. 
 

Brigitte Kernel, née en 1959 dans les Vosges, est écrivain, journaliste littéraire 
depuis vingt ans, productrice-animatrice de radio sur France Inter.

Ce que j'en ai pensé :
Découvrir une version romancée d'un épisode mystérieux de la vie d'Agatha Christie pour la grande fan de ses romans policiers que je suis, me réjouissait ! Même si l'épisode est connu, le transformer en roman paraissait une excellente idée.
Sauf que... 
La narration est pauvre, le vocabulaire utilisé assez commun (voire un peu ridicule - la maîtresse de Mr Archie Christie n'est qu'une "gourgandine"-), usant et abusant de répétitions (pas moins de 3 fois le terme "agacée" dans le premier chapitre !), les dialogues sont ternes (Agatha Christie s'auto-sermonne, discute avec ses amies, parle à sa mère décédée) et la tentative d'introspection qui aurait pu donner de l'épaisseur au personnage semble parfois sans saveur...
Quant aux descriptions, si j'ai trouvé un peu de consistance dans l'évocation des paysages autour de Silent pool, j'ai trouvé qu'elles ne permettaient pas de restituer l'ambiance. Celle des personnages n'est pas mieux réussie puisque fermant le roman, je ne parviens pas à m'imaginer à quoi pouvait bien ressembler Nan (l'amie intime d'Agatha) et pour la romancière, j'ai eu sans arrêt l'image de Miss Marple devant les yeux et non la jeune femme de 36 ans qu'elle était à sa disparition...l’héroïne paraît être tout à la fois une gamine capricieuse et une vieille dame très victorienne !

Dommage ! Je n'ai pas été convaincue, pas charmée non plus et j'ai parfois eu l'impression que la parution de ce roman n'obéissait qu'au seul prétexte de commémorer les 40 ans de la mort de la "reine du crime".


Challenges Rentrée Littéraire 2014*2015 [bilan]

Avant d'attaquer la liste de mes envies pour la prochaine rentrée littéraire, il est temps de faire un bilan des romans lus ces 12 derniers mois avec quelques chouchous et aussi, des déceptions..

Je n'ai finalement lu qu'une vingtaine de romans, de qualité inégale mais avec quelques excellentes surprises ! Sans ordre particulier, mes préférés dans la sélection des parutions de l'automne 2014 : 


Parmi les déceptions :



Début 2015, le rythme s'est accéléré et j'ai lu bien plus de romans qu'à l'automne. 


J'ai donc plus de mal à choisir mes chouchous d'autant que la qualité des parutions m'a semblé bien meilleure :

Mon préféré reste cependant le roman de David THOMAS :

Et les déceptions :

Au total, presque 60 livres lus depuis août dernier et déjà une liste toute prête de ceux qui me font envie pour la prochaine saison littéraire ;o)
Et vous ? quels ont été vos préférés/vos déceptions ? Ceux que vous avez repérés dans les prochaines parutions ?

Les amants de Coyoacan - Gérard de CORTANZE

éd Albin Michel - mars 2015 - 336 pages
Ce qu'en dit l'éditeur :
En janvier 1937, Frida Kahlo, mariée au peintre Diego Rivera, n’a pas encore trente ans. Le couple bat de l’aile. Aux infidélités de Diego répondent celles de Frida. La jeune femme n’est pas heureuse. Revenue d’une fugue à New York elle songe à se suicider. Un événement va bouleverser sa vie : l’arrivée de Trotski dans un Mexique postrévolutionnaire en pleine ébullition.
(Frida Kahlo et Léon Trotski)
Entre le rescapé de la Guépéou et l’artiste flamboyante, naît une passion dévorante. Affolant ses gardes du corps, mettant en déroute les tueurs lancés à ses trousses, Trotski lui donne des rendez-vous secrets, s’enfuit avec elle dans une hacienda, glisse des billets enfiévrés dans les livres qu’il lui offre. Frida sera son dernier grand amour. Des années plus tard, l’artiste confiera que cette rencontre fut l’une des meilleures choses qui lui soit arrivée et cette période l’une des plus fécondes de sa vie de peintre.
(Trotski peint par Frida Kahlo )
Fabuleuse évocation d’un Mexique à la vitalité inouïe, ce roman trépidant, à l’image de son héroïne, nous plonge dans l’effervescence intellectuelle et politique de la fin des années 30 à travers le parcours rayonnant d’une femme animée par un insatiable désir de vivre et d’aimer. Gérard de Cortanze en restitue brillamment la fantastique ampleur. 

