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Un jour d'été que rien ne distinguait - Stéphanie CHAILLOU




Editions Noir sur Blanc – Collection Noctabilia
Parution : 5 mars 2020
144 pages


Ce qu'en dit l'éditeur :

Guidée par un attachement farouche à sa liberté, rebelle à toute forme de domination, Louise est à la recherche de ce qu’elle va devenir. Elle se cogne, elle bute, elle expérimente, mais elle ne lâche pas. Elle poursuit sa quête jusqu’à ce jour d’été que rien ne distinguait… où un événement survient dans sa vie, une rencontre qu’elle attendait depuis longtemps.

Ce j'en ai pensé :

Une enfance au bord de la pauvreté, bercée de silences, où la vie des adultes ne fait pas rêver, où la place des femmes n’est guère enviable. C’est le lot de Louise dont les parents sont criblés de dettes et qui se jure de ne jamais leur ressembler.

Plus encore, elle en vient à ne pas souhaiter être une fille, pour ne pas être cantonnée dans un rôle qui ne la satisfait pas. Une vie qu’elle voudrait « sans genre » et qui pourtant ne lui apporte que solitude et tristesse.

Si l’écriture de Stéphanie Chaillou est ciselée, je n’ai ressenti aucune empathie pour Louise, personnage qui, selon moi, se désincarne progressivement au fil de l’histoire en accomplissant son serment de ne vouloir pas ressembler aux siens ni répondre au destin qui pourrait l’attendre. 
 
Je n’ai sans doute pas apprécié à sa juste valeur la métaphore de la jeune fille au bord de la Garonne, je n’ai pas eu la certitude qu’elle incarnait un espoir ou un « soutien » à la solitude de Louise.

J’ai beaucoup aimé le style de ce roman mais j’ai l’impression confuse d’être passée à côté de son sens profond.

Merci à Babelio Masse Critique et aux Editions Noir sur Blanc pour leur confiance.


Trois fois la fin du monde - Sophie DIVRY

Editions Noir sur Blanc / Notabilia
Parution : 23 août 2018
240 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :

 Après un braquage avec son frère qui se termine mal, Joseph Kamal est jeté en prison. Gardes et détenus rivalisent de brutalité, le jeune homme doit courber la tête et s’adapter. Il voudrait que ce cauchemar s’arrête. Une explosion nucléaire lui permet d’échapper à cet enfer. Joseph se cache dans la zone interdite. Poussé par un désir de solitude absolue, il s’installe dans une ferme désertée. Là, le temps s’arrête, il se construit une nouvelle vie avec un mouton et un chat, au cœur d’une nature qui le fascine.

 Trois fois la fin du monde est une expérience de pensée, une ode envoûtante à la nature, l’histoire revisitée d’un Robinson Crusoé plongé jusqu’à la folie dans son îlot mental. Une force poétique remarquable, une tension permanente et une justesse psychologique saisissante rendent ce roman crépusculaire impressionnant de maîtrise.
  
« Au bout d’un temps infini, le greffier dit que c’est bon, tout est en règle, que la fouille est terminée. Il ôte ses gants et les jette avec répugnance dans une corbeille. Je peux enfin cacher ma nudité. Mais je ne rhabille plus le même homme qu’une heure auparavant. »

Ce que j'en ai pensé :

 Etonnante narration qui passe du "je" au "il" et qui déroule un morceau de vie d'un homme confronté à la solitude.
Solitude familiale (sa mère est morte et son frère s'est fait descendre lors du braquage d'une bijouterie), solitude sociale entre les murs d'une prison qui le dévorent tout entier, solitude dans un monde apocalyptique après la catastrophe nucléaire, solitude psychologique de l'ermite ou du misanthrope...
Solitude et besoin de contacts, capter une station de radio, domestiquer un bélier errant, retrouver le plaisir du contact avec Fine, la chatte rousse, et ses bébés.

Et la descente aux enfers dans un paradis de solitude, loin des hommes, une liberté comme une prison qui enrobe tout d'une poix grise, qui part un jour en fumée.
Trois fois la tragédie, trois fois la fin du monde, trois fois la renaissance aussi...

Malgré les étrangetés de la narration (et le bémol que j'émets sur l'utilisation du langage de banlieue pour transcrire les pensées ou les paroles de Joseph, et qui m'a semblé un peu artificiel et non indispensable), et du contexte (cette apocalypse nucléaire qui marque une frontière de contamination entre Nantes et Besançon et qui parait arriver un peu comme un cheveu sur la soupe et ne parait pas très crédible -un gêne immuniserait certains des radiations), j'ai beaucoup aimé la plume poétique de l'auteur (et ses descriptions de tous les verts de la nature, des oiseaux...) et le destin particulier de ce "Robinson" des temps modernes.

Un roman étonnant, à plus d'un titre !