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Dans les brumes de Capelans - Olivier NOREK

 

Editions Michel Lafon

Parution : 7 avril 2022

410 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :

Une île de l'Atlantique, battue par les vents, le brouillard et la neige...

Un flic qui a disparu depuis six ans et dont les nouvelles missions sont classées secret défense...

Sa résidence surveillée, forteresse imprenable protégée par des vitres pare-balles...

La jeune femme qu'il y garde enfermée...

Et le monstre qui les traque. 

 

Ce que j'en ai pensé :

Le retour de Coste ! Six ans après le SDPJ93..exilé volontaire à St Pierre-et-Miquelon, il est à présent chargé de la protection des témoins, sous secret défense.

Des malfrats à exfiltrer et des victimes à protéger. C'est le cas d'Anna, enlevée-martyrisée par un pervers et mise à l'abri le temps de recueillir son témoignage.

Coste, blessé, en recul, (blasé ?) est encore plus attachant que dans la Trilogie 93. Méfiant par nature, il s'est retranché sur l'île et ça lui correspond bien, une vie de reclus face à la violence du monde.

Anna, insaisissable, ambivalente, fragile, dont on ne sait tout au long de ce polar de quel côté son coeur balance (syndrome de Stockholm ? envie de rédemption ?).

Des personnages forts, une ambiance (géographique) pesante et la virtuosité d'Olivier Norek  pour faire de ce polar un page-turner addictif  où les dialogues (parfois à l'économie) font mouche.

Community - Estelle NOLLET

Editions Albin Michel
Parution : 3 janvier 2018
270 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :

Lorsque huit hommes et deux femmes s’installent sur la base scientifique de New Aberdeen, en plein océan austral, au milieu des otaries à fourrure, des albatros, des gorfous et des skuas, aucun d’entre eux ne s’attend à jouer les Robinson Crusoé du XXIè siècle. 
Mais dans cet écosystème coupé du monde, même les plus passionnés par l’observation des espèces rares dont l’îlot est le dernier repaire finiront par se concentrer sur leur propre survie. 
Qui résistera à l’aventure ? C’est tout l’enjeu de ce huis clos dramatique porté avec empathie par une écriture sans concession.


Ce que j'en ai pensé :

Êtes-vous prêts à passer un an au bout de nulle part avec une équipe de scientifiques ? A partager votre quotidien avec des otaries agressives, une colonie envahissante de rats, une collègue végétarienne, un mec lourdingue en manque de sexe et avec des liaisons externes bien plus qu'aléatoires ?

C'est le cas de Charles-Charlie Cookers, maori, cuistot, juste divorcé, qui remplace au pied levé un autre cuisinier et se joint à cette expédition peu ordinaire.

Si ce type n'était pas si philosophe, nul doute qu'il n'aurait pas résisté, comme tous les autres, quand il s'avère que le bateau de la "relève" ne viendra pas les chercher...

J'ai été captivée par ce roman, par cette aventure au milieu de nulle part, par les rapports de force ou d'amitié (mais aussi d'amour ?) s'instaurent comme un moyen de survivre. Pourtant, je n'ai pas toujours été emballée, ne pouvant m'empêcher de penser à "Soudain, seuls" d'Isabelle Autissier qui m'avait tant marquée. 

Mais j'ai aimé ce roman, j'ai aimé le ton du narrateur (le cuistot), sa manière d'appréhender cet exil forcé, ce qu'il parvient à distiller d'espoir et de renoncement, d'optimisme, et ce ton souvent teinté d'humour.