Gérard  de Cortanze né le 22 juillet 1948 à Paris, est un écrivain, 
essayiste, traducteur et critique littéraire français. Il est l'auteur 
d'un essai, paru en 2011, Frida Kahlo : La beauté terrible.
Ce que j'en ai pensé :
Je suis peu familière des biographies de peintres ou de personnages politiques, mais quand les deux se rencontrent autour d'une histoire d'amour, ma curiosité se réveille !
Et ici, de Frida Kahlo ou de Léon Trotski, ce sont deux monstres qui se découvrent, se reconnaissent et s'unissent, le tout dans un Mexique post-révolutionnaire haut en couleurs et en exubérance ! Au delà de l'aventure amoureuse puis de la séparation, c'est un roman qui est une ode sans retenue à Frida Kahlo, un roman qui parle de ses souffrances, tant physiques (corps accidenté, maintenu dans des corsets, fausses-couches à répétition, alcoolisme effréné) que psychiques (entre haine et amour pour Diego Rivera, jalousie, solitude, dépression).
J'ai beaucoup aimé cette balade mexicaine, les descriptions des lieux, les cactus, les costumes bariolés de Frida, les fruits savoureux, un vrai dépaysement qu'offre Gérard de Cortanze !

(un détail : la soit-disant découverte du whisky par Frida à New York - page 161- alors qu'elle s'est saoûlée avec cette boisson quelques temps plus tôt - pages 98, 100 et 101..)
 

Une fille parfaite - Mary KUBICA

éd MOSAÎC - avril 2015 - 400 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :
« Je la suis depuis plusieurs jours. Je sais où elle fait ses courses, où elle travaille. Je ne connais pas la couleur de ses yeux, l’intensité de son regard quand elle a peur. Mais je le saurai bientôt. »
Incapable de dire non au séduisant et énigmatique inconnu qu’elle vient de rencontrer dans un bar, Mia Dennett, jeune héritière d’une des familles les plus en vue de Chicago, accepte de le suivre jusqu’à chez lui. Sans savoir qu’elle a commis une grave erreur. Et qu’après ce soir-là rien, jamais, ne sera plus comme avant.

Avec Une fille parfaite, Mary Kubica mène un récit à trois voix fondé sur une construction incroyablement précise et ingénieuse. Sans jamais le déflorer, l’auteur confère profondeur et intensité au mystère qui entoure le kidnapping de Mia — jusqu’à la révélation finale qui fait voler en éclats les apparences et donne toute son ampleur à cette histoire bouleversante.
Vous n’oublierez pas Une fille parfaite.
Vous n’oublierez pas Mia.
 Après des études d’arts et d’histoire de la littérature américaine, 
Mary Kubica a d’abord été enseignante. Cette passionnée 
de Dickens et d'Hemingway vit près de Chicago.
Ce que j'en ai pensé :
Impossible de lâcher ce roman une fois embarquée avec Mia et Colin dans ce pick-up qui les conduit dans un chalet isole ! Impossible de trop en dire pour ne rien dévoiler de cette intrigue machiavélique !
Le roman alterne les points de vue, celui de Colin le ravisseur, celui de Gabe le flic chargé de l'enquête et celui d'Eve la mère de Mia.  Celle-ci, victime d'un choc traumatique, est amnésique, elle ne donnera sa version qu'au tout dernier chapitre.
Si la forme narrative et l'utilisation du présent de l'indicatif, y compris pour raconter ce qui s'est passé "précédemment" m'ont un peu désarçonnée, j'ai été captivée par cette histoire où la manipulation et les secrets s'entremêlent. Pourtant le rythme n'est pas trépidant comme dans d'autres thrillers où le flic joue la montre pour retrouver la victime.
C'est un polar intelligent où on se surprend à ressentir de l'empathie pour le ravisseur, un peu comme si, en tant que lecteur, on était frappé du syndrome de Stockholm ! J'ai apprécié le profil des protagonistes, pas de manichéisme, juste des personnages presque ordinaires, tour à tour faillibles, fragiles.
Bref, je me suis régalée et j'ai laissé de côté avec le plus grand plaisir les préjugés que je pouvais avoir sur les éditions Harlequin (dont Mosaïc est une collection) : pas de sentiment à l'eau de rose dans ce polar, pas de sexe...
Une belle découverte !