Soudain, seuls - Isabelle AUTISSIER

éd STOCK - collection La bleue - mai 2015 - 252 pages
Ce qu'en dit l'éditeur :
Un couple de trentenaires partis faire le tour du monde.
Une île déserte, entre la Patagonie et le cap Horn.
Une nature rêvée, sauvage, qui vire au cauchemar.
Un homme et une femme amoureux, qui se retrouvent, soudain, seuls.
Leurs nouveaux compagnons : des manchots, des otaries, des éléphants de mer et des rats.
Comment lutter contre la faim et l’épuisement ? Et si on survit, comment revenir chez les hommes ?
Un roman où l’on voyage dans des conditions extrêmes, où l’on frissonne pour ces deux Robinson modernes. Une histoire bouleversante.
 Isabelle Autissier est la première femme à avoir accompli un tour du monde à la voile en solitaire. Elle est l’auteur de romans, de contes et d’essais, dont Kerguelen (Grasset, 2006), Seule la mer s’en souviendra (Grasset, 2009), L’amant de Patagonie (Grasset, 2012), et, avec Erik Orsenna, Salut au Grand Sud (Stock, 2006) ainsi que Passer par le Nord (Paulsen, 2014). Elle préside la fondation WWF France.
Ce que j'en ai pensé :
J'étais très curieuse de voir si l'auteur était aussi à l'aise en littérature qu'en navigation. Aussi, quand les éditions STOCK m'ont proposé ce livre, je n'ai pas hésité !
Et je n'ai pas été déçue : je confirme un vrai talent, une écriture vive et poétique (les évocations de la mer déchainée sont magnifiques : seul quelqu'un ayant déjà affronté les éléments aux 50° Hurlants peut le dire aussi bien !), une plume parfois cruelle qui rend la solitude, les tensions plus exacerbées encore dans une narration fluide et une intrigue fort bien menée.
Je me suis régalée (malgré les rats que je déteste et qui me terrifient) à suivre ce couple perdu sur une île hostile puis le retour à la civilisation qu'ils avaient fui dans une recherche d'idéal, de retour aux vraies valeurs, dans une sorte d'inconscience. Quand l'aventure se transforme en cauchemar et impose des choix radicaux pour assurer sa survie, comment réagit-on ? L'amour reste-t-il plus fort que tout ?

Ce roman m'a transportée, l'aventure quoique violente est aussi profondèment humaine, et ça m'a donné envie de me procurer Les amants de Patagonie pour découvrir un peu plus l'auteur.
Un grand merci aux éditions STOCK pour l'envoi de ce roman !

Les naufragés de l'Ile Tromelin - Irène FRAIN

Ce qu'en dit l'éditeur :
Un minuscule bloc perdu dans l'océan Indien. Cerné par les déferlantes, harcelé par les ouragans. C'est là qu'échouent, en 1761, les rescapés du naufrage de L'Utile, un navire français qui transportait une cargaison clandestine d'esclaves. Les Blancs de l'équipage et les Noirs de la cale vont devoir cohabiter, trouver de l'eau, de la nourriture, de quoi faire un feu, survivre. Ensemble, ils construisent un bateau pour s'enfuir. Faute de place, on n'embarque pas les esclaves, mais on jure solennellement de revenir les chercher. 
Quinze ans plus tard, on retrouvera huit survivants : sept femmes et un bébé. Que s'est-il passé sur l'île ? À quel point cette histoire a-t-elle ébranlé les consciences ? Ému et révolté par ce drame, Condorcet entreprendra son combat pour l'abolition de l'esclavage.
 
L'île Tromelin, vue du ciel et selon la carte conservée aux Archives de la Marine :

Ce que j'en ai pensé :
Je n'avais lu aucun des romans d'Irène FRAIN avant celui-ci, persuadée qu'il s'agissait plutôt de littérature sentimentale...J'ai donc abordé ce livre de la pire manière qui soit, sûre qu'il s'agissait d'un roman façon "Robinson Crusoë" ! Les premiers chapitres (plutôt longuets mais qui permettent de mieux cerner l'état d'esprit de ces marins du bout du monde et les conditions du naufrage) m'ont d'abord étonnée, puis déstabilisée : ce n'est pas vraiment un roman, pas vraiment un récit de voyage, pas exactement un documentaire non plus mais tout ça à la fois.
Puis je me suis laissée emporter par les déferlantes, submerger par les vents ! Si on oublie les bizarreries narratives (du vocabulaire moderne, presque "parlé" qui parait un peu incongru mais qui s'explique par la volonté de l'auteur de se détacher du roman historique), on est gagné par la force du récit, par l'incroyable aventure de ces hommes, blancs ou noirs, par leur lutte pour survivre et par leur prise de conscience face à l'esclavage. Le rythme est soutenu et les mots déferlent aussi fort que les vagues !
La postface est passionnante, elle raconte les découvertes et travaux archéologiques menés ces dernières années sur l’île et qui ont permis la mise au jour des vestiges d'habitat des naufragés noirs abandonnés sur Tromelin.
 A voir sur le site des TAAF (terres australes et antarctiques françaises)

Irène FRAIN