Je remercie BABELIO et les éditions MOSAÏC 
pour leur confiance et pour ce moment de lecture très apprécié !


Mar azul - Paloma VIDAL

éd Mercure de France - février 2015 -208 pages
Trad. du portugais (Brésil) par Geneviève Leibrich
Ce qu'en dit l'éditeur :
Vicky a disparu le 26 juin 1976. Il faisait un soleil splendide. L’hiver, on ne sait pas pourquoi, refusait d’arriver. Elle m’avait téléphoné le matin, plus tôt que d’habitude et dit qu’elle avait peur. Proférée ainsi, abruptement, c’était une phrase à moi et c’est ce que je lui ai répondu. Nous avons raccroché.
[…] Mais trois mois après, j’ai pris un autocar à la gare routière pour suivre un trajet incertain vers le nord. Je me sentais complètement vide et le vent aurait pu m’emporter aussi bien.


Aujourd’hui, la narratrice – nous ne saurons jamais son nom – vit seule à Rio, au bord d’une plage, hantée par le passé. Autrefois, elle habitait en Argentine, auprès de son père, un célèbre architecte. Un jour, brusquement, il est «parti», sans plus donner de nouvelles. Avant ce mystérieux «départ», il l’avait confiée à une amie pour qu’elle l’élève avec sa propre fille, Vicky, qui va disparaître à son tour. Alors mieux vaut fuir…
C’est une poignante évocation du drame des disparus sous la dictature militaire en Argentine que Paloma Vidal nous donne ici. Chercher à comprendre, savoir ce qui a été un accident, une arrestation, un enlèvement – n’avoir que des bribes auxquelles se raccrocher, quelques pages d’un journal intime, quelques images, guère de noms, pour se construire une identité. Mar azul est un douloureux travail sur la mémoire, un long poème sur l’absence. 
Née en 1975 dans la capitale argentine, Paloma Vidal vit depuis l'âge de 
deux ans au Brésil. Sa difficulté à se définir – brésilienne ou argentine ? 
– est le moteur de sa création littéraire. 
Mar azul est son 4ème roman, le 1er à être publié en français.
Ce que j'en ai pensé :
Quel déconcertant premier chapitre, constitué uniquement de dialogues, les uns à la suite des autres, sans qu'on sache véritablement qui dit quoi, même si l'on devine que deux adolescentes bavardent..!! La fin de cet incipit est d'ailleurs un peu rude : on devine une jeune fille sexuellement forcée par quelqu'un qu'on n'identifie pas et cela contribue à créer le malaise...
La suite m'a surprise aussi : je n'ai pas bien compris pourquoi brusquement on se retrouve avec une narratrice d'environ 70 ans qui égrène des souvenirs (son père volatilisé volontairement, sa meilleure amie, devenue militante et "disparue" sous la dictature), parle d'un voyage en bus que je n'ai pas réussi à situer dans le temps. Une narratrice qui écrit un journal et lit celui de son père, puis alterne avec la description de ses maux physiques (qu'a-t-elle aux pieds ? ça non plus je n'ai pas compris..) nécessitant des rendez-vous chez divers toubibs et ses incursions à la piscine municipale. On devine que l'eau, la mer, la routine d'écriture sont les thèmes principaux mais sans comprendre où l'auteur veut nous emmener. S'il n'y avait la quatrième de couverture, tout ceci aurait été abscons.
Je suis restée au bord de cette histoire, insensible à l'intrigue, tentée de ne pas finir le roman mais j'ai toutefois apprécié le style.

Soudain, seuls - Isabelle AUTISSIER

éd STOCK - collection La bleue - mai 2015 - 252 pages
Ce qu'en dit l'éditeur :
Un couple de trentenaires partis faire le tour du monde.
Une île déserte, entre la Patagonie et le cap Horn.
Une nature rêvée, sauvage, qui vire au cauchemar.
Un homme et une femme amoureux, qui se retrouvent, soudain, seuls.
Leurs nouveaux compagnons : des manchots, des otaries, des éléphants de mer et des rats.
Comment lutter contre la faim et l’épuisement ? Et si on survit, comment revenir chez les hommes ?
Un roman où l’on voyage dans des conditions extrêmes, où l’on frissonne pour ces deux Robinson modernes. Une histoire bouleversante.
 Isabelle Autissier est la première femme à avoir accompli un tour du monde à la voile en solitaire. Elle est l’auteur de romans, de contes et d’essais, dont Kerguelen (Grasset, 2006), Seule la mer s’en souviendra (Grasset, 2009), L’amant de Patagonie (Grasset, 2012), et, avec Erik Orsenna, Salut au Grand Sud (Stock, 2006) ainsi que Passer par le Nord (Paulsen, 2014). Elle préside la fondation WWF France.
Ce que j'en ai pensé :
J'étais très curieuse de voir si l'auteur était aussi à l'aise en littérature qu'en navigation. Aussi, quand les éditions STOCK m'ont proposé ce livre, je n'ai pas hésité !
Et je n'ai pas été déçue : je confirme un vrai talent, une écriture vive et poétique (les évocations de la mer déchainée sont magnifiques : seul quelqu'un ayant déjà affronté les éléments aux 50° Hurlants peut le dire aussi bien !), une plume parfois cruelle qui rend la solitude, les tensions plus exacerbées encore dans une narration fluide et une intrigue fort bien menée.
Je me suis régalée (malgré les rats que je déteste et qui me terrifient) à suivre ce couple perdu sur une île hostile puis le retour à la civilisation qu'ils avaient fui dans une recherche d'idéal, de retour aux vraies valeurs, dans une sorte d'inconscience. Quand l'aventure se transforme en cauchemar et impose des choix radicaux pour assurer sa survie, comment réagit-on ? L'amour reste-t-il plus fort que tout ?

Ce roman m'a transportée, l'aventure quoique violente est aussi profondèment humaine, et ça m'a donné envie de me procurer Les amants de Patagonie pour découvrir un peu plus l'auteur.
Un grand merci aux éditions STOCK pour l'envoi de ce roman !

Scipion - Pablo CASACUBERTA

éd Métailié - janvier 2015 - 264 pages
titre original : Escipion
traduction : François Gaudry
Ce qu'en dit l'éditeur :
Comment peut-on survivre lorsqu’on a été prénommé Hannibal par un père historien ? Vaincu dès le départ, notre héros, lui aussi historien, n’a jamais été à la hauteur des rêves de son géniteur. Chassé de l’université, il a sombré dans l’alcoolisme et la lamentation paranoïaque. À la mort de son père, il hérite de trois boîtes au contenu hétéroclite. Au milieu des journaux intimes et des souvenirs de l’enfance se cache le début d’un plan machiavélique qui va pousser Aníbal vers des personnages excentriques et d’anciennes amours. Névrosé, plein de ressentiment, entraîné vers des aventures inattendues, Aníbal découvre la duplicité des tours que joue parfois la génétique. Il se retrouve alors plus proche de son père qu’il ne l’a jamais été de son vivant. Sa colère cède la place à l’empathie tandis que tout nous donne à penser que ce que nous haïssons le plus est peut-être la vision de ce que nous n’arriverons pas à être. Un roman original où un sens du comique exceptionnel se déploie dans des plans et des rythmes variés, une littérature rare. Un plaisir de lecture absolument délectable. 
 Pablo CASACUBERTA a été sélectionné en 2007 par le Hay Festival pour le groupe Bogotá 39, réunissant les écrivains latino-américains de moins de 40 ans les plus prometteurs. Il est l’auteur de cinq romans devenus cultes dans toute l’Amérique latine.

Ce que j'en ai pensé :
Ratiocination, voila le mot (par ailleurs utilisé par le narrateur) qui décrit parfaitement ce roman assez étrange. Etrange mais foisonnant, disert, volubile, extravagant souvent ! 
L'histoire narrée par Anibal est parfois compliqué à suivre tant il se perd en raisonnements, en extrapolations, en tentatives d'explications plus ou moins fantaisistes. Un narrateur tellement perché dans ses élucubrations, englué dans sa haine du père et ses fantasmes, dans sa vie ratée, qu'on l'imagine volontiers interné en psychiatrie !
J'ai d'abord eu du mal à m'attacher à ce anti-héros, pauvre type que tout accable : sa solitude, ses échecs sentimentaux, sa misère, cet héritage empoisonné reçu de ce père décédé et détesté. Et puis, il y a des étincelles de vrai plaisir, des situations drôles (ah ! le colocataire de la pension !), des tentatives d'héroïsme qu'on ne peut s'empêcher de trouver touchantes et cette situation finale, presque cocasse, qui laisse une drôle d'impression.
Pas loin d'être un petit trésor, ce livre qui menaçait de me tomber des mains m'a finalement bien plu !
31ème livre de la rentrée littéraire de janvier 2015 que Jérôme a lu aussi !

Fortune de mer - Jean-Luc COATALEM

Editions Stock – Collection La Bleue
Parution : avril 2015
176 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :

En Bretagne, il faut se méfier des apparences autant que de la météo. Ainsi, quand dans le petit avion à destination de Ouessant embarquent deux druides, un spécialiste des abeilles et une Espagnole couronnée par un donut de cheveux, tout peut arriver et tout va arriver, et pas de la façon qu’on imagine… Sur place, ils retrouveront une clique d’ornithologues japonais, le sieur Pommereau, qui joue au détective privé, et ce chanteur à succès, Vassili, beau ténébreux venu se mettre au vert après une histoire de mœurs. Dans ce mouchoir de poche qu’est Ouessant, les histoires de chacun vont s’entrecroiser, et les désirs s’affoler. De surcroît, face à la tempête qui gronde, il faudra faire face aux légendes comme celle du poulpe géant. Et au délire de quelques-uns que le grand large a déjà bien secoués…

Avec poésie et fantaisie, Jean-Luc Coatalem signe une sorte de polar métaphysique, où le dérisoire tutoie le drolatique. À lire comme une fable du grand Ouest.


Jean-Luc Coatalem, écrivain et rédacteur en chef adjoint au magazine Géo, a publié notamment Je suis dans les mers du Sud (Grasset, 2001), Le Gouverneur d’Antipodia (Le Dilettante, 2012), prix Nimier, et récemment Nouilles froides à Pyongyang (Grasset, 2013).

Ce que j'en ai pensé :

Boum boum boum : Coup de cœur !!

Un roman à la fois léger, ironique, surtout très poétique ! Un réel plaisir de lecture, une gourmandise, une prose distinguée et drôle ! Je me suis régalée dès les premières pages, emportée, soufflée, épatée !

Entre oiseaux et abeilles (et sans jamais être rebutée par les termes scientifiques qui, pour le coup, paraissent indispensables et presque comme des jeux de langue), farfelus profonds (druides à la limite de la secte) et journaliste-détective un peu psychosé, l'auteur nous emmène dans un polar cocasse et tonique, prétexte sans doute à une ode à l'île d'Ouessant.

 Ni vraie victime ni réel coupable, et seulement quelques saignements sans conséquences, c'est piquant et léger, juste à la frontière du tragique.

Une vraie réussite !!

Les jours infinis - Claire FULLER

éd STOCK collection La cosmopolite
avril 2015 - 340 pages
titre original : Our endless numbered days
traduction : Mathilde Bach
Ce qu'en dit l'éditeur :
Il n’a pas l’air d’un menteur », pense Peggy Hillcoat en regardant la photo de son père. Elle a été prise l’été de ses huit ans. Il avait transformé la cave en abri antiatomique et discutait de fin du monde avec ses amis survivalistes. Sa mère retenue au loin, ils s’étaient amusés à camper dans le jardin, avant qu’il ne l’emmène en voyage dans une forêt lointaine. Les vacances se muent en perpétuité quand il lui annonce que le reste du monde a disparu. La vie de Peggy sera désormais réduite à un piano bricolé qui joue de la musique dans sa tête, à la forêt immense et à une hutte en bois.
En 1985, Peggy est de retour à la maison, après neuf ans d’absence. Comment a-t-elle survécu mais surtout comment est-elle revenue ?
 Claire Fuller vit à Winchester. Les jours infinis, dont les droits
 sont vendus dans dix pays, est son premier roman.
Ce que j'en ai pensé :
Quel étrange roman ! Dérangeant et fascinant à la fois, carrément addictif ! Drôle d'histoire que celle de Peggy, histoire qui nous fait naviguer entre syndrome de Stockholm, théorie survivaliste et psychiatrie sévère, mais aussi entre écureuils grillés au feu de bois et omelette fatale aux amanites, entre piano "sacralisé" (celui dont joue la mère de Peggy, concertiste célèbre) et piano "virtuel" (delui dont joue Peggy au fond des bois)...Une histoire de manipulation, de perversité, d'amour aussi même s'il est trouble, falsifié.
L'écriture de l'auteur est précise, délicate, très classique et pourtant infiniment poétique, décrivant la nature tour à tour accueillante, providentielle ou au contraire hostile, inquiétante. L'auteur alterne dans sa narration le point de vue de l'enfant et celui de la jeune femme revenue à la maison, accentuant ainsi le sentiment d'ambiguité et de folie.
Merci aux éditions STOCK pour l'envoi de ce roman!


Histoire d'Irène - Erri de LUCA

éd GALLIMARD - mai 2015 - 128 pages
titre original : Storia di Irene
traduction : Danielle VALIN
Ce qu'en dit l'éditeur :
«Toutes les nuits, Irène rejoint la famille des dauphins, onze avec elle, guidés par une femelle adulte.
Elle vide pour eux les filets sans les couper, elle descend sur le fond et détache des hameçons les anchois et les morceaux de calamars, elle ouvre les nasses.
Avec son couteau italien, elle libère et sauve les siens empêtrés dans les filets.
Elle reste avec eux jusqu’à la fin de la nuit. Elle a le même âge que deux des dauphins, une femelle et un mâle.
Ils ont grandi ensemble, ils ont exploré les jeux jusqu’à la venue de la maturité.» 


Dans une langue épurée et puissante, Erri De Luca nous offre ici l’histoire d’une jeune femme vivant sur une île grecque qui passe ses nuits à nager avec les dauphins. Ce texte est accompagné de deux autres courts récits, «Le ciel dans une étable» et «Une chose très stupide».
 
Erri de LUCA, né en 1950 à Naples, est un révolutionnaire, 
écrivain, poète et traducteur italien, récompensé en 2002 
par le prix Femina étranger pour Montedidio
Ce que j'en ai pensé :
Trois nouvelles dans ce recueil qui se savoure lentement et qui étonne. 
La première, qui donne son titre à l'ouvrage, est une sorte de conte. Le narrateur rencontre Irène, sourde et muette, et qui va malgré tout lui raconter son histoire, étrange, un peu fantastique. C'est l'occasion pour l'auteur de mélanger mythes antiques et foi chrétienne, poésie et surnaturel. Il évoque ses cheminements personnels, sa manière de récolter des histoires à transmettre. 
J'ai beaucoup aimé les deux autres nouvelles ; j'ai retrouvé le ton propre à Erri de LUCA qui m'enchante à chaque fois qu'il raconte des souvenirs, teinté de bienveillance et de douceur.
Une belle lecture encore !

Jardins de papier, de Rousseau à Modiano - Evelyne BLOCH-DANO

éd STOCK - avril 2015 - 256 pages
Ce qu'en dit l'éditeur :
Jardins de papier ou rêves de jardins ? Déjà exploratrice des légumes oubliés, Évelyne Bloch-Dano passe ici du potager au jardin dans la vie ou l’oeuvre de grands prosateurs. Après une promenade historique du paradis de la Bible aux parcs à l’anglaise, elle montre comment, dans les romans, le jardin est le reflet de l’âme, le travail qui rend meilleur, le repos mérité, la nostalgie de l’enfance, le rêve d’un monde idéal. De Rousseau à Proust, de Duras à Sand, de Colette à Modiano, il apparaît à la fois comme une représentation du réel et un miroir de l’imaginaire. Il y a aussi une part d’autobiographie joyeuse dans ce vagabondage cultivé : tout lecteur saura parcourir, déchiffrer, aimer, ce tableau naturel.
 Agrégée de Lettres Modernes et licenciée en anglais, 
Évelyne Bloch-Dano est professeur de lettres jusqu’en
 2000, elle est l'auteur d'une vingtaines d'oeuvres (essais,
 série d'articles, etc) relatifs aux écrivains ou aux jardins.
 Depuis juin 2015, elle est membre du jury Femina.
(jardin des Tuileries)
Ce que j'en ai pensé :
Ce week-end à Paris, je me suis promenée dans les jardins, des Tuileries où se tenait l'expo "Jardin, jardins" au musée Delacroix où la conservatrice donnait une conférence (dans et) sur le jardin du peintre en passant par le Palais Royal ou le marché aux fleurs de l'Ile de la Cité. Il faisait beau et j'ai eu envie de prolonger la parenthèse d'autant plus que le titre, prometteur, évoquait Modiano.
 (Palais Royal)
Ce livre, délicieux, a tenu toutes ses promesses ! On retrouve Adam et Eve, les jardins persans, les clos médiévaux plantés d'herbes médicinales, et surtout de grands écrivains, passionnés de jardins : Jean-Jacques Rousseau et George Sand (et Delacroix qui s'inspira de son jardin de Nohant pour peindre d'admirables bouquets), Balzac ou Zola, le couple Sartre-de Beauvoir et Patrick Modiano en ses squares parisiens...
(mise en scène "Jardin, jardins")
Des jardins à la française de Le Nôtre aux charmes bucoliques des jardins anglais, des descriptions prétextes à l'amour ou à l'intrigue, chaque jardin raconté par Evelyne BLOCH-DANO invite au voyage, à la flânerie, et incite à regarder chaque herbe folle autour de soi. 
Je me suis régalée ! Et si l'orage ne grondait pas, je serais au jardin à contempler les pousses fraîches qui s'épanouissent